La bibliothèque de L'Encinématheque

André ROANNE (1896 / 1959)

André Roanne

Acteur français, né André Albert Louis Rahou, le 22 septembre 1896 à Paris, décédé le 4 septembre 1959 à Cannes (Alpes-Maritimes).

Ses parents, employés de commerce, dirigèrent dès ses 18 ans, le jeune André vers quelque chose d'un peu mieux que grouillot, ne fut-ce que modeste employé de banque. Malheureusement, notre homme se retrouva très vite chômeur. Dépourvu de perspectives, il se présenta devant les responsables de la Société Gaumont qui, prenant conscience de son physique avantageux de jeune premier, l'engagèrent sur-le-champ.

Rapidement, André Roanne devint l'un des acteurs les plus représentatifs du cinéma muet. Remarqué par Jacques Feyder, il fut retenu pour un rôle secondaire auprès de Stacia Napierkowska, sensuelle Polonaise, toutefois dangereuse sous les traits d'une Antinéa confinée aux fins fonds de «L'Atlantide» (1921). Ce ne fut pas ce rôle qui le lança véritablement, mais plutôt celui de «Hantise» (1921) où il fit plus avantageusement la rencontre de la très ravissante Dolly Davis, en quête de gravir quelques échelons aux génériques de ses films et déjà surnommée "la Mary Pickford française". André s'en éprit,tout autant que le public qui plébiscita le jeune couple suffisamment pour que les producteurs les réunissent une bonne dizaine de fois au cours des années 20 et 30. Ne dédaignant pas le marivaudage, nous vîmes ainsi le nouveau Don Juan courtiser sa compagne de tous les jours dans «Le fauteuil 47» (1926), fort propice à favoriser ses galantes ambitions ; dans «Mademoiselle Josette, ma femme» (1926) telle que Dolly aurait dut l'être si André ne s'était aventuré dans un long tour du monde ; dans «La petite chocolatière» (1927), en fonctionnaire amoureux de la fille d'un maître confiseur du genre atrabilaire ; dans «La femme du voisin» (1928) en séducteur impénitent menaçant sa crédule victime d'un bien improbable suicide pour mieux parvenir à ses fins.

Au tournant des années 30, André Roanne réussit à franchir sans encombre le passage du parlant, devenant bien vite un héros romantique par excellence et se partageant entre Paris et Berlin où la UFA le réclamera régulièrement.

Ainsi nous entendîmes sa voix une première fois dans «Cendrillon de Paris» (1930) auprès de Colette Darfeuil, en neveu fêtard incorrigible cédant volontiers son dévolu sur quelques Catherinettes de passage. Millionnaire américain détaché des affaires du coeur dans «Calais-Douvres» (1931), il part vivre une retraite misogyne au milieu des océans avant que le sauvetage d'une jeune fille ne le ramène à de plus tendres attentions. Après avoir joué aux chaises musicales, avec Pierre-Richard Willm, autour d'Anny Ondra et Kissa Kouprine aux personnalités échangées dans «Baby» (1932), il atterrit dans le parc d'un château pour répondre aux exigences de Jean Delannoy («Paris-Deauville», 1933) où il enlèvera la ravissante fille d'une duchesse. Maurice Cammage, nous servant «Le coq du régiment» (1933) à la sauce Fernandel, en fit le frère de lait du gallinacé le plus chevalin de l'armée française. Coureur impénitent à la ville comme à l'écran, André retrouva Dolly Davis dans une improbable «Ecole des vierges» (1935) avant de suivre «Les gens du voyage» (1937) que Jacques Feyder tente de mettre hors d'atteinte de ses tracasseries de lieutenant de gendarmerie. Ennemi public numéro 2, il s'attèle à entraver le voyage de Fernandel qui, «Les cinq sous de Lavarède» en poche (Maurice Cammage, 1938), s'efforce de satisfaire aux exigences farfelues d'un oncle à héritage. Pour ses deux derniers films, André Roanne portera la casquette d'assistant réalisateur (ou plus pompeusement collaborateur artistique), une fonction qu'il reprendra auprès de Cammage dans «Le chasseur de chez Maxim's» (1939) et «Monsieur Hector» (1940).

Entre 1940 et 1945, André Roanne se fit discret au point qu'il nous fut impossible de retrouver sa trace.

Ce n'est qu'en 1946 qu'il réapparaîtra lorsque, l'âge venu, le jeune premier devra s'effacer devant une prometteuse génération pour prétendre aux rôles de la maturité. Hélas, à l'inverse d'un Charles Boyer, il ne réussira pas sa reconversion grisonnante et, après un «Macadam» (1946), de bonne facture, les films qu'il tourna dans les années cinquante ne furent que purement alimentaires. Nous le retrouvâmes en voleur de briquet auprès de Fernandel («Boniface somnambule», 1950) , en vieux-beau, juste le temps de recevoir un cornet d'eau sur sa tête jeté par Pier Angeli («Mam'zelle Nitouche», 1953) ; en redresseur de morale auprès de la charnelle entraîneuse d'une boîte à matelots («La fille perdue», 1953), etc. Sacha Guitry se souvint tout de même de lui à l'heure de mettre successivement en chantier «Napoléon» (1954) et «Si Paris nous était conté» (1955) et fera respectivement et respectueusement de lui le comte de Rémusat et l'encyclopédiste Diderot. Henri Verneuil, enfin lui permit un dernier passage devant les caméras, toujours bel homme, moustache et cheveux blanchis à l'heure de jouer «Une manche et la belle» (1957), pour encadrer en tant que commissaire le perspicace inspecteur Alfred Adam.

André Roanne se retira alors, sans trop d'amertume, dans sa villa de Cannes où il s'adonna quelque temps à son violon d'Ingres jusque là négligé, la philatélie. Coureur, fringant, sentimental, il s'engagea dans trois mariages. Fernande Albany (1917-1921) le quittera pour rejoindre Charles Deschamps. Nullement effondré, André, organisa de nouvelles noces en dix jours pour unir sa destinée à celle Marie-Louise Iribe (1921-1923) figurante à ses côtés de la distribution de «L'Atlantide». Mais leur avenir devait s'engloutir avec l'île de leurs amours. Rendu prudent, notre séducteur tourna désormais ses moulins vers des dulcinées plus accommodantes. Nous lui connûmes ainsi une liaison (et non une union comme mentionné si souvent) avec Geneviève Callix, actrice tout aussi jolie qu'éphémère et qui fut sa partenaire à deux reprises. Puis, vint l'ultime engagement pris avec Suzanne Gaudry (1951-1959), une dame très éloignée du 7ème art qui, après un veuvage de 42 ans, ne put le rejoindre au cimetière du Grand Jas à Cannes (Alpes-Maritimes), le caveau familial "… étant plein comme un oeuf" comme le chanta si bien un poète sétois.

Yvan Foucart (autour de quelques propos recueillis auprès de Suzanne Gaudry, le 8 octobre 1994)

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11921L'ATLANTIDE [ +Assistant-réalisateur ]
21925CHOUCHOU POIDS PLUME
31926MADEMOISELLE JOSETTE, MA FEMME , de Gaston RAVEL 
41927LA PETITE CHOCOLATIERE , de René HERVIL 
51928LA FEMME DU VOISIN , de Jacques de BARONCELLI 
61929DAS TAGEBUCH EINER VERLORENEN (Le journal d'une fille perdue)
71929VENUS
81929QUAND NOUS ETIONS DEUX
91930LA LETTRE
101930ACCUSEE, LEVEZ-VOUS!
111930CENDRILLON DE PARIS
121931NIE WIEDER LIEBE/CALAIS-DOUVRES
131931GLORIA/LA GLOIRE DES AILES [ Version française ]
141932BABY
151932NE SOIS PAS JALOUSE
161933LE COQ DU REGIMENT
171935UN SOIR DE BOMBE
181937MON DEPUTE ET SA FEMME
191939LE CHASSEUR DE CHEZ MAXIM's [ +Collaborateur artistique ]
201946MACADAM
211953LA FILLE PERDUE
221953MAM'ZELLE NITOUCHE
231954LES CLANDESTINES
241955SI PARIS NOUS ETAIT CONTE
251957UNE MANCHE ET LA BELLE
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 4-10-2016