La bibliothèque de L'Encinématheque

Victoria ABRIL (1959)

Victoria Abril

Actrice espagnole, née Victoria Mérida Roja, le 4 juillet 1959, à Madrid (Espagne).

Née d'un ingénieur du Ministère des Travaux Publics et d'une infirmière d'origine andalouse, Victoria est la cadette de son frère Jésus et de sa soeur Maria Isabel. A la séparation des parents, survenue peu après la naissance de la petite dernière, les enfants restent avec leur mère et la famille retrécie ne tarde pas à s'installer à Malaga (1963) où vit encore la grand-mère maternelle.

Vers 1965, de retour à Madrid, la fillette, attirée par les activités sportives, rêve de devenir gymnaste. En prélude à cette éventualité, elle est inscrite à L'institut de danse Lope de Vega où elle finit par ressentir sa première vocation. Passée au Conservatoire de Danse de Madrid, elle perfectionne son art jusqu'au jour où son professeur, l'épouse du réalisateur Francisco Lara Polop, voit en son espièglerie l'actrice idéale que recherche son époux pour sa prochaîne mise en scène, «Obsesiòn» (1974). Devenue Victoria Abril, l'adolescente voit s'ouvrir la première porte sur le chemin de sa future notoriété.

Après quelques compositions pour le cinéma – on aura pu la remarquer notamment aux côtés de Sean Connery dans du «La rose et la flèche» (1976) –, elle est retenue par le metteur en scène Narciso Ibanez Serrador pour être l'une des deux animatrices de l'émission télévisée «Un, dos, tres... responda otra vez», fonction qu'elle exercera avec le dynamisme qu'on lui connait jusqu'en 1978.

L'année 1977 marque sa rencontre avec le réalisateur ibérique Vicente Aranda pour une étude de moeurs opportuniste, «Cambio de sexo», où ce dernier la transforme en garçon : quel sacrilège ! Les deux artistes entament alors une collaboration qui se poursuivra sur une dizaine de films («La muchacha de las bragas de oro» en 1980, «Asesinato en el comite central» en 1982, «Si te dicen que caí» en 1989, «Libertarias» en 1996, etc), jusqu'en 2006 («Tirante el blanco»), nonobstant une brouillede quelques années relative à des exigences de l'actrice jugées démesurées à l'heure du tournage de «La mirada del'otro» (1978).

En 1978 et 1979, Victoria s'écarte momentanément du cinéma pour se produire sur les planches («Viernes dias de libertad», une tournée avec «Maribel y la extrana familia») avant de revenir vers le petit et le grand écran pour des activités jugées plus reposantes. N'ayant peur de rien, elle s'essaie également dans la chanson en publiant son premier album.

En 1980, elle fait sa première intrusion dans le cinéma français dans «Mieux vaut être riche et bien foutue que pauvre et malade», un navet de Max Pécas que la force de son exubérance et le bronzage de ses charmantes épaules ne suffiront pas à nous faire avaler. Deux années plus tard, elle nous revient dans une production franco-espagnole, «La guerillera», sous la direction plus ambitieuse de Pierre Kast, lequel lui fera miroiter un avenir certain dans l'Hexagone que l'attachement qu'elle éprouve alors envers un jeune technicien des lumières français, Gérard de Battista, ne pourra qu'encourager. Aperçue dans un rôle secondaire de «J'ai épousé une ombre» (1983), elle est l'objet d'une nomination au César de la meilleure actrice de composition à l'issue de sa performance dans «La lune dans le caniveau» (1983), aux côtés de Gérard Depardieu. Dès lors, sa carrière est définitivement lancée et elle alterne comédies et drames des deux côtés des Pyrénées.

Si l'année 1986 la propulse entre les mains du sulfureux cinéaste japonais Nagisa Oshima («Max mon amour»), elle est surtout celle de sa rencontre avec Pedro Almodóvar : à sa courte apparition dans «La loi du désir» (1986) succèderont ses compositions satiriques dans «Attache-moi !» (1989), «Talons aiguilles» (1991) et «Kika» (1993). Parallèllement, elle fréquente quelques membres de la bande des bronzés dans l'environnement puis dans les bras de Josiane Balasko («Nuit d'ivresse» en 1986, «Gazon maudit» en 1994) et sous les objectifs de Gérard Jugnot («Sans peur et sans reproche» en 1988, «Une époque formidable» en 1991, «Casque bleu» en 1993) auquel la lie une profonde amitié.

Lauréates de nombreux prix d'interprétation, Victoria Abril sera notamment récompensée pour ses compositions dans «El Lute» (meilleure actrice au Festival de San Sebastian 1987) et «Amants» de Vicente Aranda (meilleure actrice au Festival de Berlin 1991), ou encore «Personne ne parlera de nous quand nous serons morts» d'Agustin Diaz Yanes (meilleure actrice au Festival de San Sebastian 1995).

Après un court mariage avec le journaliste chilien Gustavo Laube (1977, 1982), Victoria Abril partagea longtemps l'existence du chef opérateur Gérard de Battista, père de ses deux enfants (Martin en 1990 dont le parrain est Gérard Jugnot, Félix en 1992). Son éventuelle liaison avec le producteur Pierre Edelman (certains parlent même de mariage sans pouvoir situer la période avec précision) est entourée d'un flou que nous ne sommes pas encore parvenus à dissiper.

On prête à notre vedette populaire une citation qui semble bien convenir à son enthousiasme permanent et à son appétit de vivre communicatif : "Il vaut mieux être à poil dans un chef-d'oeuvre qu'habillée dans un navet !". Il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches !

Christian Grenier

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11976ROBIN AND MARIAN (La rose et la flèche)
21977DOÑA PERFECTA , de César Fernandez ARDAVIN 
31977CAMBIO DE SEXO , de Vicente ARANDA 
41980LA MUCHACHA DE LAS BRAGAS DE ORO , de Vicente ARANDA 
51980MATER AMATISIMA , de José A.SALGOT 
61980MIEUX VAUT ÊTRE RICHE ET BIEN PORTANT QUE FAUCHE ET MAL FOUTU
71981COMIN'AT YA! (Western)
81982ENTRE PARENTESIS , de Simo FABREGAS, Gustavo MONTIEL PAGES 
91982ASESINATO EN EL COMITE CENTRAL , de Vicente ARANDA 
101982LA COLMENA (La ruche)
111982SEM SOMBRA DE PECADO (Sans l'ombre d'un péché)
121983J'AI EPOUSE UNE OMBRE
131983LA LUNE DANS LE CANIVEAU
141984LAS BICICLETAS SON PARA EL VERANO (les bicyclettes sont pour l'été)
151984L'ADDITION
161984LE VOYAGE
171984ON THE LINE/RIO ABAJO
181985PADRE NUESTRO (Notre père)
191985LA HORA BRUJA
201986MAX MON AMOUR
211986TERNOSECCO , de Giancarlo GIANNINI 
221986LA LEY DEL DESEO (La loi du désir) [ Apparition non créditée ]
231987EL LUTE
241988BATON ROUGE , de Rafael MAULEON 
251988SANS PEUR ET SANS REPROCHE
261989SI TE DICEN QUE CAI , de Vicente ARANDA 
271989ATAME! (Attache-moi)
281989A SOLAS CONTIGO (Seule avec toi)
291990AMANTES (Amants)
301991TACONES LEJANOS (Talons aiguilles)
311993INTRUSO , de Vicente ARANDA 
321993KIKA
331993JIMMY HOLLYWOOD
341993CASQUE BLEU
351994GAZON MAUDIT
361995NADIE HABLARA DE NOSOTRAS CUANDO HAYAMOS MUERTO (Personne ne parlera de nous quand nous serons morts)
371996LIBERTARIAS
381997LA FEMME DU COSMONAUTE
391998ENTRE LAS PIERNAS (Entre les jambes)
401998MON PERE, MA MERE, MES FRERES ET MES SOEURS...
412000101 REYKJAVIK
422001MARI DEL SUD
432001SIN NOTICIAS DE DIOS (Sans nouvelles de Dieu)
442004EL 7° DIA (Le 7ème jour) , de Carlos SAURA 
452004CAUSE TOUJOURS! , de Jeanne LABRUNE 
462004LES GENS HONNÊTES VIVENT EN FRANCE
472006LES ARISTOS
482006EL CAMINO DE LOS ANGLESES , de Antonio BANDERAS 
492007OSCAR, UNA PASION SURREALISTA , de Lucas FERNANDEZ 
50200848 HEURES PAR JOUR , de Catherine CASTEL 
512008MEJOR QUE NUNCA (Le piquant de la vie) , de Dolores PAYAS 
522008LEUR MORALE... ET LA NOTRE , de Florence QUENTIN 
532008SOLO QUIERO CAMINAR (Venganza) , de Agustin Diaz YANES 
542008MUSEE HAUT, MUSEE BAS
552011THE WOMAN WHO BRUSHED OFF HER TEARS , de Teona Strugar MITEVSKA 
562012MINCE ALORS!
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 20-1-2016