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Christian LUDE (1913 / 1978)

Christian Lude

Acteur français, né Pierre Albert Fernand Ducrocq, le 23 janvier 1913, à Paris. Décédé le 8 février 1978, à Paris.

Personnage surprenant et peu connu que Christian Lude… Licencié en philosophie, il quitta son poste de professeur de littérature pour se lancer, à trente-cinq ans, dans une carrière artistique. Il fut présent partout : au cabaret, à la radio et bien entendu au septième art ainsi que sur les scènes qu'il servit d'admirable façon. Cultivé et doté d'une très forte nature, il ne fut pas sans rappeler l'excellent Louis Seigner dont il avait le physique et l'abattage. Sans toutefois accéder aux premiers rôles, souvent cantonné à des personnages secondaires, il assuma une filmographie de 55 titres avec cette cruelle ironie d'avoir dû attendre le dernier, «Le voleur» (1966) de Louis Malle, pour y briller en oncle pingre et cupide de Jean-Paul Belmondo et y recueillir (enfin) la reconnaissance du public et de ses pairs.

L'ensemble de sa filmographie se limita malheureusement à des rôles peu signifiants, parfois furtifs, tel celui du docteur d'une petite commune de Haute Normandie très animée : à défaut de rosière respectueuse, ce fut Bourvil qui devint «Le rosier de Madame Husson» (1950). Chauffeur attentif de «L'étrange Madame X» (1950) sous les traits de laquelle nous pûmes néanmoins reconnaître Michèle Morgan, il endossa le costume de l'ingénieur rural justifiant – à posteriori comme tous les spécialistes – l'épuisement des eaux de la fontaine du village tout bonnement fomenté par «Manon des sources» (1952). S'ensuivirent quelques rôles anodins à lui confiés, notamment par Jean Loubignac avec ses «Piédalu fait des miracles» (1952) et «Piédalu député» (1953), ainsi que quelques apparitions plutôt fantomatiques, voire anonymes comme son passage dans «Avant le déluge» d'André Cayatte (1953) qui ne lui fit même pas le plaisir d'une citation au générique.

Sans surprise donc, il emprunta l'«Escalier de service» (1954) en “passant photographié” ; «Le feu dans la peau» (1954) en gendarme de village, «Les impures» (1954) en noceur, etc. Ces compositions à peine plus relevées que des figurations intelligentes n'empêchèrent pas toutefois son ami Robert Vernay de le faire tourner à six reprises pour quelques-unes de ses oeuvrettes sans prétention («Ils sont dans les vignes» en 1951, «Les lumières du soir» en 1956, etc). Citons en outre ses compositions en avocat de «Sans famille» (1957) ; en associé de Bourvil sur «Le chemin des écoliers» (1959) ; en comédien auprès de Fernand Raynaud, alias «Le mouton» (1960). Il fut excellent en père de ses deux ravissantes jeunes filles bien dissemblables, la volage Brigitte Bardot et la douce Marie-José Nat, pour le compte d'un Henri-Georges Clouzot plus exigeant que d'habitude dans sa quête de «La vérité» (1960). Relevons encore son personnage de docteur véreux dans «Le doulos» (1962), auprès d'un repris de justice lancé dans une funeste fuite en avant.

Vivant en solitaire, mystérieux, Christian Lude aimait les relations épistolaires, les déguisements sous des habits sacerdotaux qu'il revêtait avec son ami et complice Hubert Deschamps, dont il est surprenant d'apprendre qu'ils naquirent tous les deux dans leur appartement familial de la rue Vaneau, à quelques mètres de distance…

Christian Lude fut également présent à la télévision, notamment pour la version de «La dame aux camélias» (1962) adaptée par Marcel Pagnol et réalisée par François Gir, en bon père bourgeois, bien moraliste, outré de la liaison de son fils (Gérard Barray, séduisant en Armand Duval). Toujours pour l'ORTF, il fut, dans «L'écornifleur» (1964), le pique-assiette sans scrupules de Jules Renard avant d'apparaître dans «Le Golem» (Jean Kerchbron, 1967).

Auteur d'une pièce, «L'âge canonique» (1953), donnée au Théâtre des Variétés à Paris, Christian Lude apparut sur les planches dans «Les gueux au paradis» de Gaston Martens et André Obey, «Ubu-roi» d'Alfred Jarry, «La route au tabac» d'Erskine Caldwell, «L'hurluberlu» et «La grotte» de Jean Anouilh, «L'idiot» de Dostoïevski… et participa dans le cadre d'une tournée Karsenty-Herbert, à «L'acheteuse» de Steve Passeur en compagnie Suzanne Flon pour ce qui restera son ultime prestation dramatique. Il fréquenta régulièrement Radio-France où il apporta son concours à des pièces radiophoniques de qualité, telle «L'homme qui a perdu son ombre» avec Jean-Pierre Cassel et Danièle Delorme, sans oublier sa voix gravée sur disque 33 tours pour «Tartuffe» et «Les précieuses ridicules" de Molière.

Christian Lude décéda dans son appartement parisien non loin de la place de la Bastille dans les tous premiers jours de février 1978. Ce ne fut le 8 que son corps fut trouvé. Il venait d'avoir 65 ans.

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11950LE ROSIER DE MADAME HUSSON
21951L'ETRANGE MADAME X
31952MANON DES SOURCES [ Manon des sources ]
41954LE FEU DANS LA PEAU
51954ESCALIER DE SERVICE [ Non crédité ]
61954LES IMPURES [ Non crédité ]
71957SANS FAMILLE [ Non crédité ]
81959LE CHEMIN DES ECOLIERS
91960LE MOUTON
101960LA VERITE
111962LE DOULOS
121966LE VOLEUR
L'Encinémathèque
Ed.7.2.1 : 5-2-2016