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Richard BOONE (1917 / 1981)

Richard Boone

Acteur américain, né le 18 juin 1917, à Los Angeles (Californie, U.S.A.). Décédé le 10 janvier 1981, à St.Augustine (Floride, U.S.A.).

Descendant du fameux Daniel Boone, pionnier de l'histoire américaine, Richard Boone est le deuxième des trois enfants de Cecile et Kirk Boone. Son père, avocat d'entreprise, envisage rapidement de juguler l'exubérance sanguine de son fils en le confiant à des institutions militaires. Ainsi, le jeune homme étudie à la San Diego Army avant de passer quelques années à la Naval Academy. En 1934, il se retrouve sur les bancs de la Stanford University, d'où il se fait renvoyer à la suite d'une farce de mauvais goût dont la malheureuse victime se révèla être l'épouse de Herbert Hoover, président fraîchement retraité des États-Unis !

Camionneur et ouvrier dans les champs de pétrole, il épouse Jane Hopper. Le couple (1937-1940) s'installe à Carmel (Californie) et s'intègre dans une communauté d'artistes, dirigée par le papa de madame, monsieur sentant poindre en lui quelques prémices de vocation pour la peinture et l'écriture.

Mobilisé dans la Navy comme mitrailleur aérien pendant la seconde guerre mondiale, il est rendu à la vie civile et se dirige vers une carrière de comédien. Il fait ses premiers pas à Broadway dans «Médée» en costume de soldat, tout en assurant la doublure de John Gielgud. Mais lorsqu'au départ de ce dernier, on ne le désigne pas pour prendre la princière succession, notre homme quitte la production pour s'engager dans une tournée de la pièce «The Hasty Heart». La vie itinérante ne lui seyant guère, il rentre à New York où il décroche un petit rôle dans une présentation de «Macbeth», d'où il se fait virer pour s'être ouvertement moqué du régicide en titre, Michael Redgrave !

D'un caractère décidément peu amène, Richard Boone se contente un certain temps de faire le commentateur sportif pour la chaîne de télévision CBS, avant d'apparaître dans une dizaine d'épisodes de la série «The Front Page» (1949/1950). Côté coeur, il contracte une brève union matrimoniale avec la chanteuse Mimi Kelly (1949-1950).

Une jeune starlette lui demande un jour de lui donner la réplique vocale dans un bout d'essai filmé auquel elle doit se soumettre. Bien que n'apparaissant pas à l'image, il se fait remarquer aux oreilles du réalisateur Lewis Milestone par sa voix claire et forte : c'est ainsi qu'il débute à l'écran dans «Okinawa» (1950). Dès lors, il va régulièrement jouer les vilains mettant les bâtons dans les roues de la diligence qui passe, tout au long d'une série de westerns plus ou moins remarqués : «Red Skies of Montana» (1952), «City of Bad Men» (1953), «Dix hommes à abattre» (1954), «L'homme qui n'a pas d'étoiles» (1955), «L'homme de l'Arizona» (1957), etc. Plus surprenante est sa composition de Ponce Pilate dans la superproduction d'Henry Koster, «La tunique» (1953), tournée en même temps que «Vicky» , un très bon "polar" où il apparaît en lieutenant de police aux méthodes pour le moins discutables.

En 1952, dépêché en Australie par les “executives” de la Fox pour le tournage de «La loi du fouet», il y fit la rencontre lors d'un cocktail d'une jeune danseuse américaine en villégiature, Claire McAloon. Du coup de foudre réciproque qui s'ensuivit devait naître - après un passage devant monsieur le maire, soyons rassurés - le jeune Peter, son unique descendant.

De 1954 à 1963, tout en poursuivant ses apparitions cinématographiques («Alamo» en 1960, «Tonnerre Apache» en 1961, …), l'acteur au visage grêlé passera la majorité de son temps sur les plateaux de télévision, héros médical des 59 épisodes de la série «Medic» (1954/1956) – qui ne sera pas diffusée en France – et justicier voyageur dans les 225 déclinaisons westerniennes de «Have Gun, Will Travel» (1957/1963) dont il dirigera lui-même 19 numéros. Ce n'est donc pas sans raison que Marlon Brando lui demandera de terminer la réalisation de leur film commun, «La nuit du lendemain» (1968), lorsqu'il ne sera plus certain des capacités d'Hubert Cornfield à tenir le poste.

Créateur et vedette du «Richard Boone Show» (1963/1964) dont il apprend l'interruption par la presse, l'acteur, amer, s'installe avec sa famille à Honolulu (Hawaï), ne rejoignant les États-Unis que sur nécessité professionnelle. Il y en eut plusieurs, et non des moindres, dont il faut retenir son rôle vedette de chasseur d'Indiens («Rio Conchos» , 1964), son opposition mal intentionnée à Paul Newman («Hombre», 1966) et sa confrontation musclée avec John Wayne auquel il ne réclame pas moins d'un million de dollars pour la libération du rejeton que lui a donné Maureen O'Hara («Big Jake», 1971).

Atteint par le cancer qui devait l'emporter, Richard Boone ralentit ses activités à partir des années soixante-dix. D'origine juive par une branche de son ascendance, il fut honoré (1979) par le premier ministre Yitzahk Rabin pour sa contribution au cinéma israëlien, ayant tenu la vedette du premier western jamais tourné en Terre Promise, «Madron» (1970).

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1950
HALLS OF MONTEZUMA (Okinawa)
2
1951
THE DESERT FOX (Le renard du désert)
3
1952
RED SKIES OF MONTANA (Duel dans la forêt)
4
1952
RETURN OF THE TEXAN (Le retour du Texan)
5
1952
KANGAROO (La loi du fouet)
6
1952
WAY OF A GAUCHO (Le gaucho)
7
1953
VICKI
8
1953
CITY OF BAD MEN
9
1953
THE ROBE (La tunique)
10
1954
THE RAID (Le raid)
11
1954
TEN WANTED MEN (Dix hommes à abattre)
12
1955
MAN WITHOUT A STAR (L'homme qui n'a pas d'étoile)
13
1955
ROBBER's ROOST
14
1956
AWAY ALL BOATS (Brisants humains)
15
1957
THE TALL T (L'homme de l'Arizona)
16
1957
LIZZIE, de Hugo HAAS
 
17
1957
THE GARMENT JUNGLE (Racket dans la couture)
18
1958
I BURY THE LIVING, d'Albert BAND
 
19
1960
THE ALAMO (Alamo)
20
1961
A THUNDER OF DRUMS (Tonnerre Apache)
21
1964
RIO CONCHOS
22
1966
HOMBRE
23
1968
KONA COAST
24
1968
NIGHT OF THE FOLLOWING DAY (La nuit du lendemain)
25
1969
THE ARRANGEMENT (L'arrangement)
26
1969
THE KREMLIN LETTER (La lettre du Kremlin)
27
1970
MADRON, de Jerry HOPPER
 
28
1971
THE MILLION DOLLARS KIDNAPPING (Big Jake)
29
1975
AGAINST A CROOKED SKY, d'Earl BELLAMY
 
30
1976
THE SHOOTIST (Le dernier des géants)
31
1978
THE BIG SLEEP (Le grand sommeil)
32
1980
THE BUSHIDO BLADE, de Tom KOTANI
 
Éd. 9.1.4 : 17-12-2019