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Jean PAREDES (1914 / 1988)

Jean Parédès

Acteur français, né Jean René Célestin Paredes, le 17 octobre 1914, à Pusignan (Rhône). Décédé le 13 juillet 1998, à La Seyne-sur-Mer (Var). Nonobstant ses ascendances espagnoles, on lui prête parfois l'identité civile de Victor Categnac, mais il paraît plus vraisemblable qu'il s'agisse d'un pseudonyme peu fréquemment utilisé.

Elève de H.E.C catapulté du jour au lendemain second rôle comique dans «Trois de Saint-Cyr» (1938), Jean Parédès se découvre un goût pour le théâtre qui l'amène à fréquenter le Conservatoire dont il sort en 1939 avec un second prix de comédie

C'est sur les planches qu'il connaîtra ses plus grandes joies. L'année même de son concours, Louis Jouvet le recrute comme chambellan dans «Ondine» de Giraudoux alors qu'il paraît au cinéma dans de petits rôles : un garçon de café dans «Le veau gras» (1938), un salutiste dans «La charrette fantôme» (1939) ou un sacristain dans «L'assassinat du père Noël» (1941). «Voulez-jouer avec moi ?» lui proposent, en 1943, Arletty et Marcel Achard, une invitation qui ne se refuse pas… A la fin des années 50, il crée «Hibernatus» et se régale en bagnard évadé de Cayenne dans «La cuisine des Anges» ; à l'Odéon-Théâtre de France, Jean-Louis Barrault le met en scène dans «Rhinocéros» (1960) d'Eugène Ionesco, «La cerisaie» (1961) de Tchekhov et «La vie parisienne» (1962) d'Offenbach. Pendant son demi-siècle d'activité théâtrale, Molière, Feydeau et Anouilh pourront toujours compter sur ses loyaux services.

Au cinéma, les silhouettes cocasses deviendront vite de vrais seconds rôles. Pensionnaire indocile de «Premier rendez-vous» (1941), il croque son professeur (Fernand Ledoux) sur le tableau noir. Dès «Caprices» (1941), précieux et volubile, ses manières de majordome stylé qui ne sourit jamais irritent Danielle Darrieux au point qu'elle lui botte les fesses avant toutefois de lui claquer la bise. «La nuit fantastique» (1941) ne lui réussit guère : promis à Micheline Presle, le pauvre Cadet est appelé "le rossignol, le récusé, l'indésirable" par un Fernand Gravey amoureux de la belle. Pour Jules Berry, il serait plutôt "le jongleur" ou "l'acrobate" lorsque, ami de François Périer, le conducteur du «Camion blanc» (1942), il parvient tout de même à dérider une austère Marguerite Moreno devenue reine des gitans. Sur un scénario de Robert Desnos dialogué par Henri Jeanson, il joue Zéphyr, le "ténor sans voix" de «Bonsoir mesdames, bonsoir messieurs» (1943). Si l'on ajoute sa participation aux «Lettres d'amour» (1942) d'Autant-Lara et ses rôles de comparse farceur ou trouillard dans «L'aventure est au coin de la rue» (1943) et «120, rue de la gare» (1945) - une aventure de Nestor Burma (René Dary) - les années 40 lui auront bien réussi.

Encore maigrelet, Parédès parade en vicomte tenté par «La vie de bohème» (1943) ou, plus empâté, en comte de Wardes, le complice de Milady, pour «Les 3 mousquetaires» (1953). Ses manières précieuses l'amènent à fréquenter la cour, qu'il soit le médecin incompétent de Charles VII dans «Si Paris nous était conté» (1955), le surintendant des plaisirs du roi dans «Madame du Barry» (1954) ou, plus tard, M. de Saint-Amon dans «Angélique et le Roy» (1965). Tout en jabot et gloussements, le capitaine de la Houlette de «Fanfan la Tulipe» (1952) résume à lui seul la guerre en dentelles ; aussi, lorsqu'André Hunebelle tente un “copié-collé” du film dans «Cadet Rousselle» (1954), il propose à Jean Parédès de reprendre à l'identique son rôle ; à vrai dire, dans cette reprise poussive, c'est encore lui qui hérite de la meilleure scène. Lorsqu'il perd ses titres de noblesse, il se reconvertit en maître d'hôtel à la Tour d'Argent, excédé par les caprices de Martine Carol, l'une des «Adorables créatures» (1952) de Christian-Jaque.

Robert Dhéry lui ayant confié l'habit du borgne Filochard dans «Le trésor des Pieds-Nickelés» (1949), le voici promu tête d'affiche de quelques “nanars” comme «Et moi j'te dis qu'elle t'a fait de l'œil» (1950), «Le chéri de sa concierge» (1951) et «Les deux Monsieur de Madame» (1951) où il hérite de rôles de benêts jacassants aux pseudonymes éloquents : Eugène Crochard ou Adolphe Gatouillat. Son goût pour le travestissement s'affirme dangereusement avec «Après vous, duchesse» (1953). Heureusement, René Clair en fait le pharmacien moqueur qui s'amuse du Gérard Philipe rêveur de «Belles de nuit» (1952). Couturier humant «L'air de Paris» (1954) de Carné, il goûte en amateur éclairé le «French Cancan» (1954) de Renoir et campe un excellent Alcide Jolivet, le journaliste français de «Michel Strogoff» (1956). Au nombre de «Messieurs les ronds-de-cuir» (1959), il figure en bonne place en chapelier ruiné "par la crise du melon" et recyclé en fonctionnaire inutile. 

Si Marcel Carné aurait pu éviter de répandre «Du mouron pour les petits oiseaux» (1962) et Jean Parédès d'y paraître dans une piteuse caricature d'homosexuel gluant, en revanche, la fréquentation de la craquante Bernadette Lafont, alias «La fiancée du pirate» (1969), est hautement recommandée au nouveau Jules César puisque c'est bien lui qui lui prête sa voix dans «Astérix et Cléopâtre» (1968). Lorsque le cinéma le néglige, la télévision lui réserve encore de belles créations : il joue Brantôme auprès de Patrick Dewaere alias «Jean de la Tour Miracle» (1968), ou «Comme il vous plaira» (1972) de Shakespeare avec Jean-Pierre Aumont et Pierre Bertin. Certes, ni «Le bourreau des cœurs» (1983) ni «L'émir préfère les blondes» (1983) ne pouvaient rien ajouter à sa gloire mais il chante pour Chabrol la complainte de «Violette Nozière» (1978). On aurait dû l'apercevoir dans «La banquière» (1980, scène supprimée au montage) et l'on saura gré à Philippe de Broca de s'être souvenu de lui pour le petit rôle du chapelain dans «Chouans !» (1988), histoire de nous quitter sur une note reluisante, confirmée par sa dernière apparition chez Nina Companeez, juste avant «La grande cabriole» (1989, téléfilm) dans l'inconnu.

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11939LA CHARRETTE FANTÔME
21941L'ASSASSINAT DU PERE NOËL
31941CAPRICES
41941LA NUIT FANTASTIQUE
51942LE CAMION BLANC
61943L'AVENTURE EST AU COIN DE LA RUE
71945120, RUE DE LA GARE
81945TRENTE ET QUARANTE
91946LE VILLAGE DE LA COLERE
101947UNE NUIT A TABARIN
111948TOUTE LA FAMILLE ETAIT LA
121949UNE NUIT DE NOCES
131950LE GANG DES TRACTIONS-ARRIERE
141950ET MOI J'TE DIS QU'ELLE T'A FAIT D'L'OEIL
151951LE CHERI DE SA CONCIERGE
161951FANFAN LA TULIPE
171952LES FEMMES SONT DES ANGES
181952LES BELLES DE NUIT
191953LES 3 MOUSQUETAIRES
201953LEGERE ET COURT-VÊTUE
211954APRES VOUS DUCHESSE
221954L'AIR DE PARIS
231954MADAME DU BARRY
241954CADET ROUSSELLE
251954FRENCH CANCAN
261955SI PARIS NOUS ETAIT CONTE
271956MICHEL STROGOFF
281957LA GARÇONNE
291957FILOUS ET COMPAGNIE
301957LA TOUR, PRENDS GARDE!
311958OH! QUE MAMBO!
321959MESSIEURS LES RONDS-DE-CUIR
331961LES PETITS MATINS
341962DU MOURON POUR LES PETITS OISEAUX
351965WHAT's NEW, PUSSYCAT? (Quoi de neuf, Pussycat?)
361965ANGELIQUE ET LE ROY
371969LA FIANCEE DU PIRATE
381978VIOLETTE NOZIERE
391988CHOUANS!
L'Encinémathèque
Ed.7.2.2 : 17-3-2016