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Raphaël PATORNI (1911 / 1986)

Raphael Patorni

Acteur français, né le 15 avril 1911, à Paris (France). Décédé le 27 novembre 1986, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine, France).

Fils unique d'Aurèle Patorni, notaire, journaliste et écrivain, et de Régina Casadesus, membre de la célèbre dynastie musicale, le jeune Raphaël aura eu la chance de vivre une enfance heureuse dans une famille aisée, d'y recevoir une éducation de bon aloi, ayant le privilège de pratiquer plusieurs sports comme l'équitation ou le tennis. Très vite attiré par le théâtre, il suit les cours du Conservatoire avec les encouragements de sa famille. En 1930, à la fin de sa deuxième année, il présente une scène du «Misanthrope» de Molière qui lui vaut un accessit, pour la plus grande joie de ses parents.

Comédien de théâtre – on le vit notamment dans «Les mains sales» de Jean-Paul Sartre – , Raphaël Patorni n'hésita pas à venir vers le 7ème art où il connut une carrière longue de près d'une soixantaine de films. Élégant, racé, il jouera souvent dans des rôles costumés, maniant l'épée avec aisance et se montrant un cavalier émérite.

Sa première apparition fut pour le film de Marcel Carné, «Les enfants du paradis» (1945) où l'on peut tenter de le reconnaître en jeune dandy. Dès lors, il va endosser l'habit d'aristocrate, d'avocat, de président de cour d'assises, de policier («Le martyr de Bougival», 1949), mais aussi de personnages fourbes, voire carrément de salauds («L'auberge du péché», 1949).

Jean Delannoy l'emploiera à treize reprises, le faisant Duc de Nevers dans «Le bossu» (1944), amoureux d'Edwige Feuillère dans «La part de l'ombre» (1945), comte de Hoyos à la cour des Habsbourg dans «Le secret de Mayerling» (1948), voyou et criminel dans «Le garçon sauvage» (1951), substitut dans «Chiens perdus sans collier» (1955) où il retrouve Jean Gabin, déjà croisé sur le plateau de «La minute de vérité» (1952) et qu'il secondera dans «Maigret tend un piège» (1957) avant de l'accueillir, réceptionniste réservé, dans «Le baron de l'écluse» (1959). Enfin, le réalisateur lui confiera l'uniforme du Duc de Choiseul au service de Louis XVI et «Marie-Antoinette» (1956) qui ne surent se montrer reconnaissants à la hauteur de son dévouement.

Raphaël Patorni côtoiera à trois reprises notre chanteur de charme Tino Rossi : dans «L'île d'amour» (1943), sur fond de vendetta corse, il campe le frère peu recommandable du vilain Michel Vitold ; dans «Le gardian» (1945), il se montre vainement jaloux de son partenaire ajaccien ; sans doute par esprit de vengeance, il lui chipera «La belle meunière» (1948) lorsque celui-ci prendra les traits du jeune et romantique Franz Schubert. Dans un registre assez proche, il fera une apparition aristocratique dans les célèbres «Violettes impériales» de Richard Pottier (1952) si gracieusement cueillies par Luis Mariano pour Carmen Sevilla. Ce même réalisateur lui a précédemment accordé sa confiance lors de «Vertiges» (1946, apparition non confirmée à la vision de copies restantes du film), drame médical tout autant que lacrimal, «L'aventure commence demain» (1947), grande machination financière et sentimentale, et «Barry» (1948) aux neiges éternellement resplendissantes.

Comme la plupart des comédiens de l'après-guerre, il figure au dictionnaire historique de Sacha Guitry, apparaissant en révolutionnaire parmi la riche distribution de son «Napoléon» (1954). Fidèle aux rôles costumés, il sera présent dans plusieurs films d'André Hunnebelle, «Les trois mousquetaires» – où nous avons vainement tenté de le repérer –, «Cadet Rousselle» (1954), «Le Capitan» (1960) et «Les mystères de Paris» (1962), ayant déja servi Eugène Sue dans la version précédente (1943). Enfin, Christian-Jaque l'enverra représenter le duc d'Este auprès de la belle «Lucrèce Borgia» et de son frère au charme plus discutable.

S'il oeuvra en inspecteur de police au sein même du «Quai des Orfèvres» sous la direction d'Henri-Georges Clouzot (1947), nous ne pûmes que l'entrevoir dans «Manon» (1948) du même metteur-en-scène. Dans un tout autre style, il se risqua sous la houlette hasardeuse d'Émile Couzinet dans «Colomba» (1947) et «Trois marins dans un couvent» (1949) dont on se demande bien, faute d'avoir vu le film, ce qu'ils étaient venus y faire !

Le 12 avril 1942, Raphël Patorni épousa Jacqueline Horner, rencontrée sur un court de tennis. Couple sportif, ils entraîneront ensemble les amateurs de la petite balle jaune du Racing Club de France et de Deauville, dont la jeune Valérie Montcorgé, fille de son ami Jean Gabin.

Gentleman discret et élégant, ce comédien attachant aurait assurément mérité des rôles plus intenses que ceux qu'il sut assumer de façon plus qu'honorable.

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11943L'ÎLE D'AMOUR
21944LE BOSSU
31945JÉRICHO
41945LE GARDIAN Sorti en 1946
51947QUAI DES ORFÈVRES
61947COLOMBA
71948LE SECRET DE MAYERLING
81948BARRY
91949LE MARTYR DE BOUGIVAL
101949L'AUBERGE DU PECHE
111949LE GRAND RENDEZ-VOUS
121950LES ANCIENS DE SAINT-LOUP
131950DEMAIN NOUS DIVORCONS
141951L'ETRANGE MADAME X
151951LE GARÇON SAUVAGE
161951SEULS AU MONDE
171952CASQUE D'OR
181952ADORABLES CRÉATURES
191952LA MINUTE DE VÉRITÉ
201952VIOLETTES IMPÉRIALES [Non crédité]
211952HOLD-UP EN MUSIQUE/LE GANG DES PIANOS A BRETELLES
221953LA ROUTE NAPOLEON
231953LUCRÈCE BORGIA
241954LE MOUTON À CINQ PATTES [Prologue, non crédité]
251954CADET ROUSSELLE
261954NAPOLÉON [Non crédité]
271955CHIENS PERDUS SANS COLLIER
281956MARIE-ANTOINETTE REINE DE FRANCE
291957MAIGRET TEND UN PIÈGE
301959LE BARON DE L'ÉCLUSE
311960LE CAPITAN
321962LES MYSTERES DE PARIS
Éd.8.1.3 : 19-2-2018