La bibliothèque de L'Encinématheque

Lewis STONE (1879 / 1953)

Lewis Stone

Acteur américain, né Lewis Shepherd Stone, le 15 novembre 1879, à Worcester (Massachusetts, U.S.A.). Décédé le 12 septembre 1953 à Hollywood (Californie, U.S.A.).

Aujourd'hui, son étoile sur Hollywood Boulevard doit laisser perplexes de nombreux visiteurs et pourtant Lewis Stone paraît dans le livre des records comme l'artiste ayant eu le plus long contrat avec un studio, en l'occurrence la MGM à laquelle il sera fidèle pendant près de trente ans. Malgré sa participation irréprochable à de nombreux classiques, on aurait tendance à l'oublier au profit des stars prestigieuses dont il fut le solide partenaire, comme Greta Garbo ou Clark Gable

Est-ce d'avoir participé à deux guerres – la guerre hispano-américaine, alors qu'il n'a que 18 ans, puis le premier conflit mondial – toujours est-il qu'il montre un air austère et des cheveux prématurément grisonnants lorsque il débute à l'écran en 1915, sous le nom de Lewis S.Stone, dans un film du pionnier Thomas Ince. Le réalisateur Rex Ingram et son épouse Alice Terry lui permettent de réaliser un beau doublé : dans «Le prisonnier de Zenda» (1922), trente ans avant Stewart Granger, il joue le double rôle du roi et de son sosie face à Ramon Novarro qu'il retrouve dans «Scaramouche» (1923), cette fois dans le rôle négatif du Marquis de La Tour d'Azyr. Avec «Le monde perdu» (1925) d'après Conan Doyle, «La vie privée d'Hélène de Troie» (1927) – où il joue Ménélas, le roi cocu – et «Le patriote» (1928) de Lubitsch, il aligne trois grands succès à la fin du muet, le dernier film lui valant même une nomination à l'oscar du meilleur acteur. Partenaire fétiche de Greta Garbo, il joue à six reprises à ses côtés, d'abord en ami fidèle dans «Intrigues» (1928). S'ils forment un couple mal assorti dans «Terre de volupté» (1929) et «Romance» (1930), il passe au second plan dans «L'inspiratrice» (1931) et joue le chef du service d'espionnage dans «Mata-Hari» (1931) ; dans «Grand Hôtel» (1932), les deux comédiens vivent deux intrigues parallèles mais, dans «La reine Christine» (1933), leur dernier film en commun, on le retrouve en fidèle serviteur de la couronne de Suède.

D'autres grandes stars féminines réclament volontiers ses tempes grises, sa fine moustache et ses bons services comme Norma Shearer dans son premier film parlant, «Le procès de Mary Dugan» (1929), Helen Hayes pour «La faute de Madeleine Claudet» (1931) ou Jean Harlow dans «La femme aux cheveux rouges» (1932), «La belle du Missouri» (1934) et «Suzy» (1936). Il joue le détective Costaud (sic !) lancé à la poursuite de Chéri-Bibi (John Gilbert) dans «The Phantom of Paris» (1931), adapté de Gaston Leroux, et se transforme en vieux sage asiatique dans «The Son-Daughter» (1932). En revanche, face au diabolique Fu Manchu, il incarne Nayland Smith, rempart de l'occident, dans «Le masque d'or» (1932) : sur le point de subir les pires supplices, Lewis Stone y échappa grâce à l'entremise des producteurs qui le trouvèrent trop maigre pour émouvoir les spectateurs et le remplacèrent dans cette scène par Jean Hersholt, nettement plus grassouillet ! À l'exception notable du bandit racheté par son héroïsme dans «Three Godfathers» (version Boleslawski, 1936), Lewis Stone sera toujours du bon côté de la loi. Parmi ses personnages les plus marquants, retenons le sympathique capitaine Smolett de «L'île au trésor» (1934) et l'honnête Mr Wickfield victime du perfide Uriah Heep (Roland Young) dans «David Copperfield» (1934).

À 58 ans, Lewis Stone rencontre son rôle le plus populaire aux États-Unis, celui du juge Hardy, notable blanchi sous le harnais et père de famille idéal : après «Your Only Young Once» (1937), «Judge Hardy's Children» (1938) prennent la vedette dès le deuxième titre, d'autant que le dynamique Mickey Rooney est de la partie puisque «L'amour frappe Andy Hardy» (1938) et qu'il aura les traits de ravissantes débutantes nommées Judy Garland, Lana Turner ou Donna Reed. Avec un tel fiston, Lewis Stone et sa fidèle épouse jouée par Fay Holden ont fort à faire, même si la jeune génération a tendance à éclipser les anciens. Quoi qu'il en soit, notre aimable juge dispensera sagesse et bienveillance souriantes dans une quinzaine de bandes jusqu'en 1947. Occupé à plein temps par les mésaventures de son galopin de fils, il ne participe guère pendant cette période aux grandes productions hollywoodiennes, exception faite de «Three Wise Fools» (1946) où il retrouve son vieux complice Lionel Barrymore qui le dirigeait vingt ans plus tôt dans «Madame X» (1929).

Lorsque des peines de coeur mettent fin à la saga de la famille Hardy («Love Laughs at Andy Hardy», 1946), Lewis Stone approche des 70 ans mais tourne encore une quinzaine de films dont «L'enjeu» (1948) de Frank Capra, «Stars in My Crown» (1950) de Jacques Tourneur et deux titres qui lui permettent de retrouver l'ami Clark Gable, un bon complice du temps de «La malle de Singapour» (1935). Surtout, il boucle la boucle en participant aux remakes de deux de ses premiers succès puisqu'il devient cardinal dans «Le prisonnier de Zenda» (1952) de Richard Thorpe et joue M. de Valmorin – père du pamphlétaire assassiné par le Marquis de Maynes – dans «Scaramouche» (1952) de George Sidney. Il allait interpréter le père de William Holden et Humphrey Bogart dans «Sabrina» de Billy Wilder lorsqu'il mourut d'une crise cardiaque. «La perle noire» (1953), son dernier film, le montre en vieux loup de mer, dispensant sagesse et humanité comme il le fit tout au long de sa prolifique carrière.

Lewis Stone se maria à trois reprises, d'abord avec Margaret Langham, puis Florence Oakley (qui lui donna deux enfants) et Hazel Elizabeth Wolf, qu'il laissera veuve.

Jean-Paul Briant

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1920
NOMADS OF THE NORTH
2
1922
THE PRISONER OF ZENDA (Le roman d'un roi), de Rex INGRAM
 
3
1923
SCARAMOUCHE
4
1924
HUSBANDS AND LOVERS
5
1924
INEZ FROM HOLYWOOD, d'Alfred E.GREEN
 
6
1925
THE LOST WORLD (Le monde perdu)
7
1925
CONFESSIONS OF A QUEEN (Les confessions d'une reine)
8
1925
THE LADY WHO LIED
9
1927
LONESOME LADIES, de Joseph HENABERY
 
10
1927
THE PRIVATE LIFE OF HELEN OF TROY, d'Alexander KORDA
 
11
1928
THE PATRIOT (Le patriote)
12
1928
A WOMAN OF AFFAIRS (Intrigues)
13
1929
WILD ORCHIDS (Terre de volupté)
14
1929
THE TRIAL OF MARY DUGAN, de Bayard VEILLER
 
15
1929
WONDER OF WOMEN, de Clarence BROWN
 
16
1929
MADAME X
17
1929
THEIR OWN DESIRE (Désirs), d'E.Mason HOPPER
 
18
1930
STRICTLY UNCONVENTIONAL, de David BURTON
 
19
1930
ROMANCE
20
1930
THE OFFICE WIFE, de Lloyd BACON
 
21
1930
PASSION FLOWER
22
1931
INSPIRATION (L'inspiratrice)
23
1931
THE SECRET 6 (Tribunal secret)
24
1931
ALWAYS GOODBYE, de William Cameron MENZIES, Kenneth MacKENNA
 
25
1931
THE BARGAIN, de Robert MILTON
 
26
1931
THE PHANTOM OF PARIS, de John S.ROBERTSON
 
27
1931
THE SIN OF MADELON CLAUDET (La faute de Madeleine Claudet), d'Edgar SELWYN
 
28
1931
MATA HARI
29
1932
GRAND HOTEL
30
1932
NEW MORALS FOR OLD
31
1932
RED-HEADED WOMAN (La femme aux cheveux rouges)
32
1932
UNASHAMED
33
1932
DIVORCE IN THE FAMILY
34
1932
THE MASK OF FU MANCHU (Le masque d'or)
35
1932
THE SON-DAUGHTER, de Clarence BROWN
 
36
1933
MEN MUST FIGHT, d'Edgar SELWYN
 
37
1933
QUEEN CHRISTINA (La reine Christine)
38
1934
THE MYSTERY OF Mr.X
39
1934
THE GIRL FROM MISSOURI (La belle du Missouri)
40
1934
TREASURE ISLAND (L'île au trésor)
41
1934
THE PERSONAL HISTORY, ADVENTURES, EXPERIENCES AND OBSERVATIONS OF DAVID COPPERFIELD THE YOUNGER (David Copperfield)
42
1935
WOMAN WANTED (L'évadée)
43
1935
CHINA SEAS (La malle de Singapour)
44
1936
THREE GODFATHERS
45
1936
THE UNGUARDED HOUR (L'heure mystérieuse)
46
1936
SUZY (Une belle blonde)
47
1936
DON'T TURN 'EM LOOSE, de Benjamin STOLOFF
 
48
1937
OUTCAST
49
1937
THE 13th CHAIR (La treizième chaise)
50
1937
THE MAN WHO CRIED WOLF (Soixante-quinze minutes d'angoisse), de Lewis R.FOSTER
 
51
1937
YOU'RE ONLY YOUNG ONCE, de George B.SEITZ
 
52
1938
JUDGE HARDY's CHILDREN, de George B.SEITZ
 
53
1938
STOLEN HEAVEN (Paradis volé), d'Andrew L.STONE
 
54
1938
YELLOW JACK
55
1938
LOVE FINDS ANDY HARDY (L'amour frappe Andy Hardy)
56
1938
OUT WEST WITH THE HARDYS (André Hardy cow boy)
57
1939
THE HARDYS RIDE HIGH (André Hardy millionnaire)
58
1939
ANDY HARDY GETS SPRING FEVER (André Hardy s'enflamme), de Woody S.Van DYKE
 
59
1939
JOE AND ETHEL TURP CALL ON THE PRESIDENT
60
1939
JUDGE HARDY AND SON, de George B.SEITZ
 
61
1940
ANDY HARDY MEETS DEBUTANTE (André Hardy va dans le monde), de George B.SEITZ
 
62
1941
THE BUGLE SOUNDS
63
1942
THE COURTSHIP OF ANDY HARDY
64
1942
ANDY HARDY's DOUBLE LIFE, de George B.SEITZ
 
65
1946
THREE WISE FOOLS
66
1946
LOVE LAUGHS AT ANDY HARDY
67
1949
THE SUN COMES UP (Lassie perd et gagne)
68
1949
ANY NUMBER CAN PLAY (Faites vos jeux)
69
1950
KEY TO THE CITY (La clef sous la porte)
70
1950
STARS IN MY CROWN
71
1950
GROUNDS FOR MARRIAGE (J'épouse mon mari), de Robert Z.LEONARD
 
72
1951
BANNERLINE
73
1951
IT's A BIG COUNTRY
74
1952
TALK ABOUT A STRANGER
75
1952
SCARAMOUCHE
76
1952
THE PRISONER OF ZENDA (Le prisonnier de Zenda)
77
1953
ALL THE BROTHERS WERE VALIANT (La perle noire)
Éd. 9.1.4 : 23-12-2019