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Dita PARLO (1908 / 1971)

Dita Parlo

Actrice allemande, née Grethe Gerda Kornstädt, le 4 septembre 1908, à Stettin (Poméranie, Allemagne, aujourd’hui Szczecin, Pologne). Décédée le 12 décembre 1971, à Courbevoie (Hauts-de-Seine, France).

Fille d'un fonctionnaire des chemins de fer, Grethe Kornstädt pratique la danse et la gymnastique dans l'espoir de décrocher un monitorat dans cette dernière discipline. Après avoir suivi la formation de l'école de danse de la U.F.A à Berlin-Babelsberg, elle est remarquée par le producteur Erich Pommer qui lui fait signer un contrat. Devenue Dita parlo, elle débute ainsi à l’écran en 1927 en esclave orientale dans le «Shéhérazade» d'Alexander Volkoff et tient pour la première fois la vedette dans «Le chant du prisonnier» de Joe May (1928).

Par la suite, elle est l’interprète de, entre autres, «Rhapsodie hongroise» (1928), «Mélodie du coeur» (1929), «Danseuses pour Buenos Aires» (1930),… Dès 1928, les Américains s'intéressent à elle pour donner la réplique à Maurice Chevalier dans une comédie légère, mais le réalisateur, Harry d'Abbadie d'Arrast, effrayé par son accent, renonce au projet. Elle rentre alors en France pour incarner Denise Baudu dans le film français «Au bonheur des dames» (1929), adapté de l’œuvre d’Émile Zola.

Elle est ensuite l’interprète de plusieurs versions allemandes de films américains, une tournée aux studios Paramount de Saint-Maurice, «Tröpennachte» (1931), et trois aux États-Unis, «Die Heilige Flamme» (1930), «Kismet» (1930) et «Menschen hinter Gittern» (1931, version allemande de «Big House» de Paul Fejos). Elle a moins de chance avec deux productions en anglais également réalisées à Hollywood, «Honor of the Family» (1931) et «Mr.Broadway» (1933) dans lesquelles elle n’est pas tête d’affiche.

Heureusement, de grandes opportunités se présentent pour elle en Europe où, après avoir tourné «Rapt» (1934) en Suisse, elle se consacre au cinéma français. C’est ainsi qu’elle décroche ce qui reste sans doute les deux plus beaux rôles de sa carrière dans «L’Atalante» (1934) de Jean Vigo et «La grande illusion» (1937) de Jean Renoir. Elle figure aussi au générique de «L’affaire du courrier de Lyon» (1937), «Ultimatum» (1938), «La rue sans joie» (1938), dans lequel elle reprend le personnage joué par Greta Garbo en 1925, «L’or du Cristobal» (1939) et «Paix sur le Rhin» (1939). Son personnage de jeune femme simple, gentille et bousculée par les événements, dont elle aimerait bien s'éloigner de temps en temps, s'impose pourtant dans l'esprit des producteurs et des spectateurs de l'époque.

On la retrouve plus entreprenante dans «Mademoiselle Docteur» (1936) et sa version anglaise «Under Secret Orders», ainsi que dans «L’inconnue de Monte Carlo» (1938) et sa version italienne «La signora di Monte Carlo».

Son parcours de vedette internationale va hélas connaître de grosses perturbations. Tout d'abord, Orson Welles, qui l'a optée pour tenir le rôle d'Elsa Grüner dans l'adaptation du roman de Joseph Conrad, «Heart of Darkness», doit renoncer à son projet par manque d'audace du producteur commanditaire. Ensuite, alors qu'elle s'apprête à donner la réplique à Pierre Blanchar dans «L'empreinte du Dieu» (1939) dont Léonide Moguy commence les prises de vues dans les rues de Bruges, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l'Allemagne qui vient d'envahir la Pologne. Le film se fera sans elle en 1940, Annie Ducaux héritant de son personnage.

En effet, peu après le début du second conflit mondial, Dita Parlo est internée au camp de Gurs, dans les Pyrénées orientales, en tant que ressortissante d’un pays ennemi et n’en sortira qu’après la victoire en juin 1940 des troupes hitlériennes. Elle retourne ensuite en Allemagne où, considérée comme sympathisante pro-française, elle se retrouve dans un centre de rééducation.

Elle revient alors en France où les problèmes ne vont pas tarder à s’abattre à nouveau sur elle. En effet, à la Libération, elle est emprisonnée au camp de Drancy, puis au Fort de Romainville, deux endroits où sont enfermées à l’époque les personnes soupçonnées de collaboration, un sort plutôt injuste pour une femme n’ayant jamais montré de sympathie envers le régime nazi. Avec l’aide d’un pasteur protestant, Franck Gueutal, qu’elle finira d’ailleurs par épouser (16-5-1949), elle sera libérée en 1946.

Elle se retire à Montéchéroux près de Montbéliard (Doubs) pour se consacrer à des travaux d'écriture. Elle fait son retour au cinéma dans un second rôle de «Justice est faite» (1950) d’André Cayatte et, quinze ans plus tard, met un point final à sa filmographie avec «La dame de pique» (1965), adapté de l’œuvre de Pouchkine, dans lequel elle incarne la vieille comtesse qui détient un secret permettant de gagner aux cartes. Elle disparaît à l'age de 65 ans, au terme de plusieurs mois de paralysie, et repose aujourd'hui aux côtés de son époux qui l'a rejointe en 1983.

Pour la petite histoire, mentionnons que Madonna se serait inspirée d’elle en 1992 pour le livre «Sex» et le disque «Erotica» et que la célèbre strip-teaseuse Dita von Teese lui a emprunté son prénom pour construire son pseudonyme.

Marlène Pilaete, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1928
GEHEIMNISSE DES ORIENTS (Shéhérazade)
2
1928
HEIMKER
3
1928
UNGARISCHE RHAPSODIE, de Hanss SCHWARZ
 
4
1929
MANOLESCU, DER KÖNIG DER HOCHSTAPLER (Manolescu, roi des voleurs)
5
1929
MELODIE DES HERZENS (Mélodie du coeur), de Hanns SCHWARZ
 
6
1929
AU BONHEUR DES DAMES
7
1930
MENSCHEN HINTER GITTERN / BIG HOUSE / RÉVOLTE DANS LA PRISON [Version allemande]
8
1932
LOVE's INTERLUDE / THE WARNING SHADOW, d'Edgar G.ULMER (Inachevé)
 
9
1934
L'ATALANTE
10
1934
RAPT
11
1936
MADEMOISELLE DOCTEUR / SALONIQUE, NID D'ESPIONS
12
1937
LA GRANDE ILLUSION
13
1937
L'AFFAIRE DU COURRIER DE LYON
14
1937
UNDER SECRETS ORDERS, d'Edmond T.GRÉVILLE
 
15
1938
LA RUE SANS JOIE
16
1938
ULTIMATUM
17
1938
PAIX SUR LE RHIN
18
1938
L'INCONNUE DE MONTE CARLO / LA SIGNORA DI MONTECARLO
19
1939
L'OR DU CRISTOBAL
20
1950
JUSTICE EST FAITE
21
1964
DAS HAB ICH VON PAPA GELERNT [Images d'archive]
22
1965
LA DAME DE PIQUE
Éd. 9.1.4 : 9-5-2019