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Robert LOMBARD (1921 / 2003)

Robert Lombard

Acteur français, né Robert Georges Edmond Cacheux, le 18 mars 1921 à Le Raincy (Seine-Saint-Denis, France). Décédé le 26 septembre 2003 à Paris (Île-de-France, France).

Robert Lombard, fils d'ingénieur, le baccalauréat en poche, se consacra presque exclusivement aux cours d'art dramatique de René Simon. Il nous fut révélé au cinéma par «Voyage-surprise» (1946), une aimable farce écrite par Jean Nohain et Maurice Diamant-Berger avec le minuscule Sinoël en vedette, où il incarnait un jeune marié en haut de forme dont le voyage de noce s'empêtra, bien malgré lui, dans les imbroglios les plus farfelus.

À défaut de prétendre aux grands rôles, il devint un visage familier du cinéma français, malheureusement souvent de basse condition, auquel il apporta toutefois son talent et sa sensibilité. Client fugitif de «La maison Tellier» de Max Ophüls, il incarna bientôt l'amène directeur de la Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois des «Moineaux de Paris» (Jean Boyer, 1952), une jolie fable signée Maurice Cloche. On le revit dans la mise en images par Jean Boyer d'une émission radiophonique de l'après-guerre, «Cent francs par seconde» (1953) en candidat se prétendant bien habillé grâce au port d'un joli noeud de cravate. Il croisa ensuite les «Femmes de Paris» (1953) que mit sur sa route le prolifique Boyer, faisant de lui l'amène assistant de l'astronome Michel Simon avant de l'amener à enterrer «Une vie de garçon» (1953) sacrifiée par Roger Pierre pour les beaux yeux de Geneviève Kervine. C'est en photographe de mode qu'il emprunta un «Escalier de service» judicieusement érigé par Carlo Rim (1954) avant de s'entendre dire de la bouche même d'Eddie Constantine, reporter à la recherche d'un assassin qui aurait étranglé sa maîtresse, «Je suis un sentimental» (1955). Infatigable, Jean Boyer lui trouva un emploi d'agent immobilier auprès d'un «Couturier de ces dames» au visage immanquablement chevalin de Fernandel. Joueur fréquentant les meilleurs casinos, il ne manqua pas d'être cocufié par une épouse diablement garce sous l'oeil imperturbable de «L'homme aux clefs d'or» (1956), un Pierre Fresnay lui-même victime de l'intrigante personne. Nous le retrouvâmes sous les ordres du commissaire Paul Meurisse dans «Échec au porteur» (1957), inspecteur de la brigade criminelle sur la piste d'un gros trafic de drogue dangereuse. Parfois violent, il fut tantôt un mauvais mari (on se souvient de la raclée qu'il administra à l'infortunée Magali Noël dans «Des femmes disparaissent» en 1958), tantôt un policier aux agissements condamnables (collant une baffe des plus vigoureuses au jeune et innocent mineur Roger Dumas pour avoir loué les services d'une “régulière” de la «Rue des prairies», en 1959).

La décennie des sixties l'ayant retenu au théâtre, Robert Lombard revint à l'écran tardivement, à nouveau auprès d'Eddie Constantine s'apprêtant «À tout casser» chez Michel Serrault, avec l'aide de Johnny Hallyday (1967). On le vit alors fréquenter San Antonio, «Béru et ces dames» et l'inspecteur Pinaud chez Guy Lefranc (1968), être reçu par Louis de Funès dans «Hibernatus» (1969), héberger «Le tueur» (1971) traqué par Jean Gabin, et parier quelques dollars sur la peau de Lino Ventura dans «Boulevard du rhum» (1971). Il participa à d'amusantes comédies à la sauce des années 70, comme «Le téléphone rose» (1975) lui permettant de joindre la jolie call-girl Mireille Darc, «L'aile ou la cuisse» (1976) en restaurateur inquiet de "La Coquille d'or", avant de prétendre à d'agréables vacances bretonnes en petit bourgeois descendu à «L'Hôtel de la Plage» (1977), entouré de son épouse "qui ne dit rien" et de ses deux adolescentes de filles (Sophie Barjac et Marilyne Canto) qui parlent pour elle.

Sur le tard, Claude Lelouch en fit le directeur du cabaret montmartrois "Le club des cinq" où eut lieu la première rencontre entre «Édith et Marcel» (1982). In fine, banquier égaré en Tunisie en compagnie de son épouse Caroline Sihol, il eut l'honneur d'accueillir «Les morfalous» (1983) au terme de leurs aventures, joyeusement encadrés par un Jean-Paul Belmondo au meilleur de sa forme. Nous en finirons avec l'évocation de la carrière cinématographique de Robert Lombard en précisant, histoire de ne pas avoir l'air de fermer les yeux lorsqu'il y a quelque chose à voir, qu'il s'égara à plusieurs reprises dans le genre égrillard sous le regard alléché de quelques spécialistes français du genre, Claude Pierson («Justine de Sade», 1971), Frédéric Lansac et Max Pécas.

Robert Lombard fut également présent à la télévision, entre autres dans «Les enquêtes du commissaire Maigret» menées parJean Richard, «Belphégor» (1965) et «Les rois maudits» (1972) de Claude Barma ; «Le temps de vivre, le temps d'aimer» (1973) de Louis Grospierre ; «Les Mohicans de Paris» (1973) de Gilles Grangier ; «Paul et Virginie» (1974) de Pierre Gaspard-Huit ; «Les brigades du tigre» (1975-1978) de Victor Vicas ; «Au théâtre ce soir : Goodbye Charlie» (1979) de Pierre Sabbagh ; «La démobilisation générale» (1982) de Hervé Bromberger, etc.

Néanmoins, ce fut sur les scènes qu'il connut ses plus grandes joies. Après y avoir débuté en 1949 dans «Les voyous» du jeune Robert Hossein, il fut de la création de pièces signées Marcel Aymé («Clérambard» en 1950), Jean Anouilh, Eugène Ionesco, Paul Claudel… Fidèle durant douze ans à la Compagnie Renaud-Barrault («Les Strauss» en 1982,…), il accompagna pendant trois années le jeune Francis Huster, alors directeur de sa première compagnie.

Natif de la banlieue parisienne, ce fut cependant au sein du quinzième arrondissement qu'il passa toute sa vie en compagnie de Madeleine, fille d'un architecte vaudois avec laquelle il partagea 54 années d'une vie conjugale sans histoire, poursuivie au-delà de leurs existences respectives au cimetière de Les Granges-le-Roi (Essonne), l'endroit sans doute le plus agréable et le plus reposant de toute l'Île-de-France.

Yvan Foucart

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1949
RENDEZ-VOUS DE JUILLET
2
1951
LA MAISON BONNADIEU
3
1952
LE RIDEAU ROUGE
4
1951
LE PLAISIR [Sk."La maison Tellier"]
5
1952
MOINEAUX DE PARIS
6
1953
FEMMES DE PARIS
7
1953
UNE VIE DE GARCON
8
1954
ESCALIER DE SERVICE
9
1955
JE SUIS UN SENTIMENTAL
10
1955
DON JUAN
11
1956
LE COUTURIER DE CES DAMES
12
1956
L'HOMME AUX CLEFS D'OR
13
1956
NOTRE-DAME DE PARIS
14
1957
ÉCHEC AU PORTEUR
15
1958
DES FEMMES DISPARAISSENT
16
1966
TROIS ENFANTS… DANS LE DÉSORDRE
17
1967
À TOUT CASSER
18
1968
BERU ET CES DAMES
19
1968
SLOGAN [Non crédité]
20
1969
HIBERNATUS
21
1969
LE PETIT THEÂTRE DE JEAN RENOIR, Téléfilm distribué en salles dans certains pays [Sk."Le dernier réveillon"]
22
1971
BOULEVARD DU RHUM
23
1971
JUSTINE DE SADE
24
1971
LE TUEUR
25
1975
LE TÉLÉPHONE ROSE
26
1976
L'AILE OU LA CUISSE
27
1977
L'HÔTEL DE LA PLAGE
28
1984
LES MORFALOUS
Éd. 9.1.4 : 29-12-2019