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Franca VALERI (1920)

Franca Valeri

Actrice italienne, née Alma Franca Maria Norsa, le 31 juillet 1920, à Milan (Lombardie, Italie).

À peu près inconnue de la plupart des spectateurs français, n'étant pas pourvue des courbures d'une Sophia Loren ou des attraits d'une Gina Lollobrigida, Franca Valeri n'en demeure pas moins une grande dame du théâtre, du cinéma et du petit écran italiens.

Issue d'une famille de la bourgeoisie milanaise, fille de Luigi Norsi, ingénieur de confession juive, et de Cecilia Valagotti, de tradition catholique, elle eut à souffir, sous les bottes mussoliennes, des persécutions que l'on devine. Son père et son frère s'étant réfugiés en Suisse, sa mère emprunte une fausse identité pour atteindre sans dommage, avec sa fille, une paix longtemps attendue.

Adolescente, Franca s'adonne avec un groupe d'amis, à des jeux de comédie sous l'oeil d'un parterre de connaissances bienveillantes, donnant naissance au personnage de Signora Snob. Ayant trouvé sa vocation, elle fonde, avec les acteurs Vittorio Caprioli et Alberto Bonucci, la Compagnie du Teatro dei Gobbi qui se dissoudra au tournant des années cinquante. Ayant découvert, grâce à une amie, tous les charmes de la poésie de notre compatriote Paul Valéry, elle empruntera au maître sétois son nom de scène.

Dès cette époque, elle crée à la radio, puis à la télévision naissante, en une série de sketches satiriques, ses personnages de Signora Cesira puis de Signora Ceccion, portant un regard ironique sur les travers de la société bourgeoise transalpine dont elle est l'une des descendantes, sinon une représentante.

C'est Federico Fellini, avec lequel elle aura sans doute partagé un micro, qui la fait débuter au cinéma dans ce qui demeure communément leur premier film, «Les feux du music-hall» (1950), où elle campe une chorégraphe hongroise quelque peu surréaliste. Dès lors, elle ne quittera plus l'univers de la comédie italienne dont elle fréquentera les plus célèbres représentants, à commencer par Totò («Totò a colori» en 1952, «Arrangiatevi» en 1959, «Gli onorevoli» en 1963) et son comparse Peppino De Filippo («Ces demoiselles du téléphone» en 1955,…). Mais c'est avec Alberto Sordi qu'elle formera un duo valorisé par toutes leurs différences et qui se constituera à sept reprises («Piccola posta» et «Un héros de notre temps» en 1955, «Il moralista» et «Le veuf» en 1959,…).

Promenant son personnage de chasseresse à la recherche perpétuelle du mâle acceptable puisque l'idéal n'existe pas, elle flirte avec une misandrie qui lui fera souvent préférer l'amitié de ses consoeurs, moins hypocrites et moins veules («Le signe de Vénus» en 1954, «Mariti in città» en 1957 «Mariti in pericolo» en 1960,…). Ce qui ne l'empêchera pas de se prétendre la première épouse du «Bigame» involontaire incarné par Marcello Mastroianni (1956), la solitude étant tout de même moins supportable !

Auteur prolifique à l'imagination débordante, ses capacités à créer des personnages fantaisistes et déjantés l'amèneront parfois à participer à l'écriture des scénario dans lesquels elle est impliquée, comme pour «Il signo di Venere» de Dino Risi, déjà cité, ou «Scusi, facciamo l'amore ?» de Vittorio Caprioli (1967). Son comique froid et incisif la porta par la suite plus souvent sur les plateaux de la télévision pour des émissions comme «Studio Uno» (1966) ou «Sabato sera» (1967), un média sur lequel elle était encore active tout au long de la première décennie du XXIème siècle.

Épouse de 1960 à 1974 de Vittorio Caprioli, son compagnon de la première heure et souvent son partenaire à l'écran («Arrangiatevi» en 1959, «Il giorno più corte» en 1962,…), elle partagea pendant dix années la vie et l'amour pour l'art lyrique du chef d'orchestre Maurizio Rinaldi, décédé en 1995. Aujourd'hui frappée par la maladie de Parkinson, elle a mis un terme à ses activités artistiques à l'approche de son siècle de vie, un cap qu'on lui souhaite de franchir agréablement, autant que faire se peut.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1952
TOTÒ A COLORI
2
1953
VILLA BORGHESE (Les amants de Villa Borghese)
3
1954
IL SEGNO DI VENERE (Le signe de Vénus) [+ Co-scénariste]
4
1955
PICCOLA POSTA
5
1955
LE SIGNORINE DELLO 04 (Ces demoiselles du téléphone)
6
1955
UN EROE DEI NOSTRI TEMPI (Un héros de notre temps)
7
1956
IL BIGAMO (Le bigame)
8
1957
MARITI IN CITTÀ
9
1959
IL MORALISTA
10
1959
ARRANGIATEVI
11
1959
IL VEDOVO (Le veuf)
12
1960
MARITI IN PERICOLO
13
1962
I MOTORIZZATI
14
1962
PARIGI O CARA, de Vittorio CAPRIOLI
 
15
1962
IL GIORNO PIÙ CORTO (Le jour le plus court)
16
1963
GLI ONOREVOLI
17
1964
I MANIACI [Sk."Il pezzo antico"]
18
1965
IO, IO, IO… E GLI ALTRI (Moi, moi, moi… et les autres)
19
1971
ETTORE LO FUSTO / IL DRITTONE (Les proxénètes)
20
1974
ULTIMO TANGO A ZAGAROL, de Nando CICERO
 
21
1974
LA SIGNORA GIOCA BENE A SCOPA?
22
1976
L'ITALIA S'È ROTTA, de STENO
 
23
1978
TANTO VA LA GATTA AL LARDO…
24
2003
TOSCA E ALTRE DUE, de Giorgio FERRARA
 
Éd. 9.1.4 : 13-1-2020