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Daniel CECCALDI (1927 / 2003)

Daniel Ceccaldi

Acteur français, né le 25 juillet 1927, à Meaux (Seine-et-Marne, France). Décédé le 26 mars 2003, à Villejuif (Val-de-Marne, France).

D'origine Corse où s'étendent encore de nombreuses pousses de ses racines familiales, Daniel Ceccaldi est le fils d'un fonctionnaire des domaines installé à Paris. Aussi, adolescent, fréquente-t-il le lycée Henri IV où il obtint son baccalauréat. Après des études de droit avortées, suivant les conseils d'un ancien camarade de lycée, il s'inscrit au cours d'art dramatique de Tania Bachalova et Henri Rollan. C'est tout naturellement qu'il débute sur les planches du Théâtre du Vieux Colombier, en 1946, décrochant des petits rôles dans des pièces comme «Les vivants» ou «Ubu roi».

Dès 1948, le grand Sacha Guitry lui permet de découvrir le cinéma avec «Le diable boiteux», où il incarne Talleyrand (comme le Maître, donc) dans sa jeunesse. C'est le début d'une longue carrière cinématographique, qui s'enrichira d'une centaine de titres supplémentaires.

Dans les années cinquante, il travaille avec de grands directeurs, comme Yves Allégret («Mam'zelle Nitouche», 1953), Christian-Jaque («Nana», 1955), René Clair («Les grandes manoeuvres», 1955) ou Jacques Becker («Les aventures d'Arsène Lupin», 1956).

Ses apparitions, dans des seconds rôles, se multiplient au cours de la décennie suivante. Entre 1964 et 1966 par exemple, on peut repérer son nom aux génériques d'une quinzaine de bandes de genres les plus divers : étude de moeurs («La peau douce», 1964), espionnage («Coplan, agent secret FX18», 1964), policier («Requiem pour un caïd», 1964), drame social («Le journal d'une femme en blanc», 1965)… et surtout la comédie où il excelle, de la grosse farce («Les gros bras» en 1964, «Quand passent les faisans»en 1965,…) à la comédie légère («La grosse caisse», 1965). Ce n'est pourtant qu'en 1968 que le grand public le remarque, lorsqu'il interprète le rôle du père de Claude Jade dans le chef-d'oeuvre de François Truffaut, «Baisers volés», que viendra agréablement compléter «Domicile conjugal» (1970).

Certes, on le vit quelquefois en costume («La reine Margot» en 1954, «Les quatre Charlots mousquetaires» en 1973,…), mais pour l'essentiel Daniel Ceccaldi reste un homme de son temps, un mari aussi attentionné qu'inconsistant, voire infidèle («Le concierge» en 1973, «Dis-moi que tu m'aimes» en 1974, «L'hôtel de la plage» en 1977,…), personnage bien compris et souvent utilisé par le jeune réalisateur Pascal Thomas. Ce sont alors «Les zozos», «Pleure pas la bouche pleine», «Celles qu'on n'a pa eues» et surtout ce petit bijou nostalgique que constitue «Confidences pour Confidences» (1978), le chef-d'oeuvre encore à ce jour du réalisateur avec lequel notre vedette oeuvrera finalement à sept reprises.

Le nom de Daniel Ceccaldi ne figura que très rarement en haut de l'affiche. Il prouva pourtant qu'il était digne d'une telle promotion en composant un mari imprudent et aventureux dans le film de Nelly Kaplan, «Charles et Lucie» (1979), oeuvre émouvante et méconnue, bien en dehors des exigences commerciales et qui donna également sa chance à la pétulante Ginette Garcin.

Sous-employé par le septième art de 1988 à 1997, on, le retrouve aux génériques de nombreuses productions télévisées : citons les séries «Agence intérim» (1969), «Les enquêtes du commissaire Maigret» (1972) et «Le jeune Fabre» (1973), ou encore son incarnation du roi mage Melchior dans l'adaptation de Stefano Reali, «Il quarto re» en 1994). Il remplaça même un moment Pierre Tchernia dans l'émission «Monsieur Cinéma». Homme de théâtre, il s'illustra notamment dans des pièces de boulevard («Laurette» en 1966, «Adorable Julia» en 1973, «La soupière» en 1983,…), étant même l'auteur des pièces «Mais qu'est-ce qui fait courir les femmes la nuit à Madrid ?», donnée au Théâtre de l'Athénée (1973), et de «L'éventail», présentée au Festival du Marais, en 1975 : "Je ne dirai jamais du mal du théâtre et du cinéma légers. Ce sont des genres très difficiles, qui ont leurs lettres de noblesse. Mais il faut aussi pouvoir changer de registre".

Parallèlement, l'acteur qu'il est s'implique dans la réalisation, travaillant pour la télévision, et la mise en scène de théâtre. C'est donc tout naturellement qu'en 1981, il réalise un long métrage de cinéma, «Jamais avant le mariage», avec Mireille Darc comme interprète principale, un film, il faut bien le dire, qui ne laissera pas un souvenir impérissable…

Homme discret, il sut préserver sa vie privée des curiosités déviantes. En 1966, il épousa Lucille Vacher. Le couple eut deux enfants et ne fit pas parler publiquement de lui. Collectionneur de livres anciens, l'homme était également un amateur de tennis, sport qu'il pratiqua régulièrement. Enfin il fut fait Chevalier de la Légion d'honneur et Officier de l'Ordre national du Mérite.

Daniel Ceccaldi resta sans doute un acteur insatisfait : "Mon malheur, c'est qu'il y a quantité d'excellents acteurs dans ma génération : Serrault, Marielle, Rochefort… regardez-moi tous ces cons comme ils sont bons !" déclara-t-il sans aigreur dans une interview pour "Le Monde". Pourtant, sa disparition a touché beaucoup de personnes, de nombreuses petites gens qui appréciaient ses apparitions de Français moyen, élégant, pas très fûté, mais heureux de vivre. Nous pûmes le revoir une dernière fois sur nos écrans de manière posthume, puisque son dernier film en tant qu'interprète, «Elle est des nôtres…», ne fit son apparition en salles que six mois après son décès survenu à l'hôpital de Villejuif où il était traité pour un vilain cancer.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1948
LE DIABLE BOÎTEUX
2
1950
LES MIRACLES N'ONT LIEU QU'UNE FOIS
3
1952
UN TRÉSOR DE FEMME
4
1953
MAM'ZELLE NITOUCHE
5
1954
LA REINE MARGOT
6
1955
NANA
7
1955
FROU-FROU
8
1955
LES GRANDES MANOEUVRES
9
1955
LA MADELON
10
1956
CLUB DE FEMMES
11
1956
LES AVENTURES D'ARSÈNE LUPIN
12
1956
MARIE-ANTOINETTE REINE DE FRANCE
13
1959
UN TÉMOIN DANS LA VILLE
14
1959
LE DIALOGUE DES CARMÉLITES
15
1961
DANS LA GUEULE DU LOUP [Apparition]
16
1962
LES BRICOLEURS
17
1963
POUIC-POUIC
18
1963
L'HOMME DE RIO
19
1963
LES VEINARDS [Sk."Le repas gastronomique"]
20
1964
LA PEAU DOUCE
21
1965
LE JOURNAL D'UNE FEMME EN BLANC
22
1965
QUAND PASSENT LES FAISANS
23
1965
DU RIFIFI À PANAME
24
1965
LA GROSSE CAISSE
25
1965
LA MÉTAMORPHOSE DES CLOPORTES
26
1965
LE TONNERRE DE DIEU
27
1968
BAISERS VOLÉS
28
1969
L'OURS ET LA POUPÉE
29
1969
UNE VEUVE EN OR
30
1970
DOMICILE CONJUGAL
31
1972
PAS FOLLE, LA GUÊPE
32
1972
LES ZOZOS
33
1973
LE COMPLOT
34
1973
PLEURE PAS LA BOUCHE PLEINE
35
1973
LES QUATRE CHARLOTS MOUSQUETAIRES & À NOUS QUATRE CARDINAL!
36
1973
LA CHUTE D'UN CORPS
37
1973
LE CONCIERGE
38
1974
DIS-MOI QUE TU M'AIMES
39
1975
UN DIVORCE HEUREUX
40
1975
LE TÉLÉPHONE ROSE
41
1975
L'INCORRIGIBLE
42
1976
LE CHASSEUR DE CHEZ MAXIM's
43
1976
LE JOUET
44
1977
MORT D'UN POURRI
45
1977
L'HÔTEL DE LA PLAGE
46
1978
CONFIDENCES POUR CONFIDENCES
47
1979
CHARLES ET LUCIE
48
1980
CELLES QU'ON N'A PAS EUES
49
1981
POUR LA PEAU D'UN FLIC
50
1982
CA VA FAIRE MAL!
51
1982
LE BRACONNIER DE DIEU
52
1984
L'AMOUR EN DOUCE
53
1988
LES MARIS, LES FEMMES, LES AMANTS
54
1997
UN GRAND CRI D'AMOUR
55
2001
LE VELO DE GHISLAIN LAMBERT
Éd. 9.1.4 : 14-1-2020