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Lyle TALBOT (1902 / 1996)

Lyle Talbot

Acteur américain, né Lysle Henderson, le 8 février 1902, à Pittsburgh (Pennsylvanie, U.S.A.). Décédé le 2 mars 1996, à San Francisco (Californie, U.S.A.).

Fils d'un fermier, le petit Lysle perd sa maman quatre mois après sa naissance. Il est alors recueilli par sa grand-mère maternelle, une Irlandaise de souche suffisamment obstinée pour l'isoler de son père, rendu responsable du décès de sa fille pour l'avoir transplantée en Pennsylvanie. Adopté par l'aïeule à laquelle il doit officiellement son nom de Talbot, le gamin passera ainsi son enfance au Nebraska. En 1917, âgé de 15 ans, il revoit enfin son père, devenu acteur ambulant auprès de sa nouvelle épouse, ce qui fera naître en lui une certaine curiosité.

En effet, devenu un jeune homme gracieux, Lysle rejoint la troupe ambulante "Max Knight's Traveling" au sein de laquelle il oeuvre – médiocrement, confiera-t-il plus tard – comme magicien. Il finit pas se fixer en créant une compagnie résidente à Memphis (Tennesse) dont le programme changeait toutes les semaines. Vers la fin des années 20, il passe une audition, en concurrence avec d'autres acteurs, pour donner la réplique à Mae West dans sa prochaine pièce, «Sex». Honteux de sa performance, il disparaît pendant quelque temps avant d'apprendre qu'il a gagné mais, étant introuvable, qu'un autre a été engagé à sa place ! Il ne retrouvera l'actrice qu'en 1936 sur le tournage de «Go West, Young Man».

En 1930, se produisant à Houston (Texas), il est repéré par un agent d'acteur qui l'enjoint de gagner Hollywood, ce qu'il fait en 1931, après quelques hésitations. Il signe un contrat de 5 ans avec la Warner Bros et tourne ainsi son premier film, «The Clyde Mystery» (1931). Travaillant 12h par jour, 6 jours par semaine, le plus souvent comme acteur de complément, silhouette ou… simple voix («42ème rue» , 1933), il n'est alors pas toujours crédité au générique («Big City Blues» en 1932). Tournant parfois 2 ou 3 films en même temps, il rejoint les différents lieux de tournage à bicyclette et ne retiendra de cette époque que ses participations à deux films de William Wellman, «Love is a Rackett» et «The Purchase Price» (1932), ainsi qu'à «Une allumette pour trois» de Mervyn LeRoy (1932). Parfois “prêté” à d'autres compagnies, il sera alors mieux distribué, accédant même aux premier rôles aux côtés d'une Ginger Rogers («The Thirteenth Guest» pour Monogram, 1932) ou d'une Carole Lombard («Échec au prince» pour Columbia, 1932). Pourtant, un critique voit en lui, à l'époque, le futur rival d'un Clark Gable ou d'un George Brent

Les choses s'améliorent à partir de 1933, la Warner finissant par se montrer plus accomodante («She Had to Say Yes», «Mary Stevens, M.D.»,…), sans pour autant lui confier les clés d'une série "A". Quelque peu remonté et insatisfait de ses coditions de travail, Lyle Talbot se trouvera être, après quelques réunions secrètes tenues entre collègues, l'un des 24 membres fondateurs de la Screen Actor's Guild, un syndicat d'acteurs encore en activité de nos jours.

Avec le temps, notre homme comprend qu'il n'a pas une personnalité assez forte pour rivaliser avec les grosses pointures hollywoodiennes. S'il peut se montrer excellent meneur de jeu dans des oeuvres de second ordre («Red Hot Tires» en 1934, «Broadway Hostess» en 1935,…), il ne grimpera jamais les échelons qui permettent d'accéder aux grandes oeuvres et l'on a du mal à tirer de sa luxuriante filmographie un titre ayant laissé une trace dans l'histoire du cinéma. Sa dépendance à l'alcool lui collant en outre une étiquette fortement préjudiciable à ses ambitions artistiques, il finira par se satisfaire de pouvoir travailler sans relâche et tourner près de 200 films avant de prendre une retraite bien méritée : "De toute ma carrière, je n'ai jamais refusé un seul job !".

En 1938, l'acteur est grièvement brûlé au visage et aux mains dans l'incendie de sa maison de Beverly Hills, accident justifiant plusieurs semaines d'hospitalisation et dans lequel il laissera, sinon quelques plumes, du moins pas mal de poils constitutifs de sa sombre chevelure. Dès lors, de retour au travail, il ne sortira que très rarement des films de la "Powerty Row", qualificatif de l'ensemble des compagnies de dernier ordre. Lui qui tournait une dizaine de films par an, il s'offre une année sabbatique en 1941 pour se produire à Broadway avec Glenda Farrell dans «Separate Rooms», une comédie qui connaitra un certain succès (613 représentations). Il tentera une expérience similaire en 1945 à San Francisco avec la pièce «A Doll's House» en compagnie de Jane Darwell, mais avec beaucoup moins de bonheur. Lorsqu'il reviendra sous les sunlights, ce ne sera que pour apparaître dans des oeuvres mineures, pour l'essentiel toute une série de westerns de consommation immédiate dont un opus lui permettra de donner la réplique à Roy Rogers («Song of Arizona», 1946).

De cette grande dispersion, qu'il nous soit toutefois permis d'isoler quelques apparitions curieuses, comme dans l'un des tout premiers «Batman» (1949) sous la forme d'un serial, ces navets cultes que furent «Glen or Glenda?» (1953), égarement partagé avec Bela Lugosi, et «Plan Nine from Outer Space» du Couzinet américain Ed Wood Jr et «La joyeuse parade» menée par Donald O'Connor, une grande production dans laquelle on ne s'attendait pas à le voir, ne fut-ce que de dos ! Mentionnons enfin ses nombreuses apparitions au petit écran, dominées par 89 des 435 épisodes de la série «The Adventures of Ozzie & Harriet» (1952/1966) jugée insuffisamment universelle pour accéder au marché européen.

Après deux unions d'une brièveté étonnante, Lyle Talbot subit l'annulation de son troisième mariage "…consenti au travers d'une fraude" (1942) sans que l'intéressée, une actrice et modèle, ne s'en explique davantage ! Après une courte période militaire comme instructeur dans l'Armée de l'Air lors du Second Conflit Mondial, il épouse en 1946 – pour quelques mois – Keven McClure, enlevée – non sans mal – à son collègue Jack Carr. Il trouvera enfin la stabilité en compagnie de sa dernière épouse, Margaret Epple, qui lui donnera 4 enfants. Hélas pour nous, la mort l'empêchera de mettre la dernière main à la rédaction de ses mémoires.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1932
THE PURCHASE PRICE
2
1932
BIG CITY BLUES [Non crédité]
3
1932
THREE ON A MATCH (Une allumette pour trois)
4
1932
NO MORE ORCHIDS (Échec au prince), de Walter LANG
 
5
1933
20, 000 YEARS IN SING SING (Vingt mille ans sous les verrous)
6
1933
LADIES THEY TALK ABOUT
7
1933
GIRL MISSING
8
1933
THE LIFE OF JIMMY DOLAN
9
1933
SHE HAD TO SAY YES
10
1933
MARY STEVENS, M.D., de Lloyd BACON
 
11
1933
COLLEGE COACH
12
1934
MANDALAY
13
1934
THE DRAGON MURDER CASE
14
1934
ONE NIGHT OF LOVE (Une nuit d'amour), de Victor SCHERTZINGER
 
15
1934
A LOST LADY
16
1934
RED HOT TIRES, de D.Ross LEDERMAN
 
17
1935
IT HAPPENED IN NEW YORK, d'Alan CROSLAND
 
18
1935
CHINATOWN SQUAD
19
1935
PAGE MISS GLORY (Reine de beauté)
20
1935
THE CASE OF THE LUCKY LEGS
21
1935
BROADWAY HOSTESS
22
1936
TRAPPED BY TELEVISION, de Del LORD
 
23
1937
SECOND HONEYMOON (J'ai deux maris)
24
1938
CALL OF THE YUKON (La grande débâcle), de B.Reeves EASON
 
25
1938
THE ARKANSAS TRAVELER
26
1940
HE MARRIED HIS WIFE (Il épouse sa femme)
27
1943
THE MEANEST MAN IN THE WORLD, de Sidney LANFIELD [Non crédité]
 
28
1944
UP IN ARMS (Un fou s'en va-t-en guerre)
29
1944
THE FALCON OUT WEST
30
1944
MYSTERY OF THE RIVER BOAT, de Ray TAYLOR, Lewis D.COLLINS (Serial 13 épisodes)
 
31
1944
ONE BODY TOO MANY
32
1946
MURDER IS MY BUSINESS, de Sam NEWFIELD
 
33
1946
SONG OF ARIZONA
34
1946
CHICK CARTER DETECTIVE, de Derwin ABRAHAMS
 
35
1948
JOE PALOOKA IN WINNER TAKE ALL, de Reginald Le BORG
 
36
1948
THUNDER IN THE PINES, de Robert GORDON
 
37
1949
FIGHTING FOOLS
38
1949
BATMAN AND ROBIN / THE NEW ADVENTURES OF BATMAN AND ROBIN, Serial 15 épisodes
39
1950
LUCKY LOSERS, de William BEAUDINE
 
40
1950
ATOM MAN vs. SUPERMAN, de Spencer Gordon BENNET
 
41
1952
OUTLAW WOMEN (Femmes hors-la-loi)
42
1952
MONTANA INCIDENT, de Lewis D.COLLINS
 
43
1952
DESPERADOES' OUTPOST, de Philip FORD
 
44
1952
SON OF GERONIMO: APACHE AVENGER, de Spencer Gordon BENNET (Serial)
 
45
1953
DOWN AMONG THE SHELTERING PALMS
46
1953
GLEN OR GLENDA?
47
1953
TUMBLEWEED (Qui est le traître?), de Nathan JURAN
 
48
1954
TRADER TOM OF THE CHINA SEAS, de Franklin ADREON
 
49
1954
JAIL BAIT
50
1954
THERE's NO BUSINESS LIKE SHOW BUSINESS (La joyeuse parade) [Non crédité]
51
1955
JAIL BUSTER, de William BEAUDINE
 
52
1955
SUDDEN DANGER, de Hubert CORNFIELD
 
53
1957
GOD IS MY PARTNER
54
1958
THE NOTORIOUS Mr.MONKS, de Joseph KANE
 
55
1959
CITY OF FEAR (La cité de la peur), d'Irving LERNER
 
56
1959
PLAN 9 FROM OUTER SPACE
Éd. 9.1.4 : 15-1-2020