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Gene LOCKHART (1891 / 1957)

Gene Lockhart

Acteur américain, né Edwin Eugene Lockhart, le 18 juillet 1891, à London (Ontario, Canada). Décédé le 31 mars 1957, à Santa Monica (Californie, U.S.A.).

Né à London (Ontario !), Gene Lockhart baigne dès l’enfance dans une ambiance musicale : son père est ténor et Gene lui-même chante en concert dès son plus jeune âge ; plus tard, il animera volontiers revues et opérettes et composera des chansons populaires comme «Midsummer’s Day» qui apparaît dans la bande originale de «Madame Miniver» (1942). Au début des années 20, lors d’une tournée théâtrale organisée par Thomas Edison pour promouvoir ses inventions, Gene rencontre Kathleen Arthur, jeune comédienne anglaise, qu’il épouse en 1924. Curieusement, dans «La vie de Thomas Edison» (1940), il jouera un opposant farouche de l’inventeur… «A Christmas Carol» (1940) nous donne un bon aperçu de la famille Lockhart puisque nous retrouvons à l’affiche Gene, Kathleen et June Lockhart, leur fille qui y débute aux côtés de ses parents. La musique et les voyages font partie intégrante de leur vie, d’autant que Gene organise tous les étés des périples touristiques en Europe, l’occasion d’une série radio très populaire au début des années 30, «Abroad With the Lockharts». Sous le nom d’Eugene Lockhart, il se fend, avec «Smilin’ Through» (1922), d’une unique participation au cinéma muet : il y joue un petit rôle de pasteur auprès de Norma Talmadge et de… Harrison Ford (1884-1957), vingt ans avant la naissance de l'interprète d’Indiana Jones ! Auparavant, Gene Lockhart s’était fait un nom sur les planches. Son succès dans une pièce d’Eugene O’Neill, «Ah, Wilderness !», le conduit à Hollywood en 1933 pour ses vrais débuts cinématographiques. En 1949, de retour à Broadway, il reprendra avec enthousiasme le rôle de Willy Loman dans «Mort d’un commis-voyageur» d’Arthur Miller.

Au cinéma, mine ronde de cocu désigné d'office, air sévère ou renfrogné, Gene Lockhart endossera volontiers le mauvais rôle. Prétendant suffisant à la main de Tala Birell, il est ridiculisé par Peter Lorre dans «Crime et châtiment» (1935). Ses épouses de cinéma lui donnent du fil à retordre, à commencer par la brune Hedy Lamarr dans «Le démon de la chair» (1946) et la blonde Carole Landis dans «Scandale à Paris» (1946) où, de plus, en tant que préfet de police, il étale toute son incompétence dans la capture de Vidocq. Dans «Casbah» (1938), remake de «Pépé le Moko», il hérite du rôle de Régis, le délateur, et en compensation d’une nomination à l’oscar du meilleur second rôle. Victime d’un «Chantage» (1939), Edward G. Robinson ne porte pas lui non plus notre homme dans son cœur, même s’il estime le comédien qu’il retrouve dans «Le vaisseau fantôme» (1941) : médecin alcoolique, Gene y est humilié et poussé au suicide par le terrible Wolf Larsen. Dans la foulée de ces rôles négatifs, s’inscrivent les traîtres de «Du sang sur la neige» (1943) ou «La maison de la 92e rue» (1945) et surtout le faux résistant dans «Les bourreaux meurent aussi» (1942) de Fritz Lang. Pour se faire pardonner, il jouera l’apôtre Mathieu à la télévision en 1951 (Saint Jean est joué par James Dean !) et le Magistrat Suprême dans «Carrousel» (1956), son avant-dernier film.

Juge Parker, Juge Harper ou Juge Homer Bell, Gene Lockhart attire les rôles de notables – médecins, maires ou banquiers – comme le beau-père de Custer (Errol Flynn) dans «La charge fantastique» (1941) ou le sénateur qui sévit «Au royaume des crapules» (1952). «Abraham Lincoln» (1940) nous le montre en opposant du futur président ; dans «Jeanne d’Arc» (1948), il joue Georges de la Trémouille, le conseiller suspicieux du roi Charles VII. Dignitaire ridicule dans «Vive Monsieur le maire !» (1949), il l’était déjà, pleutre et corrompu de surcroît, dans «La dame du vendredi» (1940), «L'homme de la rue» (1941) ou «Tous les biens de la Terre» (1941). Dans le genre, le pompeux pharmacien Homais, incarnation de la suffisance bourgeoise dans «Madame Bovary» (1949), est une sorte d’apothéose. À la télévision, qui l’accapare dans les dernières années de sa carrière, il reprend, dans «The Barretts of Wimpole Street» (1950), le rôle de père intraitable créé par Charles Laughton.

Homme chaleureux et convivial, Gene Lockhart eut tout de même l’occasion d’arborer un visage plus aimable au détour de quelques bobines. Comparse de comédie pour William Powell et Ginger Rogers dans «L'étoile de minuit» (1935), il récidive auprès de Cary Grant et Joan Bennett dans «Wedding Present» (1936) – où il joue l’Archiduc Gustave Ernest ! – et, plus tard, dans «Scandale en 1ère page» (1948). Sous l’influence d’un fantôme fantaisiste (Jack Oakie), cet homme respectable retombe en enfance dans «L'esprit fait du swing» (1945) où on le voit jouer à la marelle et au base-ball en pleine rue. Médecin de Gene Tierney dans «Péché mortel» (1945), il est la dupe de ses manigances de femme fatale mais le voilà tout sourire à l’affiche du «Miracle de la 34e rue» (1947) et de «L’amour sous les toits» (1948). Banquier intraitable au début de «La route semée d’étoiles» (1944), il s’exclame, bien avant Thatcher : "I want my money back !" mais la belle Rise Stevens saura l’attendrir, d’autant qu’elle fut l’une des élèves de son cours d’art dramatique. Son rôle préféré reste celui de Bob Cratchit, l’employé sympathique mais timoré de ce vieux grigou de Scrooge (Reginald Owen) dans «A Christmas Carol» (1938), une histoire qu’il adorait puisque chaque année la famille Lockhart en proposait une adaptation familiale au moment du réveillon.

Kathleen Lockhart (1894-1978) fut la partenaire de son mari dans une vingtaine de films comme «The Devil is a Sissy» (1936) où leur fils n’est autre que Jackie Cooper. Dans la réalité, leur fille June a longuement travaillé au cinéma et à la télévision, de même que leur petite-fille Anne. «The World is Waiting for the Sunrise», une chanson de Gene composée en 1918, est restée célèbre au fil de nombreuses reprises par Bing Crosby, Benny Goodman, Les Paul ou Willie Nelson, et même… Stan Laurel qui improvise sur cet air dans «Laurel et Hardy conscrits» (1939).

Jean-Paul Briant

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1935
I'VE BEEN AROUND, de Philip CAHN
 
2
1935
STORM OVER THE ANDES, de Christy CABANNE
 
3
1935
STAR OF MIDNIGHT (L'étoile de minuit)
4
1935
CRIME AND PUNISHMENT (Crime et châtiment)
5
1936
THE FIRST BABY
6
1936
TIMES SQUARE PLAYBOY
7
1936
THE DEVIL IS A SISSY (Au seuil de la vie)
8
1936
WEDDING PRESENT (Bonne blague)
9
1936
CAREER WOMAN
10
1937
TOO MANY WIVES, de Ben HOLMES
 
11
1937
THE SHEIK STEPS OUT, d'Irving PICHEL
 
12
1938
SINNERS IN PARADISE, de James WHALE
 
13
1938
ALGIERS (Casbah)
14
1938
MEET THE GIRLS, d'Eugene FORDE
 
15
1938
BLONDIE, de Frank R.STRAYER
 
16
1938
A CHRISTMAS CAROL
17
1938
HOTEL IMPERIAL
18
1939
I'M FROM MISSOURI, de Theodore REED
 
19
1939
THE STORY OF ALEXANDER GRAHAM BELL (Et la parole fut)
20
1939
BRIDAL SUITE
21
1939
OUR LEADING CITIZEN, d'Alfred SANTELL
 
22
1939
BLACKMAIL
23
1940
HIS GIRL FRIDAY (La dame du vendredi)
24
1940
ABE LINCOLN IN ILLINOIS
25
1940
EDISON, THE MAN (La vie de Thomas Edison)
26
1940
SOUTH OF PAGO PAGO (Pago Pago, l'île enchantée)
27
1940
A DISPATCH FROM REUTER (Une dépêche pour Reuter)
28
1941
MEET JOHN DOE (L'homme de la rue)
29
1941
THE SEA WOLF (Le vaisseau fantôme)
30
1941
BILLY THE KID (Billy le Kid le réfractaire)
31
1941
ONE FOOT IN HEAVEN
32
1941
ALL THAT MONEY CAN BUY / THE DEVIL AND DANIEL WEBSTER (Tous les biens de la Terre)
33
1941
INTERNATIONAL LADY (Cinquième bureau)
34
1941
THEY DIED WITH THEIR BOOTS ON (La charge fantastique)
35
1941
STEEL AGAINST THE SKY, d'A.Edward SUTHERLAND
 
36
1942
JUKE GIRL (Danseuse de cabaret)
37
1942
THE GAY SISTERS (Les folles héritières)
38
1942
HANGMEN ALSO DIE (Les bourreaux meurent aussi)
39
1943
NORTHERN PURSUIT (Du sang sur la neige)
40
1943
THE DESERT SONG
41
1944
ACTION IN ARABIA
42
1944
GOING MY WAY (La route semée d'étoiles),
43
1945
THAT'S THE SPIRIT (l'esprit fait du swing)
44
1945
THE HOUSE ON 92nd STREET (La maison de la 92ème rue)
45
1945
LEAVE HER TO HEAVEN (Péché mortel)
46
1946
A SCANDAL IN PARIS (Scandale à Paris)
47
1946
THE STRANGE WOMAN (Le démon de la chair)
48
1946
THE SHOCKING MISS PILGRIM (L'extravagante Miss Pilgrim), de George SEATON
 
49
1947
MIRACLE ON 34th STREET (Le miracle de la 34ème rue)
50
1947
CYNTHIA
51
1947
THE FOXES OF HARROW (La fière créole)
52
1947
HER HUSBAND's AFFAIRS (Mon loufoque de mari)
53
1948
APARTMENT FOR PEGGY (L'amour sous les toits)
54
1948
JOAN OF ARC (Jeanne d'Arc)
55
1948
THAT WONDERFUL URGE (Scandale en première page)
56
1949
DOWN TO THE SEA IN SHIPS (Les marins de L'Orgueilleux)
57
1949
MADAME BOVARY
58
1949
THE INSPECTOR GENERAL (Vive monsieur le maire!)
59
1950
THE BIG HANGOVER (Le chevalier de Bacchus)
60
1951
I'D CLIMB THE HIGHEST MOUNTAIN
61
1951
RHUBARB (Rhubarb, le chat millionnaire), d'Arthur LUBIN
 
62
1951
A GIRL IN EVERY PORT
63
1952
HOODLUM EMPIRE (Au royaume des crapules)
64
1952
APACHE WAR SMOKE
65
1952
BONZO GOES TO COLLEGE
66
1953
FRANCIS COVERS THE BIG TOWN (Francis journaliste)
67
1954
WORLD FOR RANSOM (Alerte à Singapour)
68
1956
CAROUSEL (Carrousel)
Éd. 9.1.4 : 19-1-2020