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Margaret LOCKWOOD (1916 / 1990)

Margaret Lockwood

Actrice anglaise, née Margaret Mary Day Lockwood, le 15 septembre 1916, à Karachi (Indes Britanniques, aujourd'hui Pakistan). Décédée le 15 juillet 1990, à Londres (Angleterre).

Fille de Francis Lockwood, un colon britannique administrateur des chemins de fer, et de sa 3ème épouse, l'Écossaise Margaret Eveline Waugh, la petite Margaret passera, entourée de son frère Lyn, de ses deux demi-frères Frank et John et de sa demi-soeur Fay, les toutes premières années de sa vie au Pakistan. En 1920, la mère s'installe à Londres avec une partie de sa jeune tribu tandis que le père poursuit sa mission coloniale asiatique.

La jeune fille enchaîne des études au Belvedere College et à la Sydenham High Schools, tout en suivant les cours de danse et de comédie de la célèbre Italia Conti Drama School de Londres. Elle n'est pas encore adolescente lorsqu'elle se produit sur scène, vers 1926, dans des petits numéros sous le nom de Margie Day. En 1928 pour certains, en 1931 pour d'autres, elle fait ses véritables débuts professionnels dans «Le songe d'une nuit d'été» de Shakespeare avant de danser à la Scala de Milan dans une pantomime, «The Babes in the Wood».

En 1933, élève de la Royal Academic of Dramatic Arts de Londres, elle est remarquée par un talent scout, Herbert de Leon [dit Rupert Leon], qui la prend sous contrat et lui permet de tourner un bout d'essai pour le cinéma. Peu après, Margaret fait ses débuts à l'écran, grâce au réalisateur Basil Dean, dans «Le mystère du château maudit», profitant de l'indisposition passagère de la prétendante au deuxième rôle féminin, Dorothy Hyson. Elle s'y montre fraîche et jeune dans un personnage d'ingénue qu'elle promènera une paire d'années au fil d'oeuvrettes purement britanniques, en tout cas insuffisamment armées pour traverser ne serait-ce que l'étroit Channel. Il lui faudra attendre 1936 et la version britannique du «Vagabond bien aimé» pour connaître, donnant la réplique à Maurice Chevalier, un premier grand succès au large de son île d'accueil.

En 1937, agent et actrice unieront leurs destinées devant le Lord Mayor avant de donner naissance à leur unique enfant, Margaret Julia (1941). Anecdote peu reluisante : à cette époque, l'actrice est encore suffisamment sous l'influence négative de sa mère, opposée à ce mariage, pour le lui taire pendant plusieurs mois, quitte à ne pas faire vie commune avec son époux !

En 1938, Margaret Lockwood est l'interprète vedette du film d'Alfred Hitchcock, «Une femme disparaît», qui lui apporte la consécration. Elle y tient avec assurance le rôle dramatique d'une jeune vacancière qui s'endort dans le wagon d'un train pour découvrir à son réveil que sa voisine de compartiment a disparu, remplacé par des personnages s'attachant à la convaincre qu'elle a sans doute rêvé. Le film est si bien mené et l'actrice si convaincante que s'ouvrent tout grand les portes d'un Hollywood plein de promesses. Mais, après avoir joué les utilités sous l'ombre basse de Shirley Temple («Susannah of the Monties», 1939) et pris les embruns dans les bras du bien fade Douglas Fairbanks Jr («Les maîtres de la mer», 1939), l'actrice choisit, peu satisfaite des propositions qui lui sont faites, de rejoindre une mère patrie déjà bien menacée par la guerre.

En ces années sombres, la gent féminine constitue l'essentiel des figures marquantes du cinéma britannique. Deborah Kerr, Celia Johnson, Phyllis Calvert, Anna Neagle… sont à l'apogée de leurs carrières nationales respectives. Au sommet de ce Panthéon, Margaret Lockwood donne dans le registre nouveau pour elle de la femme fatale. Voleuse de mari dans «L'homme en gris» (1943), détrousseuse de grands chemins dans «Le masque aux yeux verts», empoisonneuse dans «La perle noire» (1946), elle arbore depuis «Le médaillon fatal» un grain de beauté sur la joue gauche qui accentue sa frivolité et qu'elle gardera jusqu'à son dernier film, «The Slipper and the Rose» (1976), comme une marque de fabrique, un logo dirait-on de nos jours.

En 1946, mère couveuse de sa progéniture, elle a la joie de voir sa fille Julia entamer à ses côtés une carrière d'actrice, successivement dans «Hungry Hills» (1946) et «The White Unicorn» (1947). Revenue à sa demande vers des rôles plus positifs, elle voit paradoxalement sa côte décliner, à tel point que la Rank Organisation où elle paraphe depuis quelques années ne renouvelle pas son contrat à l'échéance de 1950. Elle travaille alors pour trois films – «L'affaire Manderson» (1952), «Laughing Anne» (1953), «Révolte dans la vallée» (1954), – sous la direction de Herbert Wilcox, le mari de sa rivale principale Anna Neagle, sans connaître les réussites de la décennie précédente.

Délaissée par le septième art après un succès mitigé dans «L'assassin s'était trompé» (1955) malgré le passage de Dirk Bogarde entre ses bras, Margaret Lockwood publie alors une autobiographie, «Lucky Star» (1955) avant de se (re)tourner vers le théâtre et la télévision, un média qui lui donnera ses dernières joies professionnelles, notamment au fil des 39 épisodes de la série «Justice» (1971/1974). Séparée de son époux peu après la naissance de leur fille, elle en divorça en 1950 avant de devenir pour un temps la compagne d'un acteur britannique peu connu, John Stone, son partenaire dans «Justice».

Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique depuis 1981, elle refusera deux ans plus tard la proposition de Michael Winner de figurer dans le remake de «The Wicked Lady» (1983) qu'incarnera Faye Dunaway. Sujette à des troubles d'audition, elle se retirera de la vie publique et finira sa vie recluse dans une propriété de Kingston Upon Thames, avant de succomber à une cirrhose du foie.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1934
LORNA DOONE (Les maudits du château-fort), de Basil DEAN
 
2
1936
THE BELOVED VAGABOND / LE VAGABOND BIEN-AIMÉ
3
1937
DOCTOR SYN, de Roy William NEILL
 
4
1937
MELODY AND ROMANCE, de Maurice ELVEY
 
5
1937
BANK HOLIDAY (Week-end), de Carol REED
 
6
1938
THE LADY VANISHES (Une femme disparaît)
7
1939
A GIRL MUST LIVE
8
1939
SUSANNAH OF THE MOUNTIES (Susannah)
9
1939
RULERS OF THE SEA (Les maîtres de la mer)
10
1939
THE STARS LOOK DOWN (Sous le regard des étoiles)
11
1940
NIGHT TRAIN TO MUNICH
12
1942
ALIBI
13
1943
THE MAN IN GREY (L'homme en gris)
14
1944
LOVE STORY (Romance d'amour)
15
1945
A PLACE OF ONE's OWN (Le médaillon fatal)
16
1945
I'LL BE YOUR SWEETHEART
17
1945
THE WICKED LADY (Le masque aux yeux verts)
18
1946
BEDELIA (La perle noire), de Lance COMFORT
 
19
1946
HUNGRY HILL (Les monts brûlés)
20
1947
JASSY (Le manoir tragique)
21
1947
THE WHITE UNICORN, de Bernard KNOWLES
 
22
1948
LOOK BEFORE YOU LOVE, de Harold HUTH
 
23
1949
CARDBOARD CAVALIER (Le cavalier de carton), de Walter FORDE
 
24
1949
MADNESS OF THE HEART (L'implacable ennemie)
25
1950
HIGHLY DANGEROUS
26
1952
TRENT's LAST CASE (L'affaire Manderson)
27
1953
LAUGHING ANNE, de Herbert WILCOX
 
28
1954
TROUBLE IN THE GLEN (Révolte dans la vallée)
29
1955
CAST A DARK SHADOW (L'assassin s'était trompé)
30
1976
THE SLIPPER AND THE ROSE: THE STORY OF CINDERELLA
Éd. 9.1.4 : 20-1-2020