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Henri DECOIN (1890 / 1969)

Henri Decoin

Réalisateur et scénariste français, né 18 mars 1890, à Paris (Seine, France). Décédé le 4 juillet 1969, à Paris (Île-de-France, France).

Henri Decoin est issu d'une famille très modeste. Le père paralysé, c'est la mère qui se place comme femme de ménage pour subvenir aux besoins de la famille. Sans surprise, le jeune Henri entre très tôt dans le monde du travail : livreur de lait, gratteur de peaux chez un fourreur… Il occupe son temps libre à la pratique des sports. Ainsi, il fut recordman de France de natation, joueur international de water-polo et sélectionné dans l'équipe française de natation pour les Jeux Olympiques de 1908 et 1912.

Henri entame la Première Guerre Mondiale dans l'Infanterie. Reversé dans l'Aviation, il apprend à piloter des aéroplanes. Membre, sans être un as, de la fameuse Escadrille des Cigognes (celle de Guynemer), il reçut à ce titre la Croix de Guerre et fut, plus tard, récipiendaire de la Légion d'Honneur.

Ayant découvert l'écriture à la “faveur” des années de guerre, le futur réalisateur décroche, une fois la paix retrouvée, un emploi de  journaliste sportif, successivement  à "L'Auto", "L'Intransigeant" et "Paris-Soir". En 1926, il publie son premier grand travail en matière de littérature, un roman intitulé «Quinze rounds, histoire d'un combat» , qui ne traite pas de l'aviation, mais de la boxe. L'ouvrage remportera le Grand Prix de la littérature sportive.

Sa deuxième épouse, Blanche Montel, étant actrice de cinéma, il conjugue travail et plaisir en écrivant des scénarii tournant autour d'un milieu qu'il connaît bien : «Le roi de la pédale» (cyclisme, 1925, Maurice Champreux), «Le p'tit parigot» (football, 1926, René Le Somptier). C'est le début d'une carrière cinématographique conséquente. On retrouve ensuite Decoin comme collaborateurs des cinéastes italiens Carmine Gallone («Le chant du marin» en 1931 dont il assure scénario et dialogues) et Mario Camerini («Je vous aimerai toujours» en 1932 dont il co-réalise la version française). C'est donc tout naturellement qu'il finit par réaliser un court métrage, «À bas les hommes» (1931).

À l'avènement du cinéma parlant, le voici qui travaille pour la compagnie allemande Universum Film AG (U.F.A), réalisant parfois les versions françaises de films germaniques ("Les requins du pétrole» en 1933). En effet, avant la mise au point de la post-synchronisation, les films à vocation internationale étaient tournés en plusieurs langues, avec parfois des interprètes différents. C'est à cette occasion que notre homme rencontre, en 1934, une jeune et jolie Française de 17 ans, Danielle Darrieux, sur le tournage du film de «L'or dans la rue» (1934) dont il écrit les dialogues français. Un an plus tard, ils se retrouvent sur le plateau de «Le domino vert», co-réalisé par Herbert Selpin pour la version allemande et Henri Decoin pour la version française. Le mariage est prononcé la même année. En 1938, le couple part pour les États-Unis où la jeune femme a signé un contrat avec Universal. Sur place, Henri étudie les méthodes de travail hollywoodiennes qui l'impressionneront longtemps et lui vaudront la réputation de “travailler à l'américaine”.

Enfin maître de ses propres films, Henri Decoin entame la première partie de sa carrière en réalisant des oeuvres légères et pétillantes, dans lesquelles il met souvent en scène sa jeune épouse : «Abus de confiance» (1937), «Battement de coeur» (1939), «Premier rendez-vous» (1941). Ce dernier, réalisé en pleine Occupation pour la compagnie allemande Continental – mais comment faire autrement à cette époque ? – marque aussi la séparation du couple qui divorce la même année. Henri Decoin se remariera, en 1943, pour le plus grand bonheur des amateurs de littérature puisque sa quatrième épouse, Jeanne Charpenay, sera la mère du futur écrivain Didier Decoin, Prix Goncourt 1977, secrétaire général de la même Académie (1995) dont il deviendra le président en janvier 2020.

 Après la Seconde Guerre Mondiale, le ton change. Finies les comédies enlevées, place aux films de genre, policiers, gangsters, drames historiques ou sentimentaux. Bref, des histoires un tantinet plus noires. C'est dans ce style qu'il réalise ce qui demeure son chef d'oeuvre, «La vérité sur Bébé Donge» (1951). Une oeuvre noire, tirée d'un roman de Georges Simenon, au cours de laquelle Jean Gabin, mourant, se demande si son épouse aimante, encore Danielle Darrieux, ne l'a pas empoisonné. Decoin participe également au nouveau départ du héros du «Jour se lève» (1939) au travers de l'adaptation du célèbre roman d'Auguste Le Breton, «Razzia sur la chnouf» (1955).

Entre 1952 et 1957, Henri Decoin travaille avec un assistant très prometteur, Michel Deville, qui l'accompagnera pendant une douzaine de films, comme, outre «Razzia sur la Chnouf», l'évocation historique de «L'affaire des poisons» (1955) avec l'inévitable Danielle Darrieux pour ce qui restera leur dernière collaboration, et le premier épisode de «La Chatte» (1958) avec Françoise Arnoul.

Si l'on peut encore aimer le charme et le dynamisme de Martine Carol dans «Nathalie agent secret» (1959), force est de constater que les années soixante – un «Masque de fer» (1962) par trop conventionnel, un «Nick Carter va vout casser» (1964) qui ne tient pas les promesses de son titre – marqueront le chant du cygne pour ce réalisateur efficace, si attaché aux bonnes histoires, mais peu soucieux de réaliser une carrière artistique, comme l'ont fait Renoir, Carné, Clair ou Duvivier.

Henri Decoin s'éteint avant la fin de la décennie, victimes de complications inattendues lors d'une opération chirurgicale.

Christian Grenier

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English translation

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Filmographie complète

Réalisations
Lg
An
Titre
 
 
1
1933
UNSICHTBARE GEGNER / LES REQUINS DU PÉTROLE [Version française]
2
1933
LES BLEUS DU CIEL
3
1934
TOBOGGAN
4
1935
DER GRÜNE DOMINO / LE DOMINO VERT [Version française]
5
1937
MADEMOISELLE MA MÈRE
6
1937
ABUS DE CONFIANCE
7
1938
RETOUR À L'AUBE
8
1939
BATTEMENT DE COEUR
9
1940
COUP DE FOUDRE, de Henri DECOIN (Inachevé)
 
10
1941
PREMIER RENDEZ-VOUS
11
1942
LES INCONNUS DANS LA MAISON
12
1942
LE BIENFAITEUR
13
1942
MARIAGE D'AMOUR
14
1943
L'HOMME DE LONDRES
15
1943
JE SUIS AVEC TOI
16
1946
FILLE DU DIABLE
17
1947
NON COUPABLE
18
1947
LES AMOUREUX SONT SEULS AU MONDE
19
1947
LES AMANTS DU PONT SAINT-JEAN
20
1948
ENTRE ONZE HEURES ET MINUIT
21
1949
AU GRAND BALCON
22
1950
TROIS TÉLÉGRAMMES
23
1950
CLARA DE MONTARGIS
24
1951
LE DÉSIR ET L'AMOUR
25
1951
LA VÉRITÉ SUR BÉBÉ DONGE
26
1952
LES AMANTS DE TOLÈDE
27
1953
DORTOIR DES GRANDES
28
1954
LES INTRIGANTES
29
1954
SECRETS D'ALCÔVE [Sk."Le billet de logement"]
30
1954
BONNES À TUER
31
1955
RAZZIA SUR LA CHNOUF
32
1955
L'AFFAIRE DES POISONS
33
1956
FOLIES-BERGÈRE / UN SOIR AU MUSIC-HALL
34
1956
LE FEU AUX POUDRES
35
1957
TOUS PEUVENT ME TUER
36
1957
CHARMANTS GARÇONS
37
1958
LA CHATTE
38
1958
POURQUOI VIENS-TU SI TARD?
39
1959
NATHALIE AGENT SECRET
40
1959
LA CHATTE SORT SES GRIFFES
41
1960
LA FRANÇAISE ET L'AMOUR [Sk."Lenfance"]
42
1960
TENDRE ET VIOLENTE ÉLISABETH
43
1960
LE PAVÉ DE PARIS
44
1961
MALÉFICES
45
1962
LE MASQUE DE FER
46
1963
LES PARIAS DE LA GLOIRE
47
1963
NOCHES DE CASABLANCA (Casablanca, nid d'espions)
48
1964
NICK CARTER VA TOUT CASSER
Autres contributions
Lg
An
Titre
 
 
49
1946
LE CAFÉ DU CADRAN
Éd. 9.1.4 : 22-1-2020