La bibliothèque de L'Encinématheque

Vivian BLAINE (1921 / 1995)

Vivian Blaine

Actrice américaine, née Vivian Stapleton, le 21 novembre 1921, à Newwark (New Jersey). Décédée le 9 décembre 1995, à New York (U.S.A.).

Fille du baryton Lionel Stapleton et de Wilma Mae Tepley, femme au foyer d'origine viennoise, cette blonde aux yeux bleus eut à souffrir très tôt du divorce de ses parents. Sa mère, qui en a la garde, l'encourage bien vite à développer ses qualités vocales et, dès l'âge de 3 ans, la fillette chante et danse en public à la moindre occasion. L'adolescence venue, elle poursuit ces activités chaque fin de semaine, développant peu à peu un joli brin de voix.

En 1935, elle se produit comme chanteuse au sein du Helsey Mills Band, puis effectue une tournée de 6 mois avec le Al Kavelin Orchestra, adoptant les patronymes successifs de Vivian Stevens, Vivianne Lane, puis Vivian Blaine.

En 1940, elle a acquis suffisamment d'assurance pour pouvoir enregistrer son premier microsillon sous le label Varsity. C'est alors qu'elle se produit au Clinton Hotel de New York avec le Jay Mills Band que la lumineuse demoiselle se fait remarquer par Meyer Mishkin, un talent scout de la Fox. Celui-ci lui propose de tourner un bout d'essai à condition qu'elle perde 30 livres! Chose faite, elle s'installe, avec sa mère, en janvier 1942, à Hollywood où elle signe un contrat avec la 20th Century Fox de Darryl F Zanuck.

Après une figuration dans «It Happened in Flatbush» (1942) dont le décèlement relève du prodige, elle joue les mondaines dans «Girl Trouble» (1942) et donne dans le genre dramatique avec «Thru Different Eyes», à son désavantage reconnaîtra-t-elle. Plus à l'aise dans la comédie, elle joue les soeurs graciles et amoureuses dans «He Hired the Boss» (1943) avant d'obtenir un premier rôle féminin entre Laurel & Hardy, bien connus pour être «Les rois de la blague» (1943).

En 1943, année du décès de sa maman, elle prend pour agent George 'Manny' Franks, qui deviendra son premier époux de 1945 à 1956. Décidée à redonner un élan à sa carrière, elle sollicite la renégociation de son contrat, exigence acceptée par Zanuck pour peu qu'elle accepte de se teindre en roux afin de remplacer Alice Faye, enceinte, sur le tournage de «The Greenwich Village» (1944), face à une Carmen Miranda qui, comme toujours, refusera d'ôter son couvre-cheftaine ! La couleur en valait la chandelle qui fera enfin accéder la jeune actrice à la notoriété nationale et lui vaudra le surnom de “Cherry Blonde” (“la blonde cerise”), malicieusement attribué par le patron !

Élue "Douceur du 144ème régiment d'infanterie" en service sur les champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale, la belle enfant participe à sa manière à l'effort de guerre, manifestant ses bonnes intentions en donnant «Something for the Boys» (1944). Moins consensuelle, elle fricote avec George Raft pour les besoins de «Nob Hill» (1945), poussant la chansonnette en technicolor. À nouveau chanteuse dans «State Fair» (1945), elle voit sa concurrente, Louanne Hogan porter la composition de Richard Rogers et Oscar Hammerstein II, «It Might as Well Be», à la hauteur de l'oscar du meilleur morceau musical de l'année.

Après un intermède vocal de quelques semaines sur la scène du Chicago Theatre, Vivian Blaine connaît la déception de se voir souffler le rôle de Rosie dans «The Dolly Sisters» (1945) par June Haver, et ce ne furent pas les têtes d'affiche obtenues dans «Doll Face» et «If I'm Lucky» (1946, nous la faisant revivre en blonde) , deux “séries B” dirigées par Lewis Seiler, qui la consolèrent. «Three Little Girls» (1946), reprenant le schéma de la triple sororité, aurait pu adoucir cette déception mais, ayant compris qu'elle ne serait jamais que la troisième roue du carrosse, l'actrice décida de rompre à l'amiable son contrat avec la Fox, qui ne se montra pas réticente.

Revenue avec bonheur au tour de chant, elle fait ses débuts sur scène à Dallas dans «One Touch of Venus» et se montre à la télévision entre Dean Martin et Jerry Lewis. La chance lui sourit enfin lorsque, retenue pour créer à Broadway le personnage d'Adelaïde dans la comédie musicale «Guys and Dolls», elle connut un tel succès qu'il sera impossible de la remplacer lorsque l'heure sera venue d'une adaptation à l'écran («Blanches colombes et vilains messieurs», 1955), constituant avec Marlon Brando, Frank Sinatra et Jean Simmons la quatrième roue d'un carrosse plus joliment parementé. Entre-temps, Hollywood aura redécouvert son existence au point de la distribuer dans une grande production, «Des jupons à l'horizon» (1952), avec Esther William et Joan Evans.

Hélas, la suite n'ayant pas été à la hauteur de ses espérances, Vivian s'en retourna vers la chanson et se consacra au petit écran avant d'annoncer, en 1959, son éloignement du show business afin de se consacrer à son mariage avec le responsable de la Universal et de Decca Record, Milton Rackmil. Revenant sur sa décision en 1961 au prix de cette union pourtant profitable, elle attendit 1973 pour se mettre au cou une dernière corde, cette fois tressée par l'homme d'affaires Stuart Clark.

Actrice dont l'élégance la fit désigner longtemps aux premiers rangs de la liste des femmes les mieux habillées des États-Unis, Vivian Blaine fit également un retour tardif et parcimonieux vers le cinéma – quatre films entre 1972 et 1983 – mais travailla plus conséquemment pour la télévision jusqu'en 1987. Confrontée à des problèmes financiers et à la santé délicate de son dernier époux, elle finit elle-même emportée par une pneumonie au Beth Israel Hospital de New York.

Christian Grenier

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

INTERPRÉTATIONS:
LgAnTitre  
11943HE HIRED THE BOSS de Thomas Z.LORING 
21943JITTERBUGS (Les rois de la blague)
31944GREENWICH VILLAGE
41944SOMETHING FOR THE BOYS
51945NOB HILL de Henry HATHAWAY 
61945STATE FAIR
71945DOLL FACE
81946IF I'M LUCKY de Lewis SEILER 
91946THREE LITTLE GIRLS IN BLUE de H.Bruce HUMBERSTONE 
101952SKIRTS AHOY! (Des jupons à l'horizon)
111955GUYS AND DOLLS (Blanches colombes et vilains messieurs)
121957PUBLIC PIGEON N°1 (Un pigeon qui pige) de Norman Z.McLEOD 
Éd.8.1.3 : 24-8-2017