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Alessandra PANARO (1939 / 2019)

Alessandra Panaro

Actrice italienne, née le 14 décembre 1939, à Rome (Lazio, Italie). Décédée le 1er mai 2019, à Genève (Suisse).

Née dans une famille  aisée, Alessandra Panaro est la fille d'un colonel d'aviation. Ses parents se montrèrent peu emballés à l'idée que leur fille de quatorze ans rêva déjà de faire du cinéma. Son frère Michelangelo, assistant-réalisateur, pensant la décourager, lui obtient un petit rôle dans «Le batelier d'Amalfi» (1954), de Mino Roli. Malgré les contraintes du tournage, Alessandra se montra d'abord amusée et finalement enthousiasmée par ce nouvel univers.

Mauro Bolognini lui donnera l'occasion de concrétiser ses ambitions en lui offrant deux rôles d'adolescentes, successivement, «Les amoureux» (1955) et «Guardia, guardia scelta brigadiere e maresciallo» (1956). Dans ce dernier, elle incarne une étudiante espiègle aux côtés du vigilant et intransigeant Alberto Sordi qui lui apprendra la langue de Molière.

La starlette qu'elle est encore enchaîne les personnages de collégiennes et de jeunes adolescentes aguichantes avant que Dino Risi ne l'intègre dans la distribution de «Pauvres mais beaux», (1956)  une comédie relatant les premiers émois amoureux d'un groupe de jeunes gens : elle y incarne Anna Maria, la sœur timide de Renato Salvatori, dont elle partage les aventures avec Lorella De Luca, Maurizio Arena et Marisa Allasio. Le succès de cette comédie ouvrit la porte à deux succédannés autour du même quatuor, «Beaux mais pauvres» (1957) et «Poveri milionari» (1958), également de Dino Risi, le dernier débouchant sur les mariages tant espérés par le public.

En 1957, Alessandra se transforme en «Lazarella» dans la comédie sentimentale de Carlo Ludovico Bragaglia (1957) au terme duquel, fille d'un riche industriel, elle finira par donner son coeur à un jeune étudiant sans le sou mais avec les beaux yeux de Mario Girotti avant que celui-ci ne devienne Terence Hill. L'année suivante, elle retrouve régulièrement son amie Lorella De Luca pour assister de concert le présentateur Mario Riva dans le très populaire jeu télévisé «Il musichiere», une émission rassemblant familles et amis dans les bars équipés des premiers téléviseurs, un luxe que peu de gens pouvaient se permettre à cette époque. Par après – comme écrirait notre Collectionneuse –, elle campe la fille de Totò dans un film satirique de Mario Mattoli, «Totò, Peppino et les fanatiques» (1958).

Dans la veine du mouvement néo-réaliste italien, Luchino Visconti, signe un mélodrame sombre mais beau, «Rocco et ses frères» (1960). Il fait appel à Alessandra pour jouer Franca, la petite amie de Ciro Parondi – alias Max Cartier qui ne deviendra pas aussi célèbre que ses deux frères de cinéma, Alain Delon et Renato Salvatori – pour de trop courtes séquences.

Avec les années 60, Alessandra Panaro aborde le cinéma de genre – péplum, western spaghettis, gialli… – qui feront fureur trop longtemps. Pour répondre aux goûts du public, elle sera l'héroïne de plusieurs films d'aventures dans lesquels sa beauté et sa plastique confèreront un supplément sensuel à des personnages par ailleurs conventionnels ; en témoigne le film mythologique de Giorgio Ferroni, «Les bacchantes» (1961) lorsque la belle Manto, jeune vierge dans une Grèce encore antique, est sur le point d'être sacrifiée aux dieux pour conjurer la sécheresse du pays : qu'on se rassure, elle sera sauvée par le dieu Dionysios avantageusement matérialisé sous les traits de Pierre Brice. Dans «Ulysse contre Hercule» de Mario Caiano (1962), bonne poire, elle figure la belle Hélène, fiancée de Hercule enlevée par un prince jusqu'à ce que notre héros (Michael Lane) et Ulysse (Georges Marchal), enfin réconciliés, ne se portent à son secours : pendant ce temps, Pénélope tricotait ! Dans «Hercule contre Moloch» de Giorgio Ferroni (1963), dernière concession au genre, la voici sous les robes de Medée, l'épouse du roi de Tirynthe incarné par Gordon Scott, lequel se prend parfois pour Hercule afin de combattre Moloch, une divinité cruelle qui cache sa laideur sous un masque de chacal : à l'école, on ne nous avait pas raconté l'histoire de cette façon !

Ne croyez pas la belle sortie d'affaires pour autant : bien vite, promise à Lex Barker, elle tombe dans les griffes du «Bourreau de Venise» pour le plaisir sadique de Luigi Capuano (1962). À peine remise, kidnappée par les membres d'une secte redoutable dans «Le temple de l'éléphant blanc» d'Umberto Lenzi (1963), elle ne doit son salut qu'au courage d'un capitaine des lanciers opportunément campé par Sean Flynn. «Le fils du capitaine Blood» ne lui était pas inconnu, qui l'avait déjà tiré d'affaires dans un film éponyme quelques années auparavant (1961).

Après «Le prince noir» (1964, apparition fugitive sinon incertaine) et «Les mercenaires du Rio Grande» (1965), deux films hauts en couleurs et en rebondissements réalisés par Robert Siodmak et dans lesquels, inhabituellement brune, elle aura retrouvé Lex Barker, notre aventurière sacrifie au western spaghetti avec «30 fusils pour un tueur» (1965) de Gianfranco Baldanello, un opus très éloigné de l'univers de Sergio Leone et contre lequel elle se protège sous le pseudonyme de Topsy Collins. Prenant ses distances avec un septième art qui ne l'aura pas sanctifiée, Alessandra Panaro, toujours aussi belle, fera une dernière apparition à l'écran quarante ans après la précédente dans un film de Gianfrancesco Lazzotti, «La notte è piccola per noi», brièvement présenté en France lors du Festival d'Annecy 2016.

Deux hommes marquèrent la vie privée de notre vedette du jour. Jean Pierre Sabet, un banquier italo-égyptien devenu son époux dans les années soixante et décédé en 1983, lui aura laissé une fille, Vanessa. Par la suite, elle aurra partagé la vie du comédien Giancarlo Sbragia de 1992 jusqu'à son décès, le 28 juin 1994. Doublement veuve, Alessandra Panaro s'installera à Genève (Suisse) où elle décèdera dans une clinique le 1er mai 2019. Exemples sains d'une beauté naturelle, filles simples inspirant la tendresse et appelant l'amitié, Alessandra Panaro et son amie Lorella De Luca, deux icônes du cinéma transalpin des sixties, ont bien mérité les étiquettes de “fidanzate d’Italia” posées tendrement sur leurs épaules par leur fidèle public.

Gary Richardson

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1955
GLI INNAMORATI (Les amoureux)
2
1956
GUARDIA, GUARDIA SCELTA, BRIGADIERE E MARESCIALLO
3
1956
POVERI MA BELLI (Pauvres mais beaux)
4
1957
LAZZARELLA
5
1957
BELLE MA POVERE (Beaux, mais pauvres)
6
1957
AMORE E CHIACCHIERE
7
1958
TOTÒ, PEPPINO E LE FANATICHE
8
1958
CIGARETTES, WHISKY ET P'TITES PÉPÉES
9
1958
TE DOY MI VIDA, de Pino MERCANTI
 
10
1959
I RAGAZZI DEI PARIOLI
11
1958
AVVENTURA A CAPRI
12
1958
POVERI MILIONARI
13
1959
LE NOTTI DEI TEDDY BOYS, de Leopoldo SAVONA
 
14
1959
CERASELLA
15
1960
ROCCO E I SUOI FRATELLI (Rocco et ses frères)
16
1961
LE BACCANTI (Les bacchantes)
17
1961
PECADO DE AMOR (Magdalena)
18
1962
ULISSE CONTRO ERCOLE (Ulysse contre Hercule)
19
1961
IL FIGLIO DEL CAPITANO BLOOD / EL HIJO DEL CAPITÁN BLOOD (Le fils du capitaine Blood)
20
1962
IL COLPO SEGRETO DI D'ARTAGNAN (Le secret de D'Artagnan)
21
1963
IL BOIA DI VENEZIA (Le bourreau de Venise)
22
1963
ERCOLE CONTRO MOLOCH (Hercule contre Moloch)
23
1964
SANDOK, IL MACISTE DELLA GIUNGLA (Le temple de l'élephant blanc)
24
1964
DER SCHUT (Le prince noir)
25
1965
DER SCHATZ DER AZTEKEN und DIE PYRAMIDE DES SONNENGOTTES (Les mercenaires du Rio Grande)
26
1965
30 WINCHESTER PER EL DIABLO (30 fusils pour un tueur), de Frank G. CARROL/Gianfranco BALDANELLO
 
27
2016
LA NOTTE È PICCOLA PER NOI, de Gianfrancesco LAZOTTI
 
Éd. 9.1.4 : 16-7-2020