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Maurice SARFATI (1931 / 2013)

Maurice Sarfati

Acteur français, né le 24 juin 1931, à Paris (France). Décédé le13 novembre 2013, à Paris (France.

Bien que Parisien, Maurice Sarfati traînera, pendant la guerre, ses culottes sur les bancs du collège de Castres  pour y poursuivre des études secondaires. Il assiste et participe avec d'autres collégiens aux représentations de théâtre scolaire de son établissement. Rapidement, la mise en scène l'attire davantage que le jeu de scène. De ces années de jeunesse, il gardera l'accent chantant du midi.

À la même époque,  il découvre le 7e art, s'autorisant, compte tenu de ses modestes moyens, une séance par semaine d'émerveillement virtuel. Il devient vite un véritable passionné, au point de collectionner revues et photos traitant de cinéma.

À la Libération, il rejoint sa famille dans la capitale où il décroche son baccalauréat avant d'entrer à l'Institut des Hautes Études Cinématographiques.

Remarqué par son professeur d'art dramatique, Mme Bauer-Héron, qui le présente à Armand Salacrou, il obtient un premier  rôle sur les planches du Théâtre St Georges dans «Dieu le savait» (1951). Il aura l'occasion de s'illustrer sur les scènes parisiennes et en tournée, servant des auteurs classiques (Shakespeare, Molière,…) tout autant que des écrivains contemporains (Marcel Aymé, François Ferdinand,…). Appelé peu après à remplir ses obligations militaires, il y trouve au moins le plaisir de retourner dans le midi, près de Tarbes cette fois, dans un régiment dont il sortira avec le grade de sous-lieutenant.

De retour à Paris, il court les castings et finit par décrocher un tout petit rôle dans «Avant le déluge» (André Cayatte, 1953). Ainsi débute sa carrière d'acteur qui comptera, à terme, une petite trentaine de compositions. Jeune premier de caractère,  il tient des rôles dans des opus reconnus, comme «L'air de Paris» de Marcel Carné (1954) ou «Huis Clos» de Jacqueline Audry (1954), qui l'emploiera à nouveau sur le tournage de «Mitsou» (1956), le temps de porter un télégramme et de jouer le joli cœur auprès d'Anouk Ferjac. Dans «Le grand pavois» de Jack Pinoteau (1953) il campe un marin de la "Jeanne d'Arc" aux côtés de Marc Cassot.

Certes, tout ne fut pas du même niveau. Interprète récurrent chez Jean Gourguet, le maître du “réalisme français sulfureux”, il apparut au grand jour dans «Maternité clandestine» (1953) avant de prendre la tête d'affiche dans «Les premiers outrages» où il se laisse impressionner par une séduisante quadragénaire. Après un tel parcours, il devait finir inévitablement tomber dans les bras de «La p… sentimentale» (1958) dont il ira jusqu'à supprimer le souteneur. Belle mentalité !

Revenu à de plus nobles sentiments, il se fait interne anonyme dans «Les hommes en blanc» de Ralph Habib (1955). On le retrouve peu après, cousin amoureux de Pascale Audret, dans «L'eau vive» de François Villiers (1956), celle-là même dont on s'apprête à ralentir l'écoulement par la construction du barrage de Serre-Ponçon. À deux reprises, il est dirigé par Jean Delannoy qui en fait le frère de Frollo dans «Notre Dame de Paris» (1956), puis un inspecteur de police aux ordres de Jean Gabin dans «Maigret tend un piège» (1957).

Son parcours subit à son tour un sérieux ralentissement jusqu'en 1966, année où Mark Robson l'enrôle parmi les «Centurions» du lieutenant-colonel Raspéguy, chargés de ramener l'ordre dans une Algérie que l'on croit encore française ; il y campe un "lézard" suffisamment conséquent pour exister face aux crocodiles que sont Anthony Quinn, Alain Delon et Maurice Ronet. En revanche, il est difficile de le repérer dans le «Cyrano de Bergerac» de Jean Paul Rappeneau (1990) , dans lequel il semble n'avoir fait que figurer. En 2010, il prend la mer une dernière fois à bord du paquebot dirigé par Jean-Luc Godard, «Film socialisme», pour faire le tour de la Méditerranée.

Maurice Sarfati fut également employé au petit écran. C'est ainsi qu'on put le retrouver dans des séries populaires comme «Les enquêtes de l'inspecteur Leclerc» ou les décisives «Cinq dernières minutes» du Commissaire Bourrel. On se souvient de lui dans des fictions réussies comme «Maurin des Maures» (1970/1974) ou «Nans le Berger» (1976). Enfin n'oublions pas sa brillante carrière de doublage où il aura prêté sa voix, entre autres, à Dustin Hoffman («Macadam Cowboy» en 1969,…), Robert de Niro («Taxi Driver» en 1976,…), Omar Sharif («Top Secret» en 1984,…) et, pour la télévision, Tony Danza dans le sympathique feuilleton «Madame est servie» (1984), ainsi qu'aux méchants de la série d'animation «Nicky Larson» (1990).

Maurice Sarfati avait épousé la comédienne Marie-Claire Laurent en 1956. À la fin des années 50, dans une interview accordé à Guy Farner pour "Le film complet" (N°660), il avouait sans difficulté sa passion pour son métier et son attirance pour l'Histoire.

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Filmographie sélective

INTERPRÉTATIONS:
LgAnTitre  
11953MATERNITÉ CLANDESTINE
21953LE GRAND PAVOIS
31954L'AIR DE PARIS
41955LES PREMIERS OUTRAGES
51956NOTRE-DAME DE PARIS
61956MITSOU ou COMMENT L'ESPRIT VIENT AUX FILLES
71956L'EAU VIVE
81956OSS 117 N'EST PAS MORT
91957MAIGRET TEND UN PIÈGE
101958A TALE OF TWO CITIES (Le marquis de Saint-Évremond)
111958LA P... SENTIMENTALE
121960LES PORTES CLAQUENT
131962CODINE / KODIN
141966LOST COMMAND (Les centurions)
151967LA MALÉDICTION DE BELPHÉGOR
Éd.8.1.3 : 22-9-2017