La bibliothèque de L'Encinématheque

Roger PIGAUT (1919 / 1989)

Roger Pigaut

Acteur français, né Roger Paul Louis Pigot, 8 avril 1919, à Vincennes (Seine, France). Décédé le 24 décembre 1989, à Paris (Île-de-France, France).

Fils d'un caissier aux Galeries Lafayette et d'une couturière, le jeune Roger, une fois le fameux certificat d'études en poches, poursuit ses études avec l'ambition de devenir instituteur. Ayant raté le concours d'entrée à l'École Normale,  il doit se contenter d'un emploi dans les Chemins de Fer. D'un tempérament indépendant, il l'abandonne au bout de quelques mois, s'éloigne de la capitale, accepte plusieurs petits boulots pour vivre jusqu'à ce que, réflexion faite, il choisisse de rentrer à Paris. De tout temps passionné de théâtre et de cinéma, il parle autour de lui de son envie de devenir comédien et on lui conseille d'auditionner devant Raymond Rouleau.

À 18 ans, il se décide à passer devant ce grand directeur de troupe qui l'accepte en même temps que Serge Reggiani, lequel deviendra son meilleur ami. Il fréquente également le cours de René Simon. Comme il ne connaît rien du métier, il est confié à Gabrielle Fontan qui parviendra à le “dégrossir” et surtout lui faire perdre son accent parisien bien trop prononcé. En 1939, il semble prêt à tenter l'entrée au Conservatoire lorsque l'Histoire le rattrape. Après l'Exode, il se retrouve à Toulouse, en zone libre, livré à lui-même mais sans le moindre moyen de subsistance . Vendeur de journaux à la sauvette, il est récupéré par la Radiodiffusion Française. Peu après, on l'envoie à Marseille où il rencontre quelques “théâtreux”». De Cannes, il entame une tournée avec «Le Cid» et «Les hauts de Hurlevent» qui lui fait traverser une cinquantaine de villes du sud de la France. Par la suite, il aura l'occasion de remonter sur les planches, notamment pour une pièce écrite par Odette Joyeux, «Le château de campagne» (1950).

En 1942, de retour à Paris, il fait la connaissance de Marcel Achard qui, parrain attentif et protecteur , lui suggère de tenter  une carrière au cinéma. Il fait ses premières apparitions à l'écran en compagnie de ravissantes partenaires : Renée Saint-Cyr dans «Retour de flamme» (Henri Fescourt, 1942), Micheline Presle dans «Félicie Nanteuil» (Marc Allégret, 1942) , puis Odette Joyeux et Madeleine Robinson dans «Douce» (Claude Autant-Lara, 1943). Tout au long de sa carrière, il aura ainsi la chance de partager l'affiche avec des comédiennes talentueuses et célèbres, parmi lesquelles il faut ajouter Maria Casarès («Bagarres» en 1948), Sophie Desmarets («Rapide de nuit» en 1948,…),  Ginette Leclerc («La maison dans la dune» en 1951), Brigitte Bardot («La lumière d'en face» en 1954) et, bien plus tard, Romy Schneider («Une histoire simple» en 1978).

En attendant, engagé pour «Premier de cordée» (1943), il se blesse trop sérieusement pour pouvoir assurer son rôle de montagnard et sera remplacé par André Le Gall. L'année suivante, «Sortilèges» (Christian-Jaque, 1944), le plonge dans une sombre histoire auvergnate où, malgré les maléfices d'un “sorcier” et des jalousies, l'amour qu'il porte à la jolie Catherine triomphera. «L'invité de la 11ème heure» (Maurice Cloche, 1945) en fait l'inventeur d'une machine machiavélique destinée à deviner la pensée des gens. «Nuit d'alerte» (Léon Mathot, 1946), film de guerre,  lui permet d'entrer dans la Résistance. «La rose de la mer» (Jacques de Baroncelli, 1946) lui attribue pour oncle Fernand Ledoux, rencontre capitale puisque celui-ci, appréciant son talent,  l'emmènera en tournée théatrale au Brésil , en Argentine et au Pérou. Auparavant, avec «Antoine et Antoinette» (Jacques Becker, 1946) il aura obtenu ce qui demeure sans doute son meilleur rôle.

À plusieurs reprises, il endosse des costumes historiques dans quelques (plus ou moins) grands titres : citons «Cartouche, roi de Paris» (Guillaume Radot, 1948), «L'agonie des aigles» (Jean Alden-Delos, 1951), «Le comte de Monte-Cristo» (Robert Vernay, 1953) où, face à Jean Marais, il campe l'antipathique et fourbe Fernand de Morcef, «Napoléon» (Sacha Guitry, 1955) où il incarne Caulaincourt. Dans la décennie suivante, il jouera les Barbares dans la série des Angélique, qu'elle soit «Indomptable…» (1967) ou soumise à son «Sultan» (1968), avant de devenir le Comte Karolyi, ami  politique de Rodolphe dans «Mayerling» (Terence Young,1967).

Bien sûr, le petit écran  saura utiliser ce comédien affirmé et nous aurons  eu le plaisir de l'apprécier dans des séries populaires de qualité comme «Les compagnons de Baal» (1968), «Les chevaliers du ciel» (1967/1970), «Mauregard» (1970), «Quentin Durward» (1971), «Les Boussardel» (1972), «Le jeune homme vert» (1979),…

Assistant- d'Yves Allégret sur «Germinal» (1963), Roger Pigaut s'est intéressé très tôt à la direction de films, ayant notamment produit et réalisé le charmant «Cerf volant du bout du monde» (1957). Fondateur avec Serge Reggiani et Betsy Blair de "La Garance Films", il dirige son ami de longue date dans «Comptes à rebours» (1970) et «Trois milliards sans ascenseur» (1972).

Uni pendant plusieurs années à l'actrice Betsy Blair, divorcée de Gene Kelly, il avait eu d'une première union, selon ses propres confidences, un fils et une fille. En 1963, il se remarie à Joëlle Bernard qu'il dirige dans «Comptes à rebours» et «Le guêpier» (1975), avant qu'elle ne se donne la mort (1977). Homme discret, sympathique et séduisant, Roger Pigaut laisse le souvenir d'un artiste convaincant et complet. Il prend le grand départ la veille d'un Noël bien triste de 1989, victime d'une crise cardiaque.

Donatienne

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1942
RETOUR DE FLAMME, Sorti en 1943
2
1943
DOUCE
3
1944
SORTILÈGES
4
1945
L'INVITÉ DE LA ONZIÈME HEURE
5
1945
L'ASSASSIN N'EST PAS COUPABLE, Sorti en 1946
6
1946
LA ROSE DE LA MER
7
1946
ANTOINE ET ANTOINETTE
8
1947
LES FRÈRES BOUQUINQUANT
9
1947
LES CONDAMNÉS
10
1948
RAPIDE DE NUIT
11
1948
BAGARRES
12
1948
CARTOUCHE, ROI DE PARIS
13
1950
EIN LÄCHELN IN STURM / UN SOURIRE DANS LA TEMPÊTE [Version francaise]
14
1951
LA MAISON DANS LA DUNE
15
1951
L'AGONIE DES AIGLES
16
1953
LA CARAQUE BLONDE
17
1953
LE COMTE DE MONTE CRISTO [.Planche.Planche]
18
1953
TEODORA (Théodora, impératrice de Byzance)
19
1954
GLI AMORI DI MANON LESCAUT (Les amours de Manon Lescaut)
20
1954
NAPOLÉON
21
1955
LA LUMIÈRE D'EN FACE
22
1955
LA PLUS BELLE DES VIES
23
1967
INDOMPTABLE ANGÉLIQUE
24
1968
MAYERLING
25
1978
UNE HISTOIRE SIMPLE
Réalisations
Lg
An
Titre
 
 
26
1957
LE CERF-VOLANT DU BOUT DU MONDE [Réalisateur, producteur, co-scénariste]
27
1970
COMPTES À REBOURS [Réalisateur, co-scénariste]
28
1972
3 MILLARDS SANS ASCENSEUR [Réalisateur, co-scénariste]
29
1975
LE GUÊPIER [Réalisateur, co-scénariste]
Éd. 9.1.4 : 9-2-2020