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Libertad LAMARQUE (1908 / 2000)

Libertad Lamarque

Actrice et chanteuse argentine, née Libertad Lamarque Bouza, le 24 novembre 1908, à Rosario (Argentine). Décédée le 12 décembre 2000, à Mexico City (Mexique).

Très peu connue en Europe, Libertad est la fille de Gaudencio Lamarque, contortionniste dans sa jeunesse puis tondeur de brebis, étameur, fabricant de jouets,… de nationalité uruguayenne et d'ascendance française. Sa mère, Josefa Bouza, émigrée espagnole, est veuve avec plusieurs enfants à charge lorsqu'elle épouse Gaudencio. Benjamine d'une fratrie de dix unités, la fillette devra son prénom aux affinités électives de son géniteur, anarchiste dans l'âme qui se trouve encore derrière les barreaux à l'heure de sa naissance.

Vers 1915, Libertad participe à des fêtes locales et des spectacles de bienfaisance en faveur de prisonniers politiques au sein du groupe "Los Libres" auquel adhère son remuant papa. Faisant déjà preuve de remarquables qualités artistiques, elle remporte un prix dans une épreuve de déguisements et décroche une médaille d'or au concours pour enfants de l'Eden Park. Après avoir achevé ses études primaires au collège Juana Blanco de Rosario, elle bifurque définitivement vers une carrière artistique professionnelle (1923), se produisant dans la revue «Madre Tierra» avant d'entamer une première tournée lyrique dans son pays natal.

En 1926, installée à Buenos Aires, elle est prise sous l'aile de l'impresario Pascual Carcavallo, par ailleurs propriétaire du Teatro El Nacional de la grande ville. Cette année-là, elle fait la plus grande erreur de sa vie en épousant Emilio Romero, souffleur de théâtre de son état, qui deviendra le père de leur unique descendance, la petite Mirtha (1928). Rapidement désagrégé, le couple se disputera la naissance de l'enfant de manière sordide, affrontement qui plongera la mère dans de profondes crises de dépression dont le point d'orgue se nouera d'une tentavive de suicide (1935). Le divorce n'étant alors pas autorisé en Argentine, Libertad ne recouvrera sa liberté qu'au décès de son vilain mari (1945).

Entre temps, la chanteuse aura enregistré son premier album de tangos, «Chilenito», fait ses début à l'écran dans un film muet (!), «Adiós Argentina» (1930), été élue "Reine du tango" après avoir chanté "Volver" en compagnie, entre autres, de Carlos Gardel (1931) et effectué une tournée paraguayenne, prolongée dans diverses provinces argentines (1932), qui contribuera au développement de sa notoriété.

En 1933, prise sous contrat par la compagnie Argentine Sono Filme, elle figure naturellement en tête du premier film sonore du cinéma argentin, «¡Tango!». Élue "Miss Radio" à la suite d'un vote organisé par la revue "Sintonia" (1934), elle enchaîne alors les films dans lesquels sa voix de soprano légér fait merveille et enchante toute l'Amérique latine : «El alma del bandoneon» (1935), «Ayúdame a vivir» (1936), «Besos brujos», «La ley que olvidaron» (1937), «Madreselva» (1938), «Puerta cerrada» (1939), «Caminito de la gloria» (1939), «La casa del recuerdo» (1940), «Cita en la frontera» (1940), «Yo conocí a esa mujer» (1941), «Una vez en la vida» (1942), «En el viejo Buenos Aires» (1942), «Eclipse de sol» (1943), «El fin de la noche» (1943),… Provocante ou malheureuse, indigne ou abandonnée, elle ne rejette pas les personnages négatifs tout en exigeant d'eux un minimum de respectabilité.

En 1945, l'actrice partage l'affiche de «La cabalgata del circo» avec Eva Duarte, alors maîtresse du colonel Juan Domingo Perón qu'elle épousera quelques mois avant qu'il ne devienne président de la république tandis qu'elle-même entrera dans l'histoire et la légende sous le prénom d'Evita. De tempérament opposé, les deux actrices ne s'entendent pas sur le plateau. L'année suivante, remariée avec le pianiste et compositeur Alfredo Malerba, qui organisera tous ses spectacles pendant une trentaine d'années, Libertad s'exile au Mexique où ses prestations sont énormément appréciées. Certains diront que Madame Première aurait placé sa rivale sur une liste noire, d'autres prétendront que ce choix relève d'un pragmatisme lié à l'état du cinéma national argentin alors en décrépitude. La vérité, comme toujours, doit se situer entre les deux extrèmes…

Toujours est-il que l'essentiel de la carrière cinématographique de Libertad Lamarque se déroulera dès lors au royaume des sombreros, débutant de manière somptueuse par le rôle d'une femme de caractère dans le «Gran casino» de Luis Buñuel (1946). Pour le reste, l'actrice placera sa dépendance sous l'autorité d'une poignée de réalisateurs mexicains dans des productions qui ne dépasseront que rarement les côtes de l'Amérique du Sud, si ce n'est pour agrémenter les mornes dimanches des populations latines vivant sous la bannière de l'Oncle Sam : Alfredo Crevenna («Otra primavera» en 1950, «La mujer sin lágrimas» en 1951, «Si volverias a mi» en 1954,…), Miguel Zacarías («La marquesa del barrio» en 1951, «La loca» en 1952, «Escuela de música» en 1955,…), Tito Davison («Nunca es tarde para amar» en 1953, «La mujer que no tuvo infancia» en 1957, «Amor en la sombra» en 1960,…), Julián Soler («La mujer X» en 1955, «Mis padres se divorcian» en 1959, «Hoy e soñado con dios» en 1972,…), etc. Il faut bien en convenir, pour peu que l'on dispose de quelques rudiments de la langue de Cervantès, tout est dit dans les titres. Il en est de même avec la co-production hispano-mexicaine «Mon ami Josélito» qui en fait la protectrice du jeune rossignol de l'écran ibérique.

Pour autant, la chanteuse lyrique n'est pas sacrifiée. De son récital au Carnegie Hall de New York (1947) jusqu'à sa pretation dans la comédie musicale "Hello Dolly" au Teatro Nacional de Buenos Aires (1967), Libertad Lamarque donnera de la voix. Prix Konex de Platine de la meilleure chanteuse de tangos en 1986, Libertad Lamarque nous livre ses mémoires en 1986 dan sun ouvrage sobrement intitulée «Mis memorias». Après le décès de son époux (1994), elle partage les dernières années de son existence entre Miami (Floride) où elle possède une propriété et Buenos Aires où vivent ses cinq petits-enfants et ses dix arrières petits-enfants.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1933
¡TANGO!, de Luis Moglia BARTH
 
2
1935
EL ALMA DE BANDONEÓN, de Mario SOFFICI
 
3
1936
AYÚDAME A VIVIR, de José A.FERREYRA [+Co-scénariste]
 
4
1937
BESOS BRUJOS, de José A.FERREYRA
 
5
1938
LA LEY QUE OLVIDARON, de José A.FERREYRA
 
6
1938
MADRESELVA, de Luis César AMADORI
 
7
1939
PUERTA CERRADA, de Luis SASLAVSKY, John ALTON
 
8
1939
CAMINITO DE GLORIA, de Luis César AMADORI
 
9
1940
LA CASA DEL RECUERDO, de Luis SASLAVSKY
 
10
1940
CITA EN LA FRONTERA, de Mario SOFFICI
 
11
1941
YO CONOCÍ A ESA MUJER, de Carlos F.BORCOSQUE
 
12
1942
UNA VEZ EN LA VIDA, de Carlos F.BORCOSQUE
 
13
1942
EN EL VIEJO BUENOS AIRES, d'Antonio MOMPLET
 
14
1943
ECLIPSE DE SOL, de Luis SASLAVSKY
 
15
1943
EL FIN DE LA NOCHE, d'Alberto de ZAVALÍA
 
16
1945
LA CABALGATA DEL CIRCO, de Mario SOFFICI, Eduardo BONEO
 
17
1946
GRAN CASINO
18
1946
ROMANCE MUSICAL, d'Ernesto ARANCIBIA
 
19
1947
SOLEDAD, de Miguel ZACARÍAS
 
20
1950
OTRA PRIMAVERA, d'Alfredo B.CREVENNA
 
21
1951
LA MARQUESA DEL BARRIO, de Miguel ZACARÍAS
 
22
1951
LA MUJER SIN LÁGRIMAS, d'Alfredo B.CREVENNA
 
23
1952
LA LOCA, de Miguel ZACARÍAS
 
24
1952
ROSTROS OLVIDADOS, de Julio BRACHO
 
25
1953
ACUÉRDATE DE VIVIR, de Roberto GAVALDÓN
 
26
1953
NUNCA ES TARDE PARA AMAR, de Tito DAVISON
 
27
1953
ANSIETAD, de Miguel ZACARÍAS
 
28
1954
SI VOLVIERAS A MI, d'Alfredo B.CREVENNA
 
29
1955
LA MUJER X, de Julián SOLER
 
30
1955
ESCUELA DE MÚSICA, de Miguel ZACARÍAS
 
31
1956
BODAS DE ORO, de Tito DAVISON
 
32
1957
BAMBALINAS, de Tulio DEMICHELI
 
33
1957
LA MUJER QUE NO TUVO INFANCIA, de Tito DAVISON
 
34
1958
MÚSICA DE SIEMPRE, de Tito DAVISON
 
35
1958
SABRÁS QUE TE QUIERO, de Tito DAVISON
 
36
1959
MIS PADRES SE DIVORCIAN, de Julián SOLER
 
37
1960
LA CIGÜEÑA DIJO SÍ, de Rafael BALEDÓN
 
38
1960
CREO EN TI, d'Alfonso CORONA BLAKE
 
39
1960
AMOR EN LA SOMBRA, de Tito DAVISON
 
40
1961
BELLO RECUERDO (Mon ami Josélito)
41
1962
EL PECADO DE UNA MADRE, d'Alfonso CORONA BLAKE
 
42
1962
EL CIELO Y LA TIERRA, d'Alfonso CORONA BLAKE
 
43
1964
CANCIÓN DEL ALMA, de Tito DAVISON
 
44
1965
CANTA MI CORAZÓN, d'Emilio GÓMEZ MURIEL
 
45
1967
ARRULO DE DIOS, d'Alfonso CORONA BLAKE
 
46
1970
ROSAS BLANCAS PARA MI HERMANA NEGRA (Des roses blanches pour ma soeur noire), d'Abel SALAZAR
 
47
1972
LA SONRISA DE MAMÁ, d'Enrique CARRERAS
 
48
1972
HOY HE SOÑADO CON DIOS, de Julián SOLER
 
49
1974
NEGRO ES UN BELLO COLOR, de Julián SOLER
 
Éd. 9.1.3 : 10-12-2017