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Charles WALTERS (1911 / 1982)

Charles Walters

Réalisateur américain, né le 17 novembre 1977, à Pasadena (Californie). Décédé le 13 août 1982, à Malibu (Californie).

Ayant passé sa petite enfance à une vingtaine de kilomètres de Hollywood, le tout jeune Charles Walters aurait fait une apparition, enfant-acteur, dans un film d'Alfred E. Green, «Pied Paper Malone» (1924), une information qu'il nous reste encore à confirmer. Plus sûrement, c'est lors de son passage à la University of South California que le jeune homme, tirant profit de ses talents pour la danse et l'art dramatique, décida de mettre rapidement un frein à ses études pour se tourner vers un avenir plus enchanteur. Danseur professionnel dans la troupe itinérante de Fanchon et Marco Wolff, il se produit à Broadway dans une série de revues musicale comme «Musical Parade» (1935), «Transatlantic Rhythm» (1936), «Between the Devil» (1937), «I Married an angel» (1938), «Du Barry Was a Lady» (1939, avec Betty Grable),…

Au tourant des années quarante, invité à diriger un show universitaire, il se fait remarquer au point qu'on lui confie la chorégraphie du spectacle de Cole Porter, «Let's Face It !», animé par Danny Kaye et Eve Arden.

En 1942, il est pris sous contrat comme chorégraphe par la Metro-Goldwyn-Mayer, compagnie à laquelle il restera attaché pendant 22 années. Ainsi, il mettra au point les danses d'une bonne douzaine de comédies musicale de la firme au lion, parmi lesquelles «La Du Barry était une dame» de Norman Taurog (1943) avec Lucille Ball et Gene Kelly, «Le chant du Missouri» de Vincente Minnelli (1944) avec Judy Garland ou encore «La princesse et le groom» de Richard Thorpe (1945) avec Hedy Lamarr, Robert Walker et June Allyson. De temps à autre, il dépasse le cadre de ses attributions pour assurer la direction technique de quelques scènes, comme le numéro «Brazilian Boogie» du film de Roy Del Ruth, «Broadway Rhythm» (1944).

En 1945, directeur de la chorégraphie sur deux sketches des «Ziegfeld Follies» – «A Sweep State Ticket» de Vincente Minnelli et «A Great Lady Has an Interview» de Roy Del Ruth –, il connaît la déception de voir sa première réalisation, le numéro «A Pied Pier» avec Fred Astaire, retirée du montage final.

En 1947, il dirige enfin son premier long métrage, «Good News», un remake du titre éponyme de 1930 tiré d'une revue donnée à Broadway en 1927 et que d'aucuns considèrent aujourd'hui comme l'un de ses meilleurs films. Sa deuxième réalisation est un véritable chef-d'oeuvre, «Parade du Printemps», avec Judy Garland et Fred Astaire, un catalogue de charme et de couleurs, annonciateur des meilleures comédies musicales de Stanley Donen et Gene Kelly. Ce dernier, pressenti pour le rôle, s'étant brisé la cheville avant le début du tournage, on fit appel à Astaire, qui avait pourtant décidé, deux années auparavant, de mettre un terme à sa carrière cinématographique. La collaboration des deux artistes se poursuivra sur «Entrons dans la danse» en compagnie d'un couple de danseurs habitué aux scènes de Broadway.

«La jolie fermière» (1950) réunit Judy Garland et Gene Kelly dans des séquences magiques où la paysannerie fricote avec le monde artistique pour ne plus former qu'un seul corps de métier. Si «Three Guys Named Mike» (1951) ne nous gratifie d'aucune acrobatie chorégraphique, cette comédie n'en recèle pas moins de bonnes séquences humoristiques dans lesquelles Jane Wyman elle-même ne parvient pas à nous faire pleurer ! «Carnaval au Texas» (1951), «Traversons la manche» et «Désir d'amour» (1953) nous plongent dans des eaux où ne pouvait s'ébattre que l'ancienne championne de natation Esther Williams, cette sirène d'Hollywood naguère privée de Jeux Olympiques prometteurs, annulés après la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1952, «La belle de New York» replace dans les bras de Fred Astaire l'une de ses plus talentueuses partenaires-danseuses en la personne de la jolie Vera-Ellen qui parvient à nous faire pardonner l'écart de Ginger Rogers. Si «La madone gitane» (1953), sous les traits de Joan Crawford, anime depuis des années les meilleurs cabaret de Broadway, c'est en compagnie de la jolie Française Leslie Caron que notre homme achèvera le premier cycle de ses réalisations, celui des comédies musicales, souvent produites par Arthur Freed et Roger Eden, dont le technicolor claque encore dans nos mémoires d'enfants attardés : «Lili» en 1953, jolie paysanne qui débarque dans une Marseille aux antipodes de celle de Pagnol, et «La pantoufle de verre» (1954), dont la féérie sortie du conte de Perrault n'est que prétexte à de superbes numéros parfois plus proches de l'univers de Lewis Carroll.

Pour autant, Charles Walters ne délaissera pas la comédie, genre qu'il honorera jusqu'à sa retraite. Sans y briller d'une même lueur, il nous gratifiera de quelques bons moments : «Le tendre piège» nous fait apprécier la fraîcheur juvénile d'une Debbie Reynolds prometteuse, tandis que «Ne mangez pas les marguerites» (1960) et «La plus belle fille du monde» nous emporte au rythme endiablé qui fait le quotidien de l'éxubérante Doris Day. Mais c'est surtout «Haute société» (1956), remake de «Indiscrétions» de George Cukor (1940) et dans lequel Grace Kelly succède à Katharine Hepburn, qui nous entraîne dans un monde de futilités bourgeoises qui, même s'il n'est pas le nôtre, nous repose de nos bas soucis prolétariens. Enfin, avec «Rien ne sert de courir» (1966), Charles Walters, aux commandes de son dernier travail de cinéma, fait une infidélité de dernière heure à la Metro en dirigeant Cary Grant pour le compte de la Columbia Pictures. Seule la télévision lui confiera dès lors les clefs de quelques unes de ses productions, notamment pour deux épisodes de la série télévisée «Here's Lucy» (1971) joyeusement emmenés par Lucile Ball.

En 1936, Charles Walters fit la connaissance de l'agent-acteur John Darrow qui deviendra son ami et demeurera son compagnon jusqu'à la disparition de celui-ci (1980), deux ans avant que lui-même ne soit appelé au tribunal des derniers regrets.

Christian Grenier

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Filmographie complète

Réalisations
LgAnTitre  
11947GOOD NEWS (Vive l'amour!)
21948EASTER PARADE (Parade du printemps)
31949THE BARKLEYS OF BROADWAY (Entrons dans la danse)
41950SUMMER STOCK (La jolie fermière)
51951TEXAS CARNIVAL (Carnaval au Texas)
61951THREE GUYS NAMED MIKE (Vénus en uniforme)
71952THE BELLE OF NEW YORK (La belle de New York)
81953LILI [+Danseur]
91953DANGEROUS WHEN WET (Traversons la Manche) [Chorégraphie]
101953TORCH SONG (La madone gitane) [+Chorégraphe,danseur]
111953EASY TO LOVE (Désir d'amour)
121954THE GLASS SLIPPER (La pantoufle de verre)
131955THE TENDER TRAP (Le tendre piège)
141956HIGH SOCIETY (La haute société) [+Chorégraphie]
151957DON'T GO NEAR THE WATER (Prenez garde à la flotte)
161959ASK ANY GIRL (Une fille très avertie)
171960PLEASE DON'T EAT THE DAISIES (Ne mangez pas les marguerites)
181961TWO LOVES (Anna et les Maoris)
191962BILLY ROSE's JUMBO (La plus belle fille du monde)
201964THE UNSINKABLE MOLLY BROWN (La reine du Colorado)
211966WALK, DON'T RUN (Rien ne sert de courir)
Chorégraphies (liste incomplète):
LgAnTitre  
221943DU BARRY WAS A LADY (La Du Barry était une dame)
231943BEST FOOT FORWARD
241943GIRL CRAZY [+Danseur]
251944BROADWAY RHYTHM
261944MEET THE PEOPLE
271944MEET ME IN ST. LOUIS (Le chant du Missouri)
281945ZIEGFELD FOLLIES [Deux numéros]
Éd.8.1.3 : 1-1-2018