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Riccardo GARRONE (1926 / 2016)

Riccardo Garrone

Acteur italien, né le 1er novembre 1926, à Rome (Lazio, Italie). Décédé le 14 mars 2016, à Milan (Italie).

Fils de Renato Garrone, officier de marine, et d'Assunta, tenancière d'une boutique de mode, Ricardo Garrone passa son enfance en compagnie de son frère cadet (1927), le futur réalisateur Sergio Garrone.

Attiré par la scène, le jeune homme intègre l'Académie d'art dramatique de Silvio D'Amico dès 1949, faisant la même année des débuts très anonymes à l'écran dans un film de Mario Mattoli, «Adamo ed Eva». En 1950, il rejoint brièvement la troupe de Vittorio Gassman et Diana Torrieri, au sein de laquelle il a tout de même le temps de participer à la présentation de «Six personnages en quête d'auteur» de Pirandello jusqu'en Argentine (Buenos Aires, août 1951). Il rejoint ensuite Rina Morelli et Paolo Stoppa avec lesquels il interprète, sous la direction de Luchino Visconti, quelques oeuvres majeures du répertoire classique transalpin («Mort d'un commis-voyageur» de Pirandello et «La locandiera» de Goldoni, 1956).

Entre temps, il aura passé «Deux nuits avec Cléopatre» en 1953, croisé «La belle romaine» en 1954,… et participé, certes dans un petit rôle, au sixième long métrage de Federico Fellini, «Il bidone» (1955). Cette année là, le très estimable Pietro Germi le distribue dans «Il ferroviere» (1955) où son personnage au tempérament ironique et moqueur commence à se dessiner.

Très actif dans les années cinquante, il campe un automobiliste en butte aux excès de zèle d'Aldo Fabrizi dans «Guardia, guardia scelta, brigadiere e maresciallo» (1956), joue les obstétriciens galéjeurs aux dépens de Mastroianni dans «Le moment le plus beau» (1957), sert Mario Monicelli qui en fait le rejeton de Vittorio De Sica dans «Pères et fils» (1956) puis Mauro Bolognini dans la peinture d'une bande de jeunes copains «Beaux mais pauvres» (1957) dont il ne fait plus partie. À ces maîtres illustres, ajoutons Dino Risi qui l'accoutre d'une blanche soutane et l'affuble d'une rousse pilosité pour remettre le gondolier Alberto Sordi dans le droit canal («Venezia, la luna e tu», 1958).

Tout se passe bien pour lui, qui remporte même «La cento chilometri» (1959), une course épique menée à un rythme fou et propice à ces excès coutumiers dont nos voisins italiens sont coutumiers. Il tourne pourtant mal au point de se frotter à l'inénarrable Vittorio Gassman, un pigeon à peine sorti de prison qui tente de monter un «Hold-up à la milanaise» (1959). Et puisque Fellini n'a pas la mémoire courte, celui-ci le rappelle pour participer à quelques unes de ces soirées privées où les riches noctambules de la «Dolce vita» romaine viennent partager leur ennui de quarantenaires blasés (1960). Que demander de plus ?

Pourtant, ce point d'orgue devait amorcer une chute incompéhrensible qui fit que notre homme traversa les deux décennies suivantes pratiquement oublié par ceux qui allaient faire les grandes heures de la comédie italienne. Perdu dans des péplums de second ordre («Salammbô» et «Saffo, Venere de Lesbos» en 1960, «Ponce Pilate» en 1961, des westerns à la sauce spaghetti indigeste quand le cuisinier n'a rien d'un lion («Deguejo» en 1965, «Bang Bang Kid» en 1967, «Alleluia défie l'Ouest» en 1972,…), quelques aventures à main armée ou à coeur ouvert («Arriva Dorelik» en 1967, «Un dollaro per sette vigliachi» en 1968), on ne lui saura gré, parmi une bonne centaine de titres, que d'avoir emboîté le pas de «La fille à la valise» (1961), entretenu les conversations du café du commerce habilement tenu par Ettore Scola en 1964 («Parlons femmes») ou trompé son épouse au milieu d'une triplette de «Complexés» (1965) plus célèbres que lui.

Parce qu'il avait sans doute le sens de la famille, il participa à trois reprises aux réalisations de son frère cadet, mais ni les westerns-spaghetti «Se vuoi vivire…spara!» (1968) et «Una lunga file di croci» (1969), ni l'aventure chipryote «Ici Londres, la colombe ne doit pas voler» (1969) ne purent franchir les hauteurs des montagnes alpines pour venir se poser jusque chez nous (forcément… sans voler !). Et lorsqu'il pris lui-même ses affaires en main, il ne nous gratifia que d'une polissonnerie («La commessa», 1975) et d'une “poliçonnerie” («La mafia mi fa un bafo», 1975) aux qualités techniques loin d'être irréprochables.

Les années 80 étant plus difficiles et la pellicule plus rare, Riccardo Garrone se tourna vers le petit écran (les séries télévisées «Disperatamente Giulia» en 1989, "Amico mia» de 1993 à 1998, «Un medico in famiglia» en 1998 et 2004, «Anna e i cinque» en 2008,…), la post-synchronisation (films, animations, productions télévisées) où sa voix grave fit merveille et – sans le dire à sa mère qui le croyait pianiste dans la même maison que Jacques Séguéla – la publicité (dentiers, dentifrices, café Lavazza et autres nécessités de la vie courante…).

Passionné de modélisme, il montrait dans cette activité chronophage qui l'occupa au temps de ses heures maigres une nette préférence pour la confection de voiliers historiques. Grâce à cela, il sut conserver son union avec Maria Grazia Vérità (1956) à l'abri des tempêtes, pour le plus grand équilibre de leur unique fille. Stakhanoviste du spectacle, Riccardo Garrone tira sa révérence peu après avoir mis un terme à une carrière longue d'une bonne soixantaine d'années (1959/2014) à l'hôpital Niguarda de Milan où il venait d'être admis pour une fatigue bien compréhensible.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11955IL FERROVIERE (Le disque rouge)
21956GUARDIA, GUARDIA SCELTA, BRIGADIERE E MARESCIALLO
31957IL MOMENTO PIÙ BELLO (Le moment le plus beau)
41958VENEZIA, LA LUNA E TU / I DUE GONDOLIERE (Venise, la Lune et toi)
51959LA CENTO CHILOMETRI
61959AUDACE COLPO DEI SOLITI IGNOTI (Hold-up à la milanaise)
71960LA DOLCE VITA (La douceur de vivre)
81960SALAMBÒ (Salammbô)
91960SAFFO, VENERE DI LESBO (Saffo, Vénus de Lesbos)
101960IL VIGILE
111960MADRI PERICOLOSE
121961LA RAGAZZA CON LA VALIGIA (La fille à la valise)
131961LE CAPITAINE FRACASSE
141961CACCIATORI DI DOTE
151961PONZIO PILATO (Ponce Pilate)
161963LA RIMPATRIATA
171964THE YELLOW ROLLS-ROYCE (La Rolls-Royce jaune) [Ép."Gênes et l'Italie"]
1819642 MATTACCHIONI AL MOULIN ROUGE de Carlo INFASCELLI 
1919655 TOMBE PER UN MEDIUM (Cinq tombes pour un médium)
201967ARRRIVA DORELLIK
211967BANG BANG KID de Luciano SACRIPANTI, Giorgio GENTILI 
221968UN DOLLARO PER 7 VIGLIACCHI / EL MILION DE MADIGAN
231969IL RAGAZZO CHE SORRIDE
241969TOH, È MORTA LA NONNA!
251969LA MORTE BUSSA DUE VOLTE / BLONDE KÖDER FÜR DEN MÖRDER (La mort sonne toujours deux fois)
261969PENSANDO A TE
271969LA COLOMBA NON DEVE VOLARE (Ici Londres, la colombe ne doit pas voler)
281971BELLO, ONESTO, EMIGRATO AUSTRALIA SPOSEREBBE COMPAESANA ILLIBATA
291974LA MAFIA MI FA UN BAFFO de Riccardo GARRONE 
301984AMARSI UN PO'…
312010LA CITTÀ INVISIBILE de Giuseppe TANDOI 
Éd.8.1.3 : 22-1-2018

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