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Zsa Zsa GABOR (1917 / 2016)

Zsa Zsa Gabor

Actrice américaine d'origine hongroise, née Sári Gabor, le 6 février 1917, à Lieu (Hongrie). Décédée le 18 décembre 2016, à Los Angeles (Californie).

Après des études en Suisse, Zsa Zsa Gabor participe en janvier 1933 (et non en 1936, comme le mentionnent erronément de nombreuses sources) au concours de Miss Hongrie et termine à la deuxième place. Plus tard, elle prétendra que le jury lui avait accordé la victoire, avant de la rétrograder en apprenant qu'elle n'avait pas atteint l'âge minimum de seize ans, requis pour participer à la compétition. Il est permis de rester perplexe devant cette affirmation. En effet, généralement, dans ce type de concours, les candidates contrevenant au règlement sont simplement disqualifiées et ne peuvent pas figurer au palmarès. Se pourrait-il que les jurés aient tout bonnement préféré les charmes plus discrets de la gagnante, Julia Gal, à ceux de Zsa Zsa et que celle-ci, vexée, ait un peu transformé la réalité ? Tout est possible avec un personnage aussi fantasque et nous vous laisserons juge…

Sous son véritable nom, la jeune fille se retrouve sur scène à Vienne, dès le 31 août 1934, parmi les protagonistes de l'opérette «Der Singende Traum», dont les stars sont Richard Tauber et Mary Losseff et qui sera jouée une centaine de fois. Mais une carrière d'actrice n'est pas encore à l'ordre du jour pour Zsa Zsa, qui épouse bientôt un diplomate turc et part s'installer dans le pays d'origine de ce premier mari. Selon ses dires, elle y aurait eu une aventure avec Mustafa Kemal Atatürk.

Quoi qu'il en soit, elle émigre en 1941 aux États-Unis, où se trouve déjà sa sœur, Eva Gabor, et où elle demande le divorce.

L'année suivante, elle devient l'épouse de Conrad Hilton, fondateur de la chaîne d'hôtels du même nom. Cette union, concrétisée par la naissance de Francesca, durera jusqu'en 1947, deux ans avant qu'elle ne repasse devant monsieur le Maire en choisissant cette fois l'acteur George Sanders.

En 1951, elle participe, resplendissante dans une robe de Balenciaga et ruisselante de diamants, à l'émission télévisée «Bachelor's Haven», dans laquelle on lui demande de commenter le courrier du coeur. Le public est alors aussi bien conquis par son physique que par ses réparties pleines d'esprit. Elle se retrouve dès lors parmi les invitées régulières du programme et devient célèbre, à tel point que le magazine "Life" lui consacre sa couverture en octobre de la même année.

C'est Mervyn Le Roy qui la fait débuter au Septième Art dans «Les rois de la couture» (1952). La voilà désormais star de cinéma, utilisée principalement pour ses qualités décoratives. Même si elle ne fait pas vraiment parler d'elle par ses talents de comédienne, elle a malgré tout l'occasion de figurer dans deux classiques, «Moulin Rouge» de John Huston (1952) et «La soif du mal» d'Orson Welles (1958), dans lequel elle ne fait qu'une très courte apparition.

Néanmoins, pour les amateurs de séries B de science-fiction, elle reste avant tout l'héroïne de «Queen of Outer Space» (1958), une production dans laquelle elle incarne une scientifique vénusienne et non, comme on pourrait le penser, la reine du titre. Dans ce sommet du kitsch, Il n'est évidemment pas question pour Zsa Zsa d'être une savante en blouse blanche informe mais bien, faisant fi de toute crédibilité, de traverser le film vêtue de robes plus glamour les unes que les autres et juchée sur des hauts talons.

Elle est à l'apogée de sa carrière cinématographique dans les années 50 et est encore l'interprète de «Cinq mariages à l'essai» (1952)) au titre français largement prémonitoire, «Lili» (1953), «3 Ring Circus» (1954), «La mort d'une canaille» (1956) qui n'est autre que son époux du moment, «The Girl in the Kremlin» (1957) et «Country Music Holiday» (1958) où elle s'auto-parodie. Sa personnalité flamboyante s'exporte sans problème et elle est ainsi Lola la Blonde aux côtés de Fernandel dans «L'ennemi public N°1» (1953) et la cupide et amorale maîtresse de Daniel Gélin dans «Sang et lumières» (1954).

Elle fait aussi un détour par l'Allemagne pour «Ball der Nationen» (1954), par l'Angleterre pour «The Man Who Would't Talk» (1958) et se retrouve avec Mario Lanza dans la co-production italo-germano-américaine «Come prima/Der Sänger von Capri/For the First Time» (1959).

Après avoir été la partenaire d'Amedeo Nazzari et Paolo Stoppa dans le film italien «La contessa azzura» (1960), elle se contente, la plupart du temps, de tenir son propre rôle à l'écran. Mentionnons toutefois quelques exceptions comme le film d'horreur «Picture Mommy Dead» (1966) ou encore la comédie britannique «Up the Front» (1972), qui la transforme en Mata Hari.

À la télévision, on lui offre des personnages taillés sur mesure dans quelques séries, le plus mémorable restant sans doute celui de la malhonnête Minerva dans un épisode de «Batman» en 1968. Elle est aussi ce qu'on appelle une bonne cliente pour bon nombre de talk-shows.

Vu son type de renommée et son talent à mettre en scène sa propre personne, elle est souvent présentée comme le prototype des Paris Hilton ou autres Kim Kardashian, quoique ses “héritières” paraissent bien pâles en comparaison et se révèlent nettement moins spirituelles.

Si elle reste si longtemps une figure incontournable de la culture populaire américaine, elle le doit aussi en partie à son parcours sentimental mouvementé, avec plusieurs amants célèbres, comme les play-boys Porfirio Rubirosa ou Rafael Trujillo Jr, et un palmarès de neuf mariages, les sept premiers s'achevant par des divorces et le pénultième par une annulation. Seul le dernier, avec un soi-disant prince d'origine allemande, ne devant son titre que par une douteuse adoption à l'âge de trente-six ans, résistera à l'épreuve du temps.

Le titre d'un livre qu'elle publie en 1970 résonne comme une profession de foi : «Comment attraper un homme – Comment garder un homme – Comment se débarrasser d'un homme».

L'extravagante Zsa Zsa n'échappe pas à quelques déboires judiciaires, faisant les choux gras de la presse. En 1989, elle gifle un policier pour une affaire de permis de conduire périmé, ce qui lui vaut trois jours de prison et lui permet de sortir un de ses nombreux bons mots : "Au début, j'étais pétrifiée. Les gardiens ont même confisqué mon maquillage".

Dans les années 90, elle et son dernier époux perdent un procès en diffamation leur ayant été intenté par sa consoeur Elke Sommer, choquée d'avoir été décrite comme une “has-been” presque chauve, devant tricoter et vendre des pulls pour survivre.

La fin de vie de Zsa Zsa Gabor est malheureusement marquée par plusieurs sérieux ennuis de santé : un grave accident de voiture en 2002, une attaque cérébrale en 2005, une fracture de la hanche en 2010 et l'amputation d'une jambe en 2011.

Marlène Pilaete

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11952LOVELY TO LOOK AT (Les rois de la couture)
21952WE'RE NOT MARRIED (Cinq mariages à l'essai)
31952MOULIN ROUGE
41953THE STORY OF THREE LOVES (Histoire de trois amours) [Sk."Mademoiselle"]
51953LILI
61953L'ENNEMI PUBLIC NUMERO UN
71953SANG ET LUMIÈRES
819543 RING CIRCUS (Le clown est roi)
91954BALL DER NATIONEN
101956DEATH OF A SCOUNDREL (La mort d'une canaille)
111957THE GIRL IN THE KREMLIN (La fille du Kremlin)
121957THE MAN WHO WOULDN'T TALK de Herbert WILCOX 
131957TOUCH OF EVIL (La soif du mal)
141958COUNTRY MUSIC HOLIDAY d'Alvin GANZER 
151958QUEEN OF OUTER SPACE / QUEEN OF THE UNIVERSE
161959FOR THE FIRST TIME / DER SÄNGER VON CAPRI / SERENADE EINER GROSSEN LIEBE (La fille de Capri)
171960PEPE [Apparition]
181966PICTURE MOMMY DEAD de Bert I.GORDON 
191966DROP DEAD, DARLING / ARRIVEDERCI, BABY! de Ken HUGHES 
201967JACK OF DIAMONDS (Diamant d'as)
211972UP THE FRONT de Bob KELLETT 
221986JOHANN STRAUSS-DER KÖNIG OHNE KRONE (Johann Strauss, le roi sans couronne)
231987NIGHTMARE ON ELM STREET 3: DREAM WARRIORS (Freddy 3, les griffes du cauchemar)
Éd.8.1.3 : 26-1-2018