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Kenneth WILLIAMS (1926 / 1988)

Kenneth Williams

Acteur anglais, né Kenneth Charles Williams, le 22 février 1926, à Londres (Angleterre). Décédé le 15 avril 1988, à Londres (Angleterre).

Fils de Charles Williams et de son épouse, tenanciers d'un salon de coiffure londonien, Kenneth fut élevé en compagnie de sa demi-soeur Patricia, née de l'union précédente de sa mère, Louise Morgan-Williams.

Adolescent, il se découvre goût et talent pour le dessin technique. Il s'inscrit à cet effet à la Lyulph Stanley Central School de Londres. De ce passage, il gardera la pratique de la callygraphie et de la gravure, activités qu'il exercera toute sa vie à ses heures de loisirs. L'extériorisation permanente de ses sentiments et la volubilité dont il fait preuve pousse l'un de ses professeurs à lui conseiller de se tourner vers le monde du spectacle, un embryon de vocation qui se heurte rapidement au refus catégorique des parents. Ce n'est que partie remise….

En 1944, âgé de 18 ans, il est mobilisé comme sapeur dans un régiment de mécaniciens de surveillance, une mission qui le tient à l'écart des champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale. Cantonné à Singapour à l'heure de l'armistice, il parvient à rejoindre le service du spectacle aux armées et fera, à ce titre, ses premières apparitions sur scène. Rendu à la vie civile, le jeune homme se dirige vers l'accomplissement de ses ambitions artistiques et, dès 1948, aborde le théâtre de répertoire. Il lui apparaît rapidement que, s'il ne peut envisager de rivaliser avec Laurence Olivier dans le rôle d'Hamlet, il dispose d'un potentiel comique suffisant pour se faire une place sous les sunlights.

Dès 1951 et pendant quelques années, le cinéma fera appel à lui, mais d'une manière très sporadique. De caractère extraverti, il apparaît déjà dans la peau de personnages décalés, dans le drame («L'affaire Manderson», 1952) comme dans la comédie («Week-end à Paris», 1952), le film musical («L'opéra des gueux», 1953) et les aventures exotiques («Moana, fille des tropiques», 1955), ne le rebutant pas davantage.

En 1958, le producteur Peter Rogers, mari de Betty E.Box et initiateur de la suite «Carry On…» appelée à devenir célèbre outre-Manche, le contacte et lui demande d'intégrer le groupe qu'il est en train de constituer autour de Charles Hawtrey, Kenneth Connor, Hattie Jacques… et que viendront avantageusement compléter sa compatriote Joan Sims et l'acteur néo-zélandais Sidney James. Ainsi donc, dès le 1er opus, «Carry On Sergeant» (1958), et pour 25 numéros (26 en comptant la compilation «That's Carry On!», 1977), Kenneth William jouera les “fofolles” – car son homosexualité, même contenue, n'échappera à personne – en trémoussant régulièrement son appendice nasal pour le plus grand bonheur des spectateurs anglais les moins difficiles. «Carry On…» que l'on peut traduire par l'expression française "En avant !" ou encore "Allez-y !", s'étalera de 1958 à 1992 au travers d'une trentaine de titres parodiques le plus souvent dirigés par Gerald Thomas, à l'humour typiquement britannique, genre Benny Hills avec le côté “sexy” en moins, tout au moins dans la décennie des “sixties”. Pour notre héros du jour, mentionnons ses compositions dans «Carry On Regardless» (1961), «Carry On Cleo» (1964), «Carry On… Follow That Camel» (1967), «Carry on Henry» (le VIIIème du nom, 1971), sans oublier celle dont il se montrera le plus satisfait, «Carry on… Up the Khyber» (1968). Au cours des années 70, pour redonner un peu d'élan, le producteur en pimentera davantage les sujets pour terminer sur un «Carry on Emmannuelle» (1978, remarquez le double "n" pour des questions de droit d'auteur) auquel le fantaisiste tentera vainement d'échapper et qui ne suffira pas à permettre d'envisager une suite… avant 1992, mais sans Kenneth. Si cette série permettra à l'intéressé d'acquérir une notoriété dans le grand espace cinématographique de l'écran britannique, elle ne sera pas sans lui laisser quelques regrets à l'heure de faire les comptes : Kenneth Williams se plaindra de ne pas avoir été payé à la hauteur de son talent, ni même de son travail, récrimination que le producteur voudra bien reconnaître… une fois la source tarie !

Kenneth Williams fut également une grande voix de la radio de Sa Très Gracieuse Majesté, média auquel il sacrifiera dès 1954, se faisant entendre dans le premier volet de la série comique «Hancock's Half Four» qui mettait en vedette le fantaisiste Tony Hancock. De 1968 jusqu'à sa mort, il animera régulièrement le jeu burlesque «Just a Minute», se faisant remarquer par ses déclarations parfois absurde et son bagout intarissable.

Célibataire endurci, l'acteur aura du mal à assumer une homosexualité longtemps refoulée dans une Angleterre où de telles "déviations" pouvaient vous emmener devant les tribunaux. Cette particularité lui coûtera la considération de son géniteur, homophobe ouvertement déclaré, au point que leurs relations furent telles que le fils ne se présenta pas aux funérailles du père (1962). La justice anglaise ira même jusqu'à soupçonner un moment son implication dans cette disparition finalement reconnue accidentelle, Charles ayant bu le contenu d'une bouteille non conforme à son étiquette.

Les «Carry On…» n'allant plus du tout, Kenneth Williams, oublié par le 7ème art, tournera ses mimiques vers le petit écran, non sans quelque rancoeur envers ce monde du cinéma qui ne l'aura pas reconnu à sa juste valeur. Hypocondriaque affiché, il succombera souvent aux conséquences d'une humeur dépressive et souffrira gravement de l'inévitable ulcère qui accompagne cette forme de névrose. C'est d'ailleurs sous l'effet d'analgésiques combiné à la prise de somnifères non compatibles qu'il oubliera de se révéiller, un beau matin de printemps. Les circonstances de cette disparition ne paraîtront pas totalement claires au médecin légiste qui déclarera "… possible" la mort accidentelle, sans exclure d'autres éventualités.

En 1993, la publication partielle des ses journaux intimes, tenus entre 1942 et 1988, révèleront un personnage misanthrope, suicidaire, refoulé et aigri derrière une exhubérance pourtant affichée de bon aloi.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1952
TRENT's LAST CASE (L'affaire Manderson)
2
1952
INNOCENTS IN PARIS (Week-end à Paris)
3
1953
THE BEGGAR'S OPERA (L'opéra des gueux)
4
1955
THE SEEKERS (Moana, fille des tropiques)
5
1958
CARRY ON SERGEANT (Allez-y sergent!)
6
1959
CARRY ON NURSE (Un thermomètre pour le colonel)
7
1959
CARRY ON TEACHER
8
1960
CARRY ON CONSTABLE
9
1960
MAKE MINE MINK (Un vison pour mademoiselle)
10
1961
CARRY ON REGARDLESS
11
1961
RAISING THE WIND, de Gerald THOMAS
 
12
1962
TWICE ROUND THE DAFFODILS, de Gerald THOMAS
 
13
1962
CARRY ON CRUISING
14
1963
CARRY ON JACK
15
1964
CARRY ON SPYING
16
1964
CARRY ON CLEO (Arrête ton char Cléo)
17
1965
CARRY ON COWBOY
18
1966
CARRY ON SCREAMING
19
1966
DON'T LOSE YOUR HEAD
20
1967
FOLLOW THAT CAMEL
21
1967
CARRY ON DOCTOR
22
1968
CARRY ON… UP THE KHYBER
23
1969
CARRY ON CAMPING (Les cinglés du camping)
24
1969
CARRY ON AGAIN DOCTOR
25
1970
CARRY ON LOVING
26
1971
CARRY ON HENRY
27
1971
CARRY ON AT YOUR CONVENIENCE
28
1972
CARRY ON MATRON
29
1972
CARRY ON ABROAD
30
1974
CARRY ON DICK
31
1975
CARRY ON BEHIND
32
1978
THE HOUND OF THE BASKERVILLES, de Paul MORRISSEY
 
33
1978
CARRY ON EMMANNUELLE, de Gerald THOMAS
 
Éd. 9.1.4 : 1-3-2020