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Giani ESPOSITO (1930 / 1974)

Giani Esposito

Acteur franco-italien, né Giani Sandro Esposito, le 23 août 1930, à Etterbeek (Belgique). Décédé le 1er janvier 1974, à Neuilly (France).

Le père de Giani Esposito est d'origine napolitaine et sa mère française, issue d'une famille alsacienne. La famille demeure à Paris. Giani aurait donc du naître français, mais sa mère voulait choisir la nationalité de son enfant et, comme c'était impossible en France, elle choisit d'accoucher en Belgique. C'est ainsi que le petit Giani Sandro Esposito voit le jour à Etterbeek, ville qui jouxte Bruxelles. Ce subterfuge permettra plus tard au jeune homme qu'il deviendrad'obtenir une double nationalité (franco-italienne) et d'éviter un service militaire trop en contradiction avec un pacifisme ouvertement déclaré.

À 9 ans, il part en Italie où s'installe ses parents. Il y restera jusqu'à l'âge de 19 ans. C'est probablement une période importante dans son évolution littéraire puisqu'il commence déjà à écrire. À 11 ans, lorsqu'on éteint les lumières de sa chambre, il griffonne sur les murs. À 15 ans, alors qu'il séjourne en Calabre, il compose déjà des poèmes. Il suit des études classiques jusqu'au baccalauréat tout en travaillant auprès de sculpteurs pofessionnels, car il se sent une vocation pour cet art dont il veut faire son métier.

En 1949, il revient à Paris. À défaut de sculpter, il travaille avec des staffeurs et exerce plusieurs petits boulots : emballeur de magnétophones, fabriquant d'abat-jour,…. Bifurquant vers l'art dramatique, il suit les cours de comédie de Tania Balachova et de Michel Vitold, fait ses premiers essais de comédien dans «L'obstacle» d'Alphonse Daudet et dans «Doña Rosita la célibataire» de Federico García Lorca. Mais sa véritable carrière de comédien commence au Festival d'Arras (1950?) où il est à la fois acteur et compositeur de la musique de scène.

En 1951, Giani Esposito fait sa première apparition au cinéma, passager juif d'un cargo chargé d'émigrés dans «Maître après Dieu» de Louis Daquin. Artiste polymorphe, il commence à étudier le solfège et le piano (1953) et décroche un contrat de quatre mois au cabaret "La rose rouge", suivi d'un autre de même durée à "L'Écluse". Mais on peut dire que ses années cinquante furent celles de la toile blanche : «Mon mari est merveilleux» d'André Hunebelle et «La môme vert-de-gris» de Bernard Borderie (1953), «Huis clos» de Jacqueline Audry, «Les femmes s'en balancent» de Bernard Borderie et «Cadet Rousselle» d'André Hunebelle (1954) lui assurent un nom dans l'univers du septième art. «French Cancan» (1954) de Jean Renoir, pour lequel il avait une immense admiration, lui offre un véritable grand-rôle avec lequel son image d'amoureux romantique prend toute sa dimension.

Quelques maîtres de l'écran surent bien le comprendre et Luis Buñuel («Cela s'appelle l'aurore», 1955), André Cayatte («Le dossier noir»,1955), Alex Joffé («Les hussards» en 1955) et Alexandre Astruc («Les mauvaises rencontres») surent utiliser le côté tragique de leur interprète : Giani n'a rien du héros bondissant et son regard, triste et sombre, retient mal cette douleur immense qui semble l'habiter en permanence. Le Marius des «Misérables» (Jean-Paul Le Chanois, 1957) n'a pas la vigueur du Jean Valjean qui va lui sauver la vie, mais on lui devine un coeur "gros comme ça". Entre-temps, Giani est apparu pour la première fois au petit écran dans un téléfilm de Claude Loursais «Sainte Jeanne» (1956).

1958 est l'année de ses premiers enregistrements discographiques. Encore plus marquante, la suivante est celle de sa rencontre de Pascale Petit au festival de Moscou alors qu'il tourne «Normandie Niemen». Ils éprouvent tous les deux un grand intérêt pour le mystère et l'occultisme, un point commun qui ne tarde pas à les rapprocher. Partenaires dans «Vers l'extase» (René Wheller, 1960) et «La croix des vivants» (Yvan Govar, 1960), les deux amoureux passeront devant monsieur le maire en 1963 et leur union donnera vie à deux charmantes fillettes, Bojidarka (qui signifie "don de dieu" et qui fera carrière plus tard sous le nom de Douchka) et Mickaëla (dont le véritable nom est Crassimira qui signifie "Beauté rayonnante dans le monde"). Parallèlement, sa chanson «Le clown» est sur toutes les lèvres, lui apportant une notoriété nouvelle dans le domaine des variétés.

Membre de l'Église Joannite (ou Église Templière), Giani Esposito découvre dans cet environnement mystique de nouveaux horizons de pensée qui alimenteront sa veine créatrice (album «Diction de l'évangile de la passion» en 1964,…). En 1963, il entre dans «La vie conjugale» de Marie-José Nat et Jacques Charrier, le couple peint par André Cayatte en deux volets au travers des regards de chacun des protagonises, aventure unique dans l'histoire du cinéma. Plongé dans ce quotidien, nous sommes toujours dans l'univers des anti-héros qui forgent la marque de fabrique de l'acteur. Et même lorsque celui-ci se montre dans un film d'aventures, «Tonnerre sur l'océan indien» (1966), son Napoléon nous apparaît bien plus humain que ne dut l'être l'original, si l'on en croit le nombre de ses conquêtes meurtrières !

À cette époque, Giani vit dans la vallée de Chevreuse avec sa petite famille. Il est déjà très lié avec la Fraternité Blanche, qui sera classée en 1995 dans la liste des sectes d'un rapport parlementaire français. Mais en 1966, Omraam Mikhaël Aïvanhov, le fondateur, est encore vivant (il mourra en 1986) et les choses étaient peut-être différentes. Il passe ses vacances à Fréjus avec la communauté qui compte à l'époque environ 200 membres. En 1967, sa carrière musicale s'accélère puisqu'il signe un contrat avec Pathé-Marconi pour trois albums et plusieurs “45 tours”. Pour l'O.R.T.F., le voici Cardinal Mazarin dans «Le chevalier tempête» de Yannick Andréi qui inaugure les émissions de la télévision française en couleurs.

En 1969, il tente pour le petit écran et sous la direction de Gérard Herzog, une nouvelle expérience qui le passionne, «Commedia», une émission d'improvisation en direct à trois personnages. Séparé de Pascale Petit, il se tourne à nouveau vers la musique et sort deux “45 tours” avant de mettre la dernière main à un “33 tours”, «Les ombres sont chinoises» (1970). Dans la foulée, après une dernière apparition à l'écran («Le décameron» de Pasolini, 1971), il participe à l'enregistrement de «La mort d'Orion», un opéra composé par Gérard Manset. À quarante ans, infatigable et ne doutant de rien, il décide d'apprendre à jouer de la guitare !

En 1972, il achève enfin une pièce en alexandrins commencée en 1964, «Le bateleur», d'après le personnage éponyme du tarot, qu'il jouera 70 fois au festival d'Avignon en compagnie de sa nouvelle compagne, l'actrice grecque Ersie Pittas, avec laquelle il s'apprête à faire une tournée hollandaise de 30 galas. Mais ce projet ne verra pas le jour. Le 26 décembre 1973, atteint d'une tumeur cérébrale compliquée d'une hépatite virale, il est transféré d'urgence à l'hôpital américain de Neuilly. Il aura juste le temps de commencer la nouvelle année avant de s'éteindre le jour d'un nouvel an qui vieillira sans lui.

"Ouvrez donc les lumières puisque le clown est mort…".

Jean-Philippe Carel, webmaître du site Passage Giani Esposito

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11950MAÎTRE APRÈS DIEU
21953LA MÔME VERT DE GRIS
31954LES FEMMES S'EN BALANCENT
41954CADET ROUSSELLE
51954HUIS CLOS
61954FRENCH CANCAN
71955LE DOSSIER NOIR
81955LES MAUVAISES RENCONTRES
91955LES HUSSARDS
101955CELA S'APPELLE L'AURORE
111956REPRODUCTION INTERDITE / MEURTRE À MONTMARTRE
121957LES MISÉRABLES
131958LE BEL ÂGE
141958PARIS NOUS APPARTIENT
151959NORMANDIE-NIÉMEN
161960VERS L'EXTASE
171960LA CROIX DES VIVANTS
181963LA VIE CONJUGALE
191966IL GRANDE COLPE DI SURCOUF (Tonnerre sur l'océan indien)
Éd.8.1.3 : 15-3-2018