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Warren WILLIAM (1894 / 1948)

Warren William

Acteur américain, né Warren William Krech, le 2 décembre 1894, à Aitkin (Minnesota, U.S.A.). Décédé le 24-9-1948, à Hollywood (Californie, U.S.A.).

Descendant d'une famille germanique installée aux Amériques depuis le milieu du XIXème siècle, Warren est le fils unique d'un journaliste devenu l'éditeur du quotidien local de sa ville natale, "The Aitkin Age", et de son épouse Frances Potter, fille d'un colonel de la Guerre de Sécession.

Tandis que son père envisage pour lui la reprise de ses activité éditoriales, le jeune homme qu'il est devenu trouve davantage de plaisir dans la mise au points d'inventions mineures qui l'incitent à s'orienter vers une carrière d'ingénieur. Pourtant, dès 1903, après l'ouverture dans cette petite cité du Minnesota d'une modeste salle d'opéra, il sent poindre en lui ce qui ressemble fort à un vocation pour le métier de comédien. Mais ce n'est qu'une fois ses études achevées qu'il se présentera au concours d'entrée de l'American Academy of Dramatic Arts (1915). Admis, il suit les cours de cette école alors que l'Europe se déchire en un premier conflit qui deviendra mondial.

En 1917, à l'entrée en guerre des États-Unis, Warren Krech s'applique à vouloir servir le pays d'adoption de sa famille. Rejeté par l'aviation, il est accepté dans l'infanterie. Lors de son affectation à Fort Dix (1918), près de New York, il fait la connaissance d'Helen Barbara Nelson, une jeune veuve de 17 ans plus âgée que lui, dont il fera néanmoins son épouse (1923) et avec laquelle il restera uni jusqu'à sa mort, sans que le couple n'ait d'enfant. Affecté en France pour les dernières semaines de la guerre (1918), Warren s'y attarde après l'Armistice, le temps d'une tournée théâtrale au sein de la troupe des Corey's Singers…

Rentré aux U.S.A., il fait ses débuts à Broadway (New York) dans «I Love You» (1920), entamant ainsi une carrière sur les planches qui se prolongera tout au long de 17 pièces “on”. À cette occasion, il adopte son pseudonyme définitif (1924), abandonnant la partie germanique de son patronyme au profit de son double prénom dans une orthographe non dénuée de “singularité”. Au cinéma, on aura pu le voir à deux reprises à l'époque muette («The Town That Forgot God» en 1922 et le serial «Plunder» avec Pearl White en 1923), activité pour lui secondaire qu'il sacrifie au profit de la scène.

Doté d'une voix profonde, Warren William ne pouvait manquer d'attirer sur lui l'attention des éclaireurs du septième art lorsque le souffle de la voix lui sera donné. C'est alors que notre homme traverse le continent pour rejoindre Hollywood et la Warner Bros., compagnie en pointe dans la maitrise de la technique sonore depuis la production du célèbre «Chanteur de jazz» (1927). Débutant auprès de Bebe Daniels dans «Honor of the Family» (1931), il voit son nom figurer d'emblée sur les hauteurs des génériques. Si les titres n'auront que rarement fait date dans l'histoire du cinéma, il se sera vu néanmoins fréquenter quelques unes des plus belles étoiles brillant au firmament de la firme des Brothers. Distribué comme un substitut de John Barrymore – auquel il ressemble d'ailleurs beaucoup tout en étant plus maîtrisable – , il côtoie ainsi successivement Dolores Costello («Expensive Women», 1931), Loretta Young («Employee's Entrance», 1932), Constance Cummings («The Mind Reader», 1933), Kay Francis («Dr.Monica», 1934), etc.

Partenaire récurrent de Joan Blondell («Une allumette pour trois» en 1932, «Chercheuses d'or de 1933» et «Goodbye Again» en 1933, «Smarty» en 1934 et «En scène» en 1936), il campe souvent, en ce début des années trente où le cinéma d'outre-atlantique pouvait encore se “lâcher”, des personnages de notables corrompus aux relations inter-sexe régulièrement troubles, ce qui lui vaudra le qualificatif de "King of Pre-Code". Heureusement Capra veille, qui saura faire de lui un héros positif dans une de ses rares compositions pour un film de premier plan, «Grande dame d'un jour» (1933).

Membre fondateur et premier trésorier de la Screen Actors Guild fondé en 1933, Warren William voit son étoile pâlir à l'heure du renforcement du Code Hays, soucieux de la moralité publique. Ses costumes de corrompus et de séducteurs rangés au placard d'une saine pensée, l'acteur se résoud à reprendre celui de Philo Vance, jugé trop élimé par William Powell, dans «The Dragon Murder Case» (1934), un tournant dans sa carrière qui le confinera essentiellement dans des bandelettes à caractère policier. La même année, c'est sous le feutre de Perry Mason qu'il résoud «The Case of the Howling Dog» (1934) au profit de la troublante et sulfureuse Mary Astor. Avantageusement distribué dans «Cléopâtre» (1934) et «Images de la vie» (1934), l'acteur n'en poursuit pas moins ses enquêtes («The Case of the Curious Bride» en 1935, «The Case of the Velvet Claws» en 1936,…), détricotant les écheveaux les mieux enchevétrés avec l'habileté d'un véritable Sherlock Holmes.

Après avoir quitté la Warner pour la Metro-Goldwyn-Mayer (1937), c'est pourtant à un célèbre margoulin qu'il aura affaire lors du «Retour d'Arsène Lupin» (1938) affublé des traits d'un Melvyn Douglas dont la distinction naturelle insufflera la crédibilité suffisante à l'incarnation de notre héros national. S'attardant ainsi plus qu'il ne l'aurait fallu dans les séries "B" destinées à faire patienter le public jusqu'à l'entracte commercial, Warren William s'éloigne alors du “grand cinéma” et c'est sous les sunlights de la Columbia qu'il incarnera le héros imaginé par Joseph Vance, Michael Lanyard, alias «The Lone Wolf», dans une série de 9 petits films produits entre 1939 («The Lone Wolf Spy Hunt») et 1943 («Passport to Suez»), qui font encore le ravissement des inconditionnels du genre. Entre deux énigmes rapidement résolues, on aura pu le voir curieusement écumer les grandes plaines de l'ouest dans des westerns à petits budgets sous des Stetson rarement reluisants («Arizona» et «Sur la piste des Vigilants» en 1940, «Wild Bill Hickok Rides» en 1941).

Frappé dès 1944 des premiers symptomes d'une maladie (dite de Kahler) qui l'écartera des studios majeurs, Warren William s'échoue dans les bas-fonds cinématographiques de la "Poverty Row" pour ses deux avant-dernières apparitions à l'écran («Strange Illusion» en 1945 et «Frayeur» en 1946), tout en se produisant à la radio où sa voix, préservée des atteintes du mal, lui permet pendant quelque temps de faire illusion. Mais on ne résiste guère longtemps aux attaques sournoises d'un myélome multiple.

Christian Grenier

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English translation

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Filmographie complète

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1922
THE TOWN THAT FORGOT GOD, de Harry F.MILLARDE [Sous le nom de Warren Krech]
 
2
1923
PLUNDER, de George B.SEITZ (Serial 15 épisodes) [Sous le nom de Warren Krech]
 
3
1931
HONOR OF THE FAMILY, de Lloyd BACON
 
4
1931
EXPENSIVE WOMEN, de Hobart HENLEY
 
5
1931
UNDER EIGHTEEN
6
1931
THE WOMAN FROM MONTE CARLO (La femme de Monte Carlo), de Michael CURTIZ
 
7
1932
BEAUTY AND THE BOSS, de Roy Del RUTH
 
8
1932
THE MOUTHPIECE, de James FLOOD, Elliott NUGENT
 
9
1932
THE DARK HORSE
10
1932
SKYSCRAPER SOULS
11
1932
THREE ON A MATCH (Une allumette pour trois)
12
1932
THE MATCH KING, de Howard BRETHERTON, William KEIGHLEY
 
13
1932
EMPLOYEES' ENTRANCE, de Roy Del RUTH
 
14
1933
THE MIND READER, de Roy Del RUTH
 
15
1933
GOLD DIGGERS OF 1933 (Chercheuses d'or)
16
1933
GOODYE AGAIN, de Michael CURTIZ
 
17
1933
LADY FOR A DAY (Grande dame d'un jour)
18
1933
BEDSIDE
19
1934
UPPER WORLD, de Roy Del RUTH
 
20
1934
SMARTY
21
1934
Dr.MONICA, de William KEIGHLEY
 
22
1934
THE DRAGON MURDER CASE
23
1934
THE CASE OF THE HOWLING DOG
24
1934
CLEOPATRA (Cléopâtre)
25
1934
IMITATION OF LIFE (Images de la vie)
26
1934
THE SECRET BRIDE (Mariage secret)
27
1935
LIVING ON VELVET (Sur le velours), de Frank BORZAGE
 
28
1935
THE CASE OF THE CURIOUS BRIDE
29
1935
DON'T BET ON BLONDES
30
1935
THE CASE OF THE LUCKY LEGS
31
1935
THE WIDOW FROM MONTE CARLO (La veuve de Monte Carlo), d'Arthur Greville COLLINS
 
32
1936
TIMES SQUARE PLAYBOY
33
1936
SATAN MET A LADY
34
1936
THE CASE OF THE VELVET CLAWS, de William CLEMENS
 
35
1936
STAGE STRUCK (En scène), de Busby BERKELEY
 
36
1936
GO WEST, YOUNG MAN
37
1937
OUTCAST
38
1937
MIDNIGHT MADONNA, de James FLOOD
 
39
1937
THE FIREFLY (L'espionne de Castille)
40
1937
MADAME X (La femme X)
41
1938
ARSENE LUPIN RETURNS (Le retour d'Arsène Lupin)
42
1938
THE FIRST HUNDRED YEARS, de Richard THORPE
 
43
1938
WIVES UNDER SUSPICION (Femmes délaissées)
44
1939
THE LONE WOLF SPY HUNT
45
1939
THE GRACIE ALLEN MURDER CASE, d'Alfred E.GREEN
 
46
1939
THE MAN IN THE IRON MASK (L'homme au masque de fer)
47
1939
DAY-TIME WIFE, de Gregory RATOFF
 
48
1939
THE LONE WOLF STRIKES
49
1940
LILLIAN RUSSELL
50
1940
THE LONE WOLF MEETS A LADY, de Sidney SALKOW
 
51
1940
ARIZONA
52
1940
THE LONE WOLF KEEPS A DATE, de Sidney SALKOW
 
53
1940
TRAIL OF THE VIGILANTES (Sur la piste des vigilants)
54
1941
THE LONE WOLF TAKES A CHANCE
55
1941
WILD GEESE CALLING (L'appel du nord)
56
1941
SECRETS OF THE LONE WOLF
57
1941
THE WOLF MAN (Le loup-garou)
58
1941
WILD BILL HICKOK RIDES
59
1942
COUNTER-ESPIONAGE
60
1942
ONE DANGEROUS NIGHT, de Michael GORDON
 
61
1943
PASSPORT TO SUEZ
62
1945
STRANGE ILLUSION
63
1946
FEAR (Frayeur)
64
1947
THE PRIVATE AFFAIRS OF BEL AMI (Bel Ami)
Éd. 9.1.4 : 18-3-2020