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Dolly DAVIS (1896 / 1962)

Dolly Davis

Actrice française, née Julienne Alexandrine David, le 30 octobre 1896, à Paris (Seine, France). Décédée le 3 novembre 1962, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Fille de Julien et Alexandre David, un couple de Parisiens, cette ravissante jeune fille débute dans la vie active comme dactylographe avant de se retrouver dans le cabinet d'un notaire de la capitale. Elle entame bientôt sa vie “d'artiste” en posant pour des peintres sur toiles. Avec son allure de jeune première romanesque, elle est très vite remarquée et commence une carrière cinématographique qui s'avèrera bien fournie, principalement faite de rôles sentimentaux très en vogue durant les années folles années 20.

Engagée par Charles Maudru et Maurice de Marsan, elle débute dans «La bourrasque» (1920), poursuit avec une paire de courts métrages et décroche des petits rôles d'ingénues, comme la jeune fille rieuse dans «L'idée de Françoise» (1922) ou la petite ménagère convoitée par son voisin dans «Par-dessus le mur» (1923). Comme on lui fait remarquer sa ressemblance avec Marion Davies, elle transforme son nom pour se construire le pseudonyme sous lequel elle devait entrer dans l'éternité, quitte à passer pour une vedette américaine.

Pleinement révélée par le film de Léon Poirier, «Geneviève» (1923), elle contribue au succès de quelques pages de la Société des Cinéromans – feuilletons paraissant dans la presse avant leurs sorties en salles – tels le «Vidocq» de Jean Kemm (1923) ou «La petite chocolatière» de René Hervil (1927). En 1926, elle obtient un rôle majeur dans «Feu !» de Jacques de Baroncelli : lors de la guerre du Rif, le commandant d'un torpilleur (Charles Vanel) arraisonne un yacht abandonné dans lequel se trouve la belle… Parisienne dans l'âme, celle-ci nous fait visiter «Paris en cinq jours» (1925) en bateaux-mouches, un an après avoir été l'une des vedettes du «Paris» de René Hervil, (1924).

Expédiée dans les studios berlinois pour les versions hexagonales de quelques films germano-français («La chanson des nations», en 1930, «L'amour en vitesse» en 1932), Dolly Davis passe admirablement le cap du parlant et enchaîne les tournages à un rythme accéléré jusqu’en 1935. En 1930 elle est la vedette du premier film sonore italien, «La dernière berceuse» où elle campe une jeune étudiante qui doit rompre ses fiançailles a cause d'un bébé que sa mère a eu d'un inconnu et qu'elle lui laisse en mourant. Elle perce avec Jean Murat «Un trou dans le mur» (1930) dans une fructueuse chasse au trésor, mais subit peu après un «Échec et mat» (1931) dans une sombre histoire qui tournera à la tragédie. En 1934, elle s'autorise, sous le regard inquiet de son mari, «Une nuit de folies» (1934) dans un lieu de divertissements nocturnes ou s'entrecroisent des Apaches de banlieue et leurs aguichantes “entraîneuses”…

Compagne dans la vie de l'acteur André Roanne, elle en est aussi le partenaire dans une petite dizaine de bandes, comme «Hantise» (1921), «Mademoiselle Josette ma femme» (1926), «Le chauffeur de Mademoiselle» et «La femme de mon voisin» (1928), le bien titré «Dolly» (1928),… et enfin «L’école des vierges» dans lequel elle inarne une jeune épouse persuadée que son mari la trompe. Après ce film elle n’apparaît plus que deux fois au cinéma : dans «Bichon» (1935), l'histoire d'une famille bourgeoise dans laquelle elle personnifie une jeune femme moderne dans une famille dont les membres de la famille s'agitent autour d'un bébé, et enfin dans le rôle inhabituel pour elle de l'entraîneuse Mimi Pinson perdue dans un quelconque «Bar du Sud» (1938).

Au mitan des années trente, si elle dégringole aux rangs des génériques, elle n'en anime pas moins les événement mondains de la capitale, et même au-delà, se produisant en écuyère au Gala des Artistes (1931) et remportant plusieurs prix d'élégance automobile aux volants de quelques unes des machines qui lui passent entre les mains : Hupmobile, cabriolet Renault Reinastella et autres Bugatti plus ou moins rutilantes. En 1934, elle pousse l'émancipation féminine jusqu'à remporter le rallye touristique Paris-Houlgate ! Sur un plan strictement professionnel, outre la multiplication de ses contributions publicitaires – si le dentifrice Dentol lui donna l'éclat de son sourire, les apéritifs Bonal semblent bien avoir eu sa préférence ! –, le théâtre lui procure alors ses plus grandes satisfactions : «L'homme du Nord» (1933, 1ère apparition sur les planches) avec Fernand Charpin, «La belle marinière» (1933), «Le coucher de la mariée» (1935) avec André Roanne qu'ils donneront à Alger, «Pédaillac» (1937), «La route des Indes» (?),…

Séparée de Roanne, devenue l'épouse du couturier Georges Trabrach, elle se retire définitivement du monde du spectacle à l'age de 42 ans. Se rappelant ses modestes débuts de modèle, elle prit à son tour les pinceaux et se consacra à cet art le restant de sa vie qu'elle terminera à l'age de 66 ans, à la suite d'une néfaste intervention chirurgicale dans une clinique de Neuilly sur Seine.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
LgAnTitre  
11923CLAUDINE ET LE POUSSIN de Marcel MANCHEZ 
21923GENEVIÈVE
31925PARIS EN CINQ JOURS
41925MON FRÈRE JACQUES de Marcel MANCHEZ 
51925LE VOYAGE IMAGINAIRE
61926FRAÜLEIN JOSETTE, MEINE FRAU / MADEMOISELLE JOSETTE, MA FEMME
71927LA PETITE CHOCOLATIÈRE
81928LA FEMME DU VOISIN
91929DER ERZIEHER MEINER TOCHTER (Ma fiancée de Chicago) de Géza von BOLVÁRY 
101930UN TROU DANS LE MUR
111930LA CANZONE DELL' AMORE / LA DERNIÈRE BERCEUSE / LIEBESLIED [Version française]
121930DAS LIED DER NATION / LA CHANSON DES NATIONS [Version française]
131931GAGNE TA VIE!
141931ÉCHEC ET MAT
151932ALLÔ, MADEMOISELLE !
161935BICHON
Éd.8.1.3 : 21-6-2018