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Andrea CHECCHI (1916 / 1974)

Andrea Checchi

Acteur italien, né le 21 octobre 1916, à Florence (Toscane, Italie). Décédé le 29 mars 1974, à Rome (Italie).

Fils du peintre Amedeo Checchi et de Davidica Carolina Beduschi, Andrea Checchi passe son enfance dans sa ville natale où, jeune homme, il étudie à son tour la peinture à l'Académie des Beaux Arts.

Jeune homme, il s'installe à Rome pour présenter ses premiers tableaux, fréquente les milieux artistiques et fait la connaissance du réalisateur Alessandro Blasetti qui lui accorde deux petits rôles dans «1860» (1934) et «Vieille garde» (1935). Heureux d'avoir croisé Isa Miranda sur le plateau de «La signora di tutti» (Max Ophüls, 1934), il décide de suivre les cours d'élocution du Centro Sperimentale di Cinematografica (1937/1938). On le voit fugitivement apparaître de manière anonyme dans des oeuvres de propagande fasciste dirigées par quelques maîtres du cinéma transalpin de l'époque, comme «Luciano Serra, pilota» (Goffredo Alessandri, 1938), «Sotto la croce del Sud» (Guido Brignone, 1938), «Ettore Fieramosca» (Blasetti, 1938),…

À partir de 1939, ses rôles s'étoffent et son nom apparaît enfin aux génériques de «Grandi magazini» (Mario Camerini, 1939) et de «Manon Lescaut» (Carmine Gallone, 1939). En 1940, il se fait remarquer par sa composition dans «L'assedio dell'Alcazar» d'Augusto Genina, qui remportera la coupe Mussolini du meilleur film italien de l'année et lui vaudra l'éloge de la critique.

Le visage fermé, le regard dur, la viox grave, l'acteur se montre davantage à son aise dans de sombres mélodrames réalistes («Tragica notte» et «Malombra» de Mario Soldati, «Chaines invisibles» de Mario Mattoli,… tous de 1942), parfois costumés («La contessa Castiglione» de Flavio Calzavara en 1942, «Tempesta sul golfo» de Gennaro Righelli en 1943,…) qui lui permettent de ne pas trop se compromettre avec un régime dont il ne partage par les exhubérances mais dont il ne peut pas toujours éviter l'omnipotence («La déesse blanche» en 1940,…).

Après guerre, Andrea Checchi apparaît dans plusieurs produtions dénonçant le régime déchu ou en décrivant les cendres qui se consument. Ainsi, sa composition d'un soldat démobilisé dans «Deux lettres anonymes» (1945) lui vaut les permiers honneurs au travers du Ruban d'Argent du meilleur acteur décerné par le Syndicat Italien des critiques de cinéma. Dans la même veine, «Le cri de la terre» (1949), parfois titré «Exodus», plonge ses héros au jour de la libération de Rome et dans les événements qui conduisent à la naissance de l'état d'Israël, tandis que «Chasse tragique» (1947) fait définitivement de lui un acteur de premier plan. En 1960, il campera encore un méchant fasciste tentant de barrer la route de «La Ciociara» à un Jean-Paul Belmondo curieusement distribué en intellectuel “de gauche”.

Le répertoire d'Andrea Checchi s'alourdit de personnages sombres et suicidaires, tel l'anti-héros de «La nuit porte conseil» (1946). Les amoureux romantiques et les séducteurs exaucés ne font pas partie de son livre d'or : «Giacomo l'idéaliste» (1942) n'aura jamais ramassé qu'une feuille morte et le mari délaissé «Au-delà des grilles» (1948) devra céder la place à Jean Gabin plus dynamique qui ne l'emportera toutefois pas au paradis.

naturellement devenu un pilier du (néo)réalisme italien d'après-guerre («Le chemin du péché» et «Ultimo amore» en 1946, «Pitié pour celle qui tombe» en 1953, «Appassionamente» en 1954,…), Andrea Checchi sera l'un des grands oubliés lorsque l'heure de la comédie sera venue. Faut-dire qu'il ne (se) prêtait guère à rire et ni Risi, ni Comencini, ni Scola ne jugèrent utile de faire appel à notre vedette qui se tournera, dès les années soixante, vers des films de genre («Le masque du démon» de Mario Bava et «Le diabolique Dr.Mabuse» de Friz Lang en 1960,…) parfois indignes de son talent («La vendetta dei gladiatori» en 1964, «I sette fratello Cervi» en 1968).

Acteur essentiellement transalpin Andrea Checchi ne “s'expatriera” qu'à travers de rares co-productions, comme ce «Waterloo» italo-soviétique (1970) qui fut l'un de ses derniers travaux. Sans doute préférait-il la compagnie de son épouse Erika Schwarze (de 1938 jusqu'à son décès) et de leur unique enfant, le futur décorateur Enrico Roberto Checchi, ou encore la pratique intermittente de cet art qui lui venait de famille et lui tenait de violon d'Ingres, la peinture.

Atteint d'une périartérite noueuse, "… une maladie auto-immune responsable d'une vascularite nécrosante atteignant les artères de moyen calibre" (cf.Wikipedia), Andrea Checchi s'éteignit à l'âge inconvenable de 57 ans.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1939
MANON LESCAUT, de Carmine GALLONE
 
2
1940
L'ASSEDIO DELL' ALCAZAR (Les cadets de l'Alcazar)
3
1940
SENZA CIELO (La déesse blanche)
4
1942
TRAGICA NOTTE
5
1942
CATENE INVISIBILI (Chaînes invisibles)
6
1942
LA CONTESSA CASTIGLIONE
7
1942
MALOMBRA
8
1942
GIACOMO L'IDEALISTA, d'Alberto LATTUADA
 
9
1943
TEMPESTA SUL GOLFO, de Gennaro RIGHELLI
 
10
1943
TRISTI AMORI
11
1945
DUE LETTERE ANONIME (Deux lettres anonymes)
12
1945
UN AMERICANO IN VACANZA (Un Américain en vacances)
13
1946
ALBERGO LUNA, CAMERA 34
14
1946
ROMA CITTÀ LIBERA (La nuit porte conseil)
15
1947
ULTIMO AMORE, de Luigi CHIARINI
 
16
1947
LA PRIMULA BIANCA (Armando le mystérieux)
17
1947
CACCIA TRAGICA (Chasse tragique)
18
1949
IL GRIDO DELLA TERRA (Le cri de la terre/Exodus)
19
1948
LE MURA DI MALAPAGA (Au delà des grilles)
20
1949
PAOLO E FRANCESCA, de Raffaello MATARAZZO
 
21
1950
ATTO DI ACCUSA (Acte d'accusation)
22
1950
LA STRADA FINISCE SUL FIUME, de Luigi CAPUANO
 
23
1951
ACHTUNG, BANDITI!
24
1952
DON LORENZO, de Carlo Ludovico BRAGAGLIA
 
25
1952
IL CAPITANO DI VENEZIA, de Gianni PUCCINI
 
26
1953
SIGNORA SENZA CAMELIE (La dame sans camélia)
27
1953
TEMPI NOSTRI (Quelques pas dans la vie) [Sk."Il bacio (Le baiser)"]
28
1953
PIETÀ PER CHI CADE (Pitié pour celle qui tombe)
29
1954
APPASSIONATAMENTE
30
1954
CASA RICORDI (La maison du souvenir)
31
1954
LA CAMPANA DI SAN GIUSTO, de Mario AMENDOLA, Ruggero MACCARI
 
32
1955
BUONANOTTE… AVVOCATO!
33
1955
IL TESORO DI ROMMEL (Le trésor de Rommel)
34
1955
I QUATTRO DEL GETTO TONANTE, de Fernando CERCHIO
 
35
1955
DISPERATO ADDIO (La mère et l'enfant), de Lionello De FELICE
 
36
1956
TERRORE SULLA CITTÀ (Terreur sur Rome), d'Anton Giulio MAJANO
 
37
1957
PAROLA DI LADRO
38
1959
I PIACERI DELLO SCAPOLO
39
1960
LA MASCHERA DEL DEMONIO (Le masque du démon)
40
1960
LA LUNGA NOTTE DEL '43 (La longue nuit de 43)
41
1960
DIE TAUSEND AUGEN DES Dr.MABUSE (Le diabolique docteur Mabuse)
42
1960
LA CIOCIARA
43
1961
L'ASSASSINO (L'assassin)
44
1961
L'ORO DI ROMA (Traqués par la Gestapo)
45
1961
CACCIA ALL'UOMO (Chasse à la drogue)
46
1962
DIECI ITALIANI PER UN TEDESCO / VIA RASELLA (La furie des S.S.)
47
1962
IL CRIMINALE
48
1964
ITALIANI BRAVA GENTE, de Giuseppe De SANTIS
 
49
1965
IO, IO, IO… E GLI ALTRI (Moi, moi, moi… et les autres)
50
1968
I SETTE FRATELLI CERVI
Éd. 9.1.3 : 5-8-2018