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Agnes AYRES (1892 ? 1896 ? 1898 ? / 1940)

Agnes Ayres

Actrice américaine, née Agnes Eyre Henkel, le 4 avril 1898 (date figurant sur sa pierre tombale mais mise parfois en doute), à Carbondale (Illinois, U.S.A.). Décédée le 25 décembre 1940, à Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Fille de Solon Henkel et Emma Slack, Agnes Eyre vit une enfance campagnarde sous la surveillance de son frère aîné, Solon William Henkel (1888). Rien ne la prédestinait à une carrière artistique avant qu'elle ne visite, en compagnie d'une amie, les studios de la compagnie Essanay, alors implantée à Chicago. Sa beauté naturelle lui vaut d'être sollicitée pour participer à une scène de foule dans ce qui constitue sa première apparition cinématographique, «The Masked Wrestler» (1914). Dans la foulée, en compagnie de sa camarade de loge Gloria Swanson, elle campe une silhouette aux côtés du déjà célèbre Charles Chaplin dans «Charlot débute» (1915).

Enthousiasmée, la jeune femme parvient à convaincre sa mère de l'accompagner à New York City – Hollywood n'a pas encore obtenu son statut de monopole du cinéma – pour tenter une carrière d'actrice. Décrochant quelques petits rôles, elle parvient à se faire repérer par Alice Joyce qui, lui trouvant une certaine ressemblance avec elle, la fait engager pour jouer sa soeur dans «Richard The Brazen» (1917). Dans la foulée, elle participe à une série d'une vingtaine de courts métrages pour les sudios newyorkais de la Vitagraph, aux côtés de l'acteur Edward Earle, sur des histoires imaginées par le feuilletonniste O. Henry (William Sidney Porter, 1862/1910), ce qui lui vaut rapidement le surnom de “The O. Henry Girl”. Malheureusement, la plupart de ses bandes ont disparu dans la tourmente du temps qui souffle sur les bougies de nos vies.

En 1918, devenue Agnes Ayres, l'actrice épouse Frank P.Schuker, un officier de l'armée américaine. Peu après, prise sous l'aile protectrice du producteur Jesse Lasky qui ne tardera pas à en faire sa maîtresse, elle signe un contrat pour la Famous Players Lasky Corporation– une composante de la jeune Paramount Pictures – et obtient un grand premier rôle dans «Held By The Enemy» (1920). Le succès est là, mais au prix d'une relation sentimentale qui provoque rapidement son divorce (1921).

Nénamoins, Agnes Ayres devient l'une des artistes du cinéma muet les plus appréciées du public, essentiellement grâce à son chevalier servant qui met en chantier des oeuvres autour de son nom («The Love Special», «Too Much Speed»,… en 1921). Très influent, celui-ci lui obtient même quelques engagements qui valent à sa protégée de servir sous la baguette du célèbre Cecil B. De Mille («Forbidden Fruit» et «The Affairs of Anatol» en 1921). Mais c'est surtout l'enlèvement de celle-là par «Le Sheik» Ahmed Ben Hassan, immortalisé par le beau Rudolph Valentino, qui la fait définitivement entrer dans l'histoire du septième art sous les traits de Lady Diana, d'abord victime, puis épouse consentante de son kidnappeur – selon le principe du futur syndrome de Stockholm – dans le prolongement de leur histoire d'amour, «Le fils du Sheik» (1926).

Les réalisateurs William C.de Mille (frère de Cecil Blount caché derrière une ortographe de nom légèrement différente) et Paul Powell se partagent alors les faveurs professionnelles de la belle enfant. «Bought and Paid For» en 1922, «Don't Call It Love» et «The Marriage Marker» en 1923 pour le premier, «The Ordeal», «Borderland» et «A Daughter of Luxury» en 1922, «Racing Heart» en 1923, «The Awthul Truth» en 1925 pour le second iincrustent définitivement son image auprès du public. Ce statut “nobiliaire” ne l'empêche pourtant pas de se montrer fugitivement dans un court métrage animé par Stan Laurel, «Detained» (1924).

En 1924, séparée de Jesse Lasky, Agnes Ayres épouse le jeune écrivain espagnol Manuel Reachi dont elle aura un enfant avant de divorcer à nouveau (1927). Dès lors, oubliée par la Paramount, confrontée aux suites juridiques de son procès en divorce, victime du crack boursier de Wall Street – le fameux “Jeudi noir” – qui fait fondre sa fortune, délaissée par le 7ème art après une dernière composition dans un rôle pourtant prometteur sous la signature de Frank Capra dans «The Donovan Affair» (1929), elle met un point d'arrêt à ses activités cinématographiques et se produit un temps dans des tournées de vaudevilles, au sens américain du terme.

En 1936, elle tente bien de faire son retour à l'écran, mais doit vite renoncer après n'avoir obtenu que de tout petits rôles («Small Town Girl» en 1936, «Maid of Salem», «Midnight Taxi», «Souls at Sea» en 1937). Découragée, elle enchaîne les dépressions nerveuses jusqu'à son admission dans un sanatorium. Elle succombe peu après en son domicile de Los Angeles, victime d'une hémorragie cérébrale. En 1960, son nom se rappelle à la postérité lors de l'incrustation de son étoile posthume sur le Hollywood Hall of Fame.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1917
RICHARD THE BRAZEN, de Perry N.VEKROFF
 
2
1920
GO AND GET IT (Le système du docteur Ox), de Marshall NEILAN, Henry Robert SYMONDS
 
3
1920
HELD BY THE ENEMY, de Donald CRISP
 
4
1920
THE FURNACE, de William Desmond TAYLOR
 
5
1921
FORBIDDEN FRUIT (Le fruit défendu)
6
1921
THE LOVE SPECIAL, de Frank URSON
 
7
1921
TOO MUCH SPEED, de Frank URSON
 
8
1921
CAPPY RICKS (Les aventures du capitaine Barclay), de Tom FORMAN
 
9
1921
THE AFFAIRS OF ANATOL (Le coeur nous trompe), de Cecil B.De MILLE
 
10
1921
THE SHEIK (Le cheik)
11
1921
THE LANE THAT HAD O TURNING, de Victor FLEMING
 
12
1922
BOUGHT AND PAID FOR (L'effroi du vice), de William C.de MILLE
 
13
1922
CLARENCE (L'accordeur), de William C.de MILLE
 
14
1922
BORDERLAND, de Paul POWELL
 
15
1922
A DAUGHTER OF LUXURY, de Paul POWELL
 
16
1923
THE HEART RAIDER (L'hallali conjugal), de Wesley RUGGLES
 
17
1923
RACING HEARTS, de Paul POWELL
 
18
1923
THE MARRIAGE MAKER (Le faune), de William C.de MILLE
 
19
1923
DON'T CALL IT LOVE (Est-ce bien de l'amour?), de William C.de MILLE
 
20
1924
BLUFF, de Sam WOOD
 
21
1924
DETAINED, de Scott PEMBROKE, Joe ROCK (Court métrage)
 
22
1924
WORLDLY GOODS, de Paul BERN
 
23
1925
THE AWFUL TRUTH, de Paul POWELL
 
24
1926
SON OF THE SHEIK (Le fils du cheik)
25
1928
INTO THE NIGHT, de Duke WORNE
 
26
1928
THE LADY OF VICTORY, de Roy William NEILL (Court métrage)
 
27
1929
THE DONOVAN AFFAIR
Éd. 9.1.3 : 7-9-2018