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Aldo FABRIZI (1905 / 1990)

Aldo Fabrizi

Acteur italien, né le 1er novembre 1905, à Rome (Lazio, Italie). Décédé le 2 avril 1990, à Rome (Lazio, Italie).

Fils de Giuseppe , cocher romain, et Angela Petrucci, marchande de légumes tenant un banc à Campo de 'Fiori (Rome), Aldo Fabrizi est à la tête d'une fratrie de cinq filles, dont l'aînée, Elena (1915/1993) se fera connaître dans le monde du spectacle sous le pseudonyme de Sora Lella. Issu donc d'une famille de condition modeste, il déserte les bancs de l'école publique au décès de son père (1916) pour contribuer à la subsistance familiale. Il exerce alors plusieurs petits métiers, devenant tour à tour messager, mécanicien, veilleur de nuit, facteur… Plus tard, dans différents sketches de «Circo equestre Za-Bum» (1943), il illustrera successivement quelques un de ces humbles travailleurs, clin d'oeil à cette jeunesse laborieuse qui ne devra certainement rien au hasard.

Très tôt attiré par la création artistique, il compose des monologues en “romanesco”, dialecte romain dérivé de la langue principale, avant de publier un recueil de poèmes sous cette forme d'expression, «Lucciche ar sole» (1928). Amoureux des mots, on le retrouve, récitant de ses propres oeuvres, dans la compagnie Filodrammatica Tata Giovanni. Parallèlement, il rédige des articles pour la revue "Rugantino".

À partir de 1931, caricaturiste dans de petits théâtre, il imagine une série de personnages pittoresques, comme "le vétérinaire", le skieur", "le conducteur de tram"… Il partage ses spectacles avec Beatrice Rocchi, chanteuse légère connue sous le nom de Reginella, qu'il épousera en 1931. Le couple donnera naissance à deux jumeaux, Massimo, futur musicien et compositeur, et Amedeo (1934). Par la suite, se produisant essentiellement dans les cabarets romains, il parviendra à monter sa propre compagnie théâtrale dans laquelle débutera le jeune Alberto Sordi.

En 1942, après avoir doublé vocalement Giuseppe Varni dans «Maddalena… Zero in condotta» (1940), Aldo Fabrizi fait sa première apparition à l'écran dans un film de Mario Bonnard, «Avanti c'è posto». Oeuvre romantique dans laquelle il tombe naïvement amoureux d'une jeune fille victime d'un pickpocket, il est encore loin de donner dans la franche rigolade. Il ne s'en approchera guère avec «Campo de' fiori», dont il a imaginé le scénario qui fait de lui, prétendant tout aussi éconduit, le digne successeur maraîcher de sa tendre maman et qui constitue sa première collaboration avec Anna Magnani. Dans la deuxième, «L'ultima carrozzela» (1943), c'est papa qui ressucite sous le costume d'un cocher, personnage en voie de disparition également sorti de ses travaux d'écriture.

S'il se montre déjà à son avantage malgré un physique peu flatteur, c'est son rôle de prêtre résistant dans «Rome, ville ouverte» (Roberto Rossellini, 1946) qui le fait entrer dans l'histoire du cinéma. Bouleversant dans la scène où il fond en larmes devant les cruautés des tortionnaires nazis, il ne se montre plutôt inquiétant dans «Le crime de Giovanni Episcopo» d'Alberto Lattuada (1947) – au scénario duquel il participe également – et cruellement sauvage dans «Antonio di Padova» (1949). Finissant tragiquement dans «Tombolo, paradiso nero» (1948), il n'aborde une véritable transition comique qu'au tournant des années 50 avec «Prima comunione» d'Alessandro Blasetti (1950) qui lui vaut le Ruban d'Argent du meilleur acteur.

La décennie nouvelle le verra se frotter aux plus grands noms du cinéma italien de divertissement. Comparse de Totò dans «Gendarmes et voleurs» (1951) ou «Fripouillard et Cie» (1958), le voici tout aussi truculent que son facétieux compère. Hochet de Peppino de Filippo dans «Accade al Penitenzario» (1955) ou «I pappagalli» (1956), il se montre bourru face aux manigances de son rusé compagnon avant de prendre une revanche historique et franchouillarde dans «Le quatrième mousquetaire» (1963). Quand vous rassemblez les trois farceurs autour d'un même rôti, ces dames n'ont qu'à bien se tenir («Totò, Peppino e… una di quelle», 1953) !

Attiré par la France, il intègrera quelques coproductions franco-transalpines qui le verront se partager entre deux épouses («Rome-Paris Rome» en 1951) ou conduire un camion dans les rues de notre capitale un jour où il aurait dû rester à la maison («Premier mai», 1957). Mais que voulez-vous : «Paris est toujours Paris» (1951) ! Plus inhabituelle, et pour tout dire unique, sera sa contribution aux entreprises de l'Oncle Sam, qu'il ne concèdera que pour un tournage au coeur de Cinecittà («Three Steps North», 1951).

Artiste complet, capable d'osciller des larmes amères au rire le plus franc, Aldo Fabrizi fut également un scénariste recherché. «Vivere in Pace» de Luigi Zampa (1947) lui valu le prix partagé du meilleur scénario du Festival de Locarno, tandis que ses contributions en ce domaine avec Stefano Vanzina (dit Steno), de «Vita di cani» en 1950 à «Cose di Cosa Nostra» en 1970, ne se comptent plus. La réalisation l'accapara également et il se mit lui même en scène sur ces propres scénarii à maintes reprises : «La famiglia Passaguai» (1951), «Papà diventa mamma» (1952), «Hanno rubato un tram» (1956)… personnages comiques aux antipodes de ses compositions les plus sombres.

Moins présent à partir des années 60, il reçut toutefois un nouveau Ruban d'Argent pour sa performance comme acteur de second plan dans «Nous nous sommes tant aimés…», l'inoubliable comédie douce-amère d'Ettore Scola (1974). Se produisant parfois sur scène il écrivit et interpréta une comédie musicale, «Rugantino», donnée au Teatro Sistina de Rome de 1962 à 1963, et même on Broadway, avant une reprise télévisée en compagnie du jeune Enrico Montesano (1978). Sa dernière apparition publique fut également pour le petit écran dans un «GB Show» diffusé sur la chaîne nationale en août 1987.

Amateur de bonne chère, Aldo Fabrizi publia deux recueils de cuisine, «La pastasciutta» (1971 et «Nonna Minestra» (1974). Deux ans avant sa disparition, les professionnels de son pays lui accordèrent tardivement un David di Donatello pour l'ensemble de sa carrière. En 2006, son fils Massimo publiait un livre de souvenirs, «Aldo Fabrizi, mio padre», dans lequel il jetait une ombre sur l'image joyeuse de son débonnaire paternel, le décrivant comme égocentrique et autoritaire tout en révélant quelques secrets de famille qui n'auraient pas dû franchir la porte de l'alcôve.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1942
AVANTI C'È POSTO… [+Co-scénariste]
2
1943
CAMPO DE' FIORI [+Co-scénariste]
3
1943
L'ULTIMA CARROZZELA (Le diamant mystérieux) [+Co-scénariste]
4
1946
ROMA CITTÀ APERTA (Rome, ville ouverte)
5
1946
MIO FIGLIO PROFESSORE [+Co-scénariste]
6
1947
VIVERE IN PACE (Vivre en paix) [+Co-scénariste]
7
1947
IL DELITTO DI GIOVANNI EPISCOPO (Le crime de Giovanni Episcopo) [+Co-scénariste]
8
1947
NATALE AL CAMPO 119 (Noël au camp 119) [+Co-scénariste]
9
1948
TOMBOLO, PARADISO NERO (Tombolo, paradis noir), de Giorgio FERRONI
 
10
1948
EMIGRANTES, d'Aldo FABRIZI
 
11
1949
ANTONIO DI PADOVA
12
1949
BENVENUTO REVERENDO!, d'Aldo FABRIZI
 
13
1950
FRANCESCO GUILLARE DI DIO (Les onze fioretti de Saint-François d'Assise)
14
1950
VITA DI CANI (Dans les coulisses) [+Co-scénariste]
15
1950
PRIMA COMUNIONE (Sa majesté Monsieur Dupont)
16
1951
TRE PASSI A NORD / THREE STEPS NORTH, de W.Lee WILDER
 
17
1951
SIGNORI, IN CARROZZA! (Rome-Paris-Rome) [+Co-scénariste]
18
1951
CAMERIERA BELLA PRESENZA OFFRESI…
19
1951
PARIS EST TOUJOURS PARIS / PARIGI È SEMPRE PARIGI
20
1951
LA FAMIGLIA PASSAGUAI
21
1951
GUARDIE E LADRI (Gendarmes et voleurs) [+Co-scénariste]
22
1952
LA FAMIGLIA PASSAGUAI FA FORTUNA, d'Aldo FABRIZI
 
23
1952
PAPÀ DIVENTA MAMMA, d'Aldo FABRIZI
 
24
1952
ALTRI TEMPI (Heureuse époque) [Séquences de liaison]
25
1952
5 POVERI IN AUTOMOBILE, de Mario MATTOLI [+Co-scénariste]
 
26
1952
LA VOCE DEL SILENZIO (La maison du silence)
27
1953
SIAMO TUTTI INQUILINI
28
1953
L'ETÀ DELL'AMORE (L'âge de l'amour)
29
1953
UNA DI QUELLE / TOTÒ, PEPPINO E… UNA DI QUELLE
30
1953
QUESTA È LA VITA [Sk. "Marsina stretta"]
31
1953
COSE DA PAZZI
32
1955
I DUE COMPARI [+Co-scénariste]
33
1955
ACCADDE AL PENITENZIARIO
34
1955
IO PIACCIO ou LA VIA DEL SUCCESSO CON LE DONNE
35
1956
I PAPPAGALLI [+Co-scénariste]
36
1956
HANNO RUBATO UN TRAM, d'Aldo FABRIZI
 
37
1956
GUARDIA, GUARDIA SCELTA, BRIGADIERE E MARESCIALLO
38
1956
DONATELLA, de Mario MONICELLI
 
39
1956
MI PERMETTE, BABBO!
40
1957
EL MAESTRO (Le maître), d'Aldo FABRIZI
 
41
1957
PREMIER MAI / LE PÈRE ET L'ENFANT
42
1958
I PREPOTENTI, de Mario AMENDOLA
 
43
1958
I TARTASSATI (Fripouillard et Cie) [+Co-scénariste]
44
1959
FERDINANDO I°, RE DI NAPOLI (Ferdinand 1er, roi de Naples)
45
1960
UN MILITARE E MEZZO (Un de la réserve) [+Co-scénariste]
46
1960
THE ANGEL WORE RED (L'ange pourpre)
47
1960
TOTÒ, FABRIZI E I GIOVANI D'OGGI
48
1961
LE MIRAVIGLIE DIE ALADINO (Les mille et une nuits)
49
1961
GERARCHI SI MUORE, de Giorgio SIMONELLI
 
50
1960
FRA' MANISCO CERCA GUAI
51
1962
GLI ITALIANI E LE DONNE, de Marino GIROLAMI
 
52
1962
TWIST, LOLITE E VITELLONI, de Marino GIROLAMI
 
53
1962
I 4 MONACI
54
1962
IL GIORNO PIÙ CORTO (Le jour le plus court)
55
1963
TOTÒ CONTRO I QUATTRO
56
1963
I 4 TASSISTI [Sk."L'uomo in blue"]
57
1963
I 4 MOSCHETTIERI (Le quatrième mousquetaire)
58
1973
LA TOSCA (Une Tosca pas comme les autres)
59
1974
C'ERAVAMO TANTO AMATI (Nous nous sommes tant aimés)
60
1977
IL GINECOLOGO DELLA MUTUA
61
1985
GIOVANNI SENZAPENSIERI, de Marco COLLI
 
Éd. 9.1.4 : 29-10-2018