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Miriam HOPKINS (1902 / 1972)

Miriam Hopkins

Actrice américaine, née Ellen Miriam Hopkins, le 18 octobre 1902, à Savannah (Georgie, U.S.A.). Décédée le 9 octobre 1972, à New York City (New York, U.S.A.).

Fille de Homer Ayers Hopkins, agent d'assurances, et d'Ellen, la future Miriam Hopkins hérite dès sa naissance du même prénom que sa tendre maman. Dans cette famille aisée – on lui connaît une soeur, Ruby –, les relations parentales ne tardent pas à se dégrader. Dès 1911, après le divorce du couple et le remariage du père, les deux fillettes rejoignent leur grand-mère maternelle dans sa demeure de Bainbridge (Georgie) où leur mère se réfugie.

Au terme de ses études secondaires dans le Vermont, la jeune fille s'initie à la danse et à l'art dramatique. Contrariée par une blessure à la cheville, elle se retrouve à Broadway où, chorus girl, elle se produit dans des revues et vaudevilles avant de connaître un premier succès sur scène dans «Puppets» (1925), une pièce présentée par le Selwyn Theatre de Washington.

Dans la foulée, elle épouse pour une courte hyménée (mai 1926/mai 1928) Brandon Peters, prétendu comédien. Trois jours après leur divorce, elle renouvelle son erreur avec Austin Parker, scénariste et rédacteur pour magazines pour un résultat comparable (juin 1932). Le dossier ayant été ouvert auparavant, la jeune femme ne renonce pas à adopter un bébé de sexe masculin, Michael, se plaçant en situation d'illégalité, l'adoption n'étant pas ouverte aux mamans célibataires.

Entre temps, avec l'avènement du cinéma parlant, la jeune femme aura signé un contrat avec la Paramount Pictures et débuté en vedette à l'écran («Fast and Loose», 1930). Plus notable et sensuelle sera sa métamorphose royale sous le regard médusé d'un «Lieutenant souriant» (1931) fort judicieusement incarné par Maurice Chevalier. En cette période dite de “pré-code” – le code puritain du sénateur Williams Hays n'entrera en vigueur qu'en 1934 – la belle dame donnera sans retenue de sa personne dans des films que la morale de Tonton Sam ne tardera pas à réprouver : «Dr Jekyll and Mr.Hyde» de Rouben Mamoulian (1931), «Trouble in Paradise» (1932), et «Design For Living/Sérénade à trois» (1933) d'Ernst Lubitsch,… pour ne citer que les plus célèbres.

C'est donc nimbée d'une image sensuelle, sinon sulfureuse, que notre vedette, en 1934, quitte la Paramount – dont elle était pourtant devenue l'une des reines – pour signer un engagement dans l'écurie artistique de Samuel Goldwyn. Se produisant toujours sous la baguette directoriale de grands noms du cinéma américain des années trente, elle est bientôt nommée à la course à l'oscar de la meilleure actrice pour sa composition dans «Becky Sharp» de Rouben Mamoulian (1935, premier technicolor trichrome), mais se voit souffler la précieuse statuette par Bette Davis.

«Ils étaient trois» (William Wyler, 1936), adaptation d'une pièce de Lillian Hellman («The Children's Hour») la plonge dans une rumeur de liaison triangulaire, le sujet original de l'homosexualité féminine n'étant repris par le même réalisateur qu'en 1962, film dans lequel elle tiendra un rôle tout à fait différent. En 1937, son parcours artistique croise celui d'Anatole Livak, son metteur en scène de «La femme que j'aime», titre que celui-ci prit au pied de la lettre au point d'épouser l'impétrante dans sa troisième noce. Mais l'épousée devait avoir du caractère puisque leur union fut de toute aussi courte durée que les précédentes (septembre 1937/octobre 1939).

Si ça continue, elle va finir «Vieille fille» ! Mais c'est (encore !) Bette Davis qui tiendra le rôle-titre de ce mélodrame d'Edmund Goulding, tandis que Miriam dégôtera un riche parti. Les deux actrices, dont les routes se contrarièrent à plusieurs reprises, entretinrent longtemps une rivalité plus ou moins fabriquée, agrémentée de l'échange de quelques unes des vacheries les plus méchantes de leur commune profession ; motif par certains evoqué, Bette aurait eu une “affaire” avec Anatole sur le tournage de «The Sisters» (1938).

Caractérielle ou exigeante ? Obstinée sans doute, Miriam Hopkins, passée dans le camp de la Warner Bros., fait cependant l'objet de la préférence déclarée – mais non décisive – de Margaret Mitchell et du public pour incarner Scarlett O'Hara à l'écran : on sait ce qu'il en fut. Pour sa nouvelle compagnie nourricière, elle grimpe alors sans aigreur dans «La caravane héroïque» (1940) joyeusement menée par Errol Flynn. Après avoir renoué avec une vieille relation qui refuse de vivre un «Impossible amour» (1943) auprès de son mari de cinéma – ce que c'est drôle tout de même, parfois, la vie – elle s'éloigne pour quelques années du 7ème art et en profite pour épouser le reporter Raymond Benton Brock en un mariage d'une durée remarquablement longue (1945/1951).

Parallèlement, Miriam Hopkins aura milité au sein de plusieurs groupes politiques et sociaux considérés comme des fronts du parti communiste, comme le Comité Démocratique du Cinéma ou l'incendiaire League of Women Shoppers. Inscrite sur une liste de 400 “rouges dissimulés” qui fut communiquée au F.B.I., elle ne fut toutefois pas mise officiellement sur la “liste noire” si chère au sénateur McCarthy, mais sa fin de carrière en souffrit indubitablement. Remisée aux seconds rôles («L'héritière», 1949, nomination à l'oscar du meilleur rôle de composition) ou aux personnages de mères («The Mating Season», 1950), elle ne retrouvera plus, le temps n'ajoutant rien à l'affaire, son aura d'avant-guerre.

Le théâtre («Look Homeward Angel» en 1959, à Broadway puis en tournée) et le petit écran («Route 66» en 1963, «The Outer Limits» en 1964,…) bénificieront de ce désamour prolongé. Ce n'est pas sans surprise, malgré ses antécédents libertaires, que nous la découvrimes en mère maquerelle dans une version de «Fanny Hill» (1964) érotiquement concoctée par l'inévitable Russ Meyer, "… pour se rapprocher de Berlin où Michael effectue son service militaire". Plus “honorable” en mère de Robert Redford dans «La poursuite impitoyable» (1966), elle nous concéda une dernière composition – en vedette s'il vous plaît – dans «Savage Intruder» (1970), admiratrice de sa propre image de grande dame d'un âge d'or à jamais terni.

En 1972, Frappée par une crise cardiaque dans un hôtel new yorkais après avoir assisté à une représentation de son film de 1933, «The Story of Temple Drake» donnée à l'occasion du 60ème anniversaire de la Paramount Pictures, Miriam Hopkins décède à New York City d'une crise cardiaque.

Christian Grenier

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Filmographie complète

Interprétations
LgAnTitre  
11930FAST AND LOOSE de Fred NEWMEYER 
21931THE SMILING LIEUTNANT (Le lieutenant souriant)
3193124 HOURS (Vingt-quatre heures) de Marion GERING 
41931DR.JEKYLL AND MR.HYDE
51931TWO KINDS OF WOMEN de William C.de MILLE 
61932DANCERS IN THE DARK (Les danseurs dans la nuit) de David BURTON 
71932THE WORLD AND THE FLESH de John CROMWELL 
81932TROUBLE IN PARADISE (Haute pègre)
91933THE STORY OF TEMPLE DRAKE
101933THE STRANGER's RETURN
111933DESIGN FOR LIVING (Sérénade à trois)
121934ALL OF ME de James FLOOD 
131934SHE LOVES ME NOT d'Elliott NUGENT 
141934THE RICHEST GIRL IN THE WORLD (La femme la plus riche du monde) de William A.SEITER 
151935BECKY SHARP
161935BARBARY COAST (Ville sans loi)
171935SPLENDOR
181936THESE THREE (Ils étaient trois)
191936MEN ARE NOT GODS (Les hommes ne sont pas des dieux) de Walter REISCH 
201937THE WOMAN I LOVE (La femme que j'aime) d'Anatole LITVAK 
211937WOMAN CHASES MAN (Madame poursuit monsieur) de John BLYSTONE 
221937WISE GIRL (SOS vertu!) de Leigh JASON 
231939THE OLD MAID (La vieille fille)
241940VIRGINIA CITY (La caravane héroïque)
251940LADY WITH RED HAIR
261942A GENTLEMAN AFTER DARK
271943OLD ACQUAINTANCE (L'impossible amour)
281949THE HEIRESS (L'héritière)
291950THE MATING SEASON (La mère du marié)
301952CARRIE (Un amour désespéré) de William WYLER 
311952THE OUTCASTS OF POKER FLAT (Les bannis de la sierra)
321962THE CHILDREN's HOUR (La rumeur)
331964FANNY HILL de Russ MEYER 
341966THE CHASE (La poursuite impitoyable)
351970SAVAGE INTRUDER de Donald WOLFE 
Éd.8.1.4 : 2-12-2018