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Britt EKLAND (1942)

Britt Ekland

Actrice suédoise, née Britt-Marie Eklund, le 6 octobre 1942, à Stockholm (Suède).

Fille de Sven, propriétaire d'un magasin de vêtements chics à Stocholm et un temps capitaine de l'équipe suédoise de curling, et de Mae Britt, secrétaire, la petite Britt-Marie est l'aînée de trois frères cadets. Plutôt boulotte et disgrâcieuse dans ses jeunes années, longtemps elle n'aimera guère l'image d'elle que lui renvoyait son miroir. Fort heureusement pour tout le monde le temps fit quelque chose à l'affaire…

La jeune fille abandonne l'école assez tôt pour voyager sur le Vieux Continent. Polyglotte – outre le suédois, elle parle alors l'anglais et l'italien, avant d'apprendre le français –, elle se trouve à Rome lorsqu'un dénicheur de talents la remarque et organise son départ vers l'Angleterre où elle se présente à des auditions pour starlettes en herbe. Prise peu après sous contrat par la Fox qui lui demande, outre de changer de nom, de se faire raboter les dents et percer les oreilles ! Elle joue alors les silhouettes dans une paire de productions américaines tournées en Europe : «G.I. Blues» (1960) dans la région de Francfort-sur-le-Main (Allemagne) où Elvis effectue son service militaire et «Les joyeux voleurs» (1962) pour une scène parisiennes tournée aux studios de Boulogne.

L'avenir ne s'éclaircissant pas suffisamment vite à ses yeux, elle regagne son pays natal et décide de prendre son avenir en main. Elle suit pendants deux années les cours d'art dramatique d'une école de Stockholm avant d'intégrer une troupe de théâtre avec laquelle elle part en tournées nationales, tout en se permettant deux nouvelles apparitions à l'écran («Kort är sommaren» en 1962, «Det är hos mig han har varit» en 1963). C'est alors qu'Alberto Sordi choisit de s'essayer sur place à «L'amour à la suédoise». Pour aller plus vite, il auditionne notre belle Scandinave qui pense avoir décroché la timbale, mais il ne restera pas grand chose d'elle dans le montage final.

Pour autant, on la remarque du côté de Cinecittà et lorsque le grand Totò songera à donner un tournant plus sérieux à sa carrière sous l'uniforme de «Il commandante» (1963), il l'engagera comme secrétaire, et l'on pourra constater qu'elle est encore éloignée de la taille mannequin qui fera son charme quelques mois plus tard…

Quelques mois plus tard justement, elle aura déjà croisé l'acteur britannique Peter Sellers dans un hôtel italien. Tous les deux ayant succombé au même coup de foudre, ils se marieront le 16 février 1964 et auront bien vite une fille, Victoria (janvier 1965, future actrice). L'embellie de leur amour durera cinq années avant qu'orage ne s'en suive (décembre 1968).

Sur un plan purement professionnel, cette union contribue à lancer définitivement la carrière de Britt Ekland, le couple se partageant l'affiche de l'insignifiant «Le Renard s'évade à 3 heures», l'un des films les moins attachants de Vittorio De Sica (1965) dans lequel ils incarnent une paire d'escrocs voués, de par leur incompétence, à leur propre perte. «The Bobo» (1967), guère plus prometteur, les emporte vers l'Espagne et la tauromachie dans une satire centrée sur la personnalité comique et égocentrique de sa vedette masculine. Quoiqu'il en soit, Britt peut désormais prétendre aux premiers rôles féminins dans des productions internationales aux côtés de vedettes reconnues : «La griffe» (1967) avec Yul Brynner, «The Night They Raided Minsky» (1968) avec Jason Robards Jr.

Sa liberté en voie de reconquête, la blonde Suédoise se rapproche de Cinecittà, pour le meilleur et pour le pire. Certes, «Les intouchables» de Giuliano Montaldo (1968) et «Les conspirateurs» de Luig Magni (1969), où elle apparaît dans des rôles somme toute secondaires, peuvent apparaître flatteurs sur une carte de visite. On peut également saluer le risque de pénétrer l'univers métaphorique de Liliana Cavani avec «Les cannibales» (1969) dans lequel, Antigone moderne, elle finira aussi mal que l'ancienne. Mais le pire reste à venir…

Passons bien vite sur «Stiletto» (1969) et «Get Carter/La loi du milieu» (1970) dans lesquels gangsters et agents secrets lui volent la tête d'affiche : quitte à s'acoquiner avec des brutes, autant finir dans les bras de James Bond plutôt que dans le lit de «L'homme au pistolet d'or» (1974). Devenir une James Bond's Girl est en général l'assurance d'un avenir prometteur. Il en ira tout autrement pour Britt Ekland. Après deux participations “intelligentes” dans de grosses machines («Royal Flash» de Richard Lester en 1975 et «Casanova and Co» de Franz Antel en 1976), l'actrice va peu à peu succomber à des compromissions de sauvegarde. Jouant de sa nudité sans fausse pudeur – "Si je suis nue ou habillée, c'est pareil" déclare-t-elle au journaliste de Ciné-Revue en 1969 –, elle oscillera de la polissonnerie égrillarde («Mon petit oiseau s'appelle Percy, il va beaucoup mieux, merci» en 1971) aux concessions purement alimentaires («Erotic Image» en 1983, «Love Scenes» en 1984,…), tout en donnant avec plus («Asylum» en 1972, «Le club des monstres» en 1980) ou moins («Satan' Mistress» en 1982) de bonheur dans le genre fantastique, parfois même sans distinguer la chèvre et le chou («Beverly Hills Vamp» en 1989). Certes, pas de quoi faire «Scandal» (Michael Caton-Jones, 1989)…

Parallèlement, Britt Ekland fréquentera longtemps les milieux musicaux de la “pop-époque”. Co-fondatrice de Dunhill Records (Los Angeles, Californie), elle fut également co-productrice du Festival Pop de Monterey. De sa liaison avec le producteur de musique Lou Adler naîtra son fils Nikolaj Adler (juin 1973). Par la suite, elle partagera un temps l'existence californienne (1975/1978) du très agité rocker Rod Stewart jusqu'à leur séparation fracassante. Enfin, en 1984, elle épousera pour quelques années le batteur Slim Jim Phantom dont elle aura un fils, T.J.McDonnell (mars 1988).

Le cinéma lui laissant quelque disponibilités, elle en profite pour écrie et publier son autobiographie, «True Britt» (1980), à l'âge où d'autres pensent encore à vivre. Elle complète ses travaux d'écriture par un ouvrage de soins de beauté, «Sensual Beauty and How to Achieve It» (1984). Sans doute trop soucieuse de son apparence, elle succombe à l'attrait d'une opération de chirurgie esthétique qui, sans avoir les moyens financiers de Sharon Stone, lui vaudra une amère désillusion.

Si le monde du cinéma n'a pas tout à fait oublié Britt Ekland – elle obtiendra son étoile sur le Hollywood Walk of Fame en 2006 –, force est de reconnaître que son parcours artistique se sera vraisemblablement conclue par un beau gachis, et ce ne sont pas ses participations à quelques émission de télé-réalité qui nous convaincrons du contraire.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1963
IL COMANDANTE [Sous le nom de Britt Marie Eklund]
2
1965
CACCIA ALLA VOLPE (Le Renard s'évade à trois heures)
3
1966
TOO MANY THIEVES, d'Abner BIBERMAN
 
4
1967
THE BOBO
5
1967
THE DOUBLE MAN (La griffe)
6
1968
THE NIGHT THEY RAIDED MINSKY's, de William FRIEDKIN
 
7
1968
GLI INTOCCABILI (Les intouchables)
8
1969
NELL'ANNO DEL SIGNORE (Les conspirateurs)
9
1969
STILETTO
10
1969
I CANNIBALI (Les cannibales)
11
1970
TINTOMARA, de Hans ABRAMSON
 
12
1970
GET CARTER (La loi du milieu)
13
1970
A TIME FOR LOVING (Le temps d'aimer)
14
1971
PERCY (Mon petit oiseau s'appelle Percy, il va beaucoup mieux, merci)
15
1971
Diabólica MALICIA / NIGHT HAIR CHILD (L'enfant de la nuit)
16
1972
ASYLUM [Sk."Lucy Comes to Stay"]
17
1972
BAXTER!
18
1973
THE WICKER MAN
19
1974
THE MAN WITH THE GOLDEN GUN (L'homme au pistolet d'or)
20
1975
ROYAL FLASH
21
1976
HIGH VELOCITY (Haute tension)
22
1976
CASANOVA AND CO (Treize femmes pour Casanova)
23
1976
SKLAVENJÄGER (Les négriers)
24
1978
KING SOLOMON's TREASURE, d'Alvin RAKOFF
 
25
1980
THE MONSTER CLUB/THE MASK OF DEATHS (Le club des monstres)
26
1983
DOCTOR YES, THE HYANNIS AFFAIR, de Jack NIXON-BROWNE
 
27
1985
FRATERNITY VACATION, de James FRAWLEY
 
28
1987
MOON IN SCORPIO, de Gary GRAVER
 
29
1989
SCANDAL
30
1989
BEVERLY HILLS VAMP, de Fred Olen RAY
 
31
1989
COLD HEAT, d'Ulli LOMMEL
 
Éd. 9.1.4 : 11-1-2019