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Michel BEAUNE (1933 / 1990)

Michel Beaune

Acteur français, né Michel Louis Bosne, le 13 décembre 1933, à Paris (Île-de-France, France). Décédé le 24 juillet 1990, à Paris (Île-de-France, France).

Adolescent, Michel n'a que 17 ans au décès de son père, triste événement qui le laisse avec l'abattement que l'on devine. Heureusement, il peut compter sur le soutien de son frère aîné qui l'encourage dans la voie de ses aspirations artistiques. Sa persévérance lui permet d'être admis au Conservatoire de Paris, dans les classes de Charles Dullin puis de Georges LeRoy. Compagnon d'amphithéâtre de Jean-Paul Belmondo, Annie Girardot, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, il termine son parcours avec deux modestes accessits, non sans avoir joué les utilités théâtrales dans le cadre de sa formation («Les Boulingrin» de Courteline et «Port-Royal» de Montherland).

Entre 1956 et 1958, pensionnaire de la Comédie Française, il joue quelques titres du répertoire classique de la Maison de Molière («Amphitryon» en 1957…), s'attirant même les félicitations de Gérard Philipe pour sa composition dans «Les caprices de Marianne». Hélas, comme pour beaucoup de jeunes gens de sa génération, ce proche avenir bien prometteur se voit compromis par la nécessité de servir son pays sous l'uniforme pendant 24 mois, événements d'Algérie obligent…

Démobilisé, Michel Beaune rejoint la Compagnie Renaud-Barrault au sein de laquelle il se fait remarquer dans «Le marchand de Venise» (1961) de Shakespeare. Parallèlement, il débute à l'écran, faisant une apparition non créditée dans le film de Claude Chabrol, «Les godelureaux» (1961). Mais sa carrière cinématographique restera fortement influencée par celle de “Bébel” qui, fidèle en amitié, réunira souvent autour de lui ses compagnons de bohême, artistique ou autres, comme le furent Pierre Vernier ou Maurice Auzel.

Dès 1964, les deux compères partagent une première aventure cinématographique dans «Échappement libre» de Jacques Becker. Leur collaboration, que seule la mort viendra interrompre, se poursuivra sur plus d'un quart de siècle, Michel étant de la plupart des épopées égocentriques de son célèbre camarade d'école. De «L'héritier» (1972) à «Flic ou voyou» (1979) pour les années soixante dix, en passant par «Stavisky» (1974), «L'incorrigible» (1975) et «Le corps de mon ennemi» (1976), il promènera sa longue silhouette dans les peaux d'une longue lignée d'aigrefins complices ou d'adversaires fielleux, cachés derrière une carte de policier corrompu ou protégé par un statut de fonctionnaire servile du genre à abuser de son passeport diplomatique.

Pour autant, l'acteur ne dédaigne pas servir des oeuvres plus personnelles et l'on a pu le reconnaître aux côtés de ses amis Jean Rochefort et Bruno Cremer dans «Le temps de mourir» d'André Farwagi (1970) ou de ses collègues Michel Bouquet et Sami Frey dans l'intimiste «Paulina 1880» de Jean-Lous Bertucelli (1972). Déjà, Bertrand Tavernier a songé à lui pour mettre un terme aux agissements chouans du marquis de Pontallec, héros malheureux de «Que la fête commence» (1974). De façon plus contemporaine, Yves Boisset l'enrôla également, représentant de l'ordre dans «Adieu Poulet» (1975), pour seconder le commissaire Verjeat à Rouen, avant que celui-ci ne soit muté d'office à Montpellier.

Tavernier récidivera huit ans plus tad, faisant de notre vedette un exploitant de cinéma ambulant au bon vieux temps de l'Afrique Occidentale Française dans un petit pays où ce brave Philippe Noiret s'est décidé à donner un bon «Coup de torchon» (1982) sur son proche entourage. Et puisque nous voici entré dans une nouvelle décénnie, déclinons la suite des entreprises de notre inséparable duo qui se retrouve dans «Le guignolo» (1980), «Le professionnel» (1981), «Les morfalous» (1984), «Joyeuses Pâques» (1984) ou «Le solitaire» (1986) pour partager des histoires pas toujours très propres : que voulez-vous, «Tout le monde peut se tromper» (1981). Plus intéressante sera leur dernière rencontre au fil de «L'itinéraire d'un enfant gâté» (1988) auquel Claude Lelouch saura mettre un terme des plus réjouissants.

Plus indépendant, l'acteur agrémentera de sa haute stature quelques histoires policières ouvertes («Le battant» en 1982 pour lequel il passa à “l'ennemi”, «Mesrine» en 1983,…) ou discrètes («Il faut tuer Birgitt Haas» en 1981, «L'indic» en 1983,…), généralement de consommation courante. Après une participation à «Une affaire de femmes» de Claude Chabrol (1988) dans une scène qui semble bien avoir été coupée au montage, Michel Beaune fit une dernière concession au septième art en ministre assassin dans «Feu sur le candidat» (1990).

Pour le reste, le saltimbanque qu'il fut longtemps sur les planches se partagea entre les pièces dites “de boulevard” («Tout dans le jardin» d'Edward Albee en 1979, «Ma cousine de Varsovie» de Louis Verneuil en 1988,…), les grandes fresques historiques ou romanesques reconstituées par Alain Decaux («Les Rosenberg ne doivent pas mourir» dès 1968, pièce qu'il termina une jambe dans le plâtre après être tombé de la scène, «Danton et Robespierre» au Palais des Congrès en 1979), Roger Planchon («Gilles de Rais» de 1976 à 1977) ou Robert Hossein («Les hauts de Hurlevent» d'après le récit d'Emily Brontë, «Kean» de Jean-Paul Sartre avec “qui-vous-savez”,…). Le petit écran profita également de ses qualités à de multiples reprises («Rocambole» en 1964, «Gaspard des montagnes» en 1965, «Talleyrand ou le Sphinx incompris» en 1972, «Série noire : sa majesté le flic» en 1984, «Néo polar : l'amour en gâchette» en 1985,…).

C'est d'ailleurs aux côtés de ce dernier que, Cadet de Gascogne, il livra sa dernière bataille en ami, conseiller et confident de «Cyrano de Bergerac» (1990) jusqu'à l'interruption estivale des représentations. Hélas, il ne devait pas y avoir de saison d'automne, une crise cardique surprenant l'interprète de Le Bret dans son appartement de Montmartre alors qu'un cancer perniceux avait déjà entrepris un travail de plus longue haleine. Marié, l'homme laissait derrière lui son épouse et ses deux filles, dont l'une, Caroline (1959/2014) devait suivre ses pas dans la carrière.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1964
ÉCHAPPEMENT LIBRE
2
1969
L'AVEU
3
1972
L'ATTENTAT
4
1972
L'HÉRITIER
5
1974
STAVISKY
6
1974
QUE LA FÊTE COMMENCE…
7
1975
L'INCORRIGIBLE
8
1975
ADIEU, POULET
9
1976
LE CORPS DE MON ENNEMI
10
1976
LA QUESTION
11
1977
PRÉPAREZ VOS MOUCHOIRS
12
1979
FLIC OU VOYOU
13
1980
LE GUIGNOLO
14
1982
COUP DE TORCHON
15
1982
LE BATTANT
16
1983
L'INDIC
17
1984
LES MORFALOUS
18
1984
LE COWBOY
19
1984
JOYEUSES PÂQUES
20
1986
LE SOLITAIRE
21
1988
ITINÉRAIRE D'UN ENFANT GÂTE
22
1990
FEU SUR LE CANDIDAT
Éd. 9.1.4 : 25-1-2019