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Anne GWYNNE (1918 / 2003)

Anne Gwynne

Actrice américaine, née Marguerite Gwynne Trice, le 10 décembre 1918, à Waco (Texas, U.S.A.). Décédée le 31 mars 2003, à Woodland Hills, Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Fille d'un fabricant de vêtements du Texas où elle passa la majeure partie de son enfance, cette jolie blonde naturelle suivit sa famille à St.Louis (Missouri) où elle termina ses études au Stevens College. En 1939, accompagnant son père dans une convention professionnelle à Los Angeles, elle se vit proposer, belle à souhait, un emploi de modèle par une compagnie de vêtements de bains, Catalina Swimwear (créée en 1907 et qui existe toujours). De proche en proche, la jeune femme qu'elle était devenue commença à s'intéresser à l'art dramatique, faisant bientôt ses premières apparitions sur scène.

Sa beauté remarquable ne devait pas passer inaperçue des “talent scouts” hollywoodien et bientôt deux compagnies cinématographiques s'intéressèrent à elle. Plus prompte, c'est Universal qui gagnera le gros lot, lui faisant signer un contrat dès 1939 et débuter aussitôt à l'écran dans un rôle secondaire de «Unexpected Father» (1939).

Disons le tout de suite, sur un plan qualitatif calqué sur ce que l'on sait de l'histoire du septième art américain, la carrière de la nouvelle vedette ne sera pas des plus mirobolantes et l'on trouvera difficilement quelques titres majeurs dans la cinquantaine d'apparitions dont elle nous gratifiera, pas plus que l'on ne trouvera la moindre petite distinction à mettre sous la dent des collectionneurs de médailles et autres breloques honorifiques et collectrices de poussière. Mais ce n'est tout de même pas pour rien que la même histoire se souviedra d'elle sous l'appellation de "Princess of Universal" tant elle sut illuminer de sa présence les films “de genre” de la célèbre “major”.

De genre, il y en eut essentiellement trois. Et celui dont elle eut le plus à se vanter fut sans conteste le fantastique et même l'horreur. Dès 1939, elle pilote quelques vaisseaux spatiaux dans 2 ou 3 chapitres du serial «Flash Gordon Conquers the Universe», ciné-feuilleton qui ne sortira qu'en 1940. L'aura précédé dans les salles le plus célèbre «Vendredi 13» d'Arthur Lubin (1940) dans lequel, si elle n'aperçut pas Bela Lugosi, elle eut nénamoins quelques scènes avec l'autre “monstre”, son ami Boris Karloff. La frustration fut levée l'année suivante grâce à un «Chat noir» qui lui porta plutôt bonheur et dans lequel elle remarqua à peine un petit acteur appelé à un avenir plus grand que lui, Alan Ladd. Pour faire bonne mesure, John Carradine lui fit visiter «La maison de Frankenstein» (1944), point d'orgue d'une trilogie qui fut sans doute le meilleur de son tableau d'honneur. Ne dédaignons pas toutefois «The Strange Case of Doctor RX» (1942) qui, moins célèbre que son presque homonyme de 1932, n'en bénéficie pas moins de la présence du même Lionel Atwill, toujours aussi savant que “jobard”. Quant à Lon Chaney Jr, il terrorisa notre pauvre amie dans «Weird Woman» (1944) peu après lui avoir cherché des crosses dans «Frontier Badmen» (1943).

Car, tour à tour brune ou blonde, notre vedette alimenta à de nombreuses reprises les fantasmes nocturnes des hommes des prairies dans des westerns d'avant-programme dépassant à peine l'heure de projection. En profitèrent ainsi quelques spécialistes du genre bien en deça de la maille haut taillée par un Gary Cooper, ne serait-ce même que d'un Randolph Scott : Johnny MacBrown («Oklahoma Frontier» en 1939, «Bad Man from Red Butte» en 1940,etc), Dick Foran («Road Agent» en 1941 avec l'inénarrable Andy Devine), Rod Cameron («Panhandle» en 1948), Gene Autry («The Blazing Sun» en 1950), les bien oubliés Kirby Grant («Call of the Klondike» en 1950) ou Lash LaRue («King of the Bulwhip» en 1950, sacrifice qu'elle justifie par des raisons alimentaires, nonobstant l'occasion de partager la vedette avec un faux Buffalo Bill en voie d'extinction)… Plus étonnante est la présence dans cette énumération d'une paire de nigauds partis vers un ouest contemporain afin d'échapper aux conséquences de leur bêtise récurrente («Deux nigauds cowboys» en 1942).

Puisque nous voici dans la comédie, genre qu'elle entama dès son premier film sous la direction de Charles Lamont et qu'elle poursuivit dans quelques éléments de la même série animée par Baby Sandy (rajoutons «Little Accident» en 1939, «Sandy Is a Lady» en 1940, «Melody Lane» en 1941), elle y prit un grand plaisir sous la direction de celui qu'elle désigna comme son metteur en scène préféré, Henry Koster, lequel la dirigea dans «Spring Parade» (1940). Elle s'amusa également à taquiner les fantômes dans «The Ghost Goes Wild» (1947), même si les conditions de travail à la Republic Picutures la firent moins rigoler.

Nous terminerons ce tour du spectateur inconditionnel par un passage obscur débouchant sur les drames mystérieux, les enquêtes criminelles et autres histoires à dormir debout, en soulignant qu'une division par genre trouve bien vite ses limites, les trangressions d'un univers vers un autre se faisant sans le respect absolu des frontières surnaturelles. Ainsi en est-il de ce «Charlie McCarthy, Detective» (1939) qui n'est autre qu'une marionnette de ventriloque prêtant plus à sourire qu'à inquiéter. «Broadway» (1942), oeuvre parfois musicale, n'a toutefois rien d'une comédie puisqu'elle est jouée par George Raft qui se parodie lui-même à la perfection, c'est-à-dire par marrant du tout. «Murder in the Blue Room» (1944), par contre, ne soutire pas la même angoisse que si le crime avait été commis dans une chambre jaune, allez savoir pourquoi. Enfin, s'attaquant à un gang mené par Karloff “himself”, le très perspicace «Dick Tracy Meets Gruesome» (1947) et fait correctement son travail, sans plus.

Très appréciée des soldats américains dont elle fut une des "pin-up" les plus reluquées avant qu'ils ne montent au front, Anne Gwynne devait quitter la Universal peu avant la fin de la guerre pour devenir indépendante, n'obtenant hélas des rôles qu'au sein de compagnies mineures sur le marché du "Poverty Row". Sans doute faut-il chercher là les raisons de la pauvreté de sa fin de carrière.

Dans sa vie privée, après s'être montrée une paire d'années en compagnie de Gil Valle, un assitant réalisateur tragiquement disparu à Tunis (1910/1944), Anne Gwynne épousa Max Gifford avec lequel elle fondera la Pegasus Productions, s'offrant au passage un rôle dans son antépénultième film, «Breakdown» (1952). Le couple aura deux enfants, Christopher et Gwynne qui, future actrice, lui donnera à son tour deux petits-enfants dont le futur acteur Chris Pine. Après le décès de son époux (1965), elle se retira seule à San Fernando Valley, où elle travailla comme secrétaire à proximité des studios de la Universal, rechignant à accorder la moindre interview.

Après son mariage, l'actrice se montra à deux reprises à l'écran : en 1958 dans «Teenage Monster» – "… le pire souvenir de ma carrière" – et enfin en 1970 dans «Adam at Six A.M.» dans lequel elle incarne la mère d'un petit nouveau, Michael Douglas, montrant à cettte occasion qu'elle n'avait rien perdu de son charme (ni de son éclat, pour rester fidèle à Gaston Leroux). Elle disparut pourtant en 2003, victime d'un choc opératoire subséquent à une opération chirurgicale au Motion Picture County Hospital de Woodland Hills (Los Angeles, Californie). Selon sa volonté, ses cendres furent dispersées dans l'Océan Pacifique.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1939
UNEXPECTED FATHER
2
1939
MAN FROM MONTREAL, de Christy CABANNE
 
3
1939
CHARLIE McCARTHY, DETECTIVE [Non créditée]
4
1940
BLACK FRIDAY (Vendredi 13)
5
1940
FLASH GORDON CONQUERS THE UNIVERSE, de Ray TAYLOR, Ford BEEBE (Serial)
 
6
1940
SANDY IS A LADY
7
1940
BAD MAN FROM RED BUTTE
8
1940
SPRING PARADE (Chanson d'avril)
9
1940
GIVE US WINGS, de Charles LAMONT
 
10
1941
NICE GIRL? (Toute à toi)
11
1941
WASHINGTON MELODRAMA
12
1941
THE BLACK CAT
13
1941
TIGHT SHOES, d'Albert S.ROGELL
 
14
1941
MOB TOWN, de William NIGH
 
15
1941
MELODY LANE, de Charles LAMONT
 
16
1941
ROAD AGENT / TEXAS ROAD AGENT
17
1942
RIDE' EM COW-BOY (Deux nigauds cowboys)
18
1942
THE STRANGE CASE OF DOCTOR RX
19
1942
BROADWAY
20
1942
MEN OF TEXAS
21
1942
SIN TOWN
22
1943
WE'VE NEVER BENN LICKED, de John RAWLINS
 
23
1943
FRONTIER BADMEN
24
1943
TOP MAN (Place aux jeunes)
25
1944
LADIES COURAGEOUS
26
1944
WEIRD WOMAN
27
1944
SOUTH OF DIXIE, de Jean YARBROUGH
 
28
1944
MURDER IN THE BLUE ROOM, de Leslie GOODWINS
 
29
1944
HOUSE OF FRANKENSTEIN (La maison de Frankenstein)
30
1946
I RING DOORBELLS, de Frank R.STRAYER
 
31
1946
FEAR (Frayeur)
32
1946
THE GLASS ALIBI, de W.Lee WILDER
 
33
1947
THE GHOST GOES WILD
34
1947
KILLER DILL
35
1947
DICK TRACY MEETS GRUESOME (Dick Tracy contre le gang)
36
1948
PANHANDLE (Le justicier de la sierra), de Lesley SELANDER
 
37
1948
THE ENCHANTED VALLEY, de Robert Emmett TANSEY
 
38
1949
ARSON, INC., de William BERKE
 
39
1950
THE BLAZING SUN, de John ENGLISH
 
40
1950
CALL OF THE KLONDIKE
41
1950
KING OF THE BULLWHIP, de Ron ORMOND
 
42
1957
TEENAGE MONSTER
Éd. 9.1.4 : 2-2-2019