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Marie WINDSOR (1919 / 2000)

Marie Windsor

Actrice américaine, née Emily Marie Bertelsen, le 11 décembre 1919, à Marysvale (Utah, U.S.A.). Décédée le 10 décembre 2000, à Beverly Hills, Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Fille d'Etta et Lane Bertelsen, la petite Emily aborde déjà son adolescence à la naissance de son frère cadet Jerry (1930). Elle en sortira avec l'entrée au foyer familial de la benjamine Louise (1936) alors qu'elle même sera déjà aux portes de ses études secondaires.

À 8 ans, la fillette découvre le cinéma (muet) grâce à sa grand-mère maternelle qui l'invite régulièrement à hanter en sa compagnie les salles obscures des environs de la petite cité agricole de Marysvale (200 habitants à l'époque). Bien vite, elle prend l'habitude de reproduire les scènes qu'elle a vues devant un auditoire de bambins en culottes courtes qui' nont pas la chance d'avoir une aïeule cinéphage !

À l'école, si elle déteste les mathématiques, elle se montre excellente élève en anglais et dans toutes les matières artistiques. Elle a à peine onze 11 ans lorsque ses parents, ne rechignant pas à faire hebdomadairement la trentaine de kilomètre qui séparent la bourgade de Richfield, lui permettent de suivre des cours de danse et de théâtre de cette cité du comté voisin de Sevier. Plus tard, à l'Université Brigham Young, elle tire profit de sa grande taille pour décrocher le grade de capitaine de l'équipe féminine de basket-ball.

Mais c'est l'art dramatique, et les paillettes du septième art qui semblent définitivement l'attirer. Élue en 1939 “Queen of Covered Wagons Days” du pays des Mormons, la jeune femme se voit reconnue comme l'officieuse Miss Utah par la chambre de commerce de son village, ce qui lui permet de participer – et de remporter – le Jesse Laskey Radio Talent Show de Salt Lake City. Assurés de ses capacités, ses parents l'installent alors à Hollywood et confient son avenir artistique aux bons soins du professeur d'origine russe Maria Ouspenskaya. “Cigarette Girl” au Mogambo Nightclub pour arrondir ses fins de semaines, elle finit par se faire remarquer du producteur LeRoyPrinz qui use de son influence pour lui faire obtenir une carte de la Screen Actors Guild, porte ouverte sur des engagements plus ou moins signifiants auprès des studios. C'est ainsi que, sous le nom de Marie Windsor, la starlette en herbe fait ses premières apparition à l'écran («All-American Co-Ed» de LeRoy Prinz en 1941,…), le plus souvent dans de discrètes figurations. Infirmière dans «Smart Alecks» (1942), cliente d'un café parisien où s'attable «Joan of Paris» (1942), hôtesse auprès de l'inénarrable comique Joe E.Brown dans «Chatterbox» (1943),… elle ne se souviendra plus de la plupart de ses différentes et fugitives apparitions lorsqu'on l'interrogera à ce sujet quelques années plus tard. Et si on la retrouve tout de même princesse dans «Lady of the Tiger ?» (1942), il ne s'agit là que de l'un des derniers courts-métrages réalisés par Fred Zinnemann.

Son horizon bouché, elle accepte d'entrer dans un tournée nationale de la pièce «Henry Duffy's Merry-Go-Rounders» (1943). Au cours d'une représentation à Washington, ses qualités vocales la font retenir par le producteur Jerry Devine qui la fait venir à New York où elle participe à plusieurs centaines d'émissions radiophoniques et se produit sur scène dans «Follow The Girls» (1946). Sa persévérance débouche enfin sur un contrat ferme de la Metro-Goldwyn-Mayer qui la ramène en terre hollywodienne…

Après une courte union avec le chef d'orchestre Ted Steele dont elle demandera rapidement l'annulation, Marie Windsor commence son ascension personnelle. Toujours non créditée pour échapper à Clark Gable dans «Marchands d'illusions» (1947), elle voit enfin son nom apparaître au générique de «Meurtre en musique» (1947) lors d'une enquête menée par "L'introuvable" William Powell. Dame d'honneur d'Anne d'Autriche, mais à la solde de ce fourbe de Richelieu dans «Les trois mousquetaires» (George Sydney, 1948), elle peut enfin, pour la première fois, échanger longuement avec la vedette sur «L'enfer de la corruption», le fameux film noir d'Abraham Polonski (1948). Peu après, libérée de la M.G.M., elle obtient, indépendante des studios, un premier rôle féminin en soutenant «La dernière charge» (1949) aux côtés de George Raft, pour le meilleur et pour le pire : elle en est alors à son 32ème film !

L'année 1949 sera d'ailleurs décisive pour elle lorsqu'elle donnera la réplique, dans «Hellfire» (1949), à 'Wild' Bill Elliott, héros de westerns de série “B” dont les exploits ne sortiront que rarement des frontières des États-Unis. Bonne cavalière, l'actrice s'y montre suffisamment à l'aise pour que la Republic Pictures en fasse l'une des spécialistes du genre, lui permettant même, épouse infidèle, d'assister à la bataille de «Little Big Horn» ! «Femme sans loi» (1950), elle se crêpe le chignon avec Shelley Winters pour les beaux revolvers de Joel McCrea… “Bad Girl” à accoutumance, elle ne sera guère plus fréquentable une vingtaine d'années plus tard lorsque, fille de saloon, elle en remontrera encore à James Garner dans «Tueur malgré lui» (1971) !

Sortie des grandes plaines de l'Ouest, elle n'est guère plus amène lorsque, veuve d'un gangster, elle est prise en chasse par d'anciens complices de son mari alors qu'elle s'apprêtait à lever le voile sur «L'énigme du Chicago Express» (1952), ou lorsque, chanteuse de nightclub, elle est la victime de «L'homme à l'affût» (1952), un maniaque sexuel, dès le premier tiers de l'intrigue. Fatale à en mourir, elle s'attaque à un bon père de famille dans «Two Dollars Bettor» (1951). Femme de caractère et croqueuse de diamants embourbée dans les marais amazoniens («Swamp Women», 1956), elle se montre à nouveau volage avant de pousser son cornu d'époux à participer à «L'ultime razzia» mise au point par Stanley Kubrick pour satifaire sa vénalité chronique ! Cette oeuvre constitue sans doute le point d'orgue de la carrière de l'actrice qui ne cueillera pas tous les fruits qu'elle auraient dû de cette participation dont la reconnaisance, sans doute à cause d'une distribution trop frileuse, ne surviendra que beaucoup plus tard, lorsque son réalisateur sera devenu l'une des icônes de sa noble profession.

De tout ceci ne ressort guère de grand titre dans la filmographie de Marie Windsor, même sans ignorer ses rares passages dans l'univers de la comédie («Deux nigauds et la momie» en 1955, «Les séducteurs» en 1964,…). Elle finira son parcours face à quelques géants du métier, comme Robert Mitchum («Un homme fait la loi», 1969) ou John Wayne («Les cordes de la potence», 1973), mais aussi par de nombreuses contributions à de nombreuses séries télévisées jusqu'à la fin des années 80.

Remariée en 1954 à l'agent immobilier Jack Hupp, elle donnera naissance à un fils, Richard Rodney (1963), qui grandira auprès de son demi-frère Chris, naît du mariage précédent de l'époux. Souffrant d'arthrite depuis longtemps, elle subit en 1966 le contre-coup d'une opération au dos qui l'empêchera longtemps de se déplacer. Plus tard, devenue à son tour conseillère immobilière, elle siègera pendant un quart de siècle au sein de la Screen Actors Guild, syndicat influents des gens du cinéma américain.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1942
THE LADY OR THE TIGER?, de Fred ZINNEMANN (Court métrage) [Non créditée]
 
2
1942
SMART ALEKS [Non créditée]
3
1943
CHATTERBOX [Non créditée]
4
1947
LIVING IN A BIG WAY [Non créditée]
5
1947
THE HUCKSTERS (Marchands d'illusions) [Non créditée]
6
1947
SONG OF THE THIN MAN (Meurtre en musique)
7
1948
THE THREE MUSKETEERS (Les trois mousquetaires) [Non créditée]
8
1948
FORCE OF EVIL (L'enfer de la corruption)
9
1949
OUTPOST IN MOROCCO (La dernière charge)
10
1949
THE BEAUTIFUL BLONDE FROM BASHFUL BEND (Mamzelle Mitraillette) [Apparition non créditée]
11
1949
HELLFIRE, de R.G.SPRINGSTEEN
 
12
1949
THE FIGHTING KENTUCKIAN (Le bagarreur du Kentucky)
13
1950
DAKOTA LIL, de Lesley SELANDER
 
14
1950
THE SHOWDOWN, de Dorrell McGOWAN, Stuart McGOWAN
 
15
1950
FRENCHIE (Femme sans loi)
16
1950
DOUBLE DEAL, d'Abby BERLIN
 
17
1951
LITTLE BIG HORN, de Charles Marquis WARREN
 
18
1951
HURRICANE ISLAND, de Lew LANDERS
 
19
1951
TWO-DOLLAR BETTOR, d'Edward L.CAHN
 
20
1952
JAPANESE WAR BRIDE
21
1952
THE NARROW MARGIN (L'énigme du Chicago Express)
22
1952
OUTLAW WOMEN (Femmes hors-la-loi)
23
1952
THE SNIPER (L'homme à l'affût)
24
1952
THE JUNGLE, de William BERKE
 
25
1953
THE TALL TEXAN (Les démons du Texas), d'Elmo WILLIAMS
 
26
1953
TROUBLE ALONG THE WAY (Un homme pas comme les autres)
27
1953
CITY THAT NEVER SLEEPS (Traqué dans Chicago)
28
1953
CAT-WOMEN OF THE MOON
29
1953
HELL'S HALF ACRE (Les bas-fonds d'Hawaï)
30
1954
THE BOUNTY HUNTER (Terreur à l'ouest)
31
1955
THE SILVER STAR / THE SHERIFF
32
1955
ABBOTT AND COSTELLO MEET THE MUMMY (Deux nigauds et la momie)
33
1955
NO MAN's WOMAN, de Franklin ADREON
 
34
1955
TWO-GUN LADY, de Richard BARTLETT
 
35
1956
SWAMP WOMEN
36
1956
THE KILLING (L'ultime razzia)
37
1957
THE GIRL IN BLACK STOCKINGS (La fille aux bas noirs)
38
1957
THE PARSON AND THE OUTLAW (Le retour de Billy the Kid)
39
1957
THE UNHOLY WIFE (La femme et le rodeur)
40
1957
THE STORY OF MANKIND
41
1957
DAY OF THE BADMAN (La journée des violents)
42
1958
ISLAND WOMEN, de William BERKE
 
43
1962
PARADISE ALLEY
44
1962
THE DAY MARS INVADED EARTH, de Maury DEXTER
 
45
1963
MAIL ORDER BRIDE (À l'ouest du Montana)
46
1964
BEDTIME STORY (Les séducteurs), de Ralph LEVY
 
47
1966
CHAMBER OF HORRORS (La chambre des horreurs), de Hy AVERBACK.
 
48
1969
THE GOOD GUYS AND THE BAD GUYS (Un homme fait la loi)
49
1971
SUPPORT YOUR LOCAL GUNFIGHTER (Tueur malgré lui)
50
1973
CAHILL, UNITED STATES MARSHALL (Les cordes de la potence)
51
1973
THE OUTFIT (Échec à l'organisation)
52
1976
FREAKY FRIDAY (Un vendredi dingue, dingue, dingue), de Gary NELSON
 
53
1981
LOVELY BUT DEADLY, de David SHELDON
 
Éd. 9.1.4 : 22-10-2019