La bibliothèque de L'Encinématheque

Allen JENKINS (1900 / 1974)

Allen Jenkins

Acteur américain, né Alfred McGonegal, le 9 avril 1900, à Staten Island (New YorkU.S.A.). Décédé le 20 juillet 1974 à Santa Monica (Californie, U.S.A.).

Ayant passé son enfance à suivre en tournée des parents comédiens, le futur Allen Jenkins n'eut pas besoin d'un conseiller d'orientation pour décider de son destin : après ses études à l'American Academy of Dramatic Arts, il débute au début des années vingt et, de comédie musicale en création théâtrale, il se fait un nom à Broadway, en particulier grâce à son interprétation de Frankie Wells, le garde du corps de «Blessed Event» (1932), succès de la scène adapté la même année au cinéma.

Débutant à l'écran en 1931, on peut l'apercevoir en livreur de viande dans les cuisines du «Grand-Hôtel» (1932) ou parmi les membres de l'équipage de «King Kong» (1933, non repéré). Rapidement, les rôles se font plus conséquents et deux images se superposent, l'une – liée à sa trogne volontiers patibulaire  – est celle du mauvais garçon mais le sourire revient car ce truand est souvent un brave zigue. Ainsi, le compagnon de chaîne de Paul Muni dans «Je suis un évadé» (1932) se montre bon camarade et l'homme de main de «Lawyer Man» (1932) n'impressionne guère William Powell qui n'a aucun mal à l'amadouer. Recruté par les studios Warner, il renoue dans «Hard to Handle» (1933) avec James Cagney, un vieux copain de Broadway devenu star, et cette belle association contribue largement à sa popularité. Ainsi il sera l'acolyte de «Jimmy the Gent» (1934) mais aussi son souffre-douleur et l'on ne compte plus le nombre de gifles et autres coups de pied que lui impose son irascible boss. Pendant la majeure partie de «The St. Louis Kid» (1934), il arbore un magnifique coquard mais leurs relations s'améliorent, même si dans «Le bataillon des sans-amour» (1934) il supporte difficilement que Cagney l'appelle ironiquement "Uncle" Mike. Dans «Tête chaude» (1935) où il joue un boxeur au patronyme improbable, Cagney est son coach contraint de monter sur le ring à sa place puisqu'il s'est soûlé le soir du combat… Intempérant repenti, Jenkins se multiplia sur le tard dans les campagnes de prévention des Alcooliques Anonymes.

Très vite, sa réputation de voleur de scènes en fit une recrue de choix pour intégrer le gang d'autres stars Warner du film noir, à commencer par Edward G. Robinson pour «Le mystérieux docteur Clitterhouse» (1938) ou «Brother Orchid» (1940), film où Allen Jenkins joue rien moins que Willie the Knife, un truand bien aimable finalement. Kidnappeur d'enfant associé à Humphrey Bogart dans «Une allumette pour trois» (1932), il le retrouve en tête d'affiche de «Rue sans issue» (1937) où Joel McCrea lui règle son compte. Dans «Femmes marquées» (1937), Bogart et Jenkins n'ont pas de scènes communes, Allen se chargeant de deux scènes comiques avec Bette Davis et ses copines entraîneuses. Il retrouve Bette dans «Bureau of Missing Persons» (1933) – où il s'appelle joliment Joe Musik – et joue le comique de service auprès d'autres stars féminines comme Ginger Rogers dans «Professional Sweetheart» (1933), Joan Blondell dans «Blondie Johnson» (1933) ou Marion Davies dans «Page Miss Glory» (1935) et «Ever since Eve» (1937), film où ses échanges avec une Patsy Kelly à la langue bien pendue sont savoureux. Fidèle à ses débuts, il ne craint pas, dès le prestigieux «42e rue» (1933), de participer aux comédies musicales menées par Ruby Keeler, Al Jolson, Dick Powell ou Betty Grable et c'est ainsi qu'on le voit danser sur une chorégraphie de Busby Berkeley dans «Gold Diggers in Paris» (1938).

Son prestige augmente lorsqu'il tient le troisième rôle de «Cain and Mabel» (1936), Dodo, l'entraîneur de Clark Gable, boxeur amoureux de Marion Davies. Un nouveau coquard, cette fois dégommé par Errol Flynn, et voilà les deux hommes copains comme cochons dans «Un homme a disparu» (1937) de Michael Curtiz, de quoi envisager sereinement leurs retrouvailles dans «Des pas dans la nuit» (1941) et «Bombardiers en piqué» (1941), un film de guerre où il parvient à nous dérider dans le rôle d'un Marine qui se fait porter pâle chaque fois que son épouse vindicative veut faire main basse sur sa solde. Sa carrière de “bad guy” pour rire se poursuit au Far West avec «Femme ou démon» (1939) où il joue un tueur au service de Brian Donlevy. Partenaire de Danny Kaye dans «Le joyeux phénomène» (1945), il y est surnommé Chimp ! «Quels seront les 5 ?» (1939) de John Farrow humanise son personnage : l'oncle Pete est un mauvais garçon que le crash d'un avion transforme un temps en père adoptif d'un petit garçon jusqu'au moment où il meurt sous les flèches des indiens Jivaros !

Vaguement benêt mais vraiment sympathique, lorsqu'il se mêle d'une enquête, ce n'est certes pas pour donner l'image la plus reluisante de la police. Il joue le Sergent Holcomb dans «The Case of the Howling Dog» (1934), une enquête de Perry Mason interprété par Warren William. Le duo fonctionne et Jenkins revient en Spudsy Drake dans deux autres films : «The Case of the Curious Bride» (1935) et «The Case of the Lucky Legs» (1935). Dans la foulée, il incarne Jonathan “Goldie” Locke, compagnon d'aventures de George Sanders dans trois films de la série «The Gay Falcon» (1941) où son rôle consiste essentiellement à calmer les conquêtes successives de l'ami George. Deux courts métrages, «The Hat Box Mystery» (1947) et «The Case of the Baby Sitter» (1947), lui redonneront le même type de personnage, cette fois auprès de Tom Neal. Avec le comique Hugh Herbert, il formait déjà un duo de détectives peu futés dans «Sh ! The Octopus» (1937). Histoire de se rattraper, il seconde habilement une trépidante Jane Wyman dans «Torchy Blane Playing with Dynamite» (1939). Au début des années 60, il sera la voix de l'officier Charlie Dibble dans «Top Cat», série d'animation à succès de Hanna et Barbera.

Avec une centaine de films tournés en vingt ans, Allen Jenkins affiche un beau palmarès et l'on ne peut l'oublier dans «Boule de feu» (1941) de Hawks où il est éboueur mais aussi  professeur d'argot de Gary Cooper. Les années 50 le voient déserter les écrans de cinéma pour se consacrer à la télévision où Lucille Ball le réclame volontiers pour jouer les policiers – Officier Jenkins ! – dans son fameux show, «I love Lucy». Ex-manager de boxe dans «The Duke», une série tournée en 1954, il semble reprendre à plaisir ses personnages les plus caractéristiques et ce sera aussi le cas lors de ses dernières apparitions sur grand écran dans «Confidences sur l'oreiller» (1959), «Un monde fou, fou, fou, fou» (1963) – il y joue un énième policier – ou «Les sept voleurs de Chicago» (1964) pour un énième rôle de truand nommé Vermin. Dix jours avant sa disparition, il se fend encore d'une apparition dans «Spéciale première» (1974) signé Billy Wilder : s'il n'y joue qu'un court rôle de télégraphiste, ce fut une belle façon de boucler la boucle puisque près d'un demi-siècle plus tôt il participait à la création de la pièce originale, «The Front Page», de Ben Hecht et Charles MacArthur (1928).

Jean-Paul Briant

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1932
GRAND HOTEL [Non crédité]
2
1932
BLESSED EVENT
3
1932
THREE ON A MATCH (Une allumette pour trois)
4
1932
I AM A FUGITIVE FROM A CHAIN GANG (Je suis un évadé)
5
1932
LAWYER MAN, de William DIETERLE
 
6
1933
HARD TO HANDLE (L'affaire se complique)
7
1933
BLONDIE JOHNSON, de Ray ENRIGHT
 
8
1933
THE MAYOR OF HELL (Le bataillon des sans amour), d'Archie MAYO
 
9
1933
I'VE GOT YOUR NUMBER
10
1934
JIMMY THE GENT
11
1934
THE CASE OF THE HOWLING DOG
12
1934
THE St.LOUIS KID, de Ray ENRIGHT
 
13
1935
THE CASE OF THE CURIOUS BRIDE
14
1935
THE IRISH IN US (Tête chaude)
15
1935
PAGE MISS GLORY (Reine de beauté)
16
1935
BROADWAY HOSTESS
17
1935
MISS PACIFIC FLEET (Miss Pacific), de Ray ENRIGHT
 
18
1936
THE SINGING KID, de William KEIGHLEY
 
19
1936
CAIN AND MABEL (Caïn et Mabel)
20
1937
MARKED WOMAN (Femmes marquées)
21
1937
EVER SINCE EVE
22
1937
DEAD END (Rue sans issue)
23
1937
THE PERFECT SPECIMEN (Un homme a disparu)
24
1938
SWING YOUR LADY
25
1938
A SLIGHT CASE OF MURDER (Un meurtre sans importance)
26
1938
FOOLS FOR SCANDAL (La peur du scandale)
27
1938
RACKET BUSTERS (Menaces sur la ville)
28
1938
THE AMAZING Dr.CLITTERHOUSE (Le mystérieux docteur Clitterhouse)
29
1938
GOING PLACES (Le cavalier errant), de Ray ENRIGHT
 
30
1939
FIVE CAME BACK (Quels seront les cinq?)
31
1939
TORCHY BLANE… PLAYING DYNAMITE, de Noel M.SMITH
 
32
1939
DESTRY RIDES AGAIN (Femme ou démon)
33
1940
BROTHER ORCHID
34
1940
MEET THE WILDCAT
35
1940
TIN PAN ALLEY
36
1941
FOOTSTEPS IN THE DARK (Des pas dans la nuit)
37
1941
TIME OUT FOR RHYTHM
38
1941
DIVE BOMBER (Bombardiers en piqué)
39
1941
THE GAY FALCON
40
1941
BALL OF FIRE (Boule de feu)
41
1941
A DATE WITH THE FALCON
42
1942
THE FALCON TAKES OVER
43
1942
THEY ALL KISSED THE BRIDE (Embrassons la mariée), d'Alexander HALL
 
44
1946
THE DARK HORSE, de Will JASON
 
45
1946
SINGIN' IN THE CORN, de Del LORD
 
46
1947
THE CASE OF THE BABY SITTER, de Lambert HILLYER (Court métrage)
 
47
1947
THE SENATOR WAS INDISCREET, de George S.KAUFMAN
 
48
1949
BODYHOLD
49
1951
BEHAVE YOURSELF (Symphonie en 6.35)
50
1959
PILLOW TALK (Confidences sur l'oreiller)
51
1964
ROBIN AND THE 7 HOODS (Les sept voleurs de Chicago)
Éd. 9.1.4 : 3-12-2019