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Alfredo LANDA (1933 / 2013)

Alfredo Landa

Acteur espagnol, né Alfredo Landa Areta, le 3 mars 1933, à Pampelone (Navarre, Espagne). Décédé le 9 mai 2013, à Madrid (Espagne).

Fils d'un garde civil, le petit Alfredo passe ses premières années dans la cité d'Arive, en Navarre espagnole. Il n'a que 6 ans lorsque sa famille s'installe à Figueras (1939), dont l'un des fils le peintre Salvador Dalí, commençait à peine à gravir les premières marchesqui devaient l'emmener à la célébrité. C'est là qu'il entame ses études “secondaires”, plus précisément à l'Institut Ramón Muntaner, avant de faire son “université” de droit à San Sebastián, capitale de la province du Guipuscoa. Au fil des ans, le théâtre universitaire lui ouvre peu à peu de nouvelles perspectives qui finiront par décider de son avenir.

Époux de Maite Imaz Aramendi qui lui donnera trois enfants – Idoia en 1964, Alfredo en 1966 et Ainhoa ​​en 1969 – il s'installe à Madrid où, comédien professionnel, il donne ses premières compositions officielles : «El cenador» d'Alec Coppel (1960), «Los caciques» de Carlos Arniches (1962), etc.

Nonobstant une éventuelle paire de figurations qui restent encore à confirmer, il fait ses débuts à l'écran en 1962 dans un film de José María Forqué «Atracos a las tres» (1962), comparse de troisième ordre dans une affaire de brigandage. De film en film, il traversera lentement les “sixties" en restant généralement au milieu des génériques. Oscillant de la comédie au drame, nous pûmes ainsi l'apercevoir en sacristain au mariage de Nino Manfredi dans «Le bourreau», co-production hispano-italienne de Luis García Berlanga (1963), en spectateur ahuri dans «La verbena de la paloma» de José Luis Sáenz de Heredia (1963) ou encore en vendeur d'oeufs dans «La ciudad no es para mí» de Pedro Lazaga (1966). Anecdote amusante, dans «¿Que hacemos con los hijos ?» (Pedro Lazaga, 1967), il campe un garde civil fier de faire état de ses compétences devant son daron approbateur, une suggestion de jeu à laquelle il ne fut certainement pas étranger.

Peu à peu, les rôles s'étoffent et, avant la fin de la décennie, il occupe («La niña del luto» de Manuel Summer en 1964,…) ou soutient («Ninette y un señor de Murcia» en 1965,…) les têtes d'affiches en s'efforçant de ne pas passer inaperçu. Complice récurrent à une petite vingtaine de reprises de la pétulante Concha Velasco («Las que tienen que servir» en 1967, «El alma se serena» et «Cuatro noches de bodas» en 1969, «Préstame quince días» en 1971,…), il en partagera le dynamisme jusqu'en 2003 et son antépénultième film, «El oro de Moscú» (2003).

Au tournant des années 70, désormais vedette à part entière, il accède à une gloire nationale en personnifiant un archétype de libertin macho-ibérique, genre que l'on ne tardera pas à décliner depuis son patronyme, «El landismo». Citons «¿Por qué te engaña tu marido ?» de Manuel Summers (1969), «No desearás al vecino del quinto» de Ramón Fernández (1970), «Los novios de mi mujer» de Ramón Fernández (1972), «Las obsesiones de Armando» de Luis María Delgado (1974), etc. Dans cette série d'aventures comiques qui ne franchirent que très rarement les sommets pyrénéens, on peut deviner, à la lecture des titres, la légèreté de certains sujets mais, au-delà de leur ton égrillard, ne vous attendez tout de même pas à voir ces dames se débarrasser de leurs lingeries : on est encore sous le régime franquiste !

En ces années faciles, le parcours d'Alfredo Landa croise régulièrement celui du réalisateur Mariano Ozores – “hijo”, fils de l'acteur éponyme – que l'on peut situer, en une comparaison franchouillarde, entre Philippe Clair et Jean Girault. Parmi ces fruits, illustrons «Manolo, la nuit» (1973), «Los pecados de ina chica casi decente» (1975), «Alcalde por elección» (1975), etc.

Vers la fin de la décennie, Alfredo Landa va étendre peu à peu la palette de son jeu en se tournant vers des rôles plus consistants. Juan Antonio Bardem lui en donne une première occasion en l'engageant dans un “road-movie” motorisé, «El puente» (1977), au long duquel il nous fait découvrir la métamorphose de la société espagnole après la mort du généralissime Franco. Ainsi, en 1979, il partage l'affiche avec Patrick Dewaere sur ce film estimable de Didier Haudepin, «Paco l'infaillible», dans lequel il fait valoir ses qualités d'étalon que notre jeune et fougueux compatriote viendra concurrencer. Aux nombres des rares co-productions auxquels il contribua, nous ne pouvons manquer d'ajouter son personnage de Frère Pappina, l'un des membres de la congrégation religieuse ayant accueilli le petit «Marcellino» redessiné par Luigi Comencini (1991).

Mais c'est principalement le metteur en scène José Luis Garci qui confirmera cette évolution artistique avec «Las verdes praderas» (1979), lui confiant le costume trop serré d'un parvenu qui se sent oppressé dans son confort bourgeois. Deux ans, plus tard, il en fait «El crack» (1981), alias Germán Areta, un détective privé sans pitié, aux antipodes de ses pantalonnades habituelles. Le même Garci l'accompagnera («Historia de un beso» en 2002,… ) jusqu'à la fin de son activité en mettant en scène ses deux derniers films, «Tiovivo C. 1950» (2004) et «Luz de domingo» (2007).

Les honneurs, vont dès lors être régulièrement rendus à celui qui finira par être considéré comme l'un des meilleurs comédiens hispaniques de sa génération, tout d'abord par le Festival de Cannes avec le décernement d'une palme d'or du meilleur acteur partagée avec Francisco Rabal pour leurs compositions complémentaires dans «Les saints innocents» de Mario Camus (1984), ensuite par les membres de l'Academia de las Artes y las Ciencias Cinematográficas de España qui choisirent de lui délivrer le Goya 1988 – l'équivalent de nos César – pour son incarnation d'un bandit des grands bois dans «La forêt animée» de José Luis Cuerda (1987). La même récompense lui reviendra en 1993 pour «La maranna» dans la peau d'un exilé de retour dans son Estramadure natale à l'heure même où Christophe Colomb s'apprête à prendre la mer.

En 2007, un Goya d'honneur qui vint rendre un éternel hommage à ce petit bonhomme insignifiant devenu en quelques années l'un des plus Grands d'Espagne.

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1962
ATRACO A LAS TRES
2
1963
EL VERDUGO (Le bourreau)
3
1963
LA VERBENA DE LA PALOMA, de José Luis SÁENZ de HEREDIA
 
4
1964
I MARZIANI HANNO DODICI MAN, de Francesco CASRELLANO, Giuseppe MOCCIAI
 
5
1964
LA NIÑA DE LUTO
6
1965
NINETTE Y UN SEÑOR DE MURCIA
7
1966
LA CIUDAD NO ES PARA MÍ
8
1966
LAS VIUDAS [Sk."El retrato de Regino"]
9
1967
¿QUE HACEMOS CON LOS HIJOS?
10
1967
CRÓNICA DE NUEVE MESES, de Mariano OZORES hijo
 
11
1967
LAS QUE TIENEN QUE SERVIR, de José María FORQUÉ
 
12
1967
NOVIOS 68, de Pedro LAZAGA
 
13
1967
PERO… ¿EN QUÉ PAÍS VIVIMOS?, de José Luis SÁENZ de HEREDIA
 
14
1967
40 GRADOS A LA SOMBRA, de Mariano OZORES hijo
 
15
1968
LOS SUBDESARROLLADOS, de Fernando MERINO
 
16
1968
NO SOMOS DE PIEDRA
17
1968
LOS QUE TOCAN EL PIANO
18
1969
UNA VEZ AL AÑO SER HIPPY NO HACE DAÑO
19
1969
¿POR QUE TE ENGAÑA TU MARIDO?
20
1969
NO DISPONIBLE, de Pedro Mario HERRERO
 
21
1969
CUATRO NOCHES DE BODA
22
1969
SOLTERA Y MADRE EN LA VIDA, de Javier AGUIRRE
 
23
1969
LAS LEANDRAS
24
1969
EL ALMA SE SERENA, de José Luis SÁENZ de HEREDIA
 
25
1970
CATETO A BABOR
26
1970
NO DESEARÁS AL VECINO DEL QUINTO / DUE RAGAZZI DA MARCIAPIEDE
27
1970
VENTE A ALEMANIA, PEPE!
28
1971
PRÉSTAME QUINCE DÍAS, de Fernando MERINO
 
29
1971
EL DIABLO COJUELO, de Ramón FERNÁNDEZ
 
30
1971
NO DESEARÁS LA MUJER DEL VECINO/LA STRANA LEGGE DEL DOTTORE MENGA
31
1971
LOS DÍAS DE CABIRIO
32
1972
VENTE A LIGAR AL OESTE
33
1972
¡NO FIRMES MÁS LETRAS, CIELO!, de Pedro LAZAGA
 
34
1972
LOS NOVIOS DE MI MUJER
35
1972
GUAPO HEREDERO BUSCA ESPOSA
36
1972
PARÍS BIEN VALE UNA MOZA, de Pedro LAZAGA
 
37
1973
PISITO DE SOLTERAS, de Fernando MERINO
 
38
1973
LAS ESTRELLAS ESTÁN VERDES, de Pedro LAZAGA
 
39
1973
MANOLO, LA NUIT, de Mariano OZORES hijo
 
40
1974
JENARO EL DE LOS 14
41
1974
UN CURITA CAÑÓN, de Luis María DELGADO
 
42
1974
DORMIR Y LIGAR: TODO ES EMPEZAR
43
1974
EL REPRIMIDO
44
1974
FIN DE SEMAÑA AL DESNUDO
45
1975
LOS PECADOS DE UNA CHICA CASI DECENTE, de Mariano OZORES hijo
 
46
1975
TÍO, ¿DE VERDAD VIENEN DE PARÍS?
47
1976
MAYORDOMO PARA TODO, de Mariano OZORES hijo
 
48
1976
ALCALDE POR ELECCIÓN, de Mariano OZORES hijo
 
49
1977
EL PUENTE, de Juan Antonio BARDEM
 
50
1977
CELEDONIO Y YO SOMOS ASÍ, de Mariano OZORES hijo
 
51
1979
LAS VERDES PRADERAS, de José Luis GARCI
 
52
1979
REDIEZCUBRIMIENTO DE MEXICO
53
1979
PACO L'INFAILLIBLE
54
1980
EL ALCALDE Y LA POLÍTICA, de Luis María DELGADO
 
55
1981
EL CRACK, de José Luis GARCI
 
56
1981
EL PODEROSO INFLUJO DE LA LUNA, d'Antonio del REAL
 
57
1981
PRÉSTAME TU MUJER, de Jesús YAGÜE
 
58
1981
LA PRÓXIMA ESTACIÓN, d'Antonio MERCERO
 
59
1983
EL CRACK DOS, de José Luis GARCI
 
60
1983
LAS AUTONOSUYAS, de Rafael GIL, de Rafael GIL
 
61
1984
LOS SANTOS INOCENTES (Les saints innocents)
62
1985
LA VAQUILLA
63
1985
LOS PARAISOS PERDIDOS
64
1986
BANDERA NEGRA, de Pedro OLEA
 
65
1986
TATA MÍA
66
1987
EL BOSQUE ANIMADO (La forêt animée)
67
1988
SINATRA
68
1989
EL RIO QUE NOS LLEVA (Ce Fleuve qui nous Emporte)
69
1991
MARCELLINO
70
1992
AQUÍ, EL QUE NO CORRE… VUELA
71
1992
LA MARRANA, de José Luis CUERDA
 
72
1994
¡POR FIN SOLOS!, d'Antonio del REAL
 
73
1994
EL REY DEL RIO
74
1996
LOS PORRETAS, de Carlos SUÁREZ
 
75
2002
HISTORIA DE UN BESO, de José Luis GARCI
 
76
2002
LA LUZ PRODIGIOSA
77
2003
EL ORO DE MOSCÚ, de Jésus BONILLA
 
78
2004
TIOVIVO C. 1950, de José Luis GARCI
 
79
2007
LUZ DE DOMINGO, de José Luis GARCI
 
Éd. 9.1.4 : 20-12-2019