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Geneviève BUJOLD (1942)

Geneviève Bujold

Actrice canadienne, née le 1er juillet 1942, à Montréal (Québec, Canada).

Issue d'une famile catholique aux ascendances française et irlandaise, d'un père conducteur d'autocars et d'une mère employée de maison, Geneviève Bujold subit une longue instruction dans le cadre religieux de l'austère couvent d'Hochelaga (Montréal) dont lui reste l'amer souvenir d'avoir  "…vécu comme dans un tunnel avec la seule ambition d'en sortir un jour". Elle y parvint non sans mal, après avoir commis l'irréparable outrage d'avoir satisfait sa curiosité post-adolescente dans la lecture d'un ouvrage interdit : la petite histoire voudrait qu'il s'agisse du «Fanny» de Marcel Pagnol !

Elle décide alors de se consacrer à l'art dramatique et entame des cours de diction et de phonétique avant de s'inscrire au Conservatoire d'Art Dramatique de Montréal où elle entame l'étude des répertoires classiques anglais et français. C'est d'ailleurs sous le signe de Beaumarchais qu'elle fait ses débuts sur scène, au sein de la troupe du Théâtre de Gesù, dans une représentation du «Barbier de Séville» (1961) sous les robes de la jeune Rosine. Par la suite, membre de la Compagnie du Rideau Vert, elle effectuera une tournée en U.R.S.S. et en France (1965) où elle attirera l'attention de Florence Malraux, alors Mme Alain Resnais.

Au préalable, les débuts au cinéma de Geneviève Bujold auront été placés sous le signe de la malchance. En effet, «Amanita Pestilens» (René Bonnière, 1963) ne fut, semble-t-il, pas distribué dans les salles, et «La terre à boire» (Jean-Paul Bernier, 1964) connaîtra des démêlés avec la censure. Elle eut néanmoins plus de chance avec le court-métrage «Geneviève» qui, intégré au recueil de long métrage «La fleur de l'âge» (1964), constituera l'épisode canadien de cette co-production franco-italo-canado-japonaise rassemblant quelques tranches de vie de jeunes filles de divers pays.

Sa carrière de vedette décolle dès le milieu des années 60. Dans son pays natal, où on lui décernera, au cours de son brillant parcours, quatre prix cinématographiques d'interprétation Etrog et Génie, équivalents des oscars, elle est tout d'abors l'interprète de «Entre la mer et l'eau douce» de Michel Brault (1967) qu'elle considère comme son mentor. Déjà dirigée par Paul Amond – jeune réalisateur venu du petit écran – dans plusieurs épisodes de la série télévisée «Festival» (1960/1965), elle sera à plusieurs reprises l'héroïne de ses films : «Isabel» (1968), «Act of the Heart» (1970), «Le voyage» (1972), «Le dernier reportage» (1980) et «The Dance Goes On» (1992).En couple, ils se marieront (1967) et auront un fils (Matt, futur acteur et réalisateur) avant de divorcer (1973). Ajoutons, toujours à l'ombre de la feuille d'érable, «Kamouraska» (Claude Jutra, 1973), «Mon amie Max» (Michel Brault, 1994), «Impasse» (Sara Botsford, 1997), «Délivrez-moi» (Denis Chouinard, 2006), «Pour l'amour de Dieu» (Micheline Lanctôt, 2011), «Still Mine» (Michael McGowan, 2012), «Chorus» (François Delisle, 2015),…

Les États-Unis s'intéréssèrent aussi à la talentueuse comédienne, comme le prouvent, notamment, «Tremblement de terre» (1974), «Le pirate des Caraïbes» (1976), «Obsession» de Brian de Palma (1976), «Alex ou la liberté» (1976), «Morts suspectes» avec Michael Douglas (1977), «Le dernier vol de l'arche de Noé» (1980), «Monsignore» (1982), «La corde raide» (1984), «Choose Me» (1984) et «Wanda's Cafe» (1985) d'Alan Rudolph, «Finding Home» (2003), «Downtown : A Street Tale» (2004), «Northern Borders» (2013),…

Geneviève Bujold, qui reçoit le prix Suzanne Bianchetti (meilleur espoir du cinéma français de l'année en cours) en 1966, fut également dirigée par quelques uns des plus célèbres réalisateurs de notre Hexagone, comme Alain Resnais dans «La guerre est finie» (1966), Philippe de Broca dans «Le roi de cœur» (1966) et «L'incorrigible» (1975), Louis Malle dans «Le voleur» (1967), Claude Lelouch dans «Un autre homme, une autre chance» (1977), Gabriel Aghion dans «Rue du Bac» (1991) et Pascal Thomas dans «Mon petit doigt m'a dit» (2005).

De sa filmographie, on peut encore citer particulièrement le film anglais «Anne des mille jours» (1969), qui la révèle internationalement et qui lui vaut un Golden Globe de la meilleure actrice et une nomination à l'oscar dans la même catégorie, «Les Troyennes» (1971) de Michael Cacoyannis, dans lequel  elle se montre tout à fait à la hauteur de ses partenaires Katharine Hepburn, Vanessa Redgrave et Irene Papas, et la co-production américano-canadienne «Faux semblants» (1988) de David Cronenberg.

Parmi ses incursions au petit écran, relevons, par exemple, «Saint Joan» (1967) – qui lui vaut une nomination à l'Emmy Award de la meilleure actrice – et «Antigone» (1974), adaptations des pièces de, respectivement, G.B. Shaw et Jean Anouilh, qu'elle tourne pour la télévision américaine, ou encore le téléfilm canadien «Les noces de papier» (Michel Brault, 1990).

Rappelons enfin qu'elle est choisie en 1994 pour incarner le capitaine Janeway dans la série «Star Trek : Voyager» mais, rebutée par le rythme de tournage et estimant qu'elle ne pourra pas mener à bien sa tâche, elle jette l'éponge après à peine deux jours et est remplacée par Kate Mulgrew.

Toujours active, elle vie aujourd'hui à Malibu (Californie), en compagnie de Dennis Hastings, le père de son second fils, Emmanuel, né 1980. Depuis 2015, une récompense, décernée chaque année à un jeune espoir féminin du cinéma québécois, porte son nom. En 2018, elle est encore honorée par son pays du Prix du Gouverneur Général pour les Arts du Spectacle.

Marlène Pilaete, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1963
AMANITA PESTILENS, de René BONNIÈRE
 
2
1964
LA FLEUR DE L'ÂGE ou LES ADOLESCENTES, de Gian Vittorio Baldi [Sk."Geneviève"]
 
3
1964
LA TERRE À BOIRE, de Jean-Paul BERNIER
 
4
1966
LA GUERRE EST FINIE
5
1966
LE ROI DE COEUR
6
1966
LE VOLEUR
7
1967
ENTRE LA MER ET L'EAU DOUCE
8
1968
ISABEL, de Paul ALMOND
 
9
1969
ANNE OF THE THOUSAND DAYS (Anne des mille jours)
10
1970
ACT OF THE HEART, de Paul ALMOND
 
11
1971
THE TROJAN WOMEN (Les Troyennes)
12
1972
LE VOYAGE
13
1973
KAMOURASKA
14
1974
EARTHQUAKE (Tremblement de terre)
15
1975
L'INCORRIGIBLE
16
1976
SWASHBUCKLER/THE SCARLET BUCCANEER (Le pirate des Caraïbes)
17
1976
OBSESSION
18
1976
ALEX AND THE GYPSY (Alex ou la liberté/Amour sous caution)
19
1977
UN AUTRE HOMME, UNE AUTRE CHANCE
20
1977
COMA (Morts suspectes)
21
1978
MURDER BY DECREE (Meurtre par décret)
22
1981
THE LAST FLIGHT OF NOAH's ARK (Le dernier vol de l'arche de Noé)
23
1980
FINAL ASSIGNMENT / LE DERNIER REPORTAGE, de Paul ALMOND
 
24
1982
MONSIGNOR (Monsignore)
25
1984
TIGHTROPE (La corde raide)
26
1984
CHOOSE ME
27
1985
TROUBLE IN MIND (Wanda's Cafe)
28
1988
THE MODERNS (Les modernes)
29
1988
DEAD RINGERS (Faux-semblants)
30
1995
PINOCCHIO
31
1997
THE HOUSE OF YES
32
1997
DEAD INNOCENT (Impasse), de Sara BOTSFORD, de Sara BOTSFORD
 
33
1998
YOU CAN THANK ME LATER, de Shimon DOTAN
 
34
2003
JERICHO MANSIONS, d'Alberto SCIAMMA
 
35
2003
FINDING HOME, de Lawrence David FOLDE
 
36
2004
DOWNTOWN: A STREET TALE, de -, de Rafal ZIELINSKI
 
37
2005
MON PETIT DOIGT M'A DIT…
38
2012
STILL MINE, de Michael McGOWAN
 
39
2013
NORTHERN BORDERS, de Jay CRAVEN
 
Éd. 9.1.4 : 29-1-2020