La bibliothèque de L'Encinématheque

John LITEL (1892 / 1972)

John Litel

Acteur américain, né John Beach Litel, le 30 décembre 1892, à Albany (Wisconsin, U.S.A.). Décédé le 3 février 1972, à Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Acteur de second plan par excellence, digne de ses collègues plus renommés que furent Ward Bond ou Walter Brennan pour ne citer qu'euex, John Litel ne bénéficia pourtant jamais de la même notoriété. Souvent utilisé pour incarner des personnages chargés d'une certaine autorité, il déploya néanmoins une large palette qui s'étendit des bons pères de famille aux méchants les plus sournois. Sa voix chaude et capable de large modulations, son regard sombre et son allure volontaire pénétrant lui permirent ainsi de mener à bien une carrière riche de plus de 150 longs métrages en une petite trentaine d'années.

Il vient tout juste d'en dépasser la vingtaine lorsque qu'éclate en Europe la Première Guerre Mondiale. Impatient de prendre les armes dans les rangs de la Triple Entente, il ne peut se résoudre à attendre l'entrée de son pays dans un conflit qui semble l'interpeller sinon le concerner, traverse l'Atlantique et s'engage dans l'Armée Française au sein de laquelle il sera décoré à deux reprises pour actes de bravoure.

De retour à l'empire natal, il s'inscrit à l'American Academy of Dramatic Arts of New York, la plus ancienne école supérieure des États-Unis. En 1920, il épouse une jeune starlette, Ruth Pichens, qui lui sacrifiera une carrière artistique à peine ébauchée. Après avoir tourné au sein de plusieurs compagnies théâtrales, il apparaît dans quelques courts métrage entre 1929 et 1930 suivi d'un premier long métrage, «Wayward» (1932).

Pendant quelque temps, il se consacre exclusivement à la scène, se produisant régulièrement à Broadway. En 1936, il intègre l'écurie des acteurs de réserve de la Warner Bros qui l'utilise à nouveau dans quelques courts métrages, parmi lesquels «Give Me Liberty» (1936) et «The Declaration of Independence» (1938) dont il tient les premiers rôles et qui seront tous deux honorés de l'oscar de leur catégorie.

Armé d'un bagage artistique confirmé, John Litel accède enfin aux films de premier plan et aux rôles de composition au sein de la compagnie des frères Warner en donnant la réplique à Humphrey Bogart dans «La légion noire» (1937). Avocat véreux d'Eduardo Cianelli dans «Femmes marquées» (1937), il y croise le regard inquiet de Bette Davis qu'il retrouvera un peu plus tard, plus sûre d'elle, dans «L'insoumise» (1938). En 1937, il décroche enfin un rôle de premier plan dans «L'île du Diable» qui n'a rien à voir avec celle sur laquelle fut retenu un célèbre capitaine puisqu'il s'agissait de l'île d'Alcatraz où il est tout aussi probable que Satan se complut.

Entre 1938 et 1939, il incarnera à 4 reprises Carson Drew, le père raisonnable et rassurant de cette petite folle de Bonita Granville qui, sous les traits de Nancy Drew, mènera quatre enquêtes policières – «Nancy Drew… detective», «Nancy Drew… reporter», «Nancy Drew… Trouble Shooter» et «Nancy Drew and the Hidden Staircase» – destinées à faire patienter le public des salles obscures jusqu'à l'heure du grand film, après l'inévitable dégustation de cacahuètes et de chocolats glacés. Une série en chasse une autre et le voici à nouveau papa gateau auprès de Ted Donaldson pour une suite d'aventures familiales partagées avec le digne successeur du célèbre Rintintin, son moins illustre confrère Rusty («My Dog Rusty» en 1948, etc). Si elles ne furent guère gratifiantes pour l'impétrant, ces compositions apportèrent à notre acteur cette notoriété si alléchante à l'appétit gargantuesque des producteurs hollywoodiens. Ainsi, infatigable et recherché, John Litel apparut dans pas moins de 33 titres en ces 3 dernières années d'avant guerre, parmi lequels on peut citer sans qu'il n'ait à en rougir «La vie d'Émile Zola» (1937), «Le mystérieux docteur Clitterhouse» (1938) ou encore «Les conquérants» (1939). On peut également y relever les premiers éléments de la dizaine de films dont il partagera l'affiche – sinon la vedette – avec sa compagne de studio, la brune ingénue et inaccessible Margaret Lindsay : «Rivalités» en 1937, «Broadway Musketeers» en 1938, «On Trial» en 1939,… que viendront compléter «A Desperate Chance for Ellery Queen» en 1942… jusqu'à «Éternel tourment» en 1947.

Travailleur infatigable – plus de 150 longs métrage en trente années de carrière – John Litel traversera les années quarante sans accrocher de nouveaux grands titres à son tableau de chasse, ne devant ses plus grands succès personnels de la décennie qu'au fil de ses apparitions récurrente dans la série des aventures de la famille Aldrich dont le rejeton, Henry Aldrich, personnage mineur d'une pièce de Clifford Goldsmith, aura fait au préalable ses preuves dans un programme radiophonique fort prisé chez l'Uncle SAm. Dans une dizaine d'épisodes filmés entre 1941 et 1944, il partagera ainsi, le plus souvent avec Olive Blakeney, le redoutable honneur d'une paternité redoutable en la personne d'un jeune étudiant à l'adolescence attardée. Ne dédaignons pas pour autant de cette période son apparition aux côtés d'Errol Flynn dans deux westerns historiques, «La piste de Santa Fe» (1940) et «San Antonio» (1945). Tantôt du mauvais côté de la loi (chef de gang dans «Crime Doctor» en 1943), tantôt du bon (détective dans «The Crime Doctor's Warning» en 1945), parfois entre les deux (suspect dans «Murder in the Blue Room» en 1944), John Litel aura sans doute trop longtemps étalé l'étendue de sa palette dans des oeuvrettes de deuxième ordre, mais puisqu'il fallait bien que quelqu'un s'en charge, nous ne regretterons pas que ce fut lui.

Les années cinquante lui permettront à quelques reprises de redorer son blason. Il se retrouve ainsi «En plein cirage» (1950), entraîné dans une affaire de meurtre sur les talons de l'infatigable (mais fatigante) Lucille Ball. Le voici costumé de manière inattendue pour venir en aide à l'insaisissable «Scaramouche» (1952) avant de partager le verre d'une fausse amitié avec «L'homme du Kentucky» (1955). Sage et courageux, c'est sous des uniformes de généraux qu'il combattra le fameux «Sitting Bull» (1954) avant de tenter de ramener la paix en territoire «Comanche» (1956) dans ce western éponyme de grande consommation. Le western l'occupera d'ailleurs à maintes reprises puisqu'on le vit encore, les cheveux blancs, accompagner “sa fille” à l'autel dans «Decision at Sundown» (1957) pour un mariage troublé avant l'heure par un Randolph Scott des plus vindicatifs.

Au décès de son épouse (1955), John Litel se remarie avec Beatrice West qui deviendra sa veuve. Peu à peu, il prend ses distances avec le cinéma, n'apparaissant qu'à de rares mais intéressantes occasions : «La péniche du bonheur» avec Cary Grant et Sophia Loren (1958), «Milliardaire pour un jour» de Frank Capra (1961) et les deux westerns de son crépuscule que seront «Les 4 fils de Katie Elder» (1965) et «Nevada Smith» (1966). Confronté à des ennuis de santé, il se retirera en 1967 après une ultime apparition dans un épisode de la série télévisée «The Road West». À l'heure de sa mort, il aura fait don de son corps à la médecine.

Christian Grenier

Cliquez sur les iconespour accéder aux illustrations.

Cliquez sur les iconespour accéder à la fiche technique du film.

Cliquez sur les mots soulignés de la fiche technique pour faire apparaître les illustrations.

Cliquez sur la fiche technique pour la faire disparaître.

English translation

Click on the iconsto reveal the pictures.

Click on the iconsto reach the data sheet of the film.

Click on the words underlined of the data sheet to reveal the pictures.

Click on the data sheet to remove.

Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1932
WAYWARD, d'Edward SLOMAN
 
2
1937
BLACK LEGION (La légion noire)
3
1937
MIDNIGHT COURT, de Frank McDONALD
 
4
1937
MARKED WOMAN (Femmes marquées)
5
1937
BACK IN CIRCULATION (En liberté provisoire)
6
1937
ALCATRAZ ISLAND (L'île du diable), de William C.McGANN
 
7
1937
MISSING WITENESSES, de William CLEMENS
 
8
1938
LOVE, HONOR AND BEHAVE
9
1938
OVER THE WALL, de Frank McDONALD
 
10
1938
LITTLE MISS THOROUGHBRED, de John FARROW
 
11
1938
MY BILL
12
1938
VALLEY OF THE GIANTS (La vallée des géants)
13
1938
BROADWAY MUSKETEERS, de John FARROW
 
14
1938
NANCY DREW… DETECTIVE
15
1939
WINGS OF THE NAVY
16
1938
NANCY DREW… REPORTER
17
1939
SECRET SERVICE OF THE AIR, de Noel M.SMITH
 
18
1939
YOU CAN'T GET AWAY WITH MURDER (Le châtiment)
19
1939
DODGE CITY (Les conquérants)
20
1939
ON TRIAL, de Terry O.MORSE
 
21
1939
NANCY DREW… TROUBLE SHOOTER
22
1939
NANCY DREW AND THE HIDDEN STAIRCASE
23
1939
DUST BE MY DESTINY (Jeunesse triomphante)
24
1939
ON DRESS PARADE, de William CLEMENS
 
25
1939
ONE HOUR TO LIVE, de Harold D.SCHUSTER
 
26
1939
THE RETURN OF DOCTOR X (Le retour du Dr.X)
27
1940
IT ALL CAME TRUE (Rendez-vous à minuit)
28
1940
MEN WITHOUT SOULS (Hommes sans âme), de Nick GRINDE
 
29
1940
MURDER IN THE AIR, de Lewis SEILER
 
30
1940
GAMBLING ON THE HIGH SEAS
31
1940
THEY DRIVE BY NIGHT (Une femme dangereuse)
32
1940
MONEY AND THE WOMAN, de William K.HOWARD
 
33
1940
THE TRIAL OF MARY DUGAN
34
1940
THE GREAT Mr.NOBODY, de Benjamin STOLOFF
 
35
1941
HENRY ALDRICH FOR PRESIDENT, de Hugh BENNETT
 
36
1941
THEY DIED WITH THEIR BOOTS ON (La charge fantastique)
37
1941
SEALED LIPS, de George WAGGNER
 
38
1941
DON WINSLOW OF THE NAVY, de Ford L.BEEBE, Ray TAYLOR (&sr12;)
 
39
1942
MISSISSIPI GAMBLER, de John RAWLINS
 
40
1942
KID GLOVE KILLER (L'assassin au gant de velours)
41
1942
THE MYSTERY OF MARIE ROGET
42
1942
A DESPERATE CHANCE FOR ELLERY QUEEN, de James P.HOGAN
 
43
1942
INVISIBLE AGENT (L'agent invisible Contre la Gestapo)
44
1942
THE BOSS OF BIG TOWN, d'Arthur DREIFUSS
 
45
1942
MADAME SPY, de Roy William NEILL
 
46
1943
HENRY ALDRICH GETS GLAMOUR, de Hugh BENNETT
 
47
1943
CRIME DOCTOR, de Michael GORDON
 
48
1943
SUBMARINE BASE
49
1943
WHERE ARE YOUR CHILDREN?
50
1944
HENRY ALDRICH's LITTLE SECRET, de Hugh BENNETT
 
51
1944
MURDER IN THE BLUE ROOM
52
1944
LAKE PLACID SERENADE
53
1945
THE CRIME DOCTOR's WARNING
54
1945
THE CRIMSON CANARY, de John HOFFMAN
 
55
1945
THE ENCHANTED FOREST
56
1945
SAN ANTONIO
57
1946
THE MADONNA's SECRET (Le secret de la madone)
58
1946
SMOOTH AS SILK, de Charles BARTON
 
59
1946
SWELL GUY
60
1947
HEAVEN ONLY KNOWS, d'Albert S.ROGELL
 
61
1947
CHRISTMAS EVE / SINNER's HOLIDAY
62
1948
MY DOG RUSTY, de Lew LANDERS
 
63
1948
TRIPLE THREAT, de Jean YARBROUG
 
64
1948
RUSTY LEADS THE WAY, de Will JASON
 
65
1948
THE VALIANT HOMBRE, de Wallace FOX
 
66
1949
RUSTY SAVES A LIFE, de Seymour FRIEDMAN
 
67
1949
SHAMROCK HILL, d'Arthur DREIFUSS
 
68
1949
THE GAL WHO TOOK THE WEST (La belle aventurière)
69
1949
MARY RYAN, DETECTIVE
70
1949
WOMAN IN HIDING (L'araignée)
71
1949
THE SUNDOWNERS (Les cavaliers du crépuscule)
72
1950
THE FULLER BRUSH GIRL (En plein cirage)
73
1951
TWO-DOLLAR BETTOR
74
1952
JET JOB, de William BEAUDINE
 
75
1952
SCARAMOUCHE
76
1954
SITTING BULL, de Sidney SALKOW
 
77
1955
DOUBLE JEOPARDY, de R.G.SPRINGSTEEN
 
78
1955
THE KENTUCKIAN (L'homme du Kentucky)
79
1955
TEXAS LADY (Le rendez-vous de quatre heures)
80
1956
THE WILD DAKOTAS, de Sam NEWFIELD
 
81
1956
COMANCHE
82
1956
THE HIRED GUN (La veuve et le tueur)
83
1957
DECISION AT SUNDOWN
84
1961
VOYAGE TO THE BOTTOM OF THE SEA (Le sous-marin de l'apocalypse)
85
1961
LOVER COME BACK (Un pyjama pour deux) [Non crédité]
86
1965
THE SONS OF KATIE ELDER (Les 4 fils de Katie Elder)
87
1966
NEVADA SMITH
Éd. 9.1.4 : 19-2-2020