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Yôko TANI (1928 / 1999)

Yôko Tani

Actrice française d'origine sino-japonaise, née Yôko Itani, le 2 août 1928, à Paris (Seine, France). Décédée le 3 juillet 1999, à Paris (Île-de-France, France)

Cette jolie Asiatique d'origine japonaise par son père et chinoise par sa mère est née à Paris le 2 août 1928, au hasard d'une affection de son géniteur, Zenechi Itani, attaché de l'ambassade parisienne du Japon. On lui connait une soeur, Aiko.

Elle n'a que quatre ans quand sa famille retourne au Japon où, adolescente, Yôko Itani dont le prénom signifie “fille de l'océan”, étudie la littérature anglaise au lycée Tsuda de Tokyo, dans un pays en pleine guerre. Les hostilités terminées, son père accepte de lui financer un séjour en France afin de parfaire ses études à la Sorbonne, la grande université parisienne. Il pose tout de même une condition : qu'elle rentre au pays une fois ses études achevées pour y fonder un foyer selon la tradition japonaise. Excitée à l'idée de s'émanciper du carcan familial, la jeune fille promet tout ce qu'on lui demande.

Quelques mois plus tard, elle quitte la Sorbone et entre dans un atelier de comédie, tout en s'initiant parallèlement à la peinture. Mais elle réalise très vite que là n'est pas sa vocation. Ayant dilapidé le pécule paternel et ne désirant pas retourner se soumettre au giron familial, elle brise l'interdit et se fond dans la vie nocturne de la capitale française, inaugurant dans divers night-clubs – dont le Crazy Horse Saloon – les premiers spectacles, de strip-tease animés par une exhibitionniste nippone.

Lorsque, au milieu des années cinquante, quelques opportunités théâtrales et cinématographiques se présentent, elle n'hésite pas à franchir le pas. À une époque où les beautés exotiques n'étaient pas légion, elle trouve vite sa place dans le cinéma populaire national. Elle y fait ses débuts, jeune et douce asiatique, à l'ombre de Jean Gabin dans «Le port du désir» (1954) d'Edmond T. Gréville, avant de croiser Fernandel sur le plateau d'«Ali Baba et les quarante voleurs» (1954) de Jacques Becker, un film dans lequel elle ne tient qu'un tout petit rôle. Modèle pour Madeleine Robinson dans «Mannequins de Paris» (André Hunebelle, 1956), elle y porte judicieusement le joli nom de Lotus, cette fleur dont elle affiche la fraîcheur. S'ensuivirent quelques apparitions colorées de petite envergure comme l'une des entraîneuses de service dans «Interdit de séjour» (Maurice de canonge, 1954), ou la fleuriste orientale de «Les pépées font la loi» (Raoul André, 1954). On put également la remarquer sur la scène du Théâtre Montparnasse en jolie geisha chargée d'agrémenter «La petite maison de thé» (1955) où vinrent, entre autres, se reposer Claude Rich et Albert Rémy.

Son humour et sa plastique lui valurent bientôt des propositions internationales. Ainsi, elle apparaît aux cotés d'Audie Murphy en hôtesse francophone d'une boîte de nuit vietnamienne dans «Un américain bien tranquille» de Joseph L. Mankiewicz (1956), avant d'enseigner la langue nippone dans un camp de prisonniers, dans «Le vent ne sait pas lire» (Ralph Tjhomas, 1958), à l'interrogateur Dirk Bogarde dont elle finira par tomber amoureuse. En 1960, donnant à cette occasion sa composition la plus mémorable dans «Les dents du diable» de Nicholas Ray, elle prête ses traits à Asiak, l'épouse soumise d'Ikuk, l'Inuite incarné par Anthony Quinn qui abat le missionnaire ayant refusé sa compagne comme l'exigent les lois l'hospitalité locale.

L'Allemagne se manifeste bientôt, qui l'expédie sur Vénus, «L'étoile du silence» (1959), afin de prévenir une attaque imminente projetée par nos voisins planétaires. Mais c'est surtout l'Italie qui l'utilisera dans la décennie des “sixties”. Elle y tournera quelques films d'aventures, comme «Marco Polo» (Hugo Fregonese, 1961) où, dans la Chine médiévale, elle endosse l'habit de la princesse Amurroy sensible aux charmes de Rory Calhoun. Costume récurrent qu'elle porte encore dans «Kublaï Khan à la cour de Kublaï Khan» (Riccardo Freda, 1961) ou elle sauvée par le géant Samson à la carrure de Gordon Scott, puis dans «La fille des Tartares» (Remigio Del Grosso, 1961) où elle tombe amoureuse d'un jeune prince polonais incarnée par Ettore Manni.

Après un ultime rôle intéressant entre Shirley MacLaine et d'Yves Montand dans «Ma geisha» (Jack Cardiff, 1961), Yôko Tani se perdra dans des productions sans grand relief qui prendraient aujourd'hui directement le chemin du marché vidéo, comme ces trois apparitions dans des histoires de James Bond du pauvre que furent «Tonnerre sur Pékin» (, Bruno Paolinelli, 1965), «Agent Z55, mission désespérée» (Roberto Bianchi Montero, 1965) et «Des fleurs pour un espion» (Umberto Lenzi, 1966). Entre temps, elle aura campé l'inquiétante dirigeante de la planète Lystria pour le compte du débutant britannique Alan Bridges dans un film de science-fiction, «Invasion» (1965).

En 1970, Le dessinateur Roger Leloup lui rendra hommage en reprenant son prénom pour celui de son fameux personnage de bandes dessinées, l'héroïne japonaise Yoko Tsuno. Après quelques concessions au petit écran – les séries anglaise «Man in a Suitcase» (1967) et française «Le fils du ciel» (1972), etc – Yôko Tani décidera de mettre un terme à sa carrière en 1976 pour se consacrer à la peinture, sa passion de sa jeunesse. Sur le plan personnel, en 1952, elle fit la connaissance sur La Croisette de l'acteur français Roland Lesaffre qu'elle épousera le 7 mai 1956 pour une union qui s'achèvera en 1962.

Même si son passage ne laissera pas une grande trace dans le ciel du cinéma international, cette belle enfant du “Soleil Levant” apporta à l'écran un parfum d'exotisme enivrant, la grâce de la femme orientale conjuguée à une élégance bien française et la délicatesse de ses ondulations de geisha. Elle décéda le 19 avril 1999 au terme d'une longue maladie.

Gary Richardson

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1954
LES CLANDESTINES
2
1954
INTERDIT DE SÉJOUR [Non créditée]
3
1954
LES PÉPÉES FONT LA LOI
4
1954
PORT DU DÉSIR
5
1956
MANNEQUINS DE PARIS
6
1957
LES OEUFS DE L'AUTRUCHE
7
1958
THE WIND CANNOT READ (Le vent ne sait pas lire)
8
1959
DER SCHWEIGENDE STERN (L'étoile du silence)
9
1960
THE SAVAGE INNOCENTS (Les dents du diable)
10
1960
PICCADILLY THIRD STOP, de Wolf RILLA
 
11
1961
MACISTE ALLA CORTE DEL GRAN KHAN (Le géant à la cour de Kublaï Khan), de Riccardo FREDA
 
12
1961
MY GEISHA (Ma geisha)
13
1961
MARCO POLO (La fabuleuse aventure de Marco Polo)
14
1961
URSUS E LA RAGAZZA TARTARA (La fille des Tartares)
15
1963
WHO's BEEN SLEEPING IN MY BED? (Mercredi doir, 9 heures)
16
1963
THE PARTNER, de Gerard GLAISTER
 
17
1964
DIE TODESSTRANIEN DE Dr.MABUSE (Mabuse et le rayon de la mort)
18
1964
F.B.I. OPERAZIONE BAALBEK (Dernier avion pour Baalbek)
19
1964
BIANCO, ROSSO, GIALLO, ROSA, de Massimo MIDA [Sk."Bianco-l'intrigo"]
 
20
1965
INVASION, d'Alan BRIDGES
 
21
1965
AGENTE Z 55 MISSIONE DISPERATA (Agent Z 55, mission désespérée), de Roberto BIANCHI MONTERO
 
22
1966
LE SPIE AMANO I FIORI (Des fleurs pour un espion), d'Umberto LENZI
 
Éd. 9.1.4 : 29-3-2020