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Oskar HOMOLKA (1898 / 1978)

Oskar Homolka

Acteur autrichien, né le 12 août 1898, à Vienne (Autriche-Hongrie). Décédé le 28 janvier 1978, à Tunbridge Wells (Kent, Grande-Bretagne).

Fils d'un armurier, Oskar Homolka vint au monde à Vienne, alors capitale de l'Empire Austro-Hongrois. Après avoir servi pendant deux ans dans l'armée autrichienne lors de la Grande Guerre, il fréquente l'Académie Impériale de Musique et d'Art Dramatique et débute sur les planches du Komödienhaus . En 1924, on le retrouve en Allemagne où il s'impose sur la scène du Kammerspiele de Munich, sous la direction du dramaturge et metteur en scène Bertolt Brecht. Dans la foulée, dès 1926, il devient l'un des principaux membres de la troupe de Max Reinhardt. Cette année-là, il fait ses premières apparitions dans un septième art encore muet.

Le corps trapu et massif, les sourcils touffus, le visage trahissant une sourde menace, il est de suite catalogué comme un acteur de “caractère” et se voit, dès ses premiers films, voué à jouer les sales types, comme en en témoignent ses rôles de souteneur brutal d'Asta Nielsen en prostituée subissant «La tragédie de la rue» (Bruno Rahn, 1927), d'un voleur de banque dans «Nuit d'angoisse» (Rudolf Meinert, 1930), du Major Walsin-Esterházy qui s'avèrera être le véritable traitre de «L'affaire Dreyfus» (Richard Oswald, 1930), à nouveau de proxénète dans «Le chemin de Rio» (Manfred Noa, 1930),…

Face au développement du parti national-socialiste en Allemagne au début des annès trente, puis à la prise du pouvoir par Hitler en 1933, Oskar Homolka et son épouse du moment, l'actrice allemande aux origines juives Grete Mosheim, s'installent en Grande-Bretagne (1934) où l'acteur entame une nouvelle carrière sous le prénom anglicisé d'Oscar. Son personnage du président de l'Afrique du Sud, Paul Kruger, dans le drame impérial «Rhodes, l'Africain» (Berthold Viertel 1935), aux côtés de Walter Huston dans le rôle titre, reçoit un excellent accueil. En 1936, le jeune réalisateur Alfred Hitchcock, que l'on ne considère pas encore comme "le maître du suspense", le trouve suffisamment inquiétant pour en faire l'«Agent secret» terroriste Verloc, préparateur de bombes dans l'arrière salle de son cinéma : on prétend qu'à cette occasion notre homme apprit la langue de Shakespeare en six semaines ! Quoi qu'il en soit, sa brillante interprétation lui valut une invitation à traverser l'Océan Atlantique.

Avant de devenir citoyen américain (1943), il aura conquis Broadway, notamment avec la pièce de théâtre de John Van Druten «I Remember Mama» (1944) produit par Richard Rodgers, une chronique familiale d'immigrants norvégiens où il tient le personnage du bien-aimé et grivois Oncle Chris, un rôle qu'il reprendra dans la version cinématographique de 1948 sous la direction de George Stevens avec Irene Dunne, Philip Dorn et Barbara Bel Geddes ; l'oeuvre sera retenue à cinq reprise dans la course finale aux oscars mais n'en remportera aucun. Au terme d'un parcours inévitablement fait de hauts et de bas, il aura collaboré avec des réalisateurs aussi célèbres que King Vidor («Comrade X» en 1940), Howard Hawks («Boule de feu» en 1941), Michael Curtiz («Mission To Moscow» en 1943), Billy Wilder («7 ans de réflexion» en 1955), Carol Reed («La clé» en 1958), Alberto Lattuada («La tempête» en 1958),…

Exploité pour son profil ténébreux et son fort accent étranger, il aura composé au grand écran une impressionnante galerie de personnages peu recommandables tels que des espions du KGB, des officiers militaires, des communistes du bloc soviétique, des scientifiques… souvent des personnages odieux et violents. Citons pour Tay Garnett le cynique et jaloux Antro qui s'oppose violemment à un John Wayne amoureux de Bijou dans «La maison des sept péchés» (1940) ; pour Frank Tuttle, le voici nazi  dans «Les otages de la Moldau» (1943) avec Paul Lukas en chef de la Gestapo ; pour George King, antiquaire véreux et assassin qui mène une vie confortable grâce à des biens volés dans «Légitime défense» (1946) ; pour  Irving Rapper, père cruel d'une Paulette Goddard désabusée au point de se prostituer dans «Anna Lucasta» (1949),…

Acteur infatiquable, il entretint parallèlement une fructueuse carrière sur les planches dans des productions notables, et l'on put l'applaudir notamment dans «The Broken Jug» (1950), «Le Diable et le bon Dieu» (1951) ou encore «The Master Builder» (1955). Au tournant des “sixties”, on le voit de plus en plus fréquemment apparaître dans des séries télévisées. Pour le réalisateur italien Mario Zampi, il campe le cynique diplomate soviétique Zekov dans «Top secret» (1952) avec George Cole et Nadia Gray.

Peu regardant sur la couleur du costume, le voici successivement colonel rouge dans «Prisonnier de guerre» (Andrew Marton, 1954) en compagnie de Ronald Reagan, puis général blanc dans «Guerre et paix» (King Vidor, 1956) entre Henry Fonda et Audrey Hepburn… De retour en Angleterre, au début des années 60, il nous surprend dans le rôle de Krok, le père de Richard Widmark dans «Les drakkars» (Jack Cardiff, 1963) avec Rosanna Schiaffino et Sidney Poitier. Toujours militaire pour le compte du bloc de l'est, il campe le colonel Stok du KGB dans le thriller d'espionnage «Mes funérailles à Berlin» (Guy Hamilton, 1966) et dans sa suite, «Un cerveau d'un milliard de dollars» (Ken Russell, 1967), face à un Michael Caine placé du bon côté du pont. Il ferme son livre cinématographique avec le rôle du général Golitsyn dans «Top secret» (1974) de Blake Edwards, avant de se retirer définitivement en 1976 après une ultime apparition dans un épisode la série télévisée «L'homme invisble».

Oskar Homolka s'est marié quatre fois ; divorcé de Grete Mosheim (1928/1933), il prit pour épouse la baronne et actrice hongroise Vally Hatvany qui décèdera quatre mois plus tard. Suivront la photographe Florence Meyer, socialiste militante et fille du propriétaire du Washington Post Eugene Meyer, qui lui donnera deux enfants. En dernière noce, il s'unit en 1949 à l'actrice américaine Joan Tetzel, sa cadette de 23 ans, jusqu'au décès de cette dernière (1977). Installé en Angleterre, Oscar Homolka, frappé d'une pneumonie, quittera ce monde quelques mois plus tard.

Gary Richardson

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1927
DIRNENTRAGÖDIE, de Bruno RAHN
 
2
1927
REGINE, DIE TRAGÖDIE EINER FRAU (Régine, Tragédie d'une femme), d'Erich WASCHNECK
 
3
1930
DREYFUS
4
1931
1914, DIE LETZTEN TAGE VOR DEM WELTBRAND
5
1931
IM GEHEIMDIENST, de Gustav UCICKY
 
6
1932
NACHTKOLONNE, de James BAUER
 
7
1936
RHODES OF AFRICA, de Berthold VIERTEL, Geoffrey BARKAS
 
8
1936
EVERYTHING IS THUNDER, de Milton ROSMER
 
9
1936
SABOTAGE (Agent secret)
10
1937
EBB TIDE (Le voilier maudit)
11
1940
SEVEN SINNERS (La maison des 7 péchés)
12
1940
COMRADE X
13
1940
THE INVISIBLE WOMAN (La femme invisible)
14
1941
RAGE IN HEAVEN (La proie du mort/Jalousie)
15
1941
BALL OF FIRE (Boule de feu)
16
1943
HOSTAGES (Les otages de la Moldau)
17
1947
THE SHOP AT SLY CORNER (Légitime défense), de George KING, de George KING
 
18
1948
I REMEMBER MAMA (Tendresse)
19
1949
ANNA LUCASTA, d'Irving RAPPER
 
20
1950
THE WHITE TOWER (La tour blanche)
21
1951
DER SCHWEIGNEDE MUND/DER HIMMEL SAGT NEIN
22
1952
TOP SECRET (Ultra-secret)
23
1953
THE HOUSE OF THE ARROW (La flèche empoisonnée)
24
1954
PRISONER OF WAR (Prisonnier de guerre)
25
1955
THE SEVEN YEAR ITCH (7 ans de réflexion)
26
1956
WAR AND PEACE / GUERRA E PACE (Guerre et paix)
27
1958
LA TEMPESTA (La tempête)
28
1961
Mr.SARDONICUS
29
1962
BOY's NIGHT OUT (Garçonnière pour quatre)
30
1962
THE WONDERFUL WORLD OF THE BROTHERS GRIMM (Les amours enchantées)
31
1962
MOONCUSSERS, de James NEILSON
 
32
1963
THE LONG SHIPS (Les drakkars)
33
1965
JOY IN THE MORNING, d'Alex SEGAL
 
34
1966
FUNERAL IN BERLIN (Mes funérailles à Berlin)
35
1967
BILLION DOLLAR BRAIN (Un cerveau d'un milliard de dollars)
36
1968
ASSIGNMENT TO KILL (Les tueurs sont lâchés)
37
1969
THE MADWOMAN OF CHAILLOT (La folle de Chaillot)
38
1970
THE EXECUTIONNER (L'éxécuteur)
39
1974
THE TAMARIND SEED (Top Secret)
Éd. 9.1.4 : 30-4-2020