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Arthur HUNNICUTT (1910 / 1979)

Arthur Hunnicutt

Acteur américain, né Arthur Lee Hunnicutt, le 17 février 1910, à Gravelly (Arkansas, U.S.A.). Décédé le 26 septembre 1979, à Los Angeles (Californie, U.S.A.).

Après avoir obtenu son diplôme d'études secondaires, Arthur Hunnicutt fréquente l' Arkansas State Teachers College de Conway (New Hampshire). Mais la grande dépression de 1929 le contraint à abandonner sa troisième année d'études afin de gagner sa vie pour subvenir à ses besoins. Après avoir exercé plusieurs petits boulots, il s'inscrit en 1936 dans une école d'art dramatique de Cleveland. Par la suite, il rejoint une troupe de théâtre de Martha's Vineyard (Massachusetts, U.S.A.) au sein de laquelle il se produit pendant quelques années dans des spectacles itinérants. Fort de cette première expérience, il s'installe à New York et finit rapidement par monter sur les planches de Broadway dans quelques comédies musicales.

Tout en restant attaché à son amour de la scène, il débute au cinéma en 1942 où son allure rustique et sa voix bourrue et campagnarde en font un personnage savoureux. Il apparaît une première fois, assez anonymement quoi que crédité, au générique d'un film de Frank McDonald, «Wildcat» (1942), aux côtés de Buster Crabbe. Éditeur du journal local dans «La reine de l'argent» (Lloyd Bacon, 1942), avec Priscilla Lane dans le rôle titre, il devient le faire-valoir du justicier Charles Starrett dans une série de westerns de série “B” dirigés par William A. Berke («Riding Through Nevada» et «Pardon My Gun» en 1942, «The Fighting Buckaroo», «Frontier Guy» et «Robin Hood of the Range» en 1943, «Riding West» en 1944,…) : si le héros change de nom d'un film à l'autre tout en conservant le même prénom (Steve), lui reste fidèle au personnage récurrent du Professeur Arkansas. Plus valorisant, il intègre une production de William Cagney distribuée par la United Artists, «Johnny le Vagabond» (William K.Howard, 1943), dans laquelle il campe avec aisance un pauvre hère nécessiteux.

Il déserte soudain les salles obscures pendant quelques années pour retourner à Broadway («Lower North» en 1944, «Beggars Are Coming to Town» en 1945, «Mr. Peebles and Mr. Hooker» en 1946,…), avant de se produire dans des tournées fédérales.

De retour à Hollywood en 1949, il reprend son cheval et son Stetson dans un petit western de S.Sylvan Simon, «Le démon de l'or» avec le jeune Glenn Ford. Elia Kazan en fait le chef de la police d'une petite bourgade du Sud profond des États-Unis où la jeune infirmière mulâtre Jeanne Crain a du mal à assumer «L'héritage de la chair» qui lui a donné la couleur de la honte. S'il s'y montre encore avec une pilosité faciale des plus rudimentaires, notre homme, à la silhouette longiligne et au visage anguleux, sera dès lors le plus souvent affublé d'une garniture davantage fournie qui le fera paraître plus vieux que son âge. Barbu et hirsute, dégorgeant l'accent du terroir, Arthur Hunnicutt entrera dans la légende d'un Ouest romantique et sauvage, au même titre que Walter Brennan ou George 'Gaby' Hayes, qui agrémentera les grands et les petits écrans du monde entier pendant une bonne trentaine d'années.

Fidèle acteur de soutien, Arthur Hunnicutt côtoiera de grandes pointures, jouant tantôt les vieux sages, tantôt les indécrottables grincheux, ajoutant aux moments opportuns une touche de tendresse et d'humour dans les plus sombres des westerns. Citons le soldat unioniste Milt dans «La flèche brisée» (Delmer Daves, 1950) avec James Stewart, un magnifique western sur le respect des différences de cultures ; le sergent Pickens dans «Two Flags West» (Robert Wise, 1950) avec Jeff Chandler ; le sergent confédéré Bill Porter dans «La charge victorieuse» (John Huston, 1951) avec Audie Murphy ; l'éclaireur Monk dans «Les aventures du capitaine Wyatt» (Raoul Walsh, 1951) avec Gary Cooper qui ne s'y montre pas insensible à la belle Mari Aldon ; le trappeur Jeff Calloway, compagnon de Kirk Douglas dans «La captive aux yeux clairs» (Howard Hawks, 1952), une prestation qui lui vaut une nomination pour l'oscar du meilleur acteur de soutien…

Après avoir campé un ancien champion de rodéo dans «Les indomptables» (Nicholas Ray, 1952) entre Susan Hayward et Robert Mitchum, il seconde la “pétroleuse” Jane Russell dans une comédie musicale de petite envergure, «The French Line» (Lloyd Bacon, 1954) produit par le pygmalion de la star aux longues jambes, l'énigmatique Howard Hughes. À peine chassé des vertes prairies, l'aventurier qu'il demeure y revient au galop sur le cheval de Davy Crockett dans une évocation sanglante de la bataille d'Alamo, «Quand le clairon sonnera» (1955), une forme d'héroïsme en “trumpe l'oeil” !.

Dans les années 60/70, Arthur Hunnicutt, droit dans ses bottes, gardera le même profil, ses compositions restant toujours des plus remarquées. Butch Cassidy sur le retour, il laisse la vedette aux héros modernes, facétieux ou sensuel, que composent Lee Marvin et Jane Fonda dans «Cat Ballou» (Elliott Silverstein, 1965), dans lequel l'authenticité n'est plus de règle. Plus à notre goût, c'est lui qui usurpe le costumes de Walter Brennan à l'ombre du grand John Wayne dans «El Dorado» (Howard Hawks, 1966) une copie conforme de «Rio Bravo» (1959) qui ne lui cède qu'en peu de choses, sinon en rien.

Rancher fatigué et usé, il cède pour 15 $ un poney à Gregory Peck dans «Quand siffle la dernière balle» (Henry Hathaway, 1971). Rassemblant ses dernières forces, il s'attarde dans le sillage d'un William Holden en quête des auteurs du massacre de sa famille dans «La poursuite sauvage» (Daniel Mann, 1972).

Pendant un quart de siècle, Arthur Hunnicutt aura été l'un des personnages incontournables de la mythique conquête de l'Ouest. Il laissa son empreinte sur les plus grandes pistes tracées par quelques uns des plus grands pionniers du genre et l'on a du mal à comprendre que John Ford – qui avait entamé le tournage de «Pinky» avant d'être renvoyé par Zanuck – n'ait jamais fait appel à lui. Actif également à la télévision, il s'y montra, le plus souvent à cheval, dans de nombreux épisodes de séries telles que «Cheyenne» (1956)), «Wanted, Dead or Alive» (1959), «Bonanza» (4 épisodes entre 1959 et 1964), «The Rifleman» (1960), «The Twilight Zone» (1961), «Perry Mason» (1963), «The Virginian» (3 épisodes entre 1963 et 1970), «Daniel Boone» (1966),….

Arthur Hunnicutt termina sa course à Northridge (Californie, U.S.A.) en compagnie de Pauline Lile, épousée en 1940 pour une union qui ne se terminera qu'avec le décès de l'acteur, victime d'un cancer de la langue. Il repose au Coop Prairie Cemetery de Mansfield (Arkansas, U.S.A.) où Pauline l'a rejoint en 2010. On ne leur connaît pas de descendance.

Gary Richardson, Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1942
WILDCAT, de Frank McDONALD
 
2
1942
RIDING THROUGH NEVADA, de William BERKE
 
3
1942
FALL IN, de Kurt NEUMANN
 
4
1942
PARDON MY GUN, de William BERKE
 
5
1943
THE FIGHTING BUCKAROO, de William BERKE
 
6
1943
FRONTIER GUY, de William BERKE
 
7
1943
ROBIN HOOD OF THE RANGE, de William BERKE
 
8
1943
JOHNNY COME LATELY (Johnny le vagabond)
9
1944
RIDING WEST, de William BERKE
 
10
1949
THE GREAT DAN PATCH
11
1949
PINKY (L'héritage de la chair) [Non crédité]
12
1950
A TICKET TO TOMAHAWK (Le petit train du far-west)
13
1950
BROKEN ARROW (La flèche brisée)
14
1950
TWO FLAGS WEST
15
1951
SUGARFOOT
16
1951
THE RED BADGE OF COURAGE (La charge victorieuse)
17
1951
DISTANT DRUMS (Les aventures du Capitaine Wyatt)
18
1952
THE BIG SKY (La captive aux yeux clairs)
19
1952
THE LUSTY MEN (Les indomptables)
20
1953
SPLIT SECOND (Même les assassins tremblent)
21
1954
SHE COULDN'T SAY NO
22
1954
THE FRENCH LINE
23
1955
LAST COMMAND (Quand le clairon sonnera!)
24
1956
THE KETTLES IN THE OZARKS
25
1957
THE TALL T (L'homme de l'Arizona)
26
1958
BORN RECKLESS, de Howard W.KOCH
 
27
1965
CAT BALLOU
28
1965
APACHE UPRISING (Sur la piste des Apaches)
29
1966
El DORADO
30
1972
THE REVENGERS (La poursuite sauvage)
31
1975
MOONRUNNERS, de Gy WALDRON
 
Éd. 9.1.4 : 14-5-2020