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Glenda JACKSON (1936)

Glenda Jackson

Actrice britannique, née Glenda May Jackson, le 9 mai 1936, à Birkenhead (Cheshire, Angleterre).

Née dans le comté agricole et puritain du Merseyside (Angleterre), proche du bassin industriel de Liverpool, Glenda May Jackson est la fille d'une femme de ménage et d'un maçon qui, à force de volonté, parviendra à monter sa propre entreprise. Aînée de 4 soeurs, elle traverse une enfance placée sous une éducation religieuse prononcée, dans un milieu peu aisé. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, son père est enrôlé dans la Marine où il sert à bord d'un dragueur de mines.

Au terme fil d'une adolecence sans histoire ni agréments, elle termine ses études à 16 ans avec l'intention de trouver un emploi touchant au domaine de la santé : aide-soignante et, pourquoi pas, infirmière. En attendant, la voici vendeuse dans une pharmacie de la chaîne commerciale Boots où elle distille des produits de beauté aux petites Anglaises. Pour sortir de l'ennui, elle entre dans une troupe de théâtre amateur où elle découvre le plaisir du jeu artistique. Sur les conseils d'un camarade, elle sollicite une bourse pour suivre les cours de la Royal Academy of Dramatic Arts de Londres, un institut renommé qui lui fait la surpise de l'admettre (1954) sur les mêmes bancs que Peter O'Tooleet Albert Finney. La starlette qu'elle est encore devait avoir suffisamment de talent, car elle se décrit à l'époque comme plutôt disgracieuse, en tout cas loin des canons qui font d'une jeune fille ambitieuse une jeune première. Toujours est-il qu'elle fait une première apparition sur scène dans une adaptation du roman de de Terence Rattigan, «Separate Tables» (1957).

Mais il ne suffit pas d'avoir les diplômes, encore faut-il attirer l'attention des producteurs. À ce titre, les lendemains sont difficiles pour Glenda, qui se perd dans des petits boulots à vocation alimentaire. Commence alors une période difficile qu'elle partage avec un aspirant comédien, Roy Hodges, qui deviendra son époux en 1958. Ensemble ils connaitront la faim, succomberont aux chapardages nourriciers et accepteront toutes les tâches qui les rapprocheront de leurs aspirations naturelles: machiniste, régisseur, agent d'entretien…

Le vent commence à tourner lorsqu'en 1963, le réalisateur Linsay Anderson lui autorise une courte apparition en tant que chanteuse dans son premier long métrage de cinéma, «Le prix d'un homme». Elle intègre par la suite la Royal Shakespeare Company (1964) dans le sillage d'un perturbateur iconoclaste, le metteur en scène Peter Brook. Osant tout, celui-ci expérimente un "théâtre de la cruauté" destiné à faire réagir le spectateur : qu'on en juge dans une même seynette de quelques minutes, la pauvre Glenda s'exhibe complètement nue, passant soudainement du personnage sulfureux de Christine Keeler à celui, plus collet-monté, de Jacqueline Kennedy. Premier scandale artistique qui devait en appeler d'autres ! En attendant, interprète d'Ophélie dans une série de représentations de «Hamlet» sur la terre natale de son créateur, Stratford-Upon-Avon, c'est donc plus sagement qu'elle connaît son premier grand succès personnel (1965). En 1966, nouveau crime de lèse-bonnes moeurs perpétré par Peter Brook, la voici en Charlotte Corday au pied de la baignoire-sabot du révolutionnaire Marat dans «Marat-Sade», une représentation d'une pièce que le marquis de Sade aurait donnée devant les patients de l'asile de Charenton !

Avec «Negatives» (1968), premier fim de Peter Medak, l'actrice se pose comme l'égérie du nouveau cinéma britannique. Quand on a subi les outrances de Peter Brook, on peut sans encombre supporter les extravagances de Ken Russel, surtout quand on n'a pas sa langue dans sa poche et que l'on dispose en son extrémité du vocabulaire des faubourgs. Et des extravagances, tout au moins pour l'époque, il y en avait dans le scénario de «Women in Love» (1969), adapté d'un roman du sulfureux D.H. Lawrence (1920), scènes de coucheries et d'homosexualité qui n'empêchèrent pas l'impétrante de recevoir l'oscar hollywoodien de la meilleure actrice au printemps 1971, délivré lors d'une cérémonie où elle brillera par son absence. Enceinte, lors du tournage, Glenda Jackson met au monde le petit Daniel Hodges (mars 1969), heureux événement au sein de ce couple uni mais qui finira par divorcer quelques années plus tard (1976).

Dès lors, l'actrice se bâtit, à corps défendant, une réputation de femme libre et audacieuse. Après s'être à nouveau dénudée dans «The Music Lovers» (Ken Russell, 1970), une biographie romancée de Tchaîkovsky dont la vie ne fut pas loin d'être aussi pathétique que sa symphonie éponyme, elle ose, dans «Un dimanche comme les autres» (John Schlesinger, 1971), partager son jeune amant avec le cinquantenaire Peter Finch.

Vint alors pour elle l'heure de jouer les femmes fortes, que ce soit la reine Elizabeth d'Angleterre («Marie Stuart, reine d'Écosse» en 1971), Lady Hamilton, la maîtresse fougueuse de l'amiral Nelson («Bequest to the Nation» en 1973), l'héroïne manipulatrice d'Henrik Ibsen («Hedda Gabler» en 1975), l'actrice française Sarah Bernhardt («Incroyabe Sarah» en 1976). Elle réussit aussi bien dans la comédie et sa composition dans «Une maîtresse dans les bras, une femme sur le dos» (1973) lui vaut de recevoir, au printemps suivant, une seconde statuette de la célèbre Academy Awards… délivrée lors d'une cérémonie où elle brillera à nouveau par son absence. Doté d'une forte personnalité, elle ne pouvait s'accommoder des exigences des producteurs d'outre-Atlantique, un rivage sur lequel elle ne s'attardera guère («Hopscotch» en 1990).

Élevée au rang de Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique en 1978 par Sa véritable Gracieuse Majesté, Glenda Jackson ne pouvait rester indifférente face à la destruction des liens de solidarité mise en oeuvre par Margaret Thatcher. Très remontée contre "La dame de fer", au tourntant des années 90, elle mit alors sa carrière en veilleuse pour entrer en politique comme d'autres le font dans les ordres, avec une ferveur combative qui va l'emmener, membre du parti travailliste, sur les bancs du Parlement Britannique et jusqu'au poste de sous-secrétaire d'état aux transports dans le gouvernement de Tony Blair.

Octogénaire, Glenda Jackson termine son dernier mandat en 2015 et remonte rapidement sur les planches, non sans succès puisqu'elle se voir gratifiée, en 2018, d'un Tony Award pour sa performance dans une reprise de la pièce d'Edward Albee, «Three Tall Women». Ah ! What a woman !

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1963
THIS SPORTING LIFE (Le prix d'un homme)
2
1966
THE PERSECUTION AND ASSASSINATION OF JEAN-PAUL MARAT AS PERFORMED BY THE INMATES OF THE ASYLUM OF CHARENTON UNDER THE DIRECTION OF THE MARQUIS DE SADE (Marat/Sade), de Peter BROOK
 
3
1968
NEGATIVES, de Peter MEDAK
 
4
1969
WOMEN IN LOVE (Love)
5
1970
MUSIC LOVERS (La symphonie pathétique)
6
1971
SUNDAY, BLOODY SUNDAY (Un dimanche comme les autres)
7
1971
MARY, QUEEN OF SCOTS (Marie Stuart, Reine d'Écosse)
8
1972
THE TRIPLE ECHO (Triple écho)
9
1973
BEQUEST TO THE NATION
10
1973
A TOUCH OF CLASS (Une maîtresse dans les bras, une femme sur le dos)
11
1974
IL SORRISO DEL GRANDE TENTATORE
12
1975
THE MAIDS, de Christopher MILES
 
13
1975
A ROMANTIC ENGLISHWOMAN (Une Anglaise romantique)
14
1975
HEDDA
15
1976
INCREDIBLE SARAH (Incroyable Sarah)
16
1977
NASTY HABITS (Drôles de manières), de Michael LINDSAY-HOGG
 
17
1978
THE CLASS OF MISS MacMICHAEL (L'école ras le bol), de Silvio NARRIZANO
 
18
1978
STEVIE, de Richard ENDERS
 
19
1978
HOUSE CALLS (Appelez-moi docteur)
20
1979
LOST AND FOUND, de Melvin FRANK
 
21
1979
HEALTH
22
1980
HOPSCOTCH (Jeux d'espions)
23
1982
THE RETURN OF THE SOLDIER (Le retour du soldat)
24
1982
GIRO CITY (Rien que la vérité), de Karl FRANCIS
 
25
1985
TURTLE DIARY, de John IRVIN
 
26
1987
BEYOND THERAPY
27
1988
BUSINESS AS USUAL, de Lezli-An BARRETT
 
28
1988
SALOME'S LAST DANCE
29
1989
DOOMBEACH, de Colin FINBOW
 
Éd. 9.1.4 : 25-5-2020