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Ruby KEELER (1909 / 1993)

Ruby Keeler

Actrice canadienne, née Ethel Hilda Keeler, le 25 août 1909, à Darmouth, petit bourgade alors indépendante et de nos jours rattachée à Halifax (Nouvelle Écosse, Canada). Décédée le 28 février 1993, à Rancho Mirage (Californie, U.S.A.).

Fille de Ralph Hector Keeler et de Eleanora Lahey, tous deux d'origine irlandaise et donc de confession catholique, Ethel est l'aînée de ses deux soeurs, Gertrude et Helen, trois frères venant compléter la communauté familiale. En 1912, celui qui en est le chef décide d'embarquer tout son petit monde vers Yorkville, un quartier de New York City, où il espère pouvoir améliorer leur modeste quotidien en devenant chauffeur-livreur de glaces.

La fillette entame ses études dans une école catholique – comme il se doit – et, jeune danseuse, se produit dans de petites manifestations locales avec une grâce remarquée. Tant et si bien qu'au bout de sa sixème année scolaire, ses parents admiratifs l'en extraient pour l'inscrire dans une école de danse professionnelle pour enfants. Peu après, elle fréquente la "Jack Blue's Dancing School of Rhythm and Tap's" de Manhattan, où elle côtoie la toute jeune Patsy Kelly, une de ses futures partenaires à l'écran qui deviednra son amie d'un demi-siècle.

À 14 ans, mentant sur son âge, l'adolescente se produit comme chanteuse et danseuse dans des nightclubs de la Grande Pomme, sous la protection paternelle et bienveillante d'un malfrat d'origine irlandaise nommé Johnny “Irish” Costello, et devient dès lors la principale source de revenus de la famille. Ayant intégrée la troupe des Girls de Texas Guinan, aux origines également canadiennes, elle gravit peu à peu les marches de la notoriété, se produisant notamment à Broadway dans une des nombreuses revues de Florenz Ziegfeld, «Whoopee !» (1928).

En 1926, elle fait la rencontre, d'Al Johnson qui, l'ayant appréciée dans une représentation de «The Rise of Rosie O'Reilly», lui avoue toute son admiration. Deux ans plus tard, Ethel-Ruby épouse celui qui est devenu entre-temps “Le chanteur de Jazz” (1927), son aîné de 24 ans. Ne pouvant avoir d'enfant, le couple adoptera un garçon d'ascendance irlandaise – comme “maman” – et de confession juive – comme “papa” –, laissant à Al Junior le choix de son destin.

En 1929, la jeune mariée abandonne un temps Hollywood pour revenir à Broadway où elle se montre dans la revue musicale «Show Girl», ce qui lui vaudra de faire sa première – et courte – apparition à l'écran dans le drame musical de Mervyn LeRoy, «Show Girl in Hollywood» (1930). Mais c'est la Warner Bros – déjà riche de Jolson dans son écurie – qui lui offre son premier contrat et son premier vrai rôle cinématographique dans «42ème rue» (1933), une comédie musicale de Lloyd Bacon dans laquelle le chorégraphe Busby Berkeley n'hésite pas à lui dessiner une voie toute tracée au coeur d'un champ de gratte-ciel en carton-pâte. Le numéro eut un tel succès que les célèbres frangins s'empressèrent de lui firent signer un engagement à long terme.

Pendant 3 années, Ruby Keeler sera la partenaire régulière de son collègue Dick Powell et l'on put les voir ensemble, successivement, dans «Chercheuses d'or» (1933), «Prologues» (1933), «Dames» (1934), «Flirtation Walk» (1934), «Amis pour toujours» (1935) et «Colleen» (1936), une collection de comédies musicales “Warneriennes” mettant à profit leurs qualités de danseurs et de chanteurs jusqu'à épuisement. La série ne fut tranchée que pour permettre à notre actrice de cohabiter avec son époux dans une production de la First National Pictures, «Go Into Your Dance» (1935). Hélas, cette cohabitation, en dehors des sunlights, s'avérait de plus en plus chaotique et devait connaître son épilogue lors des répétitions de la pièce «Hold On Your Hat» (1938), Monsieur ne cessant de faire des allusions blessantes sur sa vie conjugale devant le reste de la troupe. Courroucée et remontée, Madame abandonna le chantier pour courir chez le juge de paix (1939).

On vit encore notre vedette se trémousser dans les films mineurs que furent «Ready, Willing and Able» (1937) ou encore, après qu'elle eut abandonné la Warner Bros., «Sweetheart of the Campus» (1941), et se montrer fort contrariée d'apprendre que le cachet de sa partenaire dans «Mother Carey's Chickens», sa cadette Anne Shirley, était supérieur au sien.

En 1941, après avoir épousé l'agent immobilier John Homer Lowe, Ruby Keeler épousseta définitivement les paillettes de ses tenues pour se consacrer à sa famille, laquelle devait devenir rapidement imposante, le couple générant quatre descendants. Rancunière, elle refusa que son nom soit utilisé dans «The Jolson Story» (1946), hommage rendu de son vivant à son premier époux. Si elle se laissa convaincre à de rares reprises d'apparaître au petit écran, elle fit attendre ses admirateurs jusqu'en 1971 pour virevolter à nouveau en chair et en os sur une scène de Broadway dans une reprise triomphale de «No, No, Nanette».

Elle fit ses dernières apparitions cinématographiques dans «The Phynx» (1970) et «L'héritier de Beverly Hills» (1989), et connut la grande satisfaction, invitée à remettre l'oscar de la meilleure chanson lors de la cérémonie de 1979, d'être l'objet d'une “standing ovation”. Elle perdit, après des mois de lutte, son combat contre un cancer qui finit par l'emporter jusqu'au firmament des étoiles filantes, l'essentiel de son éclat cinématographique n'ayant guère brillé qu'un seul lustre (… de salon !).

Christian Grenier

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Filmographie sélective

Interprétations
Lg
An
Titre
 
 
1
1933
42nd STREET (42ème rue)
2
1933
GOLD DIGGERS OF 1933 (Chercheuses d'or)
3
1933
FOOTLIGHT PARADE (Prologues)
4
1934
DAMES
5
1934
FLIRTATION WALK (Mademoiselle Général)
6
1935
GO INTO YOUR DANCE, d'Archie MAYO
 
7
1935
SHIPMATES FOREVER (Amis pour toujours), de Frank BORZAGE
 
8
1936
COLLEEN
9
1937
READY, WILLING AND ABLE, de Ray ENRIGHT
 
10
1938
MOTHER CAREY's CHICKEN (Bonheur en location)
11
1941
SWEETHEARTS OF THE CAMPUS, d'Edward DMYTRYK
 
12
1970
THE PHYNX (Le sphynx), de Lee H.KATZIN
 
Éd. 9.1.4 : 25-6-2020