La collectionneuse

Galerie N° 125 : Elissa Landi, "La vie que tu t'étais imaginée…"

J'ai décidé de consacrer cette galerie à Elissa Landi et vous comprendrez plus loin pourquoi.

Cela fait bien longtemps que je connais cette vedette et qu'elle figure en bonne place dans ma collection de cartes postales anciennes d'actrices.

Très vite, j'ai été confrontée à son sujet à une rumeur : elle aurait été la petite-fille de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, plus connue sous le surnom de Sissi. En effet, sa mère déclarait être la fille cachée de la célèbre souveraine.

Il y a plusieurs années, j'avais décidé de faire quelques recherches afin de m'aider à me forger une opinion et j'étais, entre autres, tombée sur un long texte très documenté d'un certain Louis-Philippe Laprévote, qui évoquait cette énigme.

Après lecture, j'étais plutôt convaincue par ses arguments. L'idée d'une actrice à l'ascendance aussi prestigieuse était bien séduisante mais je m'étais rangée à ses conclusions : la mère d'Elissa Landi n'était pas le fruit d'un accouchement secret de Sissi en Normandie en 1882 mais serait plutôt née à Vienne en 1879 de parents d'origine juive. Quant à Elissa elle-même, elle n'était pas née dans la romantique ville de Venise mais bien à Hart, en Autriche, et, contrairement à ce que l'on peut lire dans de nombreuses sources, elle n'a pas reçu le prénom "Elisabeth" lorsqu'elle est venue au monde, comme le démontre bien son acte de naissance.

À la fin de l'année dernière, j'ai refait quelques investigations sur Internet pour vérifier si d'autres personnes avaient pu s'intéresser à Elissa Landi et à son arbre généalogique. C'est ainsi que j'ai découvert le livre «La vie que tu t'étais imaginée» de Nelly Alard, aux éditions Gallimard. Elissa Landi figurait en couverture et les informations que j'ai glanées à propos de cet ouvrage m'ont poussée à me le procurer très rapidement.

Je n'ai pas eu à le regretter et l'ai dévoré en un temps record. L'auteure, qui s'est passionnée pour cette histoire, nous livre une œuvre singulière, qui mêle habilement plusieurs genres. On suit ainsi, notamment, une enquête passionnante et rigoureuse sur les origines d'Elissa Landi et de sa mère, menée par l'écrivaine, qui a réussi à rentrer en contact avec la fille de la star et a établi avec elle une belle relation de confiance et de respect.

Nelly Alard qui, avant de se consacrer à l'écriture, était comédienne nous propose aussi des passages autobiographiques, qui nous permettent de croiser par exemple Orson Welles ou encore Jean-Luc Godard. Enfin, une partie plus romancée nous invite à nous plonger dans les premières années de célébrité d'Elissa Landi.

Je ne vais pas vous en dire plus et vous laisser découvrir par vous-même ce que Nelly Alard nous apprend du destin de ces femmes, entre certitudes et points restant plus obscurs. N'hésitez pas à acheter ce livre captivant, vous passerez un excellent moment. Et je ne m'adresse pas uniquement aux passionnés de Sissi ou aux fanas de cinéma …

Voilà, vous savez maintenant pourquoi j'ai voulu mettre à l'honneur Elissa Landi par le biais d'une galerie de cartes postales d'époque et d'un court texte biographique.

Je vous souhaite une bonne visite.

Marlène Pilaete, avril 2020

Elissa ou la vraie vie…

Elissa Landi (née à Hart, Autriche) connaît une enfance peu commune.

En effet, en 1914, sa mère publie un livre dans lequel elle prétend être la fille cachée, née en 1882 dans la ville française de Sassetot-le-Mauconduit, de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, la célèbre Sissi. Néanmoins, des recherches sérieuses et approfondies démontrent, plus prosaïquement, qu'elle serait venue au monde en 1879 à Vienne, de parents d'origine juive.

Devenue une ravissante jeune fille, Elissa Landi se lance dans le théâtre en Angleterre en 1924. Parmi les pièces qu'elle interprète, on peut citer, entre autres, «Storm» de K. Munro en 1924, «Lavender Ladies» de Daisy Fisher en 1925, «The Constant Nymph» de Margaret Kennedy en 1926, «The Glimpse of Reality» de G.B. Shaw en 1927 ou encore «After All» de John Van Druten en 1930.

Elle débute à l'écran dans «London» (1926), un des films tournés à l'époque en Grande-Bretagne par la célèbre actrice américaine Dorothy Gish, et tient son premier rôle principal dans «Bolibar» (1928).
 Elle s'impose comme une vedette prometteuse du cinéma anglais et apparaît dans «Underground» (1928), «The Unseparables» (1929) et «Children of Chance» (1930).
 Elle est en outre l'interprète de «Knowing Men» (1930) et «The Price of Things» (1930), les deux seuls films réalisés par Elinor Glyn, romancière à la réputation sulfureuse.
 Elle figure aussi à l'affiche de la production suédoise «Synd» (1928), dans laquelle son bonheur conjugal est menacé par la vamp Gina Manès, et de «The Parisian», version anglophone de «Mon gosse de père» (1930), qu'Adolphe Menjou est venu tourner en France.

Après un bref passage à Broadway en 1930 pour «A Farewell to Arms», d'après l'œuvre d'Ernest Hemingway, elle est engagée à Hollywood.
 De 1931 à 1935, Elissa Landi est une star de l'écran américain que l'on peut voir dans, notamment, «Always Goodbye» (1931), «The Yellow Ticket» (1931), «A Passport to Hell» (1932), «The Sign of the Cross» (1932), «The Warrior's Husband» (1933), «I Loved You Wednesday» (1933), «By Candlelight» (1933), «The Great Flirtation» (1934), «The Count of Monte Cristo» (1934), «Enter Madame» (1935),…
 Par la suite, elle incarne la princesse Aurore dans le film français «Königsmark» (1935) et renoue avec le cinéma britannique avec «The Amateur Gentleman» (1936).

De retour aux États-Unis, elle signe avec la M.G.M. mais sa carrière est en déclin. On la voit alors aux côtés du populaire duo Myrna Loy-William Powell dans «After the Thin Man» (1936). Quant à «Mad Holiday» (1936) et «The Thirteenth Chair» (1937), s'il s'agit de séries “B” tout à fait plaisantes, elles indiquent toutefois que son étoile a pâli.

Après plusieurs années d'absence, elle fait un ultime retour au cinéma dans «Corregidor» (1943), produit par la P.R.C., une compagnie de second plan.

Pour la petite histoire, mentionnons que l'actrice, qui n'a jamais abandonné la scène, est, en 1943, une des protagonistes de «Apology», une oeuvre produite et mise en scène à Broadway par Lee Strasberg, retirée de l'affiche après seulement huit représentations.

Durant son parcours, Elissa Landi ne se consacre pas uniquement au métier de comédienne et écrit plusieurs romans du milieu des années 20 jusqu'en 1944.

Le cancer l'emporte en 1948.

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Éd. 9.1.4 : 2-4-2020