La collectionneuse

Galerie N° 75 : "Mademoiselle Strip-Tease"

Le strip-tease est aujourd’hui particulièrement à la mode grâce à, notamment des vedettes comme Dita Von Teese, et le terme “burlesque” est maintenant couramment employé en France. On peut conseiller à tous ceux chez qui ce dernier vocable évoque uniquement les comédies de Mack Sennett, Buster Keaton ou Laurel et Hardy de se mettre à la page car le “burlesque” dont il est question ici a bien plus à voir avec les “pasties” (les initiés comprendront !) et les strings qu’avec les tartes à la crème ! On parle en fait ici du “burlesque” américain, dont nous allons brièvement examiner les origines. Le style de spectacle appelé “burlesque” existait déjà au 19ème siècle et était constitué de numéros divers mêlant gags, parodies, chansons, etc.

L’élément féminin était loin d’être absent de cet univers et distillait alors un érotisme qu’avec nos critères actuels, on pourrait qualifier au mieux de coquin. Rappelons toutefois qu’à cette époque, présenter sur scène une femme en maillot moulant suffisait à émoustiller considérablement le public masculin.

Il semble que ce soit durant les années 20 que, pour lutter contre la concurrence du théâtre de variétés, du cinéma et de la radio, on ait introduit dans le “burlesque” de véritables numéros de strip-tease. Ceux-ci, au fil des ans, prirent de plus en plus d’importance et finirent par dominer le genre, jusqu’à pratiquement en devenir un synonyme. Pour la majorité, le mot “burlesque” évoquait désormais l’effeuillage.

Je voudrais vous présenter dans cette galerie neuf artistes ayant évolué dans le domaine du strip-tease, pour des périodes plus ou moins longues selon les cas, et qui ont pour point commun d’avoir tâté également du cinéma. Il s’agit de : Rita Cadillac, Ann Corio, Phyllis Dixey, Gypsy Rose Lee, Sally Rand, Lili St Cyr, Tempest Storm, Yoko Tani et Joan Warner.

Le cas de Sally Rand est un peu particulier car, contrairement aux autres, elle s’est fait un nom au cinéma avant de connaître la consécration absolue en se lançant dans le strip-tease. Concernant les huit autres, on notera que seule Yoko Tani a mené une véritable carrière cinématographique et que certains de ses films lui ont permis d’être considérée comme une véritable actrice.

Par contre, les noms de Rita Cadillac, Ann Corio, Phyllis Dixey, Gypsy Rose Lee, Lili St Cyr, Tempest Storm et Joan Warner resteront sans doute à tout jamais liés principalement au strip-tease. Peut-être n’avaient-elles pas d’aptitudes particulières pour le Septième Art ? Peut-être celui-ci ne s’est-il pas donné la peine de découvrir ou de développer leurs qualités, se contentant surtout d’exploiter leur physique ? Peut-être le monde du strip-tease sentait-il un peu trop le souffre pour le une industrie cinématographique soumise à la censure ? Peut-être ces dames préféraient-elles finalement la scène aux plateaux de tournage ? …

Quoi qu’il en soit, je vous invite maintenant à découvrir nos effeuilleuses à travers quelques cartes postales anciennes de ma collection.

Marlène Pilaete, mai 2011
X

Rita CADILLAC (1936 / 1995)

Rita Cadillac

icone

Rita Cadillac (née à Paris, France) connaît la célébrité dans les années 50 comme strip-teaseuse au Crazy Horse Saloon.
 On la voit aussi dès 1953 à l’écran mais ce n’est que de 1960 à 1963 que son actif cinématographique atteint une certaine consistance.
 Elle tient alors des rôles d’importance variable dans «Me faire ça à moi» (1960), «Cadavres en vacances» (1961), «Dossier 1413» (1961), «Mélodie en sous-sol» (1962), «La prostitution» (1962) et «Un clair de lune à Maubeuge» (1962).

On la retrouve aussi en tête d’affiche féminine du film espagnol «Juventud a la intemperie» (1961) et la production grecque «Afto to kati allo» (1963) lui donne l’occasion d’interpréter un joli numéro musical avec Vagelis Seilinos.
 Par la suite, on ne la voit plus que dans le film allemand «Das Boot» (1981), qui sera également diffusé en mini-série télévisée.

On peut ajouter que, selon plusieurs sources, elle aurait effectué un travail de doublure assez particulier en “prêtant” la partie la plus charnue de son anatomie à Suzy Delair pour la scène de la fessée de «Gervaise» (1956) de René Clément.

Rita Cadillac enregistre en outre quelques disques, notamment «Ne comptez pas sur moi pour me montrer toute nue» en 1959 ou encore, dix ans plus tard, «Erotica», dans lequel elle mime un orgasme sur fond musical.
 On retrouve également la très éclectique artiste sur scène dans quelques opérettes, parmi lesquelles «Le temps des guitares» en compagnie de Tino Rossi.

Concernant sa vie privée, mentionnons une liaison avec Alain Delon alors en début de carrière et une idylle que certains lui prêtent avec un tout jeune Johnny Hallyday.

Marlène Pilaete
Ed.8.1.1 : 25-8-2016