La collectionneuse

Galerie N° 83 : "Bons baisers de Russie…"

J'ai choisi de consacrer cette galerie à quelques vedettes féminines du cinéma muet russe, un univers finalement assez méconnu, particulièrement la période tsariste.

Voici ma sélection :

La rédaction de mes petites notices biographiques sur ce thème n’a pas toujours été facile. J’ai rapidement constaté que plusieurs filmographies mentionnées sur IMDB par exemple étaient incomplètes. Je me suis également heurtée aux variations orthographiques des noms propres et des titres de films. Ainsi, la lettre "y" peut devenir "ï" ou "j" selon les sites Internet et même chose pour les lettres "v" et "w". Et j’en passe …

J’ai éprouvé aussi des difficultés à trouver des éléments sur la vie et la carrière de ces artistes en français ou en anglais. Heureusement, malgré la barrière de la langue et de l’alphabet cyrillique, certaines sources en russe m’ont apporté des informations plus complètes et m’ont permis de rectifier des erreurs trouvées çà et là sur la toile.

Ces précisions ayant été apportées, je vous souhaite maintenant de passer un bon moment à la vision de cette galerie dans laquelle vous trouverez Vera Baranovskaya, Zoya Barantsevich, Mariya Goricheva, Olga Gzovskaya, Vera Karalli, Vera Kholodnaya, Nathalie Lissenko, Vera Malinovskaya, Vera Orlova, Anel Sudakevich, Maria Tenazi et Nato Vachnadze.

Trois autres actrices évoquées dans des planches précédentes méritent également votre visite : Olga Baclanova, Nathalie Kovanko et Anna Sten.

Marlène Pilaete, mars 2013
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Vera KHOLODNAYA (1893 / 1919)

Vera Kholodnaya

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Vera Kholodnaya (née à Poltava, Empire russe, aujourd’hui Ukraine) débute à l’écran en 1914 en faisant une petite apparition non-créditée.
 Rapidement, elle se fait remarquer par sa beauté et sa photogénie et devient bientôt la star féminine n°1 du cinéma russe de l’époque.

Elle est l’interprète de, entre autres, «Pesn torzhestvuyuschchey lyubvi» (1915), «Deti veka» (1915), «Mirazhi» (1916), «Zhizn za zhizn» (1916), «Lounnaya krasavitsa» (1916), «U kamina» (1917), «Chelovek-zver» (1917), «Molchi, grust, molchi» (1918), «Krasnaya zarya» (1918), «Zhivoy trup» (1918), «Posledneiye tango» (1918),…

Victime de la grande épidémie de grippe espagnole, elle meurt en pleine gloire en 1919.
 Le film de ses obsèques est alors projeté dans les salles obscures, afin que son public puisse lui rendre un dernier hommage.

En 1931, le cimetière dans lequel elle est inhumée est rasé pour faire place à un parc.
 Le pouvoir soviétique antireligieux de l’époque n’a en effet que peu de considération pour ce qui touche à la chrétienté.

L’indépendance de l’Ukraine en 1991 et le sentiment de fierté nationale retrouvée aident à remettre en lumière l’ancienne idole du muet.
 En 1993, un timbre est émis pour commémorer le centenaire de sa naissance et, en 2003, une statue à son effigie est érigée à Odessa.

Marlène Pilaete
Ed.8.1.1 : 25-8-2016