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Dora DOLL (1922 / 2015)

Dora Doll

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Dora Doll (née à Berlin, Allemagne) arrive très jeune en France avec sa famille.
 Dès 1938, elle commence à apparaître à l'écran mais il ne s'agit alors que de petites silhouettes généralement non-créditées.
 Durant l'Occupation, elle consacre beaucoup de temps à la scène en zone libre et, après la Libération, renoue avec le Septième Art.

Dès la fin des années 40, ses rôles deviennent un peu plus consistants et son visage et son physique pulpeux commencent à devenir familiers auprès du public français.
 Il est ainsi difficile de ne pas la remarquer en séduisante et platinée étoile de cinéma, adepte de la robe du soir moulante et du fume-cigarettes, dans «La rose rouge» (1950), une oeuvrette faisant la part belle aux frères Jacques.

C'est sans doute grâce à «Touchez pas au grisbi» (1953) qu'elle connaît enfin la véritable consécration.
 Devenue une vedette, elle tourne généralement, jusqu'au début des années 60, des productions sans prétention, la plupart du temps des films policiers et des comédies.
 On peut alors la voir dans, entre autres, «Pas de souris dans le business» (1954), «Pas de pitié pour les caves» (1954), «Votre dévoué Blake» (1954), «On déménage le colonel» (1955), «Pas de grisbi pour Ricardo» (1956), «Le colonel est de la revue» (1956), «L'amour descend du ciel» (1956), «Fernand cow-boy» (1956), «Quelle sacrée soirée» (1957), «Enigme aux Folies-Bergère» (1959), «Dossier 1413» (1960), «Première brigade criminelle» (1961),…

Dans un registre plus prestigieux, elle apparaît par exemple dans «French Cancan» (1954) de Jean Renoir, «Calle Mayor» (1956) de J.A. Bardem ou encore «The Young Lions» (1958) d'Edward Dmytryk.

Après qu'elle ait passé le cap de la quarantaine, Dora Doll est surtout employée dans des seconds rôles mais, animée par la passion de jouer, elle n'en a cure et continue tranquillement sa carrière avec des titres comme «Mélodie en sous-sol» (1962), «Pas de caviar pour tante Olga» (1964), «La liberté en croupe» (1970), «Catherine et compagnie» (1975), «La victoire en chantant» (1976), «Diabolo menthe» (1977), «Coup de tête» (1978), «La nuit de Varennes» (1981), «Les keufs» (1987), «L'enfer» (1993), «Meilleur espoir féminin» (2000) ou encore «Je vous trouve très beau» (2005).

Avec une telle boulimie de travail, elle n'échappe pas à quelques navets gratinés du genre «Godefinger ou Certaines chattes n'aiment pas le mou», sorti en 1975, «Les filles du régiment» (1978) ou «Les Charlots contre Dracula» (1980).

La petite lucarne, pour laquelle elle travaille jusqu'en 2010, apprécie aussi Dora Doll qui apparaît dans bon nombre de téléfilms et séries, parmi lesquels on peut citer «Les cinq dernières minutes», «Les hommes de Rose», «Au bon beurre», «Julien Fontanes, magistrat», «Les enquêtes du commissaire Maigret», «Music hall», «Le front dans les nuages», «Les cœurs brûlés», «Le château des oliviers», «L'instit», «Julie Lescaut», «Le grand Bâtre», «Cap des pins», etc.

Personne ne s'étonnera qu'une comédienne si dévouée à son métier fasse aussi du théâtre et, parmi les personnages qu'elle interprète sur les planches, relevons notamment La Langouste dans «Clérambard» de Marcel Aymé, Madame Lidoine dans «Le dialogue des carmélites» de Bernanos, la volcanique Catharina dans «La mégère apprivoisée» de Shakespeare et Rosalia dans «Filumena Marturano» d'Eduardo de Filippo, quelques preuves de plus de son talent éclectique.

Marlène Pilaete