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RUAN LINGYU (1910 / 1935)

Lingyu Ruan

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Ruan Lingyu (née à Shanghai, Chine) débute à l'écran dans le rôle principal de «Gua ming de fu yi» (1927) et gravit progressivement les échelons de la renommée.
 En 1930, elle se retrouve sous contrat avec la compagnie Lianhua et en devient la principale vedette féminine.

Considérée comme une des plus grandes stars de son époque, elle est l'interprète de, entre autres, «Ye cao xian hua» (1930), «Lian ai yu yi wu» (1931), «Tao hua qi xue ji» (1931), «Xiao Wanyi» (1933), «Shen nu» (1934),…
 Malheureusement, au milieu des années 30, de sombres nuages s'amoncellent sur le parcours de la brillante étoile.

En 1935, elle joue une femme indépendante acculée au suicide dans «Xi nü xing».
 La presse chinoise, estimant être dépeinte de façon injuste dans cette production, réagit négativement et prend en grippe Ruan Lingyu.
 La vie privée de celle-ci leur donne d'ailleurs l'occasion de la critiquer ouvertement.

En effet, ayant été la compagne durant plusieurs années d'un certain Zhang Damin, personnage peu recommandable vivant plus ou moins à ses crochets, elle décide de s'en séparer, tout en lui versant une pension mensuelle.
 Elle se met alors en couple avec un riche marchand de thé, Tang Jishan qui, semble-t-il, ne se révèlera pas non plus un choix idéal.

Lorsque Zhang Damin lui demande plus d'argent, l'actrice refuse et son ancien partenaire, jaloux et vexé, porte alors plainte devant la justice.
 Cette affaire est bien entendu abondamment commentée dans les journaux, qui ne se privent pas de présenter Ruan Lingyu sous un jour négatif.
 C'est apparemment plus que ne peut supporter la jeune femme, qui met fin à ses jours par overdose de barbituriques en mars 1935, peu avant son audition au tribunal.

Une foule immense participe à son enterrement, à tel point que le magazine américain «New York Times», met à la une cet événement en parlant des «funérailles les plus spectaculaires du siècle».
 Son tout dernier film, «Guo feng» (1935), est distribué après son décès.

Une trentaine d'années plus tard, sa tombe sera, comme beaucoup d'autres, vandalisée lors de la sinistre révolution culturelle, lancée dans la seconde moitié des années 60.
 En 1991, elle est incarnée par Maggie Cheung dans «Center Stage».

Marlène Pilaete