La collectionneuse

Galerie N° 24 : Dolores Del Rio, une Aztèque à Hollywood

Je voudrais évoquer aujourd'hui une autre vedette née en 1905 : Dolores Del Rio.

Pour être honnête, signalons que toutes les sources ne concordent pas à ce sujet et que d'autres années de naissance peuvent être trouvées çà et là. 1905 semble toutefois la plus souvent mentionnée.

La carrière de Dolores Del Rio peut être divisée en deux phases : sa période hollywoodienne et sa période mexicaine.
Aux U.S.A., c'est à l'époque du muet que son talent d'actrice fut le plus mis à contribution. Elle incarna notamment une héroïne de Tolstoï dans «Resurrection» et des personnages comme Carmen ou Ramona.

Après l'avènement du parlant, on estima que son accent limitait désormais le type de personnages qu'elle pouvait incarner et on préféra insister sur sa beauté. Il faut dire que celle-ci était devenue encore plus spectaculaire : maquillage des yeux accentué, lèvres agrandies et structure osseuse du visage d'avantage mise en valeur.

Hollywood privilégia alors l'aspect décoratif et glamour de son personnage, en oubliant souvent de donner de la substance à ses rôles.

L'actrice elle-même ne tarda bientôt pas à le déplorer et, dans le début des années 40, se rendit compte que, si elle restait aux Etats-Unis, son parcours professionnel risquait de s'achever moins glorieusement qu'il n'avait commencé. Dès 1943, sa carrière mexicaine lui ouvrit de nouveaux horizons.

L'industrie cinématographique de son pays natal en fit une de ses reines et lui réserva de beaux rôles. Elle fut à nouveau considérée comme une véritable comédienne, au talent affirmé, et remporta notamment trois "Ariel" (l'équivalent mexicain de l'Oscar) dans la catégorie "meilleure actrice".

Si l'on en croit Maria Riva, la fille de Marlene Dietrich, celle-ci, dans les années 30, considérait Dolores Del Rio comme la plus belle femme de Hollywood. Beau compliment venant d'une consoeur aussi connaisseuse en la matière.

En 1934, le célèbre photographe Hoyningen-Huene, invité à discuter du physique des stars américaines par le magazine Photoplay, n'eut que des louanges pour l'étoile mexicaine, la considérant photogénique sous tous les angles.

A vous de juger maintenant en découvrant quelques cartes postales de ma collection.

Marlène Pilaete, octobre 2005

Dolores Del RIO (1905 / 1983)

Dolores (née à Durango, Mexique) débute à l'écran à Hollywood en tenant un second rôle dans «Joanna» (1925).
L'année suivante, «What Price Glory» en fait une star.

Elle est par la suite l'interprète de, entre autres, «Resurrection» (1927), «The Loves of Carmen» (1927), «The Trail of '98» (1928), «Ramona» (1928), «The Red Dance» (1928), «Evangeline» (1929),…

Après l'avènement du parlant, elle conserve son rang de vedette mais on fait désormais moins appel à ses ressources d'actrice et on lui offre principalement des rôles exotiques et/ou décoratifs.
On peut alors la voir dans, notamment, «The Bad One» (1930), «Bird of Paradise» (1932), «Flying Down to Rio» (1933), «Madame Du Barry» (1934), «In Caliente» (1935), «I Live for Love» (1935),…

Dès la seconde moitié des années 30, son étoile pâlit peu à peu et des films comme «Accused» (1936), réalisé en Angleterre, «Lancer Spy» (1937) ou encore «The Man from Dakota» (1940) ne donnent pas un second souffle à sa carrière.
Après le tournage de «Journey Into Fear» (1943), qui lui donne comme partenaire Orson Welles, avec qui elle est alors intimement liée, elle retourne dans son pays natal.

Elle revient alors à l'avant-plan et devient immédiatement une des reines du cinéma mexicain, qui lui réserve une place de choix en son sein.
Elle est alors la vedette de, entre autres, «Flor Silvestre» (1943), «Maria Candelaria» (1943), «Las abandonadas» (1944), «La otra» (1946), «La malquerida» (1949), «Dona Perfecta» (1950), «El nino e la niebla» (1953), «A donde van nuestros hijos» (1956), «La Cucaracha» (1958), «El pecado de una madre» (1960), «Casa de mujeres» (1966),…

Elle tourne aussi «Historia de una mala mujer» (1948) en Argentine et «Senora ama» (1954) et «La dama dell'alba» (1965) en Espagne.

Elle renoue en outre avec le cinéma nord-américain en figurant dans deux films de John Ford, «The Fugitive» (1947) et «Cheyenne Autumn» (1964) et en incarnant la mère d'Elvis Presley dans «Flaming Star» (1960).

Après la co-production italo-française «C'era una volta» (1967), elle n'apparaît plus que dans un seul film, «The Children of Sanchez» (1978), co-production américano-mexicaine.

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Ed.7.2.3 : 28-8-2016